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LA MÉTALLOTHÉRAPIE DEVANT LE NOUVEAU NYSTEN

Au moment de clore ce travail il nous arrive^ dans notre solitude, plus que jamais attristée par la maladie contre laquelle nous luttons depuis si longtemps, une information qui montre que la Science a elle aussi ses intransigeants, et nous apprend que, parmi ses plus hauts représentants, il en est qui n ont point encore pu se résigner à désarmer sur la question de la métallothérapie. Voici à quelle occasion et en quels termes cette nouvelle nous est donnée.

Fort de l’émotion que notre découverte avait suscitée partout dans le monde savant, des nombreux travaux dont elle a été le point de départ, des réformes thérapeutiques qui en sont nées, etc. ;

Fort des récompenses que nous avaient décernées la Société de Biologie, l’Académie de Médecine, la Faculté et un ancien ministre de l’Instruction publique dont la Science s'honore à tant de titres, nous avions, l’année dernière, posé de nouveau notre candidature pour les prix de médecine et de chirurgie à l’Académie des sciences. Il nous semblait d’autant plus dilficile que, cette fois, une justice tardive ne nous vînt pomt aussi du côté de cette savante Compagnie que déjà, en 18/'8, elle avait honoré nos travaux d’une citation, et que, deux années plus tard, MM. les professeurs Milne-Edwards, Bouley et Marey s’étaient prononcés en notre faveur dans le Concours de 1880. Mais nous avions compté, il paraît, sans l’intransigeance de certains de ses honorables membres, car VOICI ce que nous écrit une main amie, à la date du 3 janvier :

« ...Quant au prix Montyon, il paraît que la séance a été orageuse au sein de la commission. Le rapporteur, ami de votre candidature, n’a point ménagé les arguments. Mais le gain de la bataille est resté aux ennemis.

et Ont voté pour vous : MM. Pasteur, Paul Berlet Bouley, et les autres commissaires (au nombre de 4 seuleiiient, dont MM. Robin et Vulpian), contre vous.

(t Ne prenez point souci de ce déni de justice, (juant on a pour soi les noms f]ue je viens de vous citer , on a la vraie vic- TOiRE... Courage donc ! »

L’histoire des origines de la métallothérapie en appelait une autre, celle de sa longue odyssée. Mais, parlant devant la Société de Biologie, nous avons cru devoir ne pas l’aborder, par la raison que, parmi ses plus anciens membres titulaires, il en est trois qui ont joué un grand rôle dans toutes les péripéties que le Burquisme a eu à traverser et qui paraissent encore vouloir y ajouter. Un jour, il nous sera donné peut-être de combler cette lacune. Nous mettrons alors toutes choses bien en lumière. Nous dirons quels arguments ont encore fait valoir les ennemis, dont parle notre correspondant, pour empêcher à la majorité d'une voix, l’Académie des Sciences de s’associer complètement aux suffrages de ses savantes sœurs, et de rayer enfin notre nom de la liste de tous les inventeurs qu’elle a méconnus. Nous montrerons quels intérêts peu scientifiques, quelles rancunes le manteau de la Science sert parfois à pallier, et comment il arrive de voir les prix fondés par de o-énéreux donateurs détournés de leur affectation spéciale.^

En attendant, comme nous n’avons, hélas 1 que de trop im périeuses raisons pour ne plus tarder à faire le plus urgent, nous allons détacher de l’histoire du Burquisme. actuellemen en préparation, la page si édifiante qu’on va lire. Ce n est po nt pour savourer un plaisir cher aux dieux, ni pour contre des votes dont nous n’avons point à connaître que nous Lons écrite. Ces votes viennent, d’ailleurs, d’etre v^ ment infirmés par les hommes les plus emmenls, et notre re rnaissance. notre profond respect pour ces Idges .mpartiaux nous ordonneraient au besoin de garder e

que nous voulons, ce qui est notre droit 2

Lme notre devoir, c’est de f^me voir a quel es ina^^

manœuvres, à quelles compromissions v‘";d;v>s d

peut conduire l’intransigeance scientiaque , c est d attenu

mal contre lequel nous ne pouvons plus rien, puisqu’il appartient au passé, en prémunissant nos confrères contre les articles métallothérapie d’un ouvrage, depuis longtemps dans toutes les mains, qui ne pouvaient point ne pas avoir pour conséquence d’empêcher un nombre incalculable de malades de bénéficier d’une méthode qui a rendu de signalés services à tant d’autres.

Les tristes révélations qui vont suivre pourront bien soulever des colères et accentuer l’hostilité qui s’est traduite contre nous sous tant de formes. Mais^ outre que ce sont là des considérations qui jamais ne nous empêchèrent de suivre toujours droit notre chemin, et qui, au point où nous en sommes arrivé maintenant, sauraient moins encore nous émouvoir, le lecteur, que nous avons été assez heureux pour rendre sympathique à une cause qui nous est commune avec tant d’autres victimes de la routine et des préjugés, se réconfortera, lui aussi, chemin faisant, devant cette pensée consolante que, dans les hautes sphères de la Science, sont maintenant plus rares les hommes aveuglés par l’orgueil des positions acquises jusqu’à être inaccessibles à toute idée qu’ils n’ont point inspirée, jusqu’à perdre le sentiment de la justice.

En 1855, paraissait la première édition du Nouveau Nysten. Parlant de la métallothérapie, voici ce que disait cet ouvrage :

« Métallothérapie, s. f. — Nom donné à un mode de traitement des affections du système nerveux et des accidents nerveux dans le cours de diverses maladies; traitement reposant sur la fausse hypothèse d’un fluide nerveux analogue au fluide électrique, et dont 1 action serait modifiée par des applications métalliques à 1 extérieur et par l’emploi des préparations de cuivre à 1 intérieur. La métallothérapie n'a pas plus d’efficacité que 1 homœopathie. (V. ce mot). Ce traitement, qu'on a divisé en préservatif et en curatif, consiste à s’entourer d’une sorte d atmosphère métallique à l’aide: lo D’une ceinture de petites plaques ou médailles de cuivre ou de laiton, 10, 20, 30 ou 40, suivant les âges, que l'on portera nuit et jour, tantôt sur la poitrine et tantôt sur le ventre, à diverses hauteurs ; pour éviter de fatiguer la peau {armatures métalliques) ;

2o D’une hmgiie chaîne, ou bien de larges bandes ou plaques des métaux précédents, plus des diverses qualités d’acier, que l'on se roulera chaque jour, tout autour du corps, entre le linge et les habillements (chaînes métalliques). » (V. p. 885).

Trois années après, nouvelle édition et même description.

La lecture de cet article, aussi insolite par la forme que par le fond, dans lequel on avait pris la place de notre nom, produisit en nous une explosion de sentiments dont la nature et l’acuité se comprendront sans peine, surtout si nous ajoutons que l’un des signataires de l’article, M. le professeur Robin, était un de nos anciens camarades et que, depuis qu’avait commencé sa haute fortune scientifique, par son attitude il n’avait cessé de nous manifester à toute occasion qu'il s’en souvenait. Mais bien tôt, à raison même de ce passé, il s’opéra dans notre esprit une réaction qui se traduisit par ce raisonnement

M. Robin, mal édifié sans doute sur les faits ou sur leur portée, a bien pu s’en référer à M. Littré, ou plutôt laisser faire, sans y regarder, un de ces comparses à gages qui sont si souvent employés dans la confection des ouvrages de librairie, car comment reconnaître dans ce factum le style si lumineux et la droiture de son éminent collaborateur ? Mais, qu’il ait osé sciemment pousser le mépris de toutes choses jusqu’à faire une caricature informe d’une œuvre parce qu’elle n’aurait point eu le don de lui plaire, jusqu’à fouler aux pieds des droits sacrés pour tous, ceux de la paternité de cette œuvre; son passé, les sentiments libéraux qu’il professe, ceux qu’il nous a toujours témoignés attestent que cela est impossible.

• Et ayant ainsi rassénéré notre âme, non sans un très grand soulagement, nous prenons notre thèse inaugurale, notre mémoire à l’Académie des sciences de 1852 et celui de MM. Salneuve et Liendon, dont la publication avait suivi de près dans la Gazette médicale, le mémoire que nous avions lu, l’année d’après, sur la Chlorose à la tribune de 1 Académie de médecine, notre traité sur la métallothérapie, paru en 1853, etc., et nous allons frapper à la porte de M. Robin.

Notre visite ne fut pas sans causer d’abord une certaine surprise; mais, comme notre attitude n’était rien moins que celle

d'un accusateur^ M. le professeur Robin ne tarda point à se remettre. Il écouta avec calme nos doléances, quoique l’expression en fût un peu vive ; il ne prononça point une seule parole qui pùt nous éclairer sur le véritable rôle qu'il avait joué en cette affaire; si bien, qu’après avoir remis la brassée de documents précités dans les mains qui venaient à nouveau de serrer la nôtre, nous nous retirâmes bien convaincu que M. Robin n’était pour rien personnellement dans la rédaction de l’article qui nous avait tant ému, qu’il souffrait luimême intérieurement du dommage immérité que nous en avions éprouvé et, qu’à la première occasion, il s’empresserait de faire de son mieux pour le réparer.

Cependant, voici venir d’autres éditions du nouveau nysten, — il en existe à cette heure cinq — et, malgré que de nouvelles observations, relevées par d’autres mains que les nôtres, se fussent produites à l’Hôtel-Dieu, à l’hôpital Sainte- Eugénie, aux Enfants, à l’hôpital Lariboisière, etc.; malgré que des maîtres comme Trousseau, par exemple, en eussent fait l’objet de leurs leçons ou conférences; malgré que la plupart des journaux de médecine, la Gazette des Hôpitaux en tête, eussent ouvert à deux battants leurs colonnes à ces observations; malgré que, dans la Tribune médicale, le regretté Marchai de Calvi eût protesté par des paroles indignées contre les arrêts sommaires édictés itérativement par cet ouvrage, toutes ces éditions, de rerpodqire inipertubablement; dans >les mêmes termes l’article de métallothérapie anonyme de 185b ;ayeç la circonstance aggravante de, ne pas prononcer,. dav^nr jt^ge notre nom même à propos de la description des divers dynanoraètre , esthésiomètre, ete., que nous avions -^hliroduif.s dans la pratique médicale, ou bien de l’y défigurer de façon à luit donner une apparence tudesque ! - ,

. y,)eut pourt,ant dans la description de , l’édition, qui j vint après la visite que nous avions faite à M. Robin, cette jolie variante V.' Noue. Diet\ des Sciences' médicales, p. 1505'.’

Et pendant qù’il^én 'était ainsi, pendant que le rédacteur de ce troisième article usait de ce procédé, que nous nous alistenons de; qualifier,! d’emprunter ce qu’il n’osait plus dire lui-même à un dictionnaire qui i avait, copié ses, propres dires sur (a mé-

tallothérapie, la main de M. Robin semblait aller plus que jamais à la rencontre de la nôli’e, comme pour s’associer à la protestation des faits, qui allaient toujours se multipliant et nous exprimer le regret d’une sorte ‘de non possumus.

Ce jeu à double face prit fin, voici à quelle occasion.

En janvier 1877 paraissait dans un grand journal politique une longue lettre adressée à M. Waddington, alors ministre de l’Instruction publique, où son auteur, M, Victor Meunier, témoignait en termes émus des expériences qui se faisaient en ce moment à la Salpêtrière et des aventures douloureuses qui les avaient précédées. Un exemplaire de cette lettre fut adressé à M. Littré.

I.’illustre savant, qui avait, lui, l’âme trop haute pour hésiter un instant à reconnaître qu'il s’était ou plutôt qu’on l’avait trompé, nous fit sur l’heure la réponse suivante :

« Paris, le 10 février 1877.

a Je vous remercie de l’article de M. Meunier que vous m’avez fait envoyer. Je l’ai lu avec beaucoup d’intérêt Du reste, j’avais suivi avec attention les expériences de M. Charcot, relatées dans différents journaux de médecine, qui vou» donnent pleinembnt

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