EXPLICATION DES PHÉNOMÈNES MÉTALLOSCOPIQUES
RÉSUMÉ DU BURQUISME.
Les procédés à l’usage de la métallothérapie sont de deux sortes ; ceux qui visent la recherche du métal (métalloscopie) et ceux qui ont pour but son emploi, soit (métallothérapie externe), soit intus (métallothérapie interne).
Voici quelles étaient ici les différentes données du problème à résoudre ;
lo Saisir les moindres nuances ou manifestations de l’action externe des métaux usuels malléables ;
2o Découvrir aussi la sensibilité à des métaux qui, comme le manganèse, l'antimoine, le mercure, etc., ne sauraient se prêter aux procédés métalloscopiques ordinaires, mais qui ne peuvent point ne pas être appelés à grossir la gamme métalloscopique, et agir de même pour les métalloïdes, tels que l’arsenic, l’iode, le brome, etc., dont l'expérience a démontré l’utilité dans les affections dynamiques ;
30 Rendre des métaux appropriés actifs, lorsqu’ils ne le sont pas, ou bien ont cessé de l’être (aptitudes métalliques dissimulées), quand il s’agit de la métallothérapie externe ;
4o Donner aux armatures la forme voulue pour en faciliter 1 emploi et réduire à son minimum l’épaisseur des métaux précieux, afin que lorsque, comme pour le platine, on ne peut point recourir à des pièces de monnaie, il soit encore possible de faire de la métallothérapie externe à peu de frais ;
5o Enfin, faire pénétrer dans l’organisme un métal ou un métalloïde de la manière la plus simple et aussi la moins nocive, si l'on a quelque raison d’en redouter les effets.
Tous ces points, nous croyons les avoir résolus d’une manière satisfaisante par la thermo-métalloscopie, par les injections sous-cutanées, par l’administration interne du métal soupçonné d’être actif, par des formules appropriées de différents sels ou métaux en nature, par de certaines formes données aux armatures, etc. Mais il nous serait impossible de faire l’exposition de tant de choses sans entrer dans des étails pour lesquels nous n’avons plus la place
Nous nous bornerons donc à parler des moyen des satisfaire aux indications courantes et, comme nous ne saurions mieux dire, nous passerons encore la parole à M. Charcot.
« Comment arrive-t-on à reconnaître le métal approprié ?
« Il faut, pour atteindre ce but,se livrer à une série de recherches. On commence par essayer le métal qui réussit le plus communément à modifier certains phénomènes de l’hystérie, c’est-à-dire le fer, d’après M.Burq ; on passe ensuite en revue les autres métaux, le zinc,le cuivre, l’or, l’étain, etc., si l’on n’a pas réussi avec le premier.
» Voici comment on opère : étant donnée une hémianesthésique gauche, après avoir constaté, par exemple, qu’en lui transperçant la peau avec une aiguille, on ne provoque chez la malade aucune manifestation de sensibilité, vous appliquez du côté anesthésié, généralement sur l’avant-bras, une plaque métallique, de l’or si vous voulez.
(( Il n’est pas besoin pour cela d’appareils spéciaux ; il suffit, s’il s’agit de l’or, par exemple, de prendre un ou deux louis, de les fixer sur une petite bande et de les maintenir ainsi en contact avec la peau.
« Voici alors ce que l’on observe, si la malade est sensible au métal dont on a fait choix, à l’or, dans l’espèce, au bout d’un temps qui peut varier de quelques secondes à quinze ou vingt minutes, suivant les sujets, la malade vous avertit qu’elle sent son bras comme engourdi ; alors, si vous piquez la peau au voisinage de la bande, vous voyez que la sensibilité commence à revenir. C’est le premier stade de la disparition successive
des phénomènes anormaux, de l’anesthésie, entre autres. Vous remarquez en même temps un certain nombre d’autres particularités. La peau rougit, et les piqûres qui, avant l’application du métal, restaient à peu près exsangues, se mettent à saigner abondamment. De plus, je suppose qu’avant Texpé— rience vous ayez fait serrer le dynamomètre à la malade, et que vous ayez constaté qu’elle donnait un chiffre très bas, 15 ou 20 kilogrammes, par exemple, après l’application du métal vous remarquerez que la malade donne au dynamomètre 20 ou 40 kilogrammes, qu’elle est devenue par conséquent forte comme un homme. L’anesthésie a donc disparu en même temps que l’amyosthénie.
« Tels sont les phénomènes dont nous avons, maintes et maintes fois, constaté la réalité. ..
« Je dois relever qu’on peut, bien que le fait soit assez rare, rencontrer des hystériques qui ne sont sensibles à aucun métal connu. Je dois ajouter qu’il faut choisir les temps d’accalmie pour que l’action des métaux puisse être mise dans toute son évidence. . .
« Passons maintenant à la métallothérapie.
« Autrefois, dans ses premières études, voici comment M. Burq traitait l’hystérie. Après avoir reconnu qu’une malade était sensible à un métal donné, il appliquait tous les jours des armatures faites avec ce métal sur les différentes parties du corps, de manière que la malade ressemblait aux anciens chevaliers bardés de cuirasses et de brassards.
« On s est amusé, dans le temps, de ce traitement, je ne sais pas pourquoi, car il en est certainement de beaucoup plus singuliers et auxquels on passe condamnation ; quoi qu’il en soit, cette application métallique avait pour effet de ramener tout d abord un peu de sensibilité. Mais, lorsque le métal restait appliqué, cette sensibilité disparaissait bientôt et les phénomènes morbides s’exagéraient momentanément. Les mad es éprouvaient une sorte de malaise, d’engourdissement, e somnolence, comme dans les cas auxquds je faisais allusion tout à l’heure. Puis on remarquait, au bout d’une quinzaine de jours, que la plupart des phénomènes permanents de
l’hystérie s’atténuaient ou même disparaissaient. Il y avait là une guérison temporaire. Au bout d’un certain temps les phénomènes se reproduisaient, et il fallait recommencer un certain nombre de fois pour arriver à une guérison complète.
« Cela pouvai* durer plusieurs mois. Voilà en quoi consistait la métallothérapie externe. .Te ne connais pas bien cette méthode, ne l’ayant pas appliquée moi-même et n'’ayant pas eu occasion d’en constater les effets thérapeutiques.
<c Voici maintenant en quoi consiste la métallothérapie interne. Vous avez pratiqué la métalloscopie et vous avez reconnu la sensibilité des malades à un métal déterminé, ferj or, cuivre, zinc, etc... La métallothérapie interne consiste tout simplement à administrer aux malades ces métaux à l'intérieur, le plus souvent sous la forme soluble.' Ainsi, par exemple, pour l’or, nous nous sommes servi d’une solution de chlorure d'or et de sodium, renfermant un centigramme de médicament par vingt-cinq gouttes. C’est une solution d’une belle couleur jaune, transparente, qui n’a pas mauvais goût et que les malades acceptent très bien. Nous en faisons prendre dix gouttes avant chaque repas dans un quart de verre d’eau distillée. Et l’on augmente progressivement les doses.
« Nous ne donnons pas d’autre médicament.
« Si la malade a été reconnue sensible au cuivre, c’est à l’acétate de cuivre en solution, par gouttes dans l’eau distillée, qu’on a recours, ou bien à l’eau de Saint-Christau, qui, comme vous savez, contient du cuivre. Si elle est sensible au zinc, vous lui administrez de la même manière du sulfate de zinc, ou une des nombreuses préparations de fer que vous connaissez, si elle est sensible au fer.» (V. in. Gaz. des Hôp. 1877.)
La citation qui précède, nous aurions pu la faire plus longue, mais là encore nous avons dû nous borner. Pour les memes raisons, nous avons été empêché aussi de donner à la question pratique les développements qu’elle comporte. Nous le regretterions encore plus si la publication très prochaine d un Manuel du burquisme ne devait nous permettre de combler à souhait cette lacune, et de fournir à chacun le moyen de se prouver à luimême que ; « Le vrai peut quelquefois ne pas être
vraisemblable y>, comme le rappelait dans son journal de médecine vétérinaire l’éminent professeur H, Bouley, à propos d’un compte-rendu sur la métalloscopie.
Ceux qui ne connaissent guère la métallothérapie que de nom, ou qui manquent du temps nécessaire pour faire les explorations préalables qu’elle nécessite, trouveront dans ce manuel la formule de certaines pilules, déjà mentionnées, lors de notre conférence à l’hôpital de la Pitié, qui les aideront, nous l’espérons, à accomplir les m 'mes prodiges.
En attendant nous allons essayer de donner la clé des phénomènes métalloscopiques, afin que chacun puisse d’ores et déjà s’y retrouver facilement.