‹ Des ophtalmies infectieuses secondairesChapitre 9 sur 15 · MALADIE DU JEUNE AGE DU CHIEN · texte numérisé non relu

MALADIE DU JEUNE AGE DU CHIEN

Bernard, dès 1842, décrit quatre formes de cette maladie : formes digestive, respiratoire, nerveuse,

oculaire. Cette dernire a été signalée depuis par Leblanc, Boucheron, Cadiot, Mouquet, etc.

Elle est assez fréquente et elle existe seule ou associée à d’autres formes.

Elle peut présenter diverses lésions et divers processus pathologiques : conjonctivite, kératite, cata-

racte.

1° Conjonctivites. — Tous les chiens atteints de maladie du jeune âge présentent des yeux avec un exsudat séreux abondant, surtout le matin : on dit qu’ils ont les yeux chassieux. |

L’irritation due à cet exsudat produit une traînée dépilée sur les joues.

À la suite de ces conjonctivites, il peut même se produire des entropions par cicatrisation trop rapide ou bien grâce à une sclérose légère de la conjonctive.

2° Kéralites. — Si la conjonctivite est le premier stade de la forme oculaire, si elle est fréquente, elle entraine souvent à sa suite des kératites.

On observe soit de la kératite diffuse, soit de la kératite ulcéreuse.

a) Kératite diffuse. — Elle est Héréate Elle se présente sous la forme d’une tache blanchâtre qui englobe la cornée et recouvre l'iris et la pupille, amenant ainsi des troubles de la vision qui peut même être complètement abolie.

Il est à noter que la kératite diffuse peut prendre une extension trs rapide et on a vu des cas où elle

était à son complet développement douze heures : après le début de son apparition.

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La kératite peut être très étendue et voiler complètement la face antérieure du globe oculaire. L’œil se présente alors complètement blanc, sans distinction d’iris ni de pupille.

Et l’expression des propriétaires : « Mon chien a un voile devant les yeux » traduit assez bien la réalité, car l’animal n’y voit qu’à travers un voile translucide, voile plus ou moins grand, selon l’étendue de la kératite.

Ces kératites diffuses présentent un intérêt particulier. Elles se distinguént, en effet des kératites ayant une autre origine que la maladie du jeune âge, par leur disparition quelquefois spontanée.

Par exemple, un jeune chien peut présenter à la fois une kératite diffuse et une autre forme de la maladie du jeune âge. La kératite peut être négligée et l’autre forme traitée. Il peut alors se produire que la guérison de la forme étrangère à la forme oculaire entraîne du même coup la disparition de la kératite.

b) Kératite ulcéreuse. — Cette forme est moins fréquente, mais plus redoutable. Elle est produite par des germes particulièrement virulents qui, au lieu de limiter leur action à une hypersecrétion séreuse donnant une légère exsudation, produisent une nécrobiose, puis une sphacélisation de la cornée.

Au début, on constate au centre de la cornée, une perte de substance généralement circulaire ; puis cette perte de substance gagne en surface ou en profondeur. :

Le processus destructif peut être plus ou moins violent. Mary cite un cas où il avait rongé la cornée, de

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façon à mettre à nu l'iris et la pupille. On a vu également des luxations du cristallin à la suite d’une kératite ulcéreuse gagnant en profondeur la pression des liquides intérieurs, ayant projeté le cristallin hors du globe oculaire.

3° Cataracte. — Cette forme n’a pas encore été signalée. Müller signale une forme de cataracte qu’il qualifie de cataracte « juvénile » ; elle apparaîtrait dans les trois premières années de la vie et se développerait en quelques semaines ou en quelques jours.

Cette forme de cataracte ne semble pas une entité morbide bien définie. Nous savons, d’autre part, que la cataracte apparaît le plus souvent chez de vieux animaux, qui sont souvent diabétiques. C’est alors la cataracte « sénile ». R

Peut-être la cataracte « juvénile » est-elle une métastase peu fréquente de la maladie du jeune âge (1). Ce n’est qu’une hypothèse, mais notre observation de cataracte chez un animal présentant en outre des symptômes de la forme nerveuse de la maladie des chiens tendrait à prouver son bien fondé.

TUBERCULOSE La tuberculose de l'œil est, à la vérité, une rareté clinique.

Mathieu rapporte quatre cas de tuberculose étendue aux différents milieux de l’œil.

Rœder mentionne un cas d’extension de la tuberculose à l’œil chez la vache.

@ FQun des jeunes chiens atteints de cataracte, Mouquet a incriminé l’arthritisme et Maleval a fait intervenir Phérédité,

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Hess a constaté un cas où l’infection a débuté par de la conjonctivite purulente suivie de l’inflammation intense et de troubles de la cornée. En quatre semaines, il y avait eu rétraction et atrophie complète du bulbe.

Les deux yeux sont successivement atteints.

Les lésions consistent en de petits tubercules, avec dépôt fibrineux sur la face postérieure de l’iris et opacité du cristallin.

Edelmann a vu l’envahissement du bulbe par un tissu néoformé, très vasculaire. La tumeur renfermant plusieurs cavernes, réunit la choroïde à l'iris, au corps ciliaire et au cristallin. Les ganglions sous-parotidiens sont volumineux et remplis de foyers tuberculeux. Il n’existe aucune autre localisation.

Moncet constate sur un œil, à la surface de la cornée, des granulations gris-jaunâtres. La vision est abolie. A l’autopsie, sur une coupe antéro-postérieure, on a une masse homogène, remplissant tous les milieux.

La chambre antérieure de l’œil est largement réunie au corps vitré et le contenu de la cavité unique ainsi formée, est constituée par un magma boueux renfermant des granulations calcaires en tous points comparables au contenu des cavernes tuberculeuses du poumo» en voie de ramollissement.

En outre, le poumon et le péritoine étaient tuberculeux.

L'examen microscopique a révélé la présence du bacille de Koch et, des cobayes inoculés sous la peau avec du matériel virulent moururent tuberculeux après 60 jours.

Hancock et Coats ont décrit chez le chat des iridochoroïdites et des choroïdites d’origine bacillaire, le plus souven: secondaires à des lésions tuberculeuses siégeant sur d’autres organes.

Lesbouryes rapporte également deux cas d'iritis chez le chat. L’un, atteint d’une pleurésie double présente un iris jaune sale et tuméfié.

L'autre, à l'iris gris-jaunâtre, maculé de points pig-

mentés, les mouvements de la pupille sont restreints et la vision est amoindrie. La nature tuberculeuse de celte ophtalmie est révélée par injection sous-cutanée de tuberculine diluée. L'examen bactériologique ne décèle pas la présence du bacille de Koch ; mais l’inoculation des lésions aux cobayes provoqua chez ceux-ci, un mois plus tard, une tuberculose typique avec ulcère au point d’inoculation et adénite correspondante.

Enfin, Lorry, dans une thèse récente, rapporte de nouvelles observations de tuberculose oculaire, en particulier chez le chat. Et il semble bien — l’auteur insiste également sur ce fait — que la tuberculose de l’œil soit relativement fréquente chez cet animal.

D'ordinaire, dans tous ces cas, il s’agit de tuberculose secondaire.

Si la lésion bacillaire était primitive et encore localisée, l’ablation de l'œil pourrait conjurer la généralisation. |

MALADIES ÉRUPTIVES (Conjonctivites éruptives ou exanthématiques)

Nous rangerons sous cette appellation un certain

nombre d’accidents spécifiques localisés à la conjonctive. Evidemment, nous n’avons pas là affaire à de véritables ophtalmies, puisque ce sont simplement des conjonctivites. Mais celles-ci s’accompagnent parfois de lésions du globe oculaire, en particulier de lésions de la cornée, et même de la sclérotique. C’est pourquoi nous en férons une étude brève, mais qui nous paraît nécessaire pour que nous soyons complets.

Ces conjonctivites éruptives ou exanthématiques sont nettement différenciées des autres modalités par la présence de vésicules ou de pustules développées dans la muqueuse.

Elles s’observent au cours de diverses maladies cycliques : la vaccine, la variole du porc, la variole aviaire, la clavelée, la peste bovine, la lymphangite cryptococcique. (1).

Au cours de la vaccine, chez le cheval rhorse-foxs, on peut avoir une éruption sur la conjonctive — éruption qui n’est jamais isolée, mais qui apparaît en même temps que d’autres localisations.

On a des signes d’ophtalmie externe ; bientôt, en écartant les paupières, on voit des granulations dont la grosseur va de celle d’une tête d’épingle à celle d’une lentille. A la surface de ces granulations, il ne tarde pas à apparaître un point banchâtre indiquant la présence de sérosité purulente.

(1) Nous ne citons la lymphangite cryptococcique ou épizootique que pour mémoire. Elle ne rentre pas, en effet, dans le cadre de notre étude, puisque ce n’est pas une affection microbienne, mais une maladie parasitaire, due à un champignon : le cryptocoque de Rivalta. Rappelons cependant que la lymphangite cryptococcique conjonctivale gagne parfois la cornée et même la sclérotique,

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Les vésico-pustules — plus petites qu'ailleurs — peuvent également se trouver sur le globe oculaire et, en particulier, sur la sclérotique.

L'évolution totale est de huit à dix jours, comme celle des éruptions buccale et pituitaire.

Chez Ia vache (cow-pox ou vaccine ordinaire), l’éruption sur la conjonctive n’est guère observée. Du reste, chez l’adulte, elle est toujours discrète et a pour siège presque exclusif, la mamelle.

Dans la variole ou tavelle du porc, qui frappe surtout les jeunes de un à deux mois, on a une éruption qui présente de très grandes ressemblances avec la vaccine.

En particulier, Velu a signalé des éruptions de cette variole sur la cornée du porc.

Au cours de la variole aviaire, les pustules se développent fréquemment au niveau du bord libre ‘des paupières ; il s’en suit de la conjonctivite s’accompagnant de photophobie. À l’angle interne de l’œil, on a un exsudat séreux ou un peu de pus ; parfois on a de la kératite.

Dans la clavelée chez le mouton, la localisation sur la conjonctive s’observe surtout dans la forme irrégulière, grave, laquelle sévit particulièrement chez les jeunes, mais également chez l'adulte déprimé par une cause quelconque (par exemple, en hiver, dans des bergeries mal aérées, sales).

Alors, on a une éruption généralisée sur la peau et les muqueuses externes, en particulier sur la conjonctive, s’accompagnant de larmes, puis d’exsudat purulent. On observe parfois, en outre, de la kératite,

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Quand on suit l’évolution de la peste bovine, vers le troisième jour environ, on a la phase des lésions externes, lesquelles siègent sur les muqueuses extérieures. Elles apparaissent généralement dans l’ordre suivant : sur la pituitaire, sur la conjonctive, sur la muqueuse buccale.

Au niveau de l’œil, la conjonctive est œdématiée, ecchymotique. Tout d’abord, on a des larmes, puis un exsudat purulent. Souvent, grâce aux infections secondaires, on peut observer avec de la conjonctivite purulente, de la Kkératite, même de la panophtalmie.

Au cours de la fièvre aphteuse, il existe parfois une conjonctivite exanthématique, nettement différenciée des autres modalités par la présence d’aphtes développés dans la muqueuse,

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Il aurait été logique de faire là une incursion dans le domaine de la médecine humaine, afin de comparer les ophtalmies spécifiques des animaux domestiques, à celles de l’homme, en particulier à celles susceptibles d'accompagner soit la blennoragie (conjonctivite purulente compliquée parfois de kératite), soit la syphilis (kératite interstitielle, iritis, choroïdite, rétinite). (1).

(1) Il aurait été intéressant de comparer l’ophtalmie syphilitique aux ophtalmies observées au cours du « surra » et de la dourine, qui sont deux typanosomoses du cheval. Il est vrai que cela sortirait un peu de notre cadre, puisque les maladies à trypausomoses sont plutôt du ressort des maladies parasitaires.

Nous aurions sans doute tiré des enseignements utiles de cette comparaison, et nous regrettons de . ne pas avoir les loisirs de la faire.

Observations

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