RÉSUMÉ DES FAITS, DES DÉCOUVERTES
DES doctrines et P. océdés qui constituent le burquisme.
Ainsi donc, des faits métalloscopiques multiples, tous ou presque tous inconnus hier encore, d’un intérêt assez grand pour émouvoir le monde savant et susciter partout des expériences et des travaux d’un ordre tout nouveau, parmi lesquels deux Rapports qui resteront comme un modèle à suivre par tous ceux qui ont à cœur de concilier les intérêts de la science et de l’humanité avec les droits de la justice.
La séméiotique enrichie d’un nouveau symptôme, l’amyosthénie, et affermie dans la possession de Tanesthésie ou de son diminutif, l’analgésie, dont MM. Gendrin, Beau et leurs élèves l'avaient précédemment dotée.
Une doctrine des névroses, avec anesthésie et amyosthénie, l’hystérie en tête, qui donne leur raison d’être à tous les troubles hypernerviques, psychiques comme physiques, ainsi qu’aux désordres de la nutrition et de la circulation, qui imprime une sorte de logique à toutes ces affections et les rend aussi intelligibles, dans toutes leurs manifestations protéiques, qu’elles avaient semblé jusqu’alors indéchiffrables aux yeux du plus grand nombre ; plus, une connexion intime établie entre les névroses de cet ordre et la chlorose ou la chloro-anémie et celle-ci cessant d’être une entité morbide pour devenir un simple symptôme, un effet et non une
Un traitement rationnel des maladies en question, basé sur la prédominance des troubles hyponerviques, par des agents esthésiogènes et dynamogènes, les uns complètement ignorés encore dont il n’est plus permis aujourd’hui à personne de
contester l’efficacité, les autres plus ou moins oubliés, et la thérapeutique illuminée soudain de clartés inespérées, pour l’emploi de tous ces agents aussi bien que de ceux du même ordre que l’avenir lui tient en réserve, par cette double découverte : la révélation de l’idiosyncrasie par la notion de la sensibilité métallique individuelle, d’une part, et, de l’autre, la connaissance anticipée de l’action interne des divers agents dont s’agit, métaux et autres, par leur action externe, et réciproquement.
La notion de l’action véritable du fer dans la chlorose et la théorie esthésiogène et dynamogène mise expérimentalement à la place de la vieille hérésie chimiatrique de l’action directement reconstituante de ce métal sur les globules du sang ; hérésie que tant de faits contredisent, mais que tant de gens sont si grandement intéressés à entretenir.
La découverte de succédanés nombreux du fer, tels que le cuivre, l’or, l’argent, le platine, etc., agissant comme lui et de la même façon dans les mêmes cas pathologiques, en attendant ceux que pourront y ajouter plus tard V Anthomo scopie, la Phylloseopie, la Lithoscopie, etc. comme l’a déjà fait la Xyloseopie, née de la métalloscopie.
La démonstration expérimentale du rôle que jouent les métaux dans les eaux minérales qui en contiennent et de l’utilité d'en ajouter à celles qui en manquent, pour augmenter les effets des unes et corriger ceux de quelques autres.
Différents procédés, entre autres, la dynamométrie du système musculaire devenue aujourd’hui un procédé usuel, l’esthésiométrie entrée plus avant dans la pratique médicale, la thermo-métalloscopie, une extension spéciale donnée aux injections de sels métalliques ou de métalloides, soit pour découvrir l'idiosyncrasie thérapeutique, soit pour faire absorber les agents esthésiogènes et dynamogènes, qui s’y prêtent, par une voie autre que la voie stomacale.
Tout un arsenal nouveau, esthésiomètre, dynamomètre, thermomètre circulaire, pulmomètre, armatures, solutions titrées, etc., pour l’exécution de ces procédés.
La démonstration par l’esthésiométrie, la dynamométrie et la thermométrie des effets curatifs de l’hydrothérapie, sous
toutes les formes, de la gymnastique, des stimulants, des rubéfiants, des vésicants, de l’électricité, etc., et du màgnétisme animal aussi bien que minéral.
La découverte des propriétés anticholériques et antiseptiques du cuivre.
Enfin la réalisation, plus ou moins prochaine, de l’espérance que nous formulions en ces termes, il y a déjà une vingtaine d’années :
(c Un jour viendra où, l’idée nouvelle ayant fait son chemin, non seulement tous les métaux auront pris dans la thérapeutique la place qui leur revient, mais aussi la médecine possédera, en quelque sorte, ses tables de logarithmes, sous la forme d’un catalogue où seront classés tous les agents thérapeutiques, et peut-etre hygiéniques, des trois règnes, le fa— tçon, qu’une maladie et une idiosyncrasie métallique étant connues, il n’y ait plus qu à y chercher quel est le remède ou l’agent qui correspond à l’une comme à l’autre. »
Voilà le chemin parcouru depuis le jour où, il y a trentecinq années, l’action d’un simple bouton de cuivre sur un sujet en état de somnambulisme magnétique vint, en nous révélant des effets inconnus, nous jeter dans la voie que nous avons toujours suivie malgré tout, parce que à chaque pas que nous faisions notre foi se trouvait affermie par la découverte de quelque filon nouveau; voilà le burquisme ^ voilà ce que ce que l’on dit au magnétisme animal... Sans lui, disons-le très haut, sans les études dont il fut le point de départ, et si nous n’avions point toujours dédaigné le préjugé et les foudres de ceux qui l’entretiennent, quels qu’ils soient, la métallothérapie n’aurait point vu le jour, au moins encore ; une foule de travaux ne seraient point nés et continueraient a etre relégués dans les cabinets de physique les aimants, tombés dans l’oubli malgré le remarquable rapport d’Andry et Thouret, l’électricité statique, les diapasons, les tam-tams, etc., etc . qui, feraient-ils des miracles, resteront toujours un oiseau
rare pour Thumble praticien. o^ViPvcr
La moiallothèrapie ne fut point ingrate, nous allons achev
de le démontrer.
Le Magnétisme animal éclairé par la Métallothérapie
CONDITIONS DANS LESQUELLES LES PHÉNOMÈNES QUI S Y RATTACHENT SONT SEULEMENT POSSIBLES
En l’année 1853, l’Académie des sciences de Milan mettait au concours la question suivante :
« Dire les applications vraiment utiles pour la physiologie, la pathologie et la thérapeutique que l’on peut attendre de l’étude entreprise sur les phénomènes désignés sous la dénomination de magnétisme animal. »
Nous répondîmes cet appel. Sous l’épigraphe Quœrite et invenietisy nous débutions ainsi qu’il suit r
Lorsque 1 auteur de ce travail eut connaissance, il v a huit mois seulement, du programme tracé par l’Académie des sciences de Milan pour le concours de l’année 1854 il se sentit en quelque sorte, pénétré d’une reconnaissance personnelle pour cette illustre Compagnie qui n’avait pas craint de risquer de se compromettre aux yeux de ses savantes sœurs, en évoquant la question du magnétisme animal. Croyant avoir en ses mains tous les matériaux nécessaires pour répon re convenablement à cet appel, il se traça aussitôt tout un vaste programme qui, non seulement lui paraissait digne de la Compagnie son inspiratrice, mais dont l’exécution devait
qu’iraTomrLf de reconnaissance
suivre " »agnélisn,o , les pages qui vont
suivre en témoigneront. Malheureusement le temps lui a
manqué pour réaliser ce programme en toutes ses pCties et
TZ^lir par ie emen
al appel de I Académie. Cependant il espère deux choses-
prouver, d’une part, que les phénomènes magnétiques sont susceptibles d’applications fructueuses en médecine, que leur étude peut devenir môme le point de départ de découvertes fécondes et, par là, fournir l’appoint d’une pièce non sans valeur pour la révision du procès fait à Mesmer et à ses continuateurs, et, d’autre part, démontrer que ces phénomènes obéissent à de certaines lois, qu’ils ont un terrain commun sur lequel on peut être certain de les rencontrer et que ce terrain la métallothérapie permet de le reconnaitre en même temps qu'elle peut fournir à l’expérimentateur les moyens de n’avoir rien à redouter de son inexpérience première. »
Suivaient deux mémoires, inédits tous deux, intitulés, l’un, Les métaux éclairés par le magnétisme et, l’autre, Le magnétisme éclairé par les métaux. Nous avons fait connaître le contenu du premier mémoire dans les pages qui précèdent ; nous allons faire de même sommairement pour le deuxième.
Lorsqu’on parcourt les principaux ouvrages qui traitent de la question du magnétisme animal, on est frappé de ceci . que les auteurs y gardent le silence sur la détermination précise des cas auxquels convient ce mode de traitement, et ne donnent que des notions très approximatives sur les signes auxquels on peut reconnaitre d'avance qu'un sujet est doué ou non de réceptivité magnétique, laissant croire, s ils ne le disent point catégoriquement, qu’il n’est personne qui ne soit magnétisable, au moins à un certain degré. Il y a^dans ce silence une lacune des plus regrettables, lacune qui n a point peu nui à la diffusion du magnétisme parmi les savants. Comment, en effet, avec le meilleur vouloir, trouver ici la vérité? Comment ne pas craindre de se compromettre, au milieu du scepticisme des uns et des railleries des autres, en la cherchant à tort et à travers, et comment surtout se défendre contre les mystificateurs ?
Il est vrai qu’en médecine les lacunes de cette nature ne manquent point non plus. Où sont, par exemple, les témo gnages d’efforts pour arracher la thérapeutique à tous tâtonnements et à tous les hasards de 1 empirisme, qui euren si souvent pour conséquences fatales le scepticisme c ez e
médecin et le découragement chez le malade, quand la fortune ne vient pas corriger la somme des échecs nés de l’ignorance de l’appropriation du remède à l’idiosyncrasie tout autant qu'à la maladie ?...
Obéissant à la même inspiration qui nous avait fait rechercher en métallothérapie les moyens de faire concorder la double indication qui est le corollaire de ces deux facteurs, nous avons recherché l’idiosyncropie magnétique et les conditions pathologiques dans lesquelles le magnétisme peut trouver seulement son application.
Nous nous sommes d’autant plus attaché à le faire que , dès nos premiers pas dans la voie du prosélytisme auquel tout néophyte se croit obligé, nous n’avions point tardé à apprendre trop souvent à nos dépens : que le terrain n’est ici rien moins que sûr, même quand il ne s’agit que de reproduire des phénomènes d’ordre purement physique ; que ‘le succès des expériences, qui sont le plus demandées, dépend toujours de nombre de conditions délicates dont une seule, faisant défaut, peut y mettre obstacle absolument de même que l’absence d’une seule de ces trois choses, air, lumière et eau, empêche toute germination; qu’un seul échec suffit pour faire oublier cent succès et renverser complètement cette proposition : Qu'un fait ne prouve ni pour ni contre; que les expériences les mieux réussies peuvent bien éveiller la curiosité des savants incrédules et susciter même parfois leur bienveillance, mais qu’elles n’en ont jamais convaincu, ni ne peuvent en convaincre aucun par cette raison que les phénomènes magnétiques, surtout ceux qui sont les plus recherchés, ne peuvent être prouvés rigoureusement que par soimême.
Aussi très convaincu de bonne heure qu’il n’y avait qu’un seul moyen de faire avancer la question, celui d’indiquer la voie à suivre pour que chacun puisse voir par lui-même, fara da se, suivant la fameuse devise italienne, avons-nous recherché ce moyen et, après l’avoir trouvé, adopté pour règle de conduite à peu près invariable de laisser les incrédules qui ne veulent se donner aucune peine pour s'éclairer personnellement persister en leurs dénégations, et de ne ja-
mais plus nous risquer dans des aventures dont plus d’une fut poignante (1).
Nous avons vu précédemment : 1°, à propos de la malade de Robert, Clémentine, que le cuivre ramenait la sensibilité chez un sujet endormi magnétiquement, puis le réveillait tandis que d’autres métaux ne faisaient rien.
2- A propos de celle de M . Maisonneuve que les armatures de cuivre pouvaient, non seulement réveiller, mais aussi faire cesser tous les accidents consécutifs au magnétisme ;
3* A propos de Picardel, d’une deuxième malade de Cochin et de l’une des hystériques de la Salpêtrière, Lhoste, que le magnétisme ne semblait se produire que dans cette condition : d’une part, un état pathologique marqué par de l’anesthésie et de l’amyosthénie, et, d’autre part, le retour de la sensibilité et de la force par l’application du cuivre ;
4- A propos de Sylvain , sensible au fer, et qui avait été magnétisée en vain à la Pitié, que la sensibilité du fer excluait la sensibilité magnétique.
Il y avait en tout cela bien des choses à vérifier. C’est ce que nous fimes sur différents sujets et cela nous conduisit à ajouter à notre thèse inaugurale la page suivante :
(( Il résulte d’un grand nombre de tentatives que nous avons faites, depuis bientôt quatre années j pour arriver à donner, à l’aide des métaux , un caractère scientifique aux phénomènes physiques du magnétisme animal, ceux qu'on se plait généralement à reconnaître , cette première loi importante
(1) En I85t, il nous arriva en ce genre une mésaventure cruelle, précisément dans le service de Robert. Le célèbre chirurgien de Beaujon avait reçu dans ses salles un enfant, d’une douzaine d’années, pour lequel l’amputation de Ghopart devrait être pratiquée. Cet enfant érait somnambule de naissance, nous l’avions magnétisé antérieurement avec un plein succès à l’hôpital des Enfants, sur l’invitation de Guersant. Robert l’ayant appris de 1 un Je ses élèves, vou'ut donner un pendant à l’opération pratiquée par M. J. Cloquet à la faveur de l’anesthésie mesmérique. Il nous écrivit donc à cet effet.
Nous nous rendons un matin à Beaujon et, au milieu d une nombreuse assistance très curieuse de ce qui allait se passer, nous nous mettons a magnétiser le malade. Mais, cette fois, rien absolument ne fut obtenu et. au bout de trois quarts d’heure d’efforts soutenus, nous dûmes, accablé de fatigue et rouge de confusion, faire place à l’anesthésie par 1 éther. La leçon était rude, mais elle ne fut point perdue ; ce fut, ep effet, la dernière.
que nous nous faisons un devoir de faire connaître à tous ceux qui aiment la vérité, mais qui n’ont jamais su, en magnétisme, où et comment la trouver :
» Un homme ou une femme, une jeune fille ou un jeune garçon est éminemment propre à présenter les effets de ce qu’on a appelé le magnétisme animal ;
lo Lorsqu’il est affecté d’anesthésie ou d'amyosthénie ;
2o Lorsqu’il est sensible à l'action du cuivre.
« Plus la sensibilité et la motilité sont altérées, plus elles reparaissent vite par l’application de ce métal, plus l’action magnétique se manifeste rapide et complète. Dans ces conditions, il n’est presque personne qui ne soit capable de la produire, au moins à un certain degré.
» Pour se mettre à l’abri de toute crainte, avoir toujours à sa portée une armature de cuivre qui, si nous pouvons ainsi dire, anti-magnétique au suprême degré, sert merveilleusement à prévenir ou à faire cesser tous les accidents et à ramener le malade à son état naturel, lorsque le magnétiseur, a cessé de veiller auprès de lui fpar les mains du premier venu ou du malade lui-même). »
Et après avoir dit que nos expériences magnétiques avaient été faites à Cochin, à Beaujon, à Necker, à Saint— Antoine nous ajoutions ces paroles dont l’attitude de la Société de Biologie dans la question de l’hypnotisme, soulevée dans son sein par M. Dumontpallier, a été une nouvelle justification :
« Que dans les questions les plus délicates, les plus dangereuses même, avec de bons esprits pour juges, on peut toujours se conduire et agir de telle sorte que l’on n’ait jamais à regretter d’y avoir laissé quelque chose. »
Restait cette proposition que nous avions réservée, savoir : Que malgré que le sujet soit anesthésique et amyosthénique au plus haut degré, il est insensible au magnétisme s’il répond au fer ou à l’acier et non au cuivre, mais peut être encore sensible à V hypnotisme , nous l’apprîmes depuis.
Lorque nous tenions ce langage, en pleine Faculté et devant un quatrième juge, le professeur Velpeau, qui ne put nous en punir que par ces paroles : « que nous passerions notre oie à ooursuiore une chimère, » et qui, ironie amère du sort, devait.
quelques années après, porter, en compagnie du docteur Azain, le cousin germain du magnétisme, tout au moins, à l’Académie des sciences, sous le vocable d’hypnotisme, nous avions déjà par devers nous un chiffre respectable de faits pour le justifier.
Mais bientôt, la métallothérapie ayant été invitée à aller faire ses preuves à Londres, nous pûmes y en ajouter nombre d’autres, recueillis à l’infirmerie Mesmérique' fondée, dans Bedford-Square, par John Elliotson au grand scandale des plus célèbres physicians, ses collègues de la vieille Angleterre- Nous possédions déjà, en 1853, 82 observations circonstanciées que nous fîmes figurer dans notre deuxième mémoire. Ces observations se décomposent ainsi qu’il suit.
A. 45 sujets névropathes des deux sexes (20 hommes et 25 femmes) frappés d’anesthésie ou bien d’analgésie, de parésie ou d’amyosthénie.
Sensibilité Cuivre : sensibilité magnétique au même degré Une seule exception chez un homme (Obs. 9e)).
De plus, 2 sujets (1 h. et 1 f.) étaient aussi sensibles à l’or.
B. 33 sujets (16 hommes et 17 femmes dans les mêmes conditions pathologiques qu’en A.
Sensibilité Acier : sensibilité magnétique nulle.
C. 4 sujets (4 femmes) mêmes conditions qu’en A et B. Sensibilité Argent : sensibilité magnétique nulle.
D. Des sujets (nombre indéterminé), parmi lesquels une dizaine d’épileptiques des deux sexes.
Ni Anesthésie ni Amyosthénie-, sensibilité magnétique nulle.
E. Quelques sujets de la catégorie D sont magnétisés avec persistance ; les uns continuent à résister, tandis que les autres finissent par être endormis. A ce moment, nous constatons que ces derniers sont devenus plus ou moins aresthésiques, que leur santé est toute troublée et que, d’autre part, ils répondent au cuivre et jamais au fer ou à 1 acier.
Nous supendons les magnétisations ; l’état nerveux disparaît et, au fur et à mesure qu’il en est ainsi, la sensibilité et la mitilité sont les premières à retourner vers l’état normal.
F. Une dizaine de sujets, dont Picardel, une malade de
M Nonat, une autre d’Horteloup (père), deux dames, R et
E , qui nous avaient été adressées par M. G. Monod,
anesthésiques et amyosthéniques et, de plus, sensibles au cuivre, sont traitées par le magnétisme et la guérison s opère comme par la métallothérapie. Nous observons, en outre, qu’à mesure que la sensibilité et les forces musculaires se rétablissent, nous mettons plus de temps à obtenir le sommeil magnétique. Une fois la guérison apparente obtenue chez deux de ces malades, l’anesthésie post-magnétique ne peut plus être obtenue et la sensibilité métallique s’est éclipsée.
G. Tous les sujets magnétiques, sans exception, sont réveillés par l’application d’une armature en cuivre et, chez tous, le même moyen suffit pour faire cesser sûrement tout accident post-magnétique, de telle sorte, qu’une fois les malades endormis, nous pouvons nous retirer, laissant à ceux qui les entourent le soin de veiller sur eux et de les réveiller.
Un fait, entre cent, pour montrer quelle est ici la puissance du cuivre.
Un jour qu’Elliotson nous faisait les honneurs de son infirmerie, en compagnie de plusieurs personnes notables, dont le docteur Ashburner, le traducteur et commentateur du livre de Reichenback, On the vital force, qui avait osé aussi embrasser publiquement la cause du Mesmérisme, on nous présenta un gentleman, d’une quarantaine d’années environ, qui, en regardant fixement un point dans l’espace, avait, ainsi que la fameuse pythonisse de Delphes, le don de se plonger dans le sommeil Mesmérique, disait à tort Elliotson, — le mot hypnotique eut été ici véritablement à sa place, — et n’avait jamais pu en être tiré par personne autre que lui-même.
Invité à se mettre en crise, M. X le fit de bonne grâce.
Lorsque l’état hypnotique parut arrivé à son apogée et que, les bras tendus vers le ciel, M. X. . . semblait se livrer à quelque invocation suprême, nous sortons de notre poche deux larges bracelets en cuivre bivalves et, sans mot dire, nous les appliquons, un à chaque bras, sur les manches de l’habit. Alors on vit, peu à peu, les bras se détendre, puis tomber pendants le long du corps, les globes des yeux, convulsés en haut, s’abaisser, le corps s’assouplir, etc., et, finalement, M. X. . . revenir à son état ordinaire .
Nous nous rendîmes ensuite plusieurs fois à l’infirmerie de
Bodford Square, muni de notre dynamomètre, d’une aiguille
nous n’avions point encore fait construire notre esthésiomètre — et de bracelets, les uns en cuivre, les autres enacier.Nous y passâmes en revue différents malades des deux sexes qui venaient s’y faire traiter (l’infirmerie ne recevait que des externes) et, sans le moindre renseignement, nous pûmes préciser ceux qni dormaient et ceux qui ne dormaient point.
En résumé : la notion précise des conditions pathologiques expresses, plus celles de l’idiosyncrasie dans lesquelles la magnétisation est, non seulement possible, mais certaine ;
Un procédé certain pour se dispenser de veiller sur les sujets endormis, pour les réveiller sûrement et combattre de même, au besoiTi, tout accident né du traitement lui-même ;
Une démonstration, hic et nune, de la vérité des effets physiques au moyen de cylindres de différents métaux ou de subtances autres que du cuivre, de même calibre et du même poids, les uns démagnétiseurs et les autres non ;
Une étude sévère de tous les phénomènes et l’application de la méthode expérin3entale à cette étude, pour ceux de ces phénomènes qui pouvaient s’y prêter ;
Voilà comment la Métallothérapie acquitta la dette qu’elle avait contractée envers le magnétisme animal; voilà, en résumé, le travail qui nous valut de la part de l’Académie des sciences de Milan une mention des plus flatteuses.
Il nous reste à rendre à la cause du mesmérisme un autre service, celui d’y faire la part du faux et du vrai, de séparer le bon grain de l’ivraie, de montrer comment le magnétisme peut guérir, mais aussi comment sa pratique expose à des dangers très réels de plus d’une sorte, comment ceux qui vivent du somnambulisme opèrent pour tromper fatalement tout naïf.
C’est ce que nous ferons une autre fois, si la Société de Biologie veut bien nous le permettre et nous pardonner de l’avoir entretenue si longuement. Si nous avons agi ainsi, c'était pour faire l’indispensable et n’avoir point à y revenir.
LE BÜRQÜISME ET LE PERKIMSME
LA MÉTALLOTHÉRAPIE
DEVANT LE « NOUVEAU NySTEN »
Le Burquisme et le Perkinisme
LES MARTIAUX ET LA MEDICATION POL YMÉTaLLIQUE DANS LA CHLOROSE
Il y aura tantôt cinq années, M. le professeur Charcot faisait sur la métalloscopie et la métallothérapie la leçon magistrale dont nous avons parlé. Après avoir dit longuement ce qu’elles étaient l’une et l’autre, le maître ajoutait:
« Tous ces faits comme l’idée théorique qui les relie entre eux appartiennent à M. Burq, d’où le nom de Burquisme que l’on commence, et c’est justice, à employer comme synonyme de métallothérapie. »
Cet acte de justice, qui en avait été le promoteur ? Quel était celui qui, le premier, avait prononcé le mot de Burquisme V M. Rabuteau, c est lui-meme qui est venu le rappeler hautement devant la Société de Biologie . Mais notre versatile confrère avait à peine revendiqué ce parrainage que, sans se défendre d y avoir ajouté encore en votant les conclusions des deux rapports de M. Dumontpallier, il le répudiait tout aussitôt par des paroles comme celles-ci :
« Que le Burquisme ne lui avait rien appris que le Perkinisme ne lui eût déjà enseigné; qu’une seule chose nouvelle en était sortie, le transfert, et que c’était à M. Régnard que la découverte en revenait 1 1 »
La métallothérapie ne pouvait échapper au sort commun à toutes les découvertes. Pendant plus d’un quart de siècle elle lut niée ; hier nous étions obligé de la défendre contre es revendications ne tendant à rien moins qu’à nous en dépouiller au profit de A. Despine, ancien médecin des eaux IX en Savoie; et voici aujourd’hui M. Rabuteau qui vient ire que e ne contient rien de nouveau et que notre seul
mérite c est la ténacité avec laquelle nous avons défendu des faits déjà acquis.
Nous eussions voulu pour M, Rabuteau lui-même, pour la part de reconnaissance que nous lui devions, qu’il eût laissé à un autre le soin de donner à la métallothérapie cette dernière consécration. Pour nombre de raisons, nous estimons même que l’inventeur des Dragées et de V Elixir que l’on sait eut mieux fait de ne pas prendre l’initiative de pousser le cri d’alarme, au nom de tous ceux que menace la métallothérapie dans la culture si fructueuse du champ de la Ferromanie.
Mais puisque notre confrère en a décidé autrement, puisqu'il n’a pas craint de se donner un démenti à lui-même en même temps qu’il infligeait implicitement un blâme à toute la Société de Biologie, et à son illustre président en particulier, pour les récompenses tardives décernées à nos travaux, cela nous met à l’aise pour dire la cause véritable de ses dénégations aussi tardives qu’inattendues. M. Rabuteau nous avait, du reste, donné un avant-goût de sa manière, dans une précédente séance, en se taisant absolument sur nos nombreuses recherches , à partir de l’année 1852, et sur les expériences que nous fîmes plus tard, bien avant M. Galippe, en collaboration avec un de ses maîtres. M. le Docteur Ducom, à l’effet d’établir, d’une part, l’inanité de la colique dite decuinre et, d’autre part, la non toxicité des composés du cuivre aux doses où jusqu’alors on les avait crus éminemment vénéneux.
Parlons donc un peu du Perkinisme, puisque nous y sommes contraint.
Nous nous sommes reporté aux traités de thérapeutique de Schwilgué et d’Alibert, invoqués par M. Rabuteau, et nous n’y avons trouvé rien autre que ce que tout le monde connaît et qu'avaient si bien dit Percy et Laurent, dès 1819, c’est-à-dire à une époque assez proche des hauts faits de Perkins pour qu’ils n’en pussent rien ignorer. Voici ce que ces auteurs ont écrit dans le tome 40, page 529, du Grand Dictionnaire ;
(( Perkinisme... Deux aiguilles dun métal différent, 1 une de couleur jaunâtre qui paraît être de laiton et 1 autre d un blanc bleuâtre qui est de fer blanc non aimanté. Ces aiguilles (d un décimètre de longueur, dit Schwilgué et seulement de deux et demi d’après Alibert), ont une extrémité arrondie (de 7 mm. de diamètre suivant Schwilgué, tandis que l'autre
est pointue. Le docteur Perkins promenait la pointe de ces deux aiguilles (liées ensemble) sur les parties du corps où les malades éprouvaient de la douleur et quelquefois même dans le voisinage jusqu’à production de phlogose dans le système dermoïde. On mit à contribution pour la confection des aiguilles tous les métaux et diflorents végétaux (ou en fit même en ivoire, en os et en ardoise), et chacun s’évertua pour donner à cet agent thérapeutique un degré d’efficacité qui devait remplacer tous les moyens thérapeutiques en vogue. » Suit une courte critique et c’est tout.
Ainsi donc, association du fer et du cuivre et chances, par conséquent, d’annuler l’action de l’un par l’autre, ces deux métaux étant respectivement neutres; emploi toujours des mêmes métaux sur tous les individus et dans tous les cas indistinctement ; application et quelquefois présentation seulement des tracteurs par leurs pointes, uniquement en vue de combattre hic et nune spasmes ou névralgies ; voilà tout le Pérkinisme ! Voilà ce que M. flabuteau vient affirmer si tardivement être tout le Burquisme ! Voilà tout ce dont se serait
occupée si longuement la Société de Biologie !
En vérité, Messieurs, est-ce bien sérieux? Et M. Rabuteau en soutenant une semblable thèse, ne s’est-il point grandement exposé à ce qu’on le soupçonnât de ne jamais avoir même lu les rapports dont il a, lui aussi, voté les conclusions, il 1 a confirmé tout récemment devant nous-même ?
Où sont, en effet, exposés dans son propre traité de thérapeutique aussi bien que dans Alibert et Schwilgué les effets physiologiques des métaux en applications, qui ont été de notre part l’objet d’une si longue étude ?
Où sont les observations établissant que dans les aÉfections justiciables des métaux ce qui domine ce sont toujours les troubles périphériques et que c’est à eux surtout que l’on
doit s adresser, sous peine de ne faire que de la médecine palliative?
Ou sont les idiosyncrasies métalliques? Ou est la preuve que erkins ait seulement soupçonné l’existence de ce réaciif anesthésie et, à son défaut, l’amyosthénie . dont le burquisme a su tirer un si grand parti pour reconnaître ces idiosyncra-
sies et mesurer sur l’heure les effets thérapeutiques, non seulement des métaux, mais d’un traitement quelconque ?
Où est la métalloscopie? Où est cette loi si féconde qui permet de conclure de l’action externe d’un métal à son action interne et réciproquement?
Où est la métallothérapie interne? Où sont les faits et la doctrine sur lesquels celle-ci est fondée aussi bien que la métallothérapie externe, et ne faut-il point plus que delà complaisance pourvoir cette dernière même poindre dans les tracteurs de Perkins accusés, non sans quelque raison, de n’agir que sur l’imagination, puisque leur confection vicieuse devait, dans la majorité des cas, détruire les effets possibles de chaque métal, employé isolément, puisqu’on les avait vus agir même à distance et qu’il fut possible d’obtenir les mêmes ^effets avec des tracteurs nullement métalliques?
Mais, puisque la métallothérapie était si parfaitement connue, pourquoi, ainsi que l’a dit M. le professeur Bouley, « pendant trente années sa découverte ne nous fùt-elle jamais contestée; pourquoi fûmes-nous traité de fou v, comme l’a ajouté M. le professeur Grimau, lors de la verte réplique que s’est attirée M. Rabuteau dans la séance du 1er juillet ?^
Si M. Rabuteau avait bien voulu se dbnner la peine de nous lire il aurait, sans remonter jusqu’à la thérapeutique e Schwilgué. qui date de 1805, trouvé dans différentes de nos publications de bien autres antériorités que le perkinisme, et il aurait vu combien, en présence d’une incrédulité que nous ne pouvions parvenir à vaincre, nous nous évertuâmes a trouver à la métallothérapie des ancêtres.
Voici, par exemple, notre traité sur la métallothérapie de 1853. 11 contient tout un chapitre spécial sur 1 différentes applications de métaux en médecine qui débuteainsn (c II y a déjà plusieurs siècles que l’usage externe des métaux occupe une certaine place en médecine, mais comme il est souvent dans nos destinées de marcher bien longtemps a coté de la VÉRITÉ, sans même soupçonner agents sont toujours passés inaperçus sous divers dé^u
”"su?t‘ une énumération, avec nombreux commentaires, des
anneaux constellés de Paracelse, des baignoires de cuivre de Pomme, des armures (Paimant, du perkinismo, de facupuncture, des appareils dits magnétiques, galvaniques et électriques
de toute sorte, des/ira^e^Mes^opM/atres — applications diverses du/tfr, V acier, de f or et à\i cuivre ^o\i^ différentes for-
mes — de diverses guérisons consignées dans la science.
Parlant des anneaux de Paracelse qui, on le sait, étaient tantôt en or, tantôt en argent, tantôt en fer, en cuivre, en étain et en plomb, suivant que le constellé était censé sous l’influence du soleil, de la lune, de Mars, etc., nous disions* « Si Paracelse eût possédé à un moindre degré les superstitions de son époque, il est fort à présumer qu’il ne nous aurait pomt laissé à découvrir les différentes aptitudes métalliques qui furent toutes si bien sous sa main dans ses anneaux. » Nous expliquions ensuite, comme nous Pavions déjà fait dans notre thèse inaugurale (p. 57 et suivantes), pourquoi,suivant nous, malgré des succès incontestables, les aiguilles de erkins, celles a acupuncture et tous les appareils ou objets qu on avait décorés du titre de magnétiques, galvaniques et é ectnques éta^nt tombés dans l'oubli ; pourquoi les bains P ongés ne donnaient plus aussi souvent les résultats que Pomme en avait certainement obtenus, etc ^
Nous avions donc fait la part de Perkins comme de tous ceux dont le nom avait pu venir à notre connaissance, et cela d autant plus volontiers, qu’en obéissant ici au sentiment de la justice dont nul plus que nous ne fut imprégné, parce que personne n a eu a souffrir davantage de sa vtolation, nous augmentions d’autant les chances de vaincre enfin iincrédSé qu avaient rencontrée toutes nos expériences
menrau’ïrLrf"‘“PÎ ‘»ut autre-
ent qu il ne le faisait il y a quatre années ? Pourquoi vient-il
lui aussi, mer à cette heure la métallothérapie, après W
éTÈiricTplT' oollégu'es’de^a Société
de biologie ? Pourquoi voudrait-il mettre le Burquisme sur eméme rangque le Perkinisme oublié aujourd'hui
teauroil's “ux
ni merci que leur fait la métallothérapie av;rs"irs Var "
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cuivre, l’or, le zinc, etc., dans les cas sans nombre où le fer, administré sous toutes les formes et à toute dose, échoue . absolument, il ne sera point difficile de trouver la réponse.
Quant à nous, afin que cette discussion ne soit point stérile, nous résumerons toute notre pensée dans les propositions qui vont suivre, à la satisfaction, nous 1 espérons, des cliniciens.
1° La théorie directement reconstituante du fer dans l’aglobulie, est un vieille hérésie chimiatrique qui n a encore sa raison d'être que dans les idées surannées de ceux qui ont négligé d’y regarder de près, et surtout dans la ténacité des intéressés, et ils sont légion, qui ont su trouver ici la solution pratique du problème de la transmutation des métaux.
2o II n’est point vrai, comme ces derniers le prétendent, que le fer soit une sorte de panacée dans la chlorose ou l’anémie ; le zinc, le cuivre, l’or, l’argent, etc., et le platine lui-même, si complètement inconnu hier encore comme remède, agissent absolument de la meme façon et dans les. mêmes cas ; tous n’ont point d’autre effet que d’ouvrir la porte aux aliments, seulement le fer est le métal qui ouvre
cette porte plus souvent qu’aucun autre.
30 L’action de tel ou tel autre métal, intm comme extra,
dépend exclusivement de l’idiosyncrasie.
4o Quand le fer est approprié, toutes les préparations martiales se valent et la plus simple, telle que la limaille de fer ou le fer réduit, est encore la meilleure, parce que l’estomac n’en prend que ce qui lui convient et que l’organisme a peu à faire ensuite pour se débarrasser du reste.
5o Lorsque le fer ne correspond pas à l’idiosyncrasie, il devient un ennemi, et tous les efforts de la pharmacie moderne, pour arriver à mieux, n’ont eu d'autre résultat que
de le rendre alors moins nocif . . , , j „
Go La métalloscopie, jetant des clartés inespérées dans
le dédale de la thérapeutique par les métaux, permet e reconnaître sûrement, dans la majorité des cas, quel est^ celui
qu’il faut administrer ou appliquer.
(Extrait de la iéance du 8 juillet iS82). ^
Post-Scriptum
. .... l’intransigeance dans la science