FA NS EE
teur et je fixe l'œil solidement en dedans, un peu au-dessous du diamètre horizontal de la cornée, en ayant soin que la conjonctive ne se plisse pas. |
» Avant de faire la ponction, je mesure bien exactement avec la largeur du sclérotome le petit lambeau que doit comprendre la section interne. Ainsi, le couteau de 2 millim. de largeur est tenu exactement, quant à son bord supérieur, à 1 millim. audessous de l'extrémité du diamètre vertical de la cdtnée (celuide 3 millim. à 2 millim., celui de 4 millim. à 3 millim. de ce point).
» Je pénètre alors à 1 millimètre en dehors du bord externe de la cornée pour traverser lentement la chambre antérieure, enm tenant très exactement dans une direction parallèle, sur le plan de l'iris. Lorsque la pointe s’engage du côté opposé sous le bord de la cornée, je pousse hardiment l'instrument jusqu’à ce que la lance soit ressortie en entier.
»Si on à eu le soin de conduire parallèlement à l'iris le sclérotome, on à la certitude d'obtenir une section voisine du bord interne de la cornée, absolument identique à la section située près du bord externe. Comme le sclérotome a la lame plus mince que le support à bords mousses, ce dernier retient forcément l'humeur aqueuse, et un cheminement exact à travers la chambre antérieure est rendu facile, à la condition toutefois que la partie mousse du sclérotome ne soit pas trop épaisse, ce qui augmenterait sensiblement le frottement à son passage.
» Le sclérotome ayant traversé l'œil, un instant de répit peut être donné à soi-même ainsi qu’au malade ; puis on retire l’instrument en ayant soin den’en pas changer l’axe, sinon qu’on relève peu à peu légèrement le manche en haut (la section étant faite près du bord inférieur de la cornée) afin de diriger la pointe du sclé- rotome vers la membrane de Descemet et l'angle iridien, au fur et à mesure que l'humeur aqueuse s'écoule.
» On instille immédiatement quelques gouttes d’éserine et l’on
FN te
applique le bandeau, après s'être assuré que la pupille est bien régulièrement contractée et que le sang a cessé de couler des parties externes. Je ne fais aucune tentative pour débarrasser la chambre antérieure du sang qui s'y épanche parfois abondamment. |
» Comme il n’y a, vu la pénétration oblique du sclérotome, le peu d'étendue des sections extérieures, et grâce aussi à la puissante ation de l'éserine, aucune crainte à concevoir relativement à un prolapsus ou à un enclavement de l'iris, je préfère exéculer la sclérotomie en bas. A part qu'il est beaucoup plus facile de faire l'opération, on évite, en outre, de Lirer l'œil souvent fortement en bas pour le fixer et d'accroître ainsi la tension intra-oculaire.
» L’œil se portant, chez la plupart des malades énergiquement en haut,on peutavec bien plus de sûreté conduire la pointe du sclérotome à travers la chambre antérieure, ce qui nécessite beaucoup plus de soin dans les cas où l'iris se trouve poussé fortement contre la cornée ».
Dans ce procédé, on laisse donc, entre la ponction et la contreponction, un pont intermédiaire, le tiers environ de la section, que l’on n'incise pas. On peut réduire ce tiers à un où deux millimètres. On a même sectionné complètement la sclérotique et respecté seulement la conjonctive.
L'auteur insiste particuliérement sur la façon de retirer le couteau, «qui mérite toute notre attention, dit-il: on abaisse, à mesure que le couteau sort de la chambre antérieure, le manche de l'instrument de façon à inciser avec la pointe les arcades de la rigole de Fontana et à né laisser, du pont qui mesure le tiers de la section, que le feuillet externe de la sclérotique ».
Il insiste donc sur la nécessité d’inciser avec la pointe les arca= des de la rigole de Fontana, bien qu’à cette époque, son intention ne füt pas de rétablir la communication de la chambre antérieure avec le système lacunaire du limbe, c'est-à-dire
FRA TND
d'ouvrir le tissu de filtration oblitéré, mais plutôt de remédier à l’obstruction de l'angle iridien en créant un tissu lâche permettant au liquide oculaire sécrété en excès de passer en dehors.
Cependant, tout en affirmant,que le bénéfice de son opération résulte de la formation d'une cicatrice filtrante s'ouvrant dans le tissu cellulaire sous-conjonctival, il trouve utile de laisser libre l’angle iridien. «Ge qui enlève sensiblement à la section que donne l'iridectomie son pouvoir curatif et fait que la sclérotomie bien exécutée (sans adhérence irienne) l'emporte, dans certains cas, comme moyen de détente de l'œil, c'est que, dans un très grand nombre d'opérations, on laisse un moignon de l'iris, qui, s'attache, adhère à la plaie et bouche la rigole de Fontana et ailleurs. Sans qu'il soit question d'un enclavement, à proprement parler, ce qu'il faut éviter, avec un soin tout particulier, c'est l'établissement d’une adhérence de l'iris avec l’encoignure de la chambre antérieure !.»
De Wecker se servait, au début, d'un sclérotome spécial auquel il a aujourd'hui presque renoncé, pour ne plus employer qu'un étroit couteau de De Graefe.
Le procédé de Quaglino et celui de De Wecker sont les plus couramment employés.
On peut faire la sclérotomie en un point quelconque la région scléro-cornéenne, en haut, en bas, en dedans et en dehors. On l’a pratiquée au niveau de l'équateur de l'œil, mais on la préfère en haut.
La section de De Wecker nous paraît préférable à celle de Quaglino. On peut, en effet, obtenir une incision plus ou. moins grande, laisser un pont variable et enfin sectionner la partie interne du pont scléro-cornéen respecté.
Procédé d’'Abadie. — Nous empruntons ce procédé aux Leçons de clinique ophtalmologique de l’auteur.
1 De Wecker et Landolt ; Traité d'ophtalmologie, 1886, tom, Il, pag. 708,