RÉSULTATS QU’ELLE A DONNÉS. — SES DOCTRINES ET PROCÉDÉS
L’histoire de la métallothérapie comprend deux phases ; celle de son incubation , nous venons d’en faire connaître les péripéties principales dans le chapitre qui précédé, et la phase de sa longue évolution. Celle-ci peut se diviser en trois grandes périodes.
La première période s’ouvre en l’année 1848, par l’entrée en scène des métaux à l’hôpital Cochin, et se continue sans interruption jusqu’en 1860. Durant toutes ces douze années, on vit la métallothérapie faire ses preuves successivement à Cochin, au Val-de-Grâce, à la Salpêtrière (une première fois de 1849 à 1850) à l’Hôtel-Dieu, à la maison Dubois, à l’hôpital Necker, etc., et se multiplier, pour ainsi dire, pour obéir à toute réquisition. C’est la période d'activité et de foi en Injustice des hommes auxquels incombe la noble mission de mettre en lumière les conquêtes nouvelles de la science, activité sans relâche et que rien ne peut lasser, dont les étapes principales furent marquées par différentes publications qui viendront plus loin à leur place. La nature de ces publications témoigne qu il y a aussi à distinguer dans cette première période deux époques bien tranchées :
L’époque du début — de 1848 à 1851, — où il n’est encore
question que de l’emploi externe des métaux, et qui se scinde elle-même en deux parties : !• le temps où la métallothérapie fut exclusivement mono métallique, c’est-à-dire se faisait toujours avec un seul et môme métal, le cuivre; 2° celui où elle devint poly métallique et acquit, du même coup, la notion de la Métalloscopie.
L'époque postérieure qui fut marquée par la découverte de Métallothérapie interne et ses nombreuses applications.
La deuxième période commence vers l’année 1860. A ce moment la métallothérapie, devenue de plus en plus interne, sans pourtant renoncer à son passé, nous voulons dire cesser d’être externe, a vu déjà singulièrement s’élargir son horizon. Mais la fatigue a fini par s'emparer de l’auteur, le silence persistant des juges qu’il avait cent fois invoqués l’a profondément troublé, si bien que, désespérant d'obtenir justice, nous cessons toutes nos pérégrinations dans les hôpitaux, nous mettons notre plume au repos et nous cherchons une diversion à tous nos déboires dans d'autres travaux.
Au bout de huit années, en 1868, nous tentons de rouvrir la lutte à l’hôpital Lariboisière, vers lequel nous avions commencé à nous diriger pour y faire, en collaboration avec M. le Dr Ducom, pharmacien en chef de cet hôpital, des expériences sur la toxicité des sels de cuivre; mais bientôt la maladie nous ferme la bouche. C’est le silence d’abord, puis la nuit, nuit si profonde et d’une telle durée que beaucoup purent croire avec raison que c’en était fait de la métallothérapie et de son inventeur !...
Enfin, voici venir l’année 1876 et avec elle une troisième période inespérée, période de réparation. Contre toute attente, nous revenons à une santé relative. A peine en est-il ainsi, qu’obéissant à une pensée qui n’avait cessé d’être une espérance toujours vivace, jusqu'au milieu de nos plus mauvais jours, nous sortons de notre retraite pour tenter le sort d’une dernière campagne, et comme nous n’avons plus aucun temps à perdre, comme nos pas sont si mal assurés encore que plus d’une fois nos forces nous trahiront, c'est sur un terrain cette fois indiscutable, dans ce même service des hystériques incurables de la Salpétrière où, plus d’un quart de siècle aupara-
vant nous avions déjà obtenu les succès que nous dirons dans le cours de ce travail, que nous reportons nos dernières espérances.
C’est l’histoire de ces trois longues périodes, embrassant ensemble plus de trente années, celle des travaux et des différentes découvertes qui les ont marquées que nous allons tracer. Si nous n’avons point su la faire plus courte, si nous venons une dernière fois, c’est avec intention que nous soulignons ces deux mots, abuser longuement de la bienveillance de la Société de Biologie, les raisons ne manqueront point, nous Tespérons, pour nous le faire pardonner. Il ne s'agissait point seulement, en effet, de traiter d’un sujet extrêmement touffu, plein de faits d’un intérêt assez grand, nous devons le croire puisque le monde savant a fini par s’en émouvoir, pour mériter le sacrifice de la meilleure part de notre vie . Il nous incombait aussi de justifier les suffrages dont la Société de Biologie a bien voulu nous honorer, la première]; nous avions à montrer que notre oeuvre est essentiellement originale, qu’elle ne ressemble en rien, dans son ensemble, pas plus au Perkinisme qu’à autre chose et que ce n’est point sans raison, qu’au lendemain du jour où le mot de Burquisme venait d’être prononcé dans cette enceinte, M. le professeur Charcot consacrait lui-même ce vocable devant son nombreux auditoire de la Salpêtrière par ces paroles :
« Tous ces faits, comme l’idée théorique qui les relie entre eux, appartiennent à M. Burq, d’où le nom de Burquisme que 1 on commence, et c est justice, à employer comme synonyme de métallothérapie. »(T. in Gas des Hôp. de mars 1878.)
A. Première période (de 1848 à 1860). Débuts de la métallothérapie. Ses succès dans l’hystérie et contre les