CONTRE LE DIABÈTE ET LA CACHEXIE ALCALINE
Apparition de la ihermo^étalloscopie
Depuis nombre d’années nous nous étions résigné, de guerre lasse et la diversion aidant de nos travaux sur le choléra et sur d’autres questions, notarnment sur l’influence des différents exercices pulmonaires dans la phtisie (1) et sur cette haute question d’hygiène publique, la filtration en grand des eaux courantes, qui nous fit prendre une part active à la discussion fameuse qui s’engagea en 1861 devant l’Académie quand il s’agit de doter Paris d’un supplément d’eaux potables, nous nous étions résigné, disons-nous, à ne plus faire de la métallothérapie que pour notre compte et à n’en presque pas parler, nous bornant à plaindre, plus ou moins haut, les nombreux malades auxquels elle aurait pu venir en aide, lorsque, vers la fin de 1868, au mois d’octobre, certain défi nous amena à faire de nouvelles expériences à l’hôpital Lariboi—
(1) Cette question nous a occupé pendant plusieurs années. Tous les professeurs do déclamation, de chaut et de musique émérites, tous les artistes, tous les virtuoses et tous les fabricants d instruments de musique en cuivre les plus en renom, les directeurs des maitrises et des orphéons de Paris, les confrères en rapport fréquent avec le personnel de nos premières soèneslyriques, etc., ont été consultés. Nous avons dressé le tableau des actes de
sière. On se rendra facilement compte de la surprise que dut y causer la réapparition de la métallothérapie par le langage suivant que tenait la Gazette des Hôpitaux, une Revue clinique du 28 mai 1869.
a Qu’est-ce que la métallothérapie? Beaucoup de médecins l’ignorent, quelques-uns l’ont oublié, les plus jeunes n’en ont peut-être pas entendu parler... La Gazette des Hôpitaux a publié, dans le temps, des faits qui étaient de nature à fixer l’attention. Pourquoi le silence s’est-il fait autour de ces faits? Pourquoi a-t-on oublié des résultats incontestables, puisqu’ils ont été constatés par des témoins irrécusables ? C’est ce que nous ne chercherons point à expliquer... Toujours est-il, qu’a-
décès dans les différents hôpitaux militaires de Paris et de Versailles, et des congés de convalescence qui y ont été délivrés aux militaires, d’une part, et aux musiciens trompettes ou clairons, de l’autre, pendant une période de 26 années. Nous avons ensuite recherché la mortalité par phthisie pulmonaire dans les maisons centrales de force et de correction où s’observe la loi du silence. Plus tard, nous avons étudié à l’Ecole de gymnastique militaire de Joinville-le-Pont l’influence des exercices vocaux qu’on y pratique sur le développement des organes thoraciques, et de tout cela, de toutes ces recherches, que nous avons exposées en 1878 devant le Congrès international d’hygiène de Paris, il est résulté la preuve évidente :
Que cette opinion de Benoiston de Chateauneuf, qui fait encore loi dans la science, en vertu de laquelle on devrait condamner au repos les organes respiratoires de ceux qui sont plus ou moins prédisposés à la phthisie est absolument erronée.
Que tous les exercices vocaux, quels qu’ils soient, et le jeu des instruments à vent en première ligne, quand ils s’accomplissent avec mesure et sans fatigue, ni sans que rien, soit dans le vêtement, soit dans l’attitude, puisse venir mettre obstacle à la libre expansion pulmonaire, sont, au contraire, salutaires au premier chef pour toutes les poitrines délicates, tandis que leur mise au repos et, en particulier, le mutisme imposé dans les Maisons centrales est néfaste et ne justifie que trop cette opinion posée comme un axiome par Coindet (de Genève) : « Le silence alanguit le système digestif, en débilite les organes et les fonctions et prédispose à la phthisie. » (An. d’Hyg., t. XIX).
Voir notre traité sur : La Gymnastique contre la phthisie pulmonaire, chez Germer Baillière, Paris 1875.
près une longue interruption, M. Burq a repris quelques essais nouveaux à l’hôpital Lariboisière, dans les services deMM. Verneuil et Hérard qui ont bien voulu s’y prêter.
« Voici la relation, aussi abrégée que possible, des observations qui ont été recueillies avec les plus minutieux détails. Nous les publions sans commentaires. »
Dr Brochin.
Suivait dans cette revue et dans celle qui vint après, le 6 juin, l’exposition des nouveaux faits à l’avoir de la métallothérapie. En voici le sommaire.
1 • Nervosisme, Chlorose type. — Guérison par Vor.
L’affection remontait à la première enfance. Elle était cai’actérisée, d’une part, p ar des troubles hypernerviques divers, par de violentes migraines surtout, et, de Tautre, par de l’anesthésie et de l’amyosthénie en proportion. Durant six années, C... avait été bourrée de fer sous toutes les formes, de vin de quinquina, d’huile de foie de morue, etc.
Reconnue sensible à l’or, nous prescrivons à C... le chlorure d’or à dose progressive, à partir de 0,01 cent., matin et soir.
Le traitement fut commencé le 3 novembre.
Le 5, la sensibilité commençait déjà à renaître et le lendemain (6) l’appétit se déclarait.
Le 7, ascension des forces musculaires à 32 k. à dr. et 27 à ga., appétit meilleur encore, coloration de la face et des muqueuses.
Le 10, sensibilité et motilité normales et, à partir de ce moment, plus de maux de nerfs d’aucune sorte, plus de leucorrhée.
Le 14, retour des règles.
Le 6 décembre (33e jour du traitement), nouvelle époque, en avance de 7 jours, qui dure deux jours et demi pleins.
Le 11, C... quittait le service de M. Verneuil transformée.
L’anesthésie et l’amyosthénie avaient, on le voit, dominé la scène et il n’avait été besoin que des aliments, tout seuls, pour fournir au sang le fer avec tous les autres él^ents qui lui faisaient défaut.
2o Paralysie hystérique. — Chlorose. — Leucorrhée persistante. — Guérison par le cuiore intas et extra.
L... 32 ans. Paralysie qui avait porté surtout sur les membres inférieurs; la marche était devenue impossible depuis 8 mois. Les membres supérieurs étaient seulement frappés d’amyosthénie. De plus, anesthésie sensitivo-sensorielle généralysée, aménorrhée et leucorrhée à suivre la malade à la la trace. Ce n’est qu’à l’âge de 19 ans que les règles de L... étaient apparues, à la suite d’une violente attaque de nerfs. Le fer et le vin de quinquina avaient été administrés en vain. Reconnue sensible au cuivre, L. . . est traitée d’abord par des pilules contenant chacune 0^02 centigr. de bioxyde de cuivre, puis, conjointementj par une armature de ce métal sur les jambes. Le traitement fut commencé le 16 novembre.
Le 19, sensibilité normale partout et force de pression 32 kil. à dr. et 28 kil. à g. Les jambes peuvent déjà être soulevées du lit et l’appétit se déclare.
Le 20 (après 7 pilules seulement), retour des règles, en avance de 5 jours ; elles fluent abondamment.
Le 25, L... peut se lever. Diminution très notable de la leucorrhée; disparition de douleurs vives dans les seins.
Le 30, la malade descend les deux étages du pavillon, aidée d’une compagne, pour se rendre au jardin.
Le 7 décembre, Exeat.
3o Névralgie lumbo-abdominate. — Chlorose coneoTnittante.
Guérison par Vargent intus.
A Paris depuis un an seulement, S... avait vu sa santé s’altérer profondément sous l’influence de la malaria urbana et des privations. Névralgie très violente, qui régnait dans tout l’hypochondre droit ; elle avait été précédée de palpitations et de très forts maux de tête. Anesthésie et amyosthénie en proportion de la névralgie. Troubles menstruels et nutritifs qui avaient aussi résisté au fer et auîquinquina, plus au zinc (pilules de Méglin).
S... est reconnue sensible à l’argent. En conséquence, on
lui administre ce métal en pilules, à l’état de chlorure (3 centigr. par pilule), à partir du 20 novembre.
Le 24, après 7 pilules seulement, amélioration de betat général de’ la sensibilité, ascension de la force musculaire à droite de 12 à 20 kil.; beaucoup moins de dégoût pour les alimènts substantiels, diminution notable de la névralgie.
Le 27, l’appétit s’accuse. S... commence à reprendre des
couleurs.
Le 30, les règles arrivent naturellement après une très bonne nuit, en avance de 13 jours sur l’époque présumée, et durent deux jours pleins.
Le 14, état général satisfaisant. — Exeat.
4» Hystérie ancienne. — Aménorrhée. — Contracture simulant un pied-bot varus. — Guérison par l’or.
Nous reviendrons, quelques lignes plus loin, sur cette observation .
Puis trois cas communiqués par M. Dumontpallier, savoir : 5o Un cas de vertige supposé d’origine goutteuse]
6° Un cas de dyspepsie, avec anémie consécutive, névralgie ilio-lomhaire et dysménorrhée;
7o Un cas de névralgie temporale acccompagnée de désordres gastriques et de constipation opiniâtre]
(c Tous trois guéris, disait M. Brochin, ou heureusement modifiés par l’or administré à l’intérieur, suivant la méthode et d’après les indications formulées en 1852 par M. Burq. »
La quatrième observation aj'^ant une importance exceptionnelle, l’honorable rédacteur en chef de la Gazette des Hôpitaux avait bien voulu se borner à la mentionner sommairement, sur notre demande. Nous avions tenu, en effet, à la réserver pour un rapport de l’Académie toujours espéré. Ce n’est que huit ans plus tard, en 1877, qu’elle fut publiée in extenso par la Gazette médicale avec cette épigraphe de la main de M. le professeur Verneuil :
« Le fait qui suit a été recueilli dans mon service, à l’hôpital Lariboisière, par M. le docteur Burq. J’en ai suivi les
phases avec le plus vif intérêt, et, d'abord un peu sceptique, je me suis rendu à l’évidence. Le cas me paraît d’autant plus intéressant qu’il pourra servir plus tard à établir les rapports qui existent entre les affections chirurgicales et certains états névropathiques. »
Verneuil
Ajoutons que M. Dumontpallier, qui faisait alors un remplacement à l’hôpital Lariboisière, suivitlamalade et quece sont surtout les résultats obtenus chez elle — notre savant confrère avait été déjà témoin d’autres faits pendant son clinicat à riiütel-Dieu,dans le service de Trousseau, et son passage â l’hôpital de l’Ourcine — qui achevèrent de le convaincre que la métallothérapie valait un peu mieux que ce qu’en ont dit particulièrement les auteurs du Nouveau Nysten dans toutes leurs éditions, sans en excepter celle qui est venue après les rapports faits à la Société de Biologie sur cette méthode.
Tous les détails de cette observation ont leur prix, mais nous n’en dirons ici que l’indispensable. Nous renverrons à la Galette Médicale pour le reste, notamment pour l’histoire d’une certaine aiguille que la malade s’était enfoncée dans son sein droit, elle ne savait ni quand ni comment, tant son anesthésie était grande,et qu’elle ne consentit à se laisser extraire que dans le sommeil chloroformique, une fois que, par le traitement dont nous allons parler, elle eut recouvré la sensibilité.
Il s’agissait d’un pied-bot varus survenu chez une hystérique D.. jâgée de 18 ans. La contracture était si accusée et si persistante, malgré tout ce qu’on avait pu faire, malgré les réductions momentanées opérées dans le sommeil chloroformique, malgré les appareils divers qui lui avaient été opposés, que M. Verneuil en était venu un moment à songer à lu ténotomie. En même temps que le spasme du pied, il existait vers la hanche du même côté une douleur continue des plus violentes qui aurait pu en imposer pour une coxalgie. Contracture et névralgie avaient été précédées d’attaques de nerfs et, depuis leur apparition, celles-ci, c’est à noter, avaient cessé.
D’autre part, D... était anesthésique à un rare degré. La paume des mains, la plante des pieds et toutes les muqueuses, sans exception, étaient elles-mêmes absolument insensibles, le goût et l’odorat étaient perdus ; et cela depuis bien longtemps, car la malade disait n’avoir jamais su différencier le sel du sucre autrement qu’avec ses yeux, ni pu flairer une odeur. La vue et l’ouïe étaient les seuls sens qui eussent été conservés, mais leur acuité ne fut point déterminée. Il existait, de plus, chez D..., une amyosthénie très prononcée.
Quels ôtaient donc encore dans ce cas les phénomènes prédominants ? Pour nous, il ne faisait point doute que la contracture et la névralgie, sa voisine, ne fussent, comme toujours, sous la dépendance des troubles en moins sensitifs et moteurs et nous n’hésitâmes point à déclarer :
« Qu'elles ne disparaitraieni très vraisemhlahlement, Vune et l'autre, qu'après le retour intégral de la sensibilité et des forces musculaires. »
Or, voici comment les choses se passèrent.
D... ayant été trouvée sensible à l’or, fut mise au traitement interne par le chlorure d’oxyde d’or et de sodium en solution. La dose, qui n'était d’abord que de 0 gr. 01, fut portée successivement jusqu’à celle de 0 gr. 16 cent, par jour, en deux fois. Le premier bénéfice fut pour la sensibilité et pour la force musculaire- Un beau jour, au bout d’un mois seulement, la première s'accusa à l’avant-bras gauche, au niveau d’une petite plaie résultant de l’apposition expérimentale d’une cuvette contenant de l’eau presque bouillante. De là la sensibilité fit tache d’huile ; elle gagna successivement le tronc et les autres membres, s’étendit aux muqueuses et c’est lorsque, après quatre mois de traitement, il en eut été ainsi, lorsque le goût et l’odorat furent entièrement revenus et que les forces musculaires eurent été ramenées aussi à l'état normal par le remède, et alors seulement, que la névralgie d’abord, puis la contracture du pied se dissipèrent.
Cette observation eut un épilogue qui ajouta encore à la démonstration que nous venions de faire.
Sept mois se passent. D... toujours bien portante, toujours bien réglée, fait une chute où elle se heurte violemment à la
hanche dont elle a déjà tant souffert. Survient d’abord une douleur très vive dans les muscles de la région contusionnée, puis une nouvelle contracture qui ramène D... à l’hôpital, dans le même service.
M. le professeur Verneuil, croyant encore être en présence d’un spasme hystérique, réadministre l’or ; mais, cette fois, le remède ne guérit plus. Entre temps, le hasard nous ramène dans sa salle de femmes. Instruit de ce qui s’y passe, nous procédons à un examen sévère de la sensibilité et des force musculaires de D... et, les ayant retrouvées, l’une et l’autre, en aussi bon état que le 18 mars, jour de sa sortie, nous croyons pouvoir diagnostiquer en toute assurance une affection justiciable, cette fois, des seuls moyens chirurgicaux. En conséquence, M. Verneuil arrête l’administration de Eor, immobilise le membre dans la gouttière de Bonnet et cela suffit pour remettre D... sur pied.
Le cas de D... offre, en outre, un intérêt qui n’est pas moindre au point de vue de ce que nous avons appelé les aptitudes métalliques dissimulées. Cette question joue un rôle trop considérable dans la pratique de la métallothérapie, elle est d’ailleurs trop peu connue pour ne pas lui donner place dans cet historique.
Aptitudes métalliques dissimulées. — Moyen pour les faire
ressortir.
Il n’est point rare du tout de rencontrer des sujets qui ne répondent que peu ou pas au métal qui est leur caractéristique, quittes à y répondre plus tard à souhait quand viennent à disparaître les conditions particulières d’où était née cette résistance. C’est ainsi que l’on voit tel malade, quoique parfaitement sensible au cuivre, par exemple, ne rien éprouver par l’application de ce métal ou ne présenter que des modifications soit de la sensibilité, soit de la motilité seulement, ou bien encore recouvrer la sensibilité au contact, seule, et continuer à rester absolument analgésique. Il en est même qui peuvent perdre tout à coup leur sensibilité métallique de tout un côté du corps et la conserver intacte dons le côté opposé.
Nous en avons rapporté un cas des plus remarquables, observé, il y a une vingtaine d'années, sur la fille d’un très éminent professeur de la Faculté pour laquelle la métallothérapie avait été appelée à intervenir.
MmeX..., hystérique à un haut degré, avait une sensibilité or peu commune, maintes fois constatée par son père comme par nous-même. Un matin, elle se réveilla avec une hémiplégie du côté droit. A partir de ce moment, l’or n’eut plus aucune action de ce côté tandis qu’à gauche il continua à agir comme par le passé.
Ces résistances relèvent de ce que nous avons appelé les aptitudes métalliques dissimulées ou latentes. Comme elles peuvent constituer parfois un obstacle sérieux à la pratique de la métallothérapie, nous nous en sommes préoccupé de bonne heure. C’est ainsi que, dès 1853, nous consacrions aux aptitudes métalliques dissimulées tout un chapitre spécial (voir notre premier traité sur la métallothérapie) dans lequel nous nous attachions déjà à indiquer divers moyens propres à les mettre en évidence ou à les démasquer. Depuis, nous y en avons ajouté d’autres. Nous les ferons connaître à leur place. Mais, ce que nous pouvons dire dès à présent, c’est qu’il existe un moyen à peu près certain de faire, quand il le faut, ressortir la sensibilité métallique. Ce moyen consisteà donner à 1 intérieur, sous forme d'oxyde ou de sel, ou même desimpie limaille très fine, s’il est facilement attaquable par le suc gastrique, le métal auquel le sujet a répondu antérieurement, peu ou prou, ou bien est soupçonné d’emblée d’être sensible. On peut etre éclairé sur ce dernier point soit par des échecs antérieurs avec les préparations de fer ou de zinc, qui sont monnaie courante dans la médecine usuelle^ soit par de certains commémoratifs, tel s que des accès de somnambulisme spontané ou provoqué par le magnétisme qui ont pour corollaire obligé la sensibilité cuivre, nous l’avons éjà dit, mais nous en fournirons des preuves nombreuses dans la dernière partie de ce travail.
Or, la malade au pied-bot de M. Verneuil offrit une démonstration remarquable de ce que peut ce procédé pour réveiller la sensibilité métallique. Au début, l'idiosyncrasie or de D...
ne s’ôtait jamais manifestée que par de la chaleur, par le saignement ou la rougeur des piqûres et par de l’augmentation dans la force musculaire des membres supérieurs. Jamais l’or n’avait pu influencer en aucune façon son anesthésie, quelle qu’eût ôté la durée ou bien l’étendue de son application. Une fois, nous avions été jusqu’à cuirasser littéralement la jambe maladede pièces d’or (nous en avions appliqué 75) et, après trois jours, l’anesthésie n’avait pas bougé plus que la contracture. Cependant, le traitement interne ayant été institué, au bout d’un mois l’or extra commença à ramener la sensibilité, mais au contact seulement, et, un peu plus tard, sous l’influence de cette sorte de ois à tergo incessante due à 1 administration, matin et soir, du sel d’or à dose croissante, il y eut comme une dernière poussée vers la peau à la suite de laquelle les applications d’or ne laissèrent plus rien à désirer, la malade étant encore, bien entendu, toujours anesthésique à laisser croire qu’il ne s’était opéré chez elle aucun changement de
ce côté.
Ainsi donc ; nouvelle affirmation de l’efficacité de la métal lothérapie interne, soit comme remède, soit comme moyen de réveiller les aptitudes métalliques dissimulées.
Action de l’or, de l’argent et du cuivre intus, dans des cas de chlorose où le fer et le zinc, administrés précédemment, n’avaient produit rien d’autre qu’une insurrection plus ou moins grande de l’organisme, et eff^ets toujours les memes quel que fût le métal employé, tout d’abord sur la sensibilité générale et spéciale, sur les forces musculaires, sur les trou
blés desvasomoteurs,surlacirculationcapillaireetutérine,etc.,
puis, consécutivement, sur tous les désordres hypernermques comme sur les troubles gastriques et leurs conséquences.
Nouvelle démonstration que l’anesthésie sensitivo-sensorielle et l’amyosthénie des muscles, pleins ou creux,
les autres symptômes sous leur dépendance immédiate dans les
affections du système nerveux où elles existent,aussi bien que
dans la chlorose qui fait si souvent cortège a ces affections , que dans l’hystérie, en particulier, les contractures n éc P peut point plus que les attaques et les spasmes de toute sorte.
queles névralgies et les troubles intellectuels, ajoutons-le pour être complet, à cette prédominance et, par conséquent, que les désordres hypernerviques, quelque forme qu’ils affectent et quel qu’ep soit le siège, ne sauraient jamais disparaître sans une cessation préalable de tous les symptômes pontraires ou hyponerviques : que tant qu’il en est autrement, c’est-à-dire tant que l’anesthésie ot l’amyosthénie persistent, la disparition des attaques, par exemple, ne peut qu’en imposer, car bientôt, si ce n’est sur l’heure même, d’autres troubles spasmodiques, névralgiques ou psychiques ne tardent point à s’y substituer.
Enfin, démonstration, encore une fois par induction, que, si l’hydrothérapie, sous toutes ses formes, et les exercices gymnastiques de toute nature rendent des services très réels en névropathie, cela tient à leurs propriétés essentiellement esthésiogènes et dynamogènes.
Voilà ce qui résulta des expériences que nous fîmes à l’hôpital Lariboisière, au cours des années 1868 et 1869; voilà les choses qui passèrent encore inaperçues ; voilà les faits qui, après tant d’autres, après les observations confirmatives de MM. Bouchut, Bosias, Dufraigne, Tripier, etc,, après les affirmations de Trousseau à la tribune l’Académie, tant en son nom qu’au nom de ses trois éminents collègues Rostan, Tardieu et Robert, furent impuissants à faire faire place à la métallothérapie et à valoir à son auteur une réparation quelconque pour les différents dénis de justice dont il avait été la victime. Pour n en citer qu un seul, disons, qu’au lendemain de cette effroyable épidémie de choléra qui régna à Toulon en 1865 et où nous avions vu tomber à nos côtés, presque dès son arrivée, l’infortuné docteur Tourette, parti lui aussi spontanément à ses frais et risques au secours de cette ville toujours si cruellement éprouvée par le fléau indien, notre nom ne fut même point mentionné à côté de ceux qui avaient mérité d’être signalés à la reconnaissance publique I . . .
La mesure était très loin cependant d’être comble et nous aurions à faire encore de bien tristes révélations, si la justice qui nous a été enfin rendue ne les avait un peu effacées de
otre mémoire, et si le respect professionnel ne nous commandait de les taire.
Expériènces a Vichy en 1871-72.
Association de la métallothérapie à la médication thermale pour augmenter et corriger les effets des eaux alcalines. Application du thermomètre à la métalloscopiie.
Après la guerre, sous la Commune, notre santé subit un premier ébranlement assez grave pour nous obliger de quitter
P^rFlS •
Nous étions réfugié à Vichy lorsque certain diabétique, dont la Gazette des Hôpitaux du mois d’avril (le 31) 1880 a rapporté l’observation, chez lequel nous avions fait intervenir de la façon la plus heureuse la métallothérapie inconsciemment en lui ordonnant de quitter la source exclusivement alcaline de la Grande grille pour celle du puits Lardy qm est, en outre, très ferrugineuse, nous conduisit à nous occuper de ce que les métaux pourraient bien faire pour relever les forces soit des diabétiques, soit des buveurs plus ou moins atteints par la cachexie alcaline, cachexie que nous avions déjà observée plusieurs fois.
Nous étudiâmes donc leur action sur un certain nombre e diabétiques, une vingtaine dont trois confrères et quatre malades de l’hôpital militaire qui nous avaient ete envoyés par son médecin en chef, M. le docteur Barudel. De cette étude il résulta pour nous cette conviction, que nous avons exposee depuis,une première fois à la tribune de l’Académie le 2d n^ vembre 1879, et une deuxième, le 11 février 1880, deva la Société de chirurgie, et développée récemment dans notre brochure - La métallothérapie à Vichy contre le dtMeet la cachexie alcaline Delahaye et Lecrosnier, Pans 1881)-,
à savoir : , ,
Que nombre de diabétiques sont tributaires de la méta
théraphie au même titre et pour les mêmes raisons que les
plus cont. .e diable curable s'observent à Vichy surtout chez les malades sensibles au fer ou à l’arsenic, parce qu’il y a plusieurs de ses sources qui e tiennent.
Que la cachexie alcaline est très réelle, quoi qu’on en ait dit, et que les médecins, qui exercent à Vichy en ont généralement si parfaite conscience qu’ils usent largement des pratiques hydrothérapiques et de tous les exercices qui peuvent améliorer l’état de la sensibilité comme des forces musculaires, et ne manquent jamais d’envoyer leurs malades boire à la source Lardy dans la dernière semaine de leur cure, ce qui a pour effet de diminuer le nombre de ceux « qui y sont éprouvés par les eaux » (Durand de Lunel), d’un chiffre égal à celui des sensibilités fer, c’est-à-dire de 25 à 30 0/0.
Que l’on peut singulièrement augmenter le nombre des bénéficiaires des eaux alcalines et, d’autre part, diminuer celui de leurs victimes en y ajoutant, à titre d’adjuvant ou de correctif, le métal qui leur manque pour répondre à toutes les indications fournies par les diverses sensibilités métalliques.
Enfin, qu’avant de diriger un malade vers une source ferrugineuse la première chose à faire c’est de s’assurer s’il est, oui ou non, sensible au fer, les inconvénients d’une fausse médication étant ici plus sérieux et moins faciles à réparer que lorsqu’on donne sur place une préparation martiale à un sujet qui ne saurait en tirer aucun avantage.
C’est aussi à Vichy que nous appliquâmes, pour la première fois, le thermomètre à la recherche des sensibilités métalliques et que nous recueillîmes les premiers éléments d’un mportant mémoire sur la thermo-métalloscopie où nous disions :
« L’esthésiométrie et la dynamométrie, aidées des sensations subjectives de chaud et de formication, de la coloration des piqûres sous le métal et à son voisinage, firent pendant plus de vingt années tous les frais de la métalloscopie. Ce n'était point assez, il paraît .Pour forcer les convictions, pour faire taire les résistances de toute sorte et provenance, il fallait, nous devons le croire, aux uns un procédé plus simple, plus sûr encore et plus à leur portée, et aux autres une démonstration plus péremptoire que les plus-values esthésiométriques ou dynamométriques, proclamées à la tribune de 1 Académie par le professeur Trousseau, quelque chose de
moins contestable encore que des piqûres devenues roUges ou môme sanglantes de blanches qu’elles ôtaient auparavant, sans parler de tous les faits qui ont ôté insérés dans les annales do la science par dos hommes aussi honorables que désintéressés dans la question,
« Il nous fallait aussi à nous môme^ disons-le, un moyen plus sûr ôt qui eût une sensibilité plus grande que le dynamomètre et l’esthésiométre, très souvent muets dans le cas d’aptitudes métalliques dissimulées... Eh bien I ce moyen, ce procédé, cette démonstration presque brutale des actions métalliques la voici... »
Suivait une description du nouveau procédé métalloscopique.
Notre travail sur la thermo-métalloscopie fut encore adressé à l’Académie, avec instruments à l’appui.
C’était notre dernière espérance. Mais, hélas ! le nouveau mémoire, que nous avions écrit d'une main déjà défaillante, devait avoir le sort de tous ses nombreux aînés et, nous en avions à peine tracé les dernières lignes, que déjà se faisait la nuit dont nous avons parlé.
A partir de ce moment, notre vie ne fut plus qu'une longue lutte contre une fin que tout semblait présager, lutte sans trêve ni merci . Comment, au bout de cinq années de souffrances physiques et morales inénarrables, nous fut-il donné de triompher enfin d’un mal qui semblait devenu irrémédiable ? Comment nous fut-il possible de reparaître et de venir prouver à ceux qui nous avaient déjà oublié que la métallothérapie vivait encore? Par quel miracle sommes-nous encore là veillant de notre mieux sur l’œuvre à laquelle nous avons voué notre vie ?...
Parce que nous avions foi en cette œuvre, parce que les choses que nous avions affirmées nous les avions toutes vues, et bien vues, et que sur d’autres points nous avions encore à parler ; parce que, surtout, nous avions à prendre notre revanche de près de trente années de dédains et de résistances sous toutes les formes et que tout cela c’était bien assez pour nous donner la plus énergique volonté de vivre et, partant.
tout Ig courage voulu pour nous soumettre aux traitements les plus féroces.
Mais éloignons notre pensée d’un passé si douloureux. Détournons aussi les yeux de ceux qui cherchent maintenant à éteindre le flambeau allume, les uns par un silence calculé, les autres par des dénégations ou par des atténuations injustifiables, et ceux-ci par l’opposition d’autres agents esthénogènes aux métaux, comme si la métallothérapie avait eu jamais l’outrecuidance de faire table rase de tout ce qui existait avant elle ou que l’avenir lui réservait en concurrence, et montrons comment le Burquisme est entré définitivement dans le domaine de la science et pourquoi il n’est plus aujourd’hui au pouvoir de personne de l’en déloger.
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TROISIÈME PÉRIODE (de 1876 à aujourd’hui)
Nouvelle campagne de la Métallothérapie à la Salpétrière.
Opinions et expériences personnelles De M. le Professeur Charcot
Rapports de M. Dumontp allier sur la mélalloscopie ET LA métallothérapie
Examen critique de ces Rapports.
Vers le milieu du mois de juillet 1876, une sorte de revenant, courbé sous le faix de la vie, franchissait le seuil de la Salpétrière, un bâton noueux dans une main pour soutenir sa marche chancelante et appendue dans l’autre une gourde pleine d’une provision d’eau pour rafraîchir des compresses au front qui, depuis quatre années, y étaient, nuit et jour, en permanence et que dissimulait en ce moment un chapeau à larges bords. Comme il s’avançait à pas lents dans les vastes cours de ce pandémonium do toutes les infirmités, comme il cherchait des yeux le vieux pavillon Sainte-Laure qui avait été le théâtre de ses exploits d’autrefois et démoli depuis, il l’ignorait, pour faire place à une pelouse verdoyante, il lui arriva tout à coup de se trouver face à face avec une vieille connaissance, la fameuse Leroux, fameuse par les nombreuses descriptions et les leçons ex-professo dont elle a fourni le sujet. Il arrêta la demi-folle qui, à sa vue, avait paru fouiller dans ses souvenirs, s’en fit réconnaître, lui demanda son chemin et cest là le cicérone qui nous 'dirigea vers M. le professeur Charcot que nous cherchions.
Quel était donc le but qui nous faisait aller, en un pareil moment, à la rencontre du maître dont le nom est lié désormais à celui de la Salpétrière? Qu’avions-nous à lui demander? L’autorisation de faire dans son service, sur des malades de son choix^ une tentative suprême, suprême pour tant de raisons, à l’effet soit de nous dessiller les yeux^ si jusqu'alors nous n’avions été que dupe ou visionnaire, soit de nous donner raison contre tous et contre lui-même très vraisemblablement.
Notre demande était apostillée par trop de raisons valables pour qu’elle pût être déclinée. Elle fut donc agréée et deux jours après nous étions déjà occupé à reconnaître le terrain.
Lorsque nous l’eûmes suffisamment préparé, malgré de certaines difficultés, aggravées tout d’abord par des menées dont le récit édifiant trouvera ailleurs sa place, lorsque nous le sentîmes assez solide pour y faire une démonstration décisive, nous allâmes, cette fois, demander des juges à une Société savante qui avait prouvé maintes fois et qui prouve tous les jours de reste que les intérêts de la science sur n’importe quelles questions sont toujours les siens et qu’elle sait^ trouver, elle, le temps de les défendre, nous avons nommé la Société de Biologie. Notre requête fût encore libéralement accueillie de ce côté. Il s’ensuivit la nomination d’une Commission et furent désignés, pour en faire partie, MM. Charcot, président, Luys et Dumontpallier, rapporteur. Cette commission, ne devait point être seulement de pure forme, une sorte d’eau bénite de Cour comme celle dont nous avions été tant de fois aspergé. A peine était-elle nommée, qu’elle entrait en fonction.
Ce qu’il advint de notre tentative in extremis, qui avait tant de chances contre elle qu’elle pouvait passer pour une insigne témérité, est trop connu aujourd’hui, trop bien consigné dans les bulletins de la Société pour que nous ayons besoin de faire autre chose ici que d’en rappeler les traits principaux.
Donnons d’abord la parole à M. Charcot à qui revient l’honneur d'avoir, le premier, entretenu la Société des faits qui ont si souvent occupé ses séances.
Séance du 13 janvier 1877.
M. Charcot. « Je désire faire à la Société une simple communication sur des recherches dont elle sera saisie ultérieurement plus en détails. Il s'agit des recherches de M. Burq sur la cure de certains phénomènes hystériques, notamment l’anesthésie et la contracture par ce qu il a appelé la métallothérapie
« Jusqu’ici j’avais été entraîné à croire que la métallothérapie ne reposait point sur une base bien solide. J’étais incrédule. Un jour cependant ma conviction s’est faite et voici comment. Me trouvant près d’une hystérique de mon service (Bucquet), je voulus montrer à mes élèves l’étendue des zones anesthésiques. Je la piquai fortement et, au lieu d’une anesthésie complète, comme j’étais habitué à l'observer (depuis onze années), je trouvai une sensibilité très manifeste; la malade criait et elle me dit : mais ce n'est plus comme les autres fois, M. Burq est passé ce matin.
« Je me fis donner quelques explications. M. Burq, avant ma visite, avait appliqué à cette malade des plaques métalliques.
« Le point fondamental des expériences de M. Burq est donc exact. »
Ainsi donc c’est aussi par un cri de douleur, écho, pour ainsi dire, de celui qui avait été poussé par Sylvain à la Salpétrière, vingt-cinq années auparavant, dans de semblables circonstances, que M. Charcot trouva, à son tour, le chemin qui le fit venir à la métallothérapie comme nous étions allé nousmême vers le polymétallisme.
Séance du 20 janvier 1877 .
M. Charcot. « Les phénomènes que M. Burq a décrits avec une si grande sagacité sont multiples. Je puis citer deux cas d’hémi-chorée, avec hémi-anesthésie, qui relèvent de lésions anciennes . Ce sont des malades connues et éprouvées; l’anesthésie était permanente et n’a jamais varié. L’application des métaux a réussi absolument comme dans les cas d’hystérie... Une autre hémi-anesthésique depuis trente ans a été exa-
minée récemment à ce point de vue. .l’ai pu constater que la sensibilité n’est revenue qu’au bout de trois heures. Dans les cas ordinaires, c’est au bout de trois quarts d’heure, une heure, que la sensibilité revient. »
Il est de toute justice de faire remarquer que les faits dont parle ici M. le professeur Charcot lui sont propres, et que jusqu’alors la métallothérapie n’avait jamais osé s’adresser à des troubles organiques.
Séance du 26 octobre 1877.
M. Charcot, a L’année passée, à la même époque, j"’entretenais, pour la première fois, la Société des faits de métalloscopie dont j’avais été témoin dans mon service. Depuis, les études se sont multipliées sur cette question et il est inutile de rappeler ici les résultats vraiment inattendus auxquels on est arrivé.
« J’ai confié au docteur Burq quatre hystériques de mon service, quatre hystériques de premier ordre. Trois étaient sensibles à l’or, une au cuivre. Elles ont été soignées suivant la méthode du docteur Burq ; les malades sensibles à l’or furent traitées par le chlorure d’or et de sodium, et la malade sensible au cuivre par le sulfate de cuivre et l’eau de St-Christau. A mon retour des vacances, j’ai trouvé ces malades complètement guéries de leur anesthésie. Une avait présenté une rechute dont l’importance, dans l’espèce, est facile à comprendre. Une autre malade, appartenant à cette catégorie de malades que M. Briquet appelle hystéro-épileptiques à crises séparées, a guéri des crises hystériques, tout en continuant à présenter les accès épileptiques. »
Deux mois après, le 31 décembre 1877, M. Charcot montrait à son nombreux auditoire de la Salpétrière les malades dont il avait parlé dans la séance du 26 octobre. Après avoir dit magistralement ce qu’était la raétalloscopie, après avoir expérimenté les métaux sur plusieurs d’entre elles , ainsi que sur une jeune mercière du dehors, Mlle M. . ., qui lui avait été adressée par M. le docteur Fieuzal pour une achroraatopsie hystérique, Téminent professeur témoignait encore ainsi qu’il suit en faveur de la métallothérapie proprement dite :
(( En reprenant mon service, au mois d’octobre, je dois déclarer que j’ai été certainement quelque peu ému de voir que chez ces quatre malades que j’avais choisies moi-même parmi les cas les plus accentués et que j avais offertes à la métallothérapie comme pouvant lui fournir l'occasion d'une épreuve décisive, la situation s’ôtait très remarquablement amendée, pour ne pas dire plus.^^ ^Voir dans des HopttdV/Cc de indvs
1878 : Leçon sur la mètalloseopie et sur la métallothérapie par M. Charcot).
Nous pourrions emprunter d’autres citations aux bulletins de la Société, mais celles-là nous paraissent suffire pour établir les droits personnels de M. Charcot à la vulgarisation de la métallothérapie, aussi bien que de la mètalloseopie, en dehors des rapports dont nous allons jDarler,
Rapports de M. Dumontpallier sur la mètalloseopie et sur la métallothérapie.
La commission, nommée par la Société de Biologie pour sui vre les expériences de la Salpétrière, commença ses travaux au mois de novembre 1876. Au mois d’avril 1877 , le 14, son honorable Secrétaire rapporteur lisait à la Société un premier rapport, consacré exclusivement à la mètalloseopie qui concluait en ces termes :
« Le travail de la commission a été divisé en deux parties. Dans une première nous avons constaté l’existence de tous les faits métalloscopiques découverts depuis longtemps par M. le docteur Burq. Dans la seconde partie nous avons étudié l’interprétation de ces faits .
« Il est parfaitement exact, en effet, que l’application de certains métaux sur la peau détermine chez des malades anesthésiques , hystériques , et quelques fois organiques, des modifications importantes dont les principales sont le retour de la sensibilité générale et spéciale.
« Il est parfaitement exact que toutes les malades ne sont point sensibles au même métal, et que l’or, le fer et le cuivre donnent des résultats positifs ou négatifs, suivant les sujets soumis aux expériences.
« Los phénomènes observés après l’application des métaux se produisent dans l’ordre établi par le docteur Burq, c’està-dire que les malades accusent, ^ au niveau de l’application des métaux et dans une zone plus ou moins étendue, des fourmillements, une sensation de chaleur; puis, l’observateur constate bientôt, dans les mômes régions, une rougeur, le retour de la sensibilité, l’ascension de la température, mesurée par la thermomètre, et, enfin le retour de la force musculaire, mesurée par le dynamomètre.
((Votre commission, Messieurs, ne saurait affirmer trop haut t’existence de tous ces faits, découverts il y a déjà plus de vingt-cinq ans. Cette affirmation est un hommage rendu au doceur Burq, qui, malgré des critiques souv ent sévères, n’a jamais perdu courage et puisait dans une foi solidement établie par l’expérimentation l’espérance que justice lui serait enfin rendue.
(( De plus, nous devons ici témoigner notre reconnaissance au docteur Burq, car c’est, après avoir constaté l'exactitude des faits énoncés par notre confrère, que, cherchant, toujours par la méthode expérimentale, à interpréter les phénomènes observés, nous avons été conduits ; 1° à reconnaître l’action des courants électriques de faible intensité sur le retour de la sensibilité; 2o à découvrir le fait si inattendu du transfert de la sensibilité d’un côté du corps à l’autre côté, sous l’influence de l’application des métaux ou des courants électriques continus .
(( Votre commission. Messieurs, a la satisfaction d’avoir accompli un acte de justice envers M. le docteur Burq. Mais elle manquerait à tout sentiment ds gratitude si, en terminant ce rapport, elle ne vous demandait de prendre votre part dans les remerciments que nous devons aux docteurs Gellé et Landolt et à M. P. Régnard, qui, en nous prêtant le concours éclairé de leurs études spéciales, nous ont permis de suivre avec plus de sûreté et plus d’autorité la voie expérimentale dans laquelle nous nous étions engagés.
(( En conséquence, nous vous proposons de déposer le mémoire de M. Burq dans vos archives et de l’inscrire sur la liste des travaux admis au concours du prix Ernest Godard. »
Ces conclusions et l’insertion du rapport in extenso dans les bulletins de la Société furent votées ù Tunanimité.
Restait la question de la métallothérapie proprement dite qui avait été réservée. La Commission se remit à l’œuvre au mois de juin 1877, tint de nombreuses séances et 14 mois après, le 10 août 1878, M. Dumontpallier vint lire à la Société un deuxième rapport plus complet encore, s’il se peut.
Après avoir exposé les faits en détail, après les avoir ensuite résumés et analysés^ après avoir établi avec quelle rapidité de faibles doses du métal indiqué par l’examen métalloscopique avaient suffi, le régime restant le même, pour produire les effets les plus inattendus,modifier favorablement jusqu’au caractère même des malades et légitimer implicitement nos doctrines par la fin de cette première conclusion :
(c De la première partie de ce rapport il ressort que chez des malades dont l’aptitude métallique avait été reconnue par des expériences antérieures on a obtenu, pendant la période d’administration à l’intérieur des mêmes métaux, une amélioration dans l’état général de leur santé, amélioration établie d'abord par le retour de la sensibilité générale ei spéciale, par le retour de la force musculaire et de la menstruation régulière. y> Après avoir parlé, dans une vue d’ensemble, a de l’importance de la loi que nous avions posée », d’après laquelle on peut conclure de l’action externe d’un métal à son action interne, et des « conséquences si grandes de cette loi en thérapeutique générale », après avoir déclaré « que la Commission avait été grandement impressionnée par les faits thérapeutiques observés dans le service de M. le professeur Charcot, sous son contrôle de chaque jour, sur des malades qui étaient hystériques depuis plusieurs années, que Ton considérait à la Salpétrière comme des types de la diathèse hystérique et hystéro-épileptique et qui étaient des exemples vivants des meilleures descriptions de cette classe des maladies nerveuses ; »
Après avoir dit, dans de justes réserves : (c Est-ce à dire que le traitement, d’une durée d’un mois à trois mois, ait guéri la diathèse hysthérique? Non, et sur ce point l’inventeur de la
métallothérapie l’a souvent répété dans ses publications, à une maladie chronique, comme l’hystérie, il faut opposer un traitement chronique, mais, ce qu’il est important de retenir, c’est que le traitement interne, indiqué par les expériences méialloscopiques, a paru modifier pendant toute sa durée les mauifestations diathésiques et a acheminé les malades vers l’état de santé; » la Commission concluait en ces termes :
« Nous voici, messieurs^ arrivés au terme de notre travail. De nouvelles expériences, vous le voyez, sont venues confirmer, une fois encore, les résultats métalloscopiques exposés dans notre premier rapport.
(c De plus, les malades soumises au traitement interne dont la base métallique avait été indiquée par la métalloscopie ont paru retirer un notable avantage de ce traitement, et cela, messieurs, dans des conditions telles que votre Commission croit pouvoir encourager les recherches qui auront pour but la métallothérapie ainsi qu’elle a été formulée par M. le D' Burq.
« Dans la période de guérison apparente des malades, traitées par des métaux à l’intérieur, il nous a été permis d’étudier avec détails l’anesthésie de retour, déterminée par l'application du métal qui, donné à l’intérieur, avait rendu aux
malades la sensibilité et la force musculaire Le hasard et
l'induction nous ont permis de reconnaître et d'étudier les conditions de la fixation des phénomènes métalloscopiques et certaines conditions d’arrêt ou de non-production de ces memes phénomènes.
« Enfin, les expériences métalloscopiques et métallothérapiques exposées par M. le professeur Charcot devant la Société de Biologie, dans diverses communications sur l’achromatopsie hystérique, ont été une démonstration des faits antérieurement avancés par M. le docteur Burq.
« En conséquence, votre Commission, s’appuyant sur les faits qu’elle a constatés, et sans se départir de la prudente réserve qu’elle s’est imposée, croit qu’il y a lieu d’encourager de nouvelles recherches métallothérapiques et vous propose, crmme elle l’a déjà fait dans sou premier rapport, d’inscrire les diverses communications de M. le docteur Burq sur la liste des mémoires admis au concours du prix Ernest Godard. »
Les conclusions du deuxième rapport et son insertion dans le bulletin de la Société furent encore votées à Tunanimité.
Ajoutons, pour ne point avoir à y revenir, qu’à quelque temps de là, M. Dumontpallier faisait à ses élèves deux magistrales leçons sur le même sujet que l’on trouvera dans l’ Union médicale-, que, depuis, il n’a cessé de recourir à la métallothérapie, en ville comme à l’hôpital, toutes les fois que l’occasion s’en est présentée et qu’elle a continué à lui donner des succès tels que ses plus honorables collègues des hôpitaux MM. les professeurs Trélat, Laboulbène et Gosselin, entre autres, ont plusieurs fois dirigé vers ses salles de la Pitié des malades pour y être traitées par les métaux.
Examen critique des rapports.
L’œuvre, dont nous avons dû nous borner à ne donner que des extraits, ne pouvait point ne pas produire une certaine émotion dans le monde savant, tant à cause de sa forme que du fond. Des expériences, faites un peu partout pour contrôler celles de la Salpêtrière, la publication de nombreux travaux qui ont suivi, des thèses soutenues à la Faculté de Paris et ailleurs, des revendications, consécration obligée de toute découyerte nouvelle, etc., témoignent que cette émotion fut, en effet, très réelle. Les rapports de la Commission devant rester, a juste titre, comme les Tables de la Métallothérapie 1 importait que fussent rectifiés ou remis en mémoire les points qui en avaient plus particulièrement besoin, et bien mis en lumière ceux qui étaient un peu trop restés dans l’ombre, les uns parce que la Commission, n^ayantreçu la mission que de constater les faits majeurs, ne pouvait y insTstris
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interprétations des phénomènes
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avons donc fait le nie ® examen critique. Nous
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chapitre qui ne saurait trouver ici sa place, celle dont la libéralité de la Société ^veut bien nous permettre de disposer encore devant continuer à être occupée par des faits et non par une discussion. Néanmoins, nous ne pouvions nous dispenser de donner, déjà, dans le Bulletin un résumé des parties principales de notre travail, ne fût-ce qu’à titre de réserves.
Rectifications. — Le rapport sur la métallothérapie dit :
10 « Le hasard nous avait appris que des plaques composées
de deux métaux superposés ne donnent pas toujours des résultats comparables aux résultats obtenus avec les plaques formées d’un seul métal
2o « M. Vigoureux, sans connaître les observations de M. Burq, fut amené à rechercher les modifications que l’on pourrait produire dans les phénomènes métalloscopiques en recouvrant la face du métal qui n’est pas en contact avec la peau avec une substance, soit isolante (de la cire à cacheter, par exemple) soit conductrice ;
3o « En interrogeant l’action locale des métaux,nous avions constaté que chez des malades, en apparence guéries, l’application externe des métaux pouvait déterminer l’anesthésie et l’amyosthénie de retour. ... Cette anesthésie et cette amyosthénie de retour, obtenues à volonté, est un fait expérimental dont la constataiion appartient à votre commission. »
Premièrement. — Depuis très longtemps nous avions observé que la superposition d’une plaque de zinc sur une plaque de cuivre annulait l’action de ce métal. En 1876, M.le professeur Charcot nous ayant fait l’honneur de nous donner la parole dans l’une de ses conférences, nous montrâmes à son auditoire une plaque de ce genre qui était en notre possession depuis plus de vingt années.
11 y a mieux, tout au début de nos expériences de 1876, lorsque nous eûmes reconnu que nombre de malades répondaient à l’or, nous nous en allâmes chez un fabricant ad hoe chercher des plaques de doublé {or sur cuiore), dans l’espérance que l’or, adhérant ici intimement au cuivre, ce dernier n’empêcherait point son action, et que nous pourrions ainsi faire des applications externes d’or à peu de frais. Mais,
quelle que fut l’épaisseur du métal précieux ou le titre du doublé — nous avions pris des échantillons à 5 OjO d’or — le résultat fut toujours négativement le même. Nous ne fûmes point plus heureux avec des plaques de cuivre dorées à la pile.
Secondement.— Nous avions également remarqué, te premier :
Que l’action d’un métal actif était annulée par un enduit résineux^ appliqué comme le dit la Commission. Nous nous sommes plu souvent à montrer des sols de la première République (en métal de cloches), dont nous avons encore quelques-uns, qui avaient cessé d’agir le jour où, il y a maintenant trente années de cela, nous avions eu la malencontreuse idée de les fixer avec de la gomme laque sur une toile taillée en la forme de nos bracelets d’armature.
Tous ces faits, M. le Vigoureux les connaissait très pertinemment lorsqu’il fit, dans la même voie, les expériences dont parle la Commission, par cette bonne raison que, durant une année et demie, il resta attaché à la fortune de la Métallothérapie et que nous ne lui en avions laissé rien ignorer.
Troisièmement. — L’anesthésie et l’amyosthénie post-métalliques ne pouvaient nous échapper, parce qu’elles se produisent/ata/emca^ toutes les deux, au moins dans l’hystérie.
Dès 1851, nous en parlions dans notre thèse inaugurale (V. p. 30); nous en avions même fait le critérium de la raétalloscopie chez les sujets qui n’avaient, eux, rien perdu m de leur sensibilité, ni de leurs forces musculaires. On les trouve indiquées presque à chaque page de notre brochure sur le traitement du diabète par la métallothérapie.
Nous connaissions aussi parfaitement ce singulier phénomène, la dysesthésie, où, ainsi qu’il est dit dans les Rapports, « la glace brûle comme un charbon et l’eau semble froide », qui marque comme une ligne d’intersection entre le passage de 1 analgésie à l’anesthésie et, inversement, de l’anesihésie à l’analgésie, lors de la production des phénomèmes post-métalliques, d abord, et de retour, ensuite. Nous l’avions montré plusieurs fois à M. Charcot, avant que la Commission ne se réunît. Seulement nous avions appelé les phénomènes post-métalliques de retour et la dysesthésie interversion dans les sensations thermiques. Cette expression retour, que l’on re-
trouve souvent dans les deux Rapports, était mauvaise parce qu'elle faisait confusion, l’anesthésie et l’amyosthénie qui reviennent après l’enlèvement du métal ayant été dites aussi de retour^ et la deuxième locution était trop longue. M. Char cot, qui en avait été frappé, eut tout d’abord la bonne inspiration de substituer à cette dernière l’expression heureuse de dysesthésie^ de réserver le mot retour pour les phénomènes consécutifs à l’enlèvement du métal et d’appliquer à ceux qui se produisent durant son application celui de métallique ou post-métallique-, mais le premier, suivant nous, vaut mieux parce que l’addition de post peut encore créer une confusion
Ce que nous ignorions, dans les phénomènes de cet ordre, c’est le transfert. Nous avions bien été troublé maintes fois par des cotes esthésiométriques et dynamométriques toutes différentes, après l’apposition du métal actif, du côté qui n’avait rien reçu, mais nous n’avions pas su le voir, et cela par cette raison, dont on doit aussi la connaissance à la Commission, que nous appliquions le plus souvent un métal différent des deux côtés du corps à la fois et, qu’en agissant ainsi, nous fermions la porte à ce phénomène.
Compléments.— Les Rapports renferment plusieurs lacunes.
4o. Ils se taisent sur les tentatives que nous avions faites autrefois pour mesurer l’action électrique des métaux.
5° Ils glissent sur les effets produits par les applications sur les centres nerveux, se bornant à noter quelques effets psychiques pour Angèle et Bar, et à dire, en parlant du résultat final, (c on constate un changement dans le caractère ».
6o Ils sont muets sur les doctrines qui tiennent une si grande place dans la métallothérapie.
Quatrièmement. — Presque au lendemain du jour où Dubois-Raymond fit à Paris ses expériences galvanométriques, nous eûmes recours à l’obligeance si connue de notre grand constructeur d’instruments de physique, feu M. Rhum khorff, pour tâcher d’arriver à faire une vérité scientifique de ces paroles que nous venions d’écrire dans notre mémoire de 1852 sur la chlorose : « Il existe dans les métaux une propriété
particulière qui, soit par ^électricité ou le magnétisme (minéral) dont elle ne serait qu’une modification, soit par toute autre cause qui nous échappe, les rend propres, etc. »
Nous avions espéré même trouver dans le courant produit par des contractions exercées sur les poignées de l’instrument, que nousfîmes faire en des métaux divers et auxquelles nous allâmes jusqu’à adapter un dynamomètre afin de pouvoir mesurer, au même moment, l’effort musculaire, un procédé rapide de métalloscopie.
On trouvera la preuve de ce que nous disons dans notre premier traité sur la métallothérapie, p. 33. Mais, soit que le nombre de tours de fil du galvanomètre mis à notre disposition par Rhumkhorff fût insuffisant — il n’en avait guère que deux ou trois mille —, soit que nous nous y fussions mal pris, nous ne pûmes arriver à rien de bon etM. le professeur Gavarret, que nous avions été consulter sur notre entreprise, acheva de nous en décourager par ces propres paroles : « Qu’en pareille matière le difficile n’était point d’avoir des courants, mais bien de n’en pas trop avoir. »
Cinquièmement. — L’initiative prise par M. Charcot de traiter parla métallothérapie externe des cas de paralysie organique qui remontaient à dix et vingt années, initiative heureuse, la Commission l’a elle-même constaté, a démontré que contre les troubles organiques les métaux avaient une puissance d’action plus grande encore que celle que nous leur avions attribuée. Mais cette action ne s’exerce point que du côté des troubles de la sensibilité ou de la motilité. Nous avons cité des cas de vésanies, liées à la diathèse hystérique, qui ont été aussi très heureusement modifiées par la métallothérapie, soit externe, soit interne.
Il n’y a pas longtemps que M. le docteur Moricourt, ancien interne de M. Lasègue, publiait dans la Gazette des Hôpitaux (V. le no du 6 août 1881) une observation de vertige mental chez un bimétallique, que nous avions traité ensemble, qui fut guéri par l’or à l’intérieur et par des applications d’argent.
Tout dernièrement encore une hystérique, qui avait une crise cérébrale qui la tenait depuis trois jours dans un délire absolu, sensible à l’argent, a été débarrassée en moins de
dix minutes par des applications de ce métal, faites sur tout le corps avec des pièces de monnaie fixées sur des rubans.
Eh bien, chez les malades de la Salpêtrière l’action des métaux sur les troubles psychiques fut aussi des plus manifestes. Avant le traitement elles étaient fantasques, d’humeur extrêmement difficile et ne recevaient nos soins qu’en rechignant; elles commettaient toutes sortes d’actes touchant à l’insanité, montaient sur les toits, passaient par-dessus les murs, s’évadaient pour aller courir à l’aventure etc., et, lorsque la métallothérapie eut été appliquée, cette sorte d’anesthésie morale s’en alla comme l’anesthésie physique ; les malades devinrent dociles, affectueuses, reconnaissantes de ce qu’on s’efforçait de faire pour elles, etc., et celles qui n’en avaient plus guère reprirent de la pudeur.
Sixièmement. — Les rapports se taisent sur les doctrines de la métallothérapie, de sorte que, n’était la conclusion où il est dit : L’amélioration des malades a été établie d’abord par le retour de la sensibilité générale et spéciale, par le retour de la force musculaire et de la menstruation régulière », on. pourrait croire que la Commission n’a tenu aucun compte de cette doctrine de l’anesthésie et de l’amyosthénie qui faisait le principal sujet de notre thèse inaugurale, qui, depuis, nous servit toujours comme de guide-âne et que nous ne trouvâmes jamais en défaut. Heureusement que le bien fondé des idées que nous professons sur ce point depuis l’origine,a été reconnu implicitement par la phrase capitale que nous venons de rappeler et par l’ordre de succession des faits observés par la commission. Dans toutes les observations, en effet, invariablement, c’est sur la sensibilité et les forces musculaires que le métal a commencé par agir. Aussitôt l’anesthésie et l’amyosthénie modifiées, les malades ont pris de 1 appétit et l’ovarie, les névralgies, les hyperesthésies, les attaques, etc., se sont mises à diminuer pour disparaître ensuite, une fois la sensibilité et la motilité revenues à l’état normal.
Un jour, en pleine amélioration, on suspend chez Bar le traitement et, avant que l'ovarie et les attaques eussent reparu, elle était de rechef anesthésique et amyosthénique.
Réfutation des interprétations. — Les Rapports font justice de cette interprétation d’origine anglaise, dont M. le docteur Oscar Jenning’s s’est fait tout particulièrement l’écho, devant la Faculté de Paris (thèse sur la métallothérapie 1878), à savoir : que les phénomènes métalloscopiques relèvent de ce que les docteurs Carpenter et Bennett (de Londres) ont appelé the expectant attention, mais les Commissaires paraissent incliner à admettre les interprétations électriques émises par M. le docteur Régnard et corroborées, à sa suite, par notre ancien partner, M. le docteur Vigoureux.
Il est très vrai que les métaux, en application sur la peau, dégagent de Félectricité, tout aussi bien qu’une goutte d’eau qui s’évapore à la surface du sol.
Il est très vrai que l’habile préparateur de M. le professeur Paul Bert, en se servant d’uu galvanomètre dix fois plus puissant que celui que nous avions employé nous-même jadis, sans viser aussi loin, est arrivé à mesurer cette électricité.
Il est aussi parfaitement exact qu’un courant de même force que celui que dégage le métal détermine, le plus souvent, les mêmes phénomènes métalliques et de retour, nous disons le plus souvent, car, d’après les rapports mêmes, il paraîtrait que sur une malade, l’expérience ne fut point concluante. Il est dit en effet : <c Bar. Force du courant du cuivre de 8 à lOo Des courants d’une même force sont sans action appréciable. Mais on fait passer un courant de 34o et la sensibilité revient. »
Mais les aimants forts ou faibles, les solénoïdes de n’importe quel nombre de tours de fil, deux électrodes plus ou moins polarisés ou même un seul, des courants continus ou faradiques à toute volée, des décharges d’électricité statique fortes ou faibles ramènent la sensibilité, comme peuvent le faire les agents thermiques de toute sorte et les excitants divers,les vésicatoires surtout,dontnous notions l’action esthésiogène avant personne d’autre dans notre thèse (V. p. 24).
De plus, on peut, en mouillant le métal, augmenter ses effets électriques de manière à avoir un courant de 15 au lieu de 10 et cependant ne pas arrêter son action, tandis que voilà qu’un courant égal de 15 ne peut plus rien, donnant tort ainsi à cet adage ; qui peut le plus peut le moins.
Est-ce que dans tout cela la théorie des points neutres, tout ingénieuse qu’elle soit, n’est point en défaut ?
Si l’électricité était véritablement la cause des phénomènes métalloscopiques, pourquoi l’action d'un métal actif est-elle annulée dès qu’on enduit de cire à cacheter sa surface restée libre, ou qu’on la recouvre d’un métal neutre, et pourquoi cesse-t-elle aussi alors môme que, par le laminage ou par dépôt galvanique, on a uni intimement les deux métaux ensemble ? Pourquoi, objection plus grave, une plaque neutre appliquée à distance sur le même membre et, mieux encore, sur le membre du côté opposé (M. Dumontpallier) arrête-t-elle les effets du métal actif? Est-ce que la force du courant, dans ce dernier cas surtout, s’en trouve changée ?
Nous avons, nous, pour notre usage personnel, une explication tout autre qui nous a toujours suffi pour comprendre comment se passent les choses en métalloscopie et le faire comprendre aux autres. Mais, comme elle n’a rien de scienti fique et que, d’ailleurs, la place nous manque pour la développer, nous terminerons sur ce point en donnant la parole à M. Henry de Varigny qui, dans un article remarquable sur la métallothérapie paru dans la Reçue des cours scientifiques du 25 juin 1881, s’est exprimé ainsi qu’il suit;
« Que l’état électrique, la tension aient beaucoup à faire avec les phénomènes métalloscopiques, cela est indubitable et l’influence des courants, des aimants, des solénoïdes, le prouve surabondamment, mais c’est tout ce que l’on peut dire dans l’état actuel des choses. On peut très bien substituer courants ou solénoïdes aux métaux (voire même un vésicatoire qui peut aussi produire le transfert), mais cela n’avance pas l’interprétation des faits, puisqu’on ne sait même pas comment ils se passent lors du passage des courants. »
Plus loin, l’auteur, renchérissant, dit encore, après avoir parlé des divers agents esthésiogènes que l’on a employés comme succédanés des métaux :
« Les connaissances nouvelles ne nous ont point encore donné la clef de la solution tant cherchée de ces agents. La question se complique et s’embrouille plus qu’elle ne s’éclaire par suite des hypothèses que l’on invoque. »
Du reste, M. Régnard lui-même, il n’est que juste de lui en donner acte, ne paraît point s’être fait grande illusion sur la valeur de ses interprétations : « En somme, a-t-il dit, nous apportons à la Société (de Biologie) un fait que nous avons vu plusieurs fois, que nous avons fait constater par la commission. Il explique, jusqu’à un certain point, la différence d’action des métaux appliqués sur la peau des anesthésiques. »
Les faits observés à la Salpêtrière ont donc confirmé, comme ceux de l’hôpital Lariboisière, l’opinion que nous soutenons quant à la prépondérance des troubles en moins de la sensibilité et de la motilité, et montré, une fois de plus, que les attaques, l’ovarie et les hyperalgésies de toute sorte, etc., sont de véritables décharges rendues nécessaires par une accumulation de la force nerveuse amenée par ces troubles. De ■plus, ces faits ont démontré que les troubles psychiques de l’hystérie sont justiciables des mêmes moyens et obéissent aux mêmes lois que les attaques, les contractures, les névralgies.
Donc la Commission, en constatant que chez les différentes malades soumises à son observation « • l’amélioration s’était d’abord affirmée par le retour de la sensibilité générale et spéciale, ainsi que des forces musculaires », a donné aussi implicitement sa haute sanction aux doctrines qui se résument en cette proposition, si capitale que nous ne devons pas craindre de la répéter, savoir : Qu'une affection nerveuse avec anes~ thésie et amyosthénie étant donnée^ tout le traiiement consiste à trouver un métal, ou tout autre moyen, qui puisse ramener la sensibilité et la motilité à l’état normal.
Donc la métallothérapie, au cours des expériences qui furent faites dans les années 1876, 77 et 78, a tenu toutes ses promesses et au delà, puisque M. Charcot y a lui-même ajouté des guérisons que nous n’aurions pas même osé espérer.
Donc ce n’est point sans raison que M. le professeur Charcot, qui avait pu juger à loisir la nouvelle méthode de traitement sur des malades invétérées de son choix et « qu'il avait offertes à la métallothérapie pour lui offrir l'occasion d'une démonstration décisive », non content de présider aux travaux de la Commission et de signer le rapport sur la métallo-
thérapie proprement dite comme il avait déjà signé, dix-huit mois auparavant, celui sur la métalloscopie, se fit, proprio motu, le vulgarisateur convaincu du Burquisme et, durant trois années, se plut à affirmer ses hauts faits aussi bien devant la Société de Biologie que dans sescours 1 . .
Pour achever de bien faire comprendre toute l’importance des faits que nous avons résumés et donner la mesure des progrès dont ils ont ôté le point de départ, nous aurions maintenant à examiner quels étaient les divers errements qui étaient encore seuls suivis à la Salpêtrière, dans le traitement de rhystérie,lorsque la métallothérapie vint y faire ses preuves pour la deuxième fois. Nous aurions à montrer combien peu de place y tenaient tous les agents esthésiogènes, de par la doctrine ovarienne enfantée par Robert Lée, Schutzenberger, etc. Nous aurions ensuite à parler des réformes thérapeutiques qui sont nées de nos expériences, à comparer l’action des métaux et celles des divers agents qu’on leur a opposés, aimants, électricité statique, diapason, courants continus, etc. Mais, sur tout cela et sur beaucoup d’autres choses nous aurions trop à dire ; passons.
Depuis, les choses ont-elles changé ? L’arme s’est-elle usée ou seulement m ''me émoussée ? Est-il survenu à la métallothérapie des revers qui puissent faire croire que jusqu’alors ses nombreux succès n’avaient été que des séries heureuses ? Des faits sont-ils venus légitimer, dans une mesure quelconque, certains actes que nous nous sommes borné à signaler à demimot dans le Lyon Médical, mais que l’intérêt des malades, tout au moins, nous ferait un devoir de dénoncer hautement, si ces actes, continuant à se produire là où nous devions le moins les attendre, devaient avoir plus longtemps pour effet de frapper la métallothérapie comme d’interdit dans tel grand service hospitalier que nous ne voulons pas nommer.
Nous avons répondu, par anticipation, dans une précédente communication qui a pour titre '. Les étonnements de la Métallothérapie. Cette réponse, nous allons la reproduire ici, pou’’ ceux qui ne sont point en possession du Bulletin de la Société de Biologie.
Les Etonnements de la Métallothérapie
GUÉRISON RAPIDE DANS DEUX CAS D’aNGINE DE POITRINE d’apparence grave,
DISPARITION EN QUELQUES HEURES d’uNE CONTRACTURE QUI AVAIT RÉSISTÉ A l’aimant ET A l’ÉLECTRICITÉ,
ACTION INSTANTANÉE d’uNE PLAQUE DOUBLE DANS UN CAS d’hTSTÉRIE REBELLE^ ETC., ETC,
Il y a quelque temps, nous traitions devant la Société de Biologie des Surprises de la métallothérapie. Aujourd’hui nous venons y ajouter la première page d’un deuxième chapitre destiné avenir à la suite, celui de ses Etonnements .
De quel autre nom qualifier, en effet, l'impression produite parla découverte de ce phénomène si inattendu, le transfert, où l’on voit un côté du corps perdre ou gagner, exactement dans des points symétriques, ce que l’autre côté gagne ou perd ; ou bien par des guérisons de malades, comme celles dont il est parlé dans les rapports de IM. Dumontpallier, par quelques doses de sel d or ou de sel de cuivre, guérisons qu^ faisaient dire à M. le professeur Charcot « qu’il en avait été certainement quelque peu ému ».
Et, presque dans le même moment où M. Charcot témoignait de la sorte en faveur de la métallothérapie, il obtenait lui-même ce double succès, que nous aurions, nous, hésité à dire si la bonne fortune nous en était échue, la guérison dé- JinAive, par une seule application métallique de moins d’une demi-heure de durée, dans deux cas de paralysie organique,
1 une, post-hémorragique qui datait de dix années, et, l’autre,^ infantile qui durait depuis un temps presque double !
Comment qualifier aussi le fait de cette jeune mercière, Mlle M. présentée à la Société de Biologie d’abord par M. Charcot et plus tard par nous-mêrne, chez laquelle l’application sur un seul bras d’une simple plaque d’argent, doublée au moment ooulu d’une plaque de métal neutre (maillechor), a suffi pour lui rendre sur l’heure chaleur, vision des couleurs, sensibilité, force musculaire etc., et fixer cette fois les résultats qui jusqu’alors n’avaient été que passagers; rétablir toutes les fonctions, restituer au sang tous les éléments qui lui manquaient et, finalement, faire engraisser la malade de 7 kil. 500 g ram., en moins de deux mois !
Quoi de plus étonnant encore que le cas de cette malade, C. . qui nous valut l’honneur de faire à la Pitié, le 13 juin 1878, dans le fauteuil de M. le professeur Lasègue, une conférence sur la Métallothérapie, publiée in extenso par la Gazette des Hôpitaux, que rien, depuis quatre années, ni les courants continus appliqués pendant quatre mois consécutifs, ni les injections de morphine a haute dose, etc. ,n avaient pu même soulager, et qui fut débarrassée en quelques heures d’une hyperesthésie atroce, siégeant dans tout le membre inférieur gauche, par une armature d’or, et d’un pied-bot varus, du même côté, par quelque sjours d’administration interne de ce même métal.
Et que dire de ces guérisons de tétanie ou de crampes féroces, de violente migraine, etc., obtenues, à moins de frais encore et tout aussi vite, par MM. Bouchut, A. Richard, Dufraigne, Durand,Defaucomberge, etc., etc., guérisons qui, plus d’une fois, firent crier miracle par les assistants, comme dans le cas, rapporté par la Gazette des Hôpitaux du 28 avril 1881, de cette jeune chanteuse, devenue aphone depuis deux ans, à laquelle nous rendîmes complètement la voix en moins de dix minutes par l’application d’nn simple collier de cuivre ?...
A tous ces faits si peu véridiques, mais si hautement affirmés, nous allons en ajouter d autres.
Dans les deux premiers,ii;ne s’agit ri en moins que de cas d angine de poitrine de l’apparence la plus grave,qui s’étaient montrés rebelles à tous les traitements et que la métallothérapie a jugulôs, pour ainsi dire, du jour au lendemain.
Angine de poitrine chez un bimétallique,
Guérison rapide par le cuivre extra et l’or intus.
lo Observation communiquée à la Société médicale d'Amiens, le 2 mai 1882, par le docteur Dubois {de Villers-Bretonneux).
Dans les premiers jours de février dernier, M. le docteur Dubois nous amenait un de ses clients, M. X. ., député, âgé d’environ 40 ans, qui, depuis deux mois passés, se trouvait en proie à des accidents thoraciques qu’il a caractérisés ainsi :
«Tout à coup M. X... est pris d’une douleur présternale atroce qui l’étreint etTimmobilise. L’oppression est accablante, les yeux sont hagards, le faciès exprime l’anxiété et la terreur; les muscles de la mâchoire inférieure et du cou sont contractés, la tête est renversée en arrière et le rachis est fortement étendu comme dans l’opisthotonos, la voix est entrecoupée^ l’inspiration est accompagnée d’un cri rauque et étouffé.
« J’ai assisté à un de ces accès qui, au dire du malade, n’était qu’un diminutif de ses fortes crises et j’ai été véritablement effrayé de sa gravité. Les crises'duraient quelquefois plus d’une heure.
« Les accès se produisent plusieurs fois, le jour et la nuit.
« Ils arrivent au milieu du sommeil le plus profond. Un changement de température, le passage d’un appartement dans un autre, des mouvements trop brusques les provoquent. M. X... ne peut plus monter un escalier sans souffrir. Impossible à lui d’écrire. La lecture détermine une crise.
« Il faut remarquer cependant que M. X... n’avait pas d’irradiation brachiale bien marquée.
Les accidents remontaient à deux mois. Une course rapide à contre-vent — M. X... est un grand marcheur — en avait été le point de départ..., et tout ce qu’on avait pu faire pour les conjurer,l’opium, la morphine, le bromure de potassium à la dose de 8 grammes, etc., avait échoué. M. le professeur Charcot, consulté avant nous, avait prescrit à peu près les mêmes moyens. M. le docteur Dubois et un autre confrère, M. le docteur Lenoël, estimant que M. X... n’avait plus d§
temps à perdre, le dirigèrent alors vers la métallothérapie. Cette préférence était pour elle sans doute un grand honneur , mais nous confessons que, de prime abord, elle ne fut point sans faire naître en nous des regrets que nous ne pûmes taire à notre confrère. Outre que l’état de M. X... paraissait des plus graves, bien que l’irradiation brachiale fît presque défaut, son affection ne semblait point en effet rentrer précisément dans le cadre de celles dont la Métallothérapie est habituée à triompher, et nous aurions très vraisemblablement décliné ici notre compétence si les choses que nous allons dire ne nous eussent inspiré confiance.
Le père de M. X..., était mort diabétique. Sa mère, qui vit encore, est névropatique. M. X... avait, de son côté, une impressionnabilité vive , mobilité des traits, volubilité dans le langage, gestes saccadés. Il était depuis longtemps sujet à de violentes migraines qui avaient complètement cessé depuis la venue de l'angine ; mais surtout, il était anesthésique et amyosthénique à un degré qui était en rapport avec la sévérité des accidents. Son cas ressortissait donc à la loi que nous nous sommes toujours efforcé de faire prévaloir en névropathie.
De plus, la mère de M. X... et sa fille avaient présenté des accès de somnambulisme, et lui-même, sans avoir offert les mêmes phénomènes, était rêvasseur, sujet aux cauchemars.
Nous pouvions donc aussi supposer déjà qu’il existait chez lui une sensibilité cuiore ou or, cette sensibilité marchant toujours de pair avec l’aptitude somnambulique.
D’autre part, nous n’ignorions pas les succès que Laënnec avait obtenus dans des eas semblables avec des plaques d’acier aimanté ; nous avions lu la remarquable observation qu’ont publiée MM. Lépine et Garel dans la Revue mensuelle de médecine et dê chirurgie, en juin 1880, relativement à un cas de même nature traité avec succès par l’or intus. Mais nous nous souvenions surtout qu’à Vichy, en 1871, nous avions obtenu une guérison par la métallothérapie chez un diabétique, M. S..., graveur, atteint de cette complication, l’angine de poitrine, qu’on a signalée comme assez fréquente dans le diabète, et, partant, chez les individus qui sont prédisposés à cette affection par leur hérédité, ainsi que c'était le
cas de M. X..., guérison qui se trouve longuement décrite dans notre brochure : La Métallothérapie à Vichy contre le Diabète et la Cachexie alcaline (chez A. Delahaye).
Nous nous mîmes donc à faire l’examen métalloscopique, et bientôt nous eûmes acquis la preuve et démontré à notre confrère que M. X... était sensible au cuivre et à l’or, mais surtout au premier métal, comme nous Tavions prévu et annoncé tout d’abord, et à ces deux métaux seulement.
« Il était vraiment curieux, disait, le 2 mai, le docteur Dubois devant ses honorables collègues d’Amiens,de voirM.X..., dont on piquait le bras à traverser la peau départ en part, ne rien sentir et le sang ne pas couler avant l’application du cuivre, et, au bout d’un quart d’heure de cette application, la force musculaire augmenter de dix kilogrammes, la sensibilité revenir et les piqûres suinter, en même temps que de la chaleur et des fourmillements se faisaient sentir dans le même membre. Mêmes phénomènes, mais moins intenses, avec l’or. » En conséquence, nous prescrivîmes le traitement suivant : lo Application d’une armature de cuivre, la nuit, sur les quatre membres et, en ceinture sur la poitrine.
2o Solution de chlorure d’or à 1/100 deux fois par jour, 1/2 heure avant le repas, depuis 5 gouttesjusqu’à 15.
3o Frictions stimulantes le matin avec de l’eau de Cologne et un gant de crin.
4o Si, au bout d’une quinzaine, pas de résultat, faire de la métallothérapie en sens inverse, c’est-à-dire donner lecuivre à l’intérieur et appliquer l’or extérieurement.
Le traitement fut commencé le 12 février. Sur ses résultats, voici comment s’exprimait notre honorable, confrère^d’après des notes prises, jour par jour, par M. X...
« Je vous ferai remarquer, messieurs, qu’à partir du premier jour de l’application du traitement, les grandes attaques ne se sont plus montrées. Il resta seulement à M. X... un peu de toux, précédée de douleur présternale. Cette dernière disparut elle-même bientôt et fut remplacée par un léger point sous la première côte droite. La toux, d’abord nerveuse, devint ensuite un peu plus grasse. Un vésicatoire,appIiqué dans le but de faire disparaître les râles du côté droit, produisit de
la douleur, tandis qu’au mois de janvier, M. X... était resté insensible à l’application d’un premier vésicatoire, qui avait pourtant produit une grosse cloque.
« Le traitement avait commencé le 12 février.
« Dès le 17, il n’y avait plus ni spasmes ni toux.
« Le 18, un peu de diarrhée étant survenue et ayant forcé de suspendre le chlorure d’or, la douleur présternale et la toux revinrent un peu. Un accès, qui eut lieu la nuit, fut calmé par l’application des armatures.
(( Le 24 février, aucun point douloureux, pas de toux : IG gouttes de chlorure.
« Le 12 mars, par un vent trèsfrais, un accès de toux avec douleur força le malade à remonter en voiture.
« 15 mars. Il n’y a plus d’oppression. Le malade marche comme avant sa maladie ; il monte les escaliers sans suffocation ni essoufflement. Pouls à 60.
« 21 mars. Les plaques ayant été appliquées seulement au bras,il survient vers minuit une douleur présternale très aiguë. Le malade remet aussitôt son armature entière : tous les symptômes disparaissent et M. X ..se rendort.
(( Le 2 avril, cessation de tout traitement. Depuis ce moment aucun accident n’est survenu.
(c Aujourd’hui M. X... est complètement guéri et a repris ses occupations et sa vie active.
« Quand il se sent fatigué et qu’il s’aperçoit d’une fréquence plus grande du pouls, il remet son armature et le pouls redescend,quelquefois en un quart d’heure, de 15 à 20 pulsations. »
Nous n’ajouterons aucun commentaire et nous nous bornerons à dire que nous avons revu deux fois M. X..., qu’il avait repris des couleurs et de l’embonpoint, que sa sensibilité et sa force musculaire étaient normales et qu’il ne se plaignait plus de rien, voire même de migraine.
Aujourd’hui, 10 juillet, son état de santé continue à être aussi satisfaisant que possible.
Angine de poitrine (sensibilité acier)
Guérison plus rapide encore par la metallotherapie mixte.
2e Observation communiquée à la Société médicale d’Amiens dans sa séance du 7 juin 1882, par le docteur Dubois.
Nous venions à peine de rédiger l’observation qui précède, que nous recevions encore de M. le Dr Dubois celle que voici. Comme on va le voir, c’est là un digne pendant du cas de M. X... La nouvelle observation, ayant été recueillie par notre distingué confrère tout seul, présente, de plus, cet avantage de témoigner qu'il n’est nullement nécessaire d'avoir fait une étude spéciale de la métallothérapie pour pouvoir grossir soimême le chapitre de ses étonnements.
« La nommée L..., femme robuste, âgée de 57 ans, a joui jusque dans ces derniers temps d’une excellente santé. Elle est mère de sept enfants, tous bien portants. Elle eut quelques métrorrhagies à l’époque de la ménopause qui n’altérèrent point sensiblement sa santé. Rien donc ne pouvait faire prévoir l’invasion d’une affection grave, quand, le 21 février
dernier, à la suite de vives contrariétés, Mme L... fut prise
d une attaque d’angine de poitrine typique, — constriction de la poitrine, douleur présternale, irradiant dans le bras gauche trismus de la mâchoire inférieure, contraction des muscles du cou, opisthotonos,cris rauques, étouffés au commencement de l’accès, angoisse extrême. Les accès, d’abord éloignés, devinrent d’une extrême fréquence. Ils se répétaient plusieurs fois le jour et la nuit, ne laissant que de rares intervalles accalmie et duraient souvent deux heures consécutives Dans ces derniers temps, ils en étaient arrivés à se produire sous l influence du moindre bruit. Les enfants et le mari de cette malheureuse femme n’osaient nlus la a
. , I - J U. io, ijiciauu niera-
pie. Je reconnus que Mme L... était sensible à l’acier
« Le traitement métallique fut commencé le 1er juin dernier.
« C'ost dans la nuit du 1er au 2 juin, que je fis faire à cette malade l’application de 48 plaquettes d’acier, et à dater de cette nuit, la dame L... n’a plus eu ni accès, ni crise d’aucune sorte. La première nuit, elle dormit d’un profond sommeil et ressentit une chaleur agréable. Comme traitement interne, je prescrivis à la malade de l’eau ferrugineuse naturelle qui se trouve à Amiens, à la source des Huchets.
«Tous les matins, frictions sur tout le corps avec un gant de crin imprégné d’eau de Cologne. A partir de cette époque, la malade, qui ne pouvait plus boire que du lait et du bouillon, a repris appétit. Elle mange bien maintenant et n’a plus de constipation. Ses selles sont régulières.
« 7 juin. La douleur, qui irradiait dans le bras gauche, bien que diminuée, persiste encore. Mais la malade, qui ne pouvait se lever, a pu hier (6 juin), après 6 jours de métallothérapie, sortir de chez elle et faire une promenade à pied de près de 3 kilomètres.
« N. B. — Aujourd’hui, 15 juillet, la malade continue d’aller de mieux en mieux, au point que depuis trois semaines je n'en ai plus entendu parler. Inutile d’ajouter que Mme L... n’avait aucune lésion du cœur, ni des poumons. »
Le premier cas est identique, sous le rapport de l’aptitude métallique, à celui de MM. Lépine ©t Garel — sensibilité or et cuivre. — Chez le malade de Lyon les résultats thérapeutiques furent plus lents à se produire, peut-être à cause de la forme sous laquelle fut donné le remède. Ce dernier, 1 or, fut en effet administré en feuilles et non à l’état de sel. Il en fut autrement pour M. S..., le diabétique, affecté en même temps d’angine de poitrine, dont nous avons publié l’observation dans notre travail sur le diabète. A peine son métal, le cuivre, lui avait-il été administré, sous forme de bioxyde (Qo,25 cent, par pilule), que disparaissaient tous les accidents thoraciques qui avaient remplacé une ancienne migraine comme chez M. X...
Nous intercalons ici une observation de contracture, qui a été communiquée postérieurement, le 5 août, à la Société de Biologie par M. Chantemesse.
Contracture hystérique rebelle a l’aimant et a l’électricité : Disparition par une armature d’acier.
Par M. Chantemesse, interne à l’hôpital Beaujon.
« J’ai l’honneur de soumettre à la Société l’observation suivante, relative à une jeune fille atteinte de contracture hystérique qui persistait depuis neuf mois et qui a été guérie par des applications métalliques, suivant la méthode de M. Burq.
« Issue de parents névropathes, cette jeune fille avait eu ellemême, depuis 1 âge de dix ans, des migraines qui survenaient chaque mois pendant plusieurs jours. Au moment où se montra la contracture, la malade avait alors quinze ans, les migraines disparurent complètement. Au mois de novembre dernier, a la suite d’une plaie de la main gauche par un éclat de verre, brusquement s’établit une raideur des muscles de la main ; celle-ci prit la forme d’un cône dont le sommet était forme par 1 extrémité des doigts. Cette contracture, qui s’accompagnait de sensations pénibles, de tiraillements, résista à tous les moyens dirigés contre elle pendant de longs mois « Au commencement de juillet,la malade entra dans le service de M Fernet, à l'hôpital Beaujon. On constata alors, dans out le coté gauche, une hémi-anesthésie sensitive -sensorielle complète avec contracture des muscles de la main persistant depuis le mois de novembre. Le traitement d’abord employé consista dans l’électrisation faradique avec le pin-
Zorttf d’un puissant aimant mis au contact
rtiv.r ^ anesthésie, et enfin on eut recours à l’application de
rent Lns \h '-’ P'atme,zinc, cuivre, qui n’amenèd “®®****‘® ,f contracture aucun changement.
l'avant hr''''"’'' k*'’’ 1* ^ ^ jours, on enroula autour de avant-bras un bracelet composé de disques en acier • le
ne“sthTsirètî-a“"‘TkT" totalement disparu, mais’l'alenst uu’aÙLn?“ 1 n Sauche étaient aussi intofer a PinXTe ", l’administration
tilité n! ’ de la sensibilité et de la mo-
pas r^eUe ere
n imminence et reparaît quarante heures
après l’enlèvement du bracelet ; elle cède d’ailleurs facilemen à une nouvelle application métallique.
« 11 est certain que la guérison complète ne pourra être espérée que lorsque le fer, pris à l’intérieur, aura totalement modifié l’état présent de la sensibilité et de la motilité. En tous cas, il est un phénomène curieux à enregistrer, c’est l’action du métal sur l’élément musculaire, la contraction qu’il fait disparaître en laissant inaltéré l’état de la sensibilité. »
Cette observation présente un double intérêt. Elle répond d’abord victorieusement, avec tant d’autres faits du meme genre, à ceux qui ont prétendu faire accroire que tes aimants et l’électricité étaient bien supérieurs, sous tous les rapports, aux métaux, et que ceux-ci sont impuissants là où les premiers n’avaient point eu d’action j secondement, elle vient à l’appui de notre thèse : que la contracture comme les attaques sont dominées dans l’hystérie par les troubles hyponerviques, et que,l’anesthésie et l’amyosthénie persistant,on ne peut prétendre qu’à une disparition momentanée des accidents, ou bien à leur transformation, et /(ZTTiâtts à une guérison définitive.
Dans une observation récente (V. Gaz. des Hôp. du 30 sept.) de pied-bot, semblable à celui de la malade de M. Verneuil et guéri aussi par la métallothérapie — cuiore extra et intus , l’auteur, le docteur Magnier, de Vaux (Aisne), montre que c’est encore le retour de la sensibilité et des forces musculaires à l’état normal qui a précédé la disparition de la contracture. Ajoutons que, si la malade de M. Fernet ne guérit pas. Par le fer intus, il y aura lieu de croire qu’elle est bimétallique.
Nous pourrions multiplier ces exemples, sans cesser de rester fidèle à la ligne de conduite que nous nous sommes tracée dans ce travail de ne rien emprunter à notre pratique privée, lien est venu en effet de partout. Ceux qui ne se trouveraient point encore assez édifiés, nous les renverrons aux divers articles de bibliographie publiés par M. le docteur Petit, sousbiblio-thécairo de la Faculté, dans \e Bulletin de thérapeutique.
Faisant exception, une fois, nous terminerons ce chapitre par l’observation suivante qui nous est personnelle, mais qui ne saurait en être distraite, puisqu elle faisait partie de notre communication sur les étonnements de la Métallothérapie.
Hystérie rebelle
Cessation immédiate de tous les accidents par l’application d’une plaque double (cuivre et acier) du côté anesthésique ;
Guérison pendant toute la durée de l’application.
Le cas dont nous allons parler à la Société concerne une infirmière de l’hôpital Cochin. Nous serons bref sur l’histoire de sa maladie.
P... est hystérique à un haut degré et, par conséquent, amyosthénique et anesthésique en proportion. Ses^sens sont tous, sans exception, plus ou moins fermés. Nous pourrions montrer, en effet, par certains détails qui sont venus à notre connaissance, que P... est une de ces insensibles qu’a si bien décrites en ses romans notre cher névropathe aux 3000 disques d’acier, M. H. Escoffier — alias Thomas Grimm — dont nous parlions récemment à la Société de Biologie, et que l’on pourrait aussi dire d’elle ce que l’historien a écrit de la plus célèbre de ses pareilles : Lassata, sed non satiata. Il paraîtrait que son affection est un mal de famille, car P... a deux sœurs et toutes deux sont hystériques comme elle.
Les attaques sont généralement violentes, durent longtemps el s’accompagnent de perte complète de connaissance.
Quand elles font défaut, P... est plus que jamais en proie à l’ovarie, à des névralgies et à des spasmes de toute sorte, siégeant tantôt sur un point et tantôt sur un autre.
• C’est ainsi, qu’il y a deux ans, il lui survint une coxalgie féroce pour laquelle M. le professeur Trélat l'envoya à M. Dumontpallier Elle fut traitée à la Pitié par le platine, intus et extra, après examen métalloscopique préalable. La coxalgie se dissipa, mais très lentement — après environ 3 mois seulement et il resta de l’anesthésie et de l’amyosthénie pendant et après le traitement. Il y avait donc lieu de supposer que la sensibilité platine n’était point la vraie, qu’elle ne venait qu’en sous-ordre, et que P... était, vraisemblablement une poly métallique.
Dernièrement, nous avons eu occasion de revoir P. Elle avait redescendu la pente ; son état de santé était redevenu très misérable. Nous l’avons soumise à un nouvel examen mé-
talloscopique, et nous avons pu constater qu’en effet, en plus de la sensibilité platine, elle avait une sensibilité cuivre peu commune. Son cas étant particulièrement intéressant, nous avions fait promettre à P. .. de se rendre à cette séance.
Mais elle n’en a rien fait pour deux raisons ; la première, parce qu'une promesse d’hystérique vaut généralement on le sait, moins encore que certain billet fameux, et la seconde, qui, nous le croyons, est la principale, parce qu’elle redoutait la démonstration que nous nous proposions de faire sur elle sous les yeux de la Société. Voici une simple plaque de cuivre, grande au plus comme deux fois une pièce d’argent de 5 francs, et P... en a une telle peur qu’on lui demanderait vainement de se la laisser appliquer, en l'état où nous la présen. tons. Pourquoi ? Parce que ce métal a le don de déterminer chez elle des effets calorifiques comme nous n'en avons jamais vus. A peine la plaque en question a-t-elle touché la peau de son bras, du côté plus particulièrement frappé d’anesthésie, qu’il se produit dans ce membre, en outre de tous les autres phénomènes bien connus, une sensation de chaleur intolérable semblable, dit P...^ à celle que lui occasionnerait un charbon ardent. Et qu’on ne croie pas que c’est là un caprice ou une pure fantaisie d’hystérique, ni que pour P... la dite plaque ait quelque chose de cabalistique. Un objet quelconque en cuivre produit absolument les memes effets thermiques, et il est tout aussi redouté. Nous avons maintes fois cherché à tromper la malade, à lui faire accroire, ses yeux étant fermés ou détournés, que nous lui appliquions autre chose que du cuivre; nous n’y sommes jamais parvenu. On peut au contraire la couvrir de fer, d’acier, de zinc, d’argent, etc., elle n en ressent absolument rien. Avec le platine seulement il se produit une chaleur douce et de la sensibilité au contact et à la piqûre,mais qui n’a point d' acuité et ne rayonne que très peu. P... est donc une bimétallique sensible au platine un peu, mais sensible à un rare degré au cuivre et, partant, un sujet éminemment magnétique ; il suffit d’ailleurs de fixer un momen les yeux sur les siens pour s’en convaincre.
Mais comment la faire bénéficier de la métallothérapie externe toute seule ? Comment atténuer chez elle les effets du cuivre de
façon à le faire supporter tout le temps voulu ; et ces effets étant, bien entendu, des plus fugaces, comment arriver à les fixer ; comment s’opposer à l’anesthésie et à l’amyosthénie métalliques ?
Enfin, comment surtout empêcher que P . . . ne donnât raison à feu M. Briquet disant : « Que la métallothérapie n’était bonne à rien, puisqu’un côté du corps y perdait ce que l’autre gagnait? »
La réponse ne semblait, de prime abord, rien moins que facile. Heureusement nous avions par devers nous le cas de la jeune mercière, Mlle M. . que nous rappelions en commençant ; cas identique à celui de P..., sauf que les deux métaux qui étaient la caratéristique de son bimétallisme^ étaient l’argent d’abord et l’or ensuite, au lieu d’être le cuivre puis le platine, et que l’argent n’avait point chez elle la férocité d action du cuivre. En conséquence, nous avons pris un métal neutre, 1 acier, qui, dans l’échelle métalloscopique,est à l’opposé du cuivre. Nous l’avons marié, sous forme d’un disque à peu près grand comme une pièce de deux francs, à la si terrible plaque, mais, au lieu de procéder ici comme nous l’avions fait chez Mlle M. .., c’est-à-dire d’attendre que les effets métalloscopiques de la première phase se fussent produits pour mettre l’acier sur le cuivre, nous avons appliqué de suite la plaque double.
Le retour de la sensibilité et des forces musculaires s’est encore effectué, un peu moins vite seulement, et cette fois la chaleur produite a été si modérée queP. . . s’est laissé faire. De plus, il n’y a point eu de phénomènes postmétalliques du côté de l’application, mais le transfert a continué à se produire, de sorte que nous n’avions encore résolu que la moitié du problème.
Nous avons alors formé un bracelet avec trois de nos anciens disques, mi-partie cuivre et acier ; nous avons laissé revenir toutes choses en leur état habitui 1, par le retrait de la plaque double, et lorsqu’il en a été ainsi, nous avons commencé par poser une barrière du côté gauche, par le fermer pour ainsi dire, au moyen du bracelet de cuivre et acier, après quoi la plaque double a été réappliquée à droite sur le bras,
dans un point correspondant, et fixée à demeure par un lien.
Il n’en a point fallu davantage pour obtenir sur l’heure tous les résultats souhaités. A partir de ce moment, la sensibilité générale et spéciale et les forces musculaires n’ont plus rien laissé à désirer, les vaso-moteurs se sont mis à fonctionner régulièrement, la figure a repris de l’animation et, chose inouïe, les règles, qui étaient absentes depuis plusieurs mois, se sont montrées quelques heures après. La nuit suivante,
P. . . , qui ne trouvait plus un peu de sommeil qu’au prix d’une piqûre de morphine, a dormi comme elle ne l’avait point fait depuis longtemps ; le lendemain elle faisait déjà sa besogne avec entrain et sans fatigue; elle mangeait avec plaisir ; etc., et trois jours ne s’étaient point écoulés, qu’il était déjà survenu une amélioration telle que P. . . , ne croyant plus avoir besoin de rien, mettait de côté plaque et bracelet !
En vérité, le mot étonnement est-il encore ici de trop V N'est-ce point plutôt celui de stupéfaction que nous devrions écrire, et n’est-il pas profondément regrettable, pour l’art comme pour les malades, qu'une méthode qui peut donner des résultats pareils ne soit pas plus connue, et que ceux qui ne peuvent arguer qu'ils l’ignorent n en usent point tout d abord, puisqu’elle est applicable partout et à la portée de tous, quitte à recourir ensuite, s’il en est besoin, à tous autres agents esthésiogènes et dynamogènes, la métallothérapie, redi— sons-le puisque l’occasion s’en présente, n ayant jamais eu d’autre prétention que d’en grossir le nombre, d’éclairer d’un jour tout nouveau l’action de ceux dont il était fait usage et de diriger sûrement dans leur emploi? N’est-il point révoltant aussi au premier chef, pourquoi ne l’ajouterions-nous pas, de voir des auteurs accrédités (V. par exemple, dans le Dict. de Jaccoud, l’article Hystérie), ne pas même donner place à nos travaux dans leurs index bibliographiques?. .
Nous n’avons pas besoin d’ajouter que P..., chez laquelle le traitement externe n’avait duré qu’un moment, et qui n avait point encore reçu à l’intérieur le métal que nous nous étions proposé de lui administrer pour rendre les résultats plus durables, n’a point tardé à subir les conséquences de son indocilité et qu’aujourd’hui tout est à recommencer.
Procédés courants
POUR LA MÉTALLOSCOPIE BT LA MÉTALLOTHÉRAPIE d’après une exposition faite a la SALPÊTRIÈRE PAR M. LE PROFESSEUR CHARCOT.