PREMIÈRES EXPÉRIENCES A LA SALPÊTRIÈRE EN
Le choléra disparu, nous nous fîmes autoriser par l’Assistance publique à transporter noire arsenal métallique à la Salpêtrière. Combattre les attaques, au moment même de leur production, de façon à y remplacer la camisole de force et les autres liens d’attache par nos armatures, et soulager peut-être les malades telle était seulement notre ambition. Quant à la possibilité d’une guérison, nous n’y songions même pas.
Nos premiers essais ne furent point heureux. Entouré d’épileptiques et n’ayant que l’embarras du choix, c’est d’abord sur des malades de cette catégorie que nous opérâmes. Mais nos armatures n’eurent sur elles aucun effet.
Forcé de renoncer à venir en aide à ces infortunées, nous reportâmes alors toutes nos espérances sur les hystériques. Malheureusement, l’imitation ou tout autre cause avait déjà porté ses fruits, de sorte que celles qui n’étaient point épileptiques à leur entrée l’étaient devenues toutes plus ou moins. Obligé pourtant, de faire un choix, nous prenons cinq malades chez lesquelles l’épilepsie ne paraissait jouer qu un rôle secondaire. C’étaient les nommées Lhoste, Valois, Verdelet, Peffert et Sylvain. Toutes les cinq étaient déjà internées depuis nombre d’années, et il ne se passait guère de semaine qu’elles ne tombassent en état de mal, et qu’on ne fût obligé de les mettre en loge. C’est sur de pareilles malades que nos expériences furent faites.
Avant de dire les résultats fort inattendus qu’elles donnèrent, il importe que nous parlions, d’ores et déjà, de deux symptômes, l’un peu connu alors et l’autre ignoré encore, qui ne tardèrent point à nous frapper. Le premier consistait en ceci : que chez les cinq malades la sensibilité générale etspé-
cialo avaient subi une atteinte profonde. Ainsi Lhoste et Sylvain, plus affligées encore, présentaient à peine un reste de sensibilité sur quelques points très limités, avaient perdu jusqu’à la conscience de la position de leurs membres et n’offraient plus trace ni du goût ni de l’odorat (l’ouïe et la vue ne furent point explorées au point de vue de leur acuité).
Le deuxième était relatif à l’état de la motilité. Il existait chez toutes, comme chez l’hystérique de Cochin, une grande faiblesse musculaire, de V amyosthénie, comme nous le disions un peu plus tard, faiblesse telle chez Sylvain qu’elle confinait à la paralysie.
Voici maintenant très succintement ce qu’il advint.
Le traitement consista exclusivement en des applications de cuivre jaune (laiton),comme celles que nous avions déjà faites sur Picarde], sauf que les bracelets et les ceintures étaient plus larges et que les premiers étaient en forme de valves d’une coquille et montés sur un ressort pour en faciliter l’emploi. De plus, les applications furent faites d’une manière suivie, mais seulement au moment même des attaques ou des prodromes qui les annonçaient.
Sur deux malades, Valois et Verdelet, les effets immédiats furent tout aussi prompts que chez Picardel et tout aussi probants, c est-à-dire que chez elles les phénomènes spasmodiques revenaient ou disparaissaient également à volonté par l’enlèvement prématuré ou par la réapplication de l’armature.
Sur la troisième, Lhoste, il en fut de même le plus souvent, mais parfois les armatures se montrèrent moins actives, surtout dans l’état cataleptique, et, de plus, cette malade, ainsi que Valois et Verdelet , eurent encore , pendant leur application même, des accès épileptiformes.
La quatrième, Peffert, n’obtint, elle, qu’une légère atténuation dans la durée et la violence des attaques et sur la cinquième, Sylvain, les armatures échouèrent complètement.
Les bons effets des applications ne se démentirent jamais c ez a OIS, Verdelet et Lhoste ,si bien que cea malades,voyant eurs crises avorter, négligèrent rarement d’y recourir à la moin re menace d’une nouvelle attaque, tandis que Peffert et y vain ne tardèrent point à y renoncer.
Pendant ce temps, une sixième hystérique, Sèguerlay, que des vomissements incoôrcibles et une paraplégie retenaient depuis plusieurs mois à l’infirmerie, mais dont nous avions refusé de nous occuper parce qu’elle nous avait paru encore plus épileptique que ses compagnes, s’empare de l’armature que nous avions remise à Sylvain, sa voisine, et, sans en rien dire à personne, se met à se l’appliquer la nuit.
Au bout de quelques jours Sèguerlay vient à nous, s’accuse spontanément de son larcin, et nous dit « qu'elle vomit moins et qu'elle se sent plus forte y>. Nous prenons ses paroles pour une hâblerie d’hystérique et nous passons.
Cependant, un mois s’était à peine écoulé que déjà les attaques des trois premières malades semblaient s’éloigner et durer un peu moins que d’habitude, et que Sèguerlay ne vomissait plus, allait et venait et demandait à quitter l’infirmerie. Nous examinons alors ce que devenait sous le métal l’anesthésie, dont l’étendue et la profondeur commençaient à nous paraître proportionnées à la fréquence et à l’intensité des crises hystériques, et nous remarquons déjà que chez nos malades le cuivre ramenait la sensibilité, comme chez Clémentine et de la même façon, nous voulons dire avec les mêmes phénomènes objectifs et subjectifs, de sorte, qu’ après une attaque, un fourmillement général annonçait invariablement, avec la fin de celle-ci, le retour de la sensibilité dans toutes les parties du corps où il se manifestait.
C’était là un fait considérable, mais les conséquences à en tirer devaient encore se faire attendre et nous ne fîmes que le noter.
A la fin de décembre, certains motifs de convenance nous parurent réclamer notre éloignement momentané du service. Nous partîmes donc, mais en y laissant nos armatures à la libre disposition des quatre malades. Pas besoin n était de leur recommander de ne point négliger d’y recourir. Habituées à trouver du soulagement dans leur application, elles avaient fini par croire, les premières, à leur vertu curative, douce illusion, nous disions-nous en nous-même dans la pensée où nous persistions que leur amélioration n’était que l’effet dune coïncidence, et, s’il arrivait que l’une d’elles fût surprise par une
attaque, aussitôt ses compagnes de traitement accouraient pour les lui appliquer.
Durant cette interruption, le moment nous parut venu de nous recueillir, de mettre en ordre les faits que nous venions d’observer, tant à la Salpêtrière qu’à Cochin, et de faire connaître ceux qui avaient le plus de chance d’être favorablement accueillis. En conséquence, nous rédigeâmes un premier mémoire et, le 4 février 1850, nous l’adressions à l’Académie des Sciences sous ce titre : « Note pour sertir à Vhistoire des effets physiologiques et thérapeutiques des armatures métalliques, ou de l'influence de certains métaux sur V anesthésie. »
Ce travail parut quelques jours après dans la Gazette Médicale. Nous y renvoyons le lecteur.
Au bout d’un mois et demi d’absence, nous revînmes à la Salpêtrière ne doutant pas que nos quatre hystériques, semblables à ce malheureux de la fable qui n’était jamais plus loin du but que lorsqu'il se croyait le plus près de l’atteindre, ne fussent retombées dans leur premier état. Aussi, quel ne fut point notre étonnement de les voir venir à nous toutes joyeuses et nous apprendre, qu’après notre départ trois ou quatre dernières applications avaient suffi pour amener un changement complet chez Valois, Verdelet et Lhoste. Cette dernière, plus lettrée que ses compagnes, avait pris l’initiative de tenir un cahier d’observations générales, que nous avons encore, où il n’y a de consignés, pour elle, que quelques troubles hystériques sans importance et, pour Valois, une attaque provoquée par un acte de violence. Bien mieux, les accès d’épilepsie avaient eux-mêmes disparu et Lhoste était la seule qui en eût encore présenté.
De son côté Séguerlay avait vu tous ses accidents thoraciques et ses attaques disparaître en même temps que sa paraplégie et la parésie de ses membres supérieurs. Elle était devenue fille de service et, comme pour témoigner qu’elle était bien en état d’en remplir les fonctions, elle nous apparut chargée d un gros sac de pommes de terre qu’elle rapportait de la cuisine, distante alors d’au moins trois cents mètres du pavillon Sainte-Laure, pour être épluchées dans la Division.
Toutes les quatre malades étant donc en voie de guérison, nous ne pouvions plus le méconnaître, nous interrogeons leur sensibilité, et ces hystériques que nous pouvions larder impunément au début avec une longue aiguille, à l’exception de Séguerlay qui avait, elle, conservé la sensibilité (1), souffrent maintenant du moindre pincement de la peau et de la plus petite piqûre, savent distinguer parfaitement le sucre du sel et flairent de môme les odeurs.
Nous passons à l’examen des forces musculaires et chez toutes, sauf chez Lhpste qui était encore un peu amyosthénique, nous constatons que la motilité est devenue normale comme la sensibilité.
C’est ainsi que la découverte des propriétés osthésiogènes et dynamogènes des applications métalliques dans l’hystérie, déjà entrevue dans l’état magnétique, reçut une éclatante confirmation.
Frappé alors d’un trait de lumière, nous explorons la sensibilité de Sylvain et de plusieurs autres hystériques qui étaient restées dans le même état, et nous les trouvons tout aussi anesthésiques que jamais. Dès lors, comment nous refuser encore à voir que l’anesthésie et l’amyosthénie, si constantes dans l’hystérie et dans toutes les névroses que celle-ci résume, pour ainsi dire, marchaient de pair avec tous les autres phénomènes, qu’elles en étaient la mesure et probablement aussi la base,puisque les attaques avaient disparu avec le retour de la sensibilité et des forces ; et comment ne point conclure que, puisqu’il nous avait été impossible d’agir sur les désordres convulsifs sans atteindre du même coup l’anesthésie, la métallothérapie devait se servir de cette dernière comme d’une pierre de touche pour reconnaître d’avance l’action du métal V Alors pourquoi des applications d’essai faites sur tout le corps pendant les attaques t Une seule petite plaque de cuivre,appliquée sur une surface anesthésique, au bras, par exemple,
(1) Séguerlay est la première hystérique que nous ayons rencontrée sans a nesthésie ; par contre, la motilité avait été anéantie chez elle à un haut degré. Ce sont 803 troubles musculaires qui furent le point de départ de nos prendèrce observations sur l’amyosthénie et sur le rôle qu'elle joue en névropathie conjointement avecraneathésio.
comme chez la malade de Beaujon, n’en devait-elle point dire tout autant qu’une armature entière ; ne suffisait-il pas que ce métal eût ramené la sensibilité sur un point pour être à peu près certain d’avance de triompher de 1 attaque d abord,
puis de l’affection elle même ?
Pour en avoir la preuve, nous expérimentons sur d autres hystériques et celles chez lesquelles le métal ramène la sensibilité et celles-là seulement^ sont délivrées de leurs attaques par une armature de cuivre. Plus vite un bracelet d’essai avait eu raison de l’anesthésie et mieux les armatures agissaient. . . , .
A partir de ce moment un jour tout nouveau se mit a luire
sur la thérapie naissante, la métalloscopie était fondée.
Mais si un certain nombre d’hystériques se montraient sensibles à l’action du cuivre, il y en avait d’autres qui y étaient absolument réfractaires comme Sylvain. Revenant alors à cette dernière, nous renouvelons sur elle nos applications et, dans l’espoir de donner au métal plus d’action, nous remplaçons le cuivre jaune par du cuivre rouge; nous le mouillons avec une compresse d’eau salée, ainsi que nous avions du le faire quelquefois pour les cholériques; nous le doublons d une plaque de zinc; nous le mettons en rapport avec un élément de Bunsen ; etc., et toujours rien, l’anesthésie persiste malgré tout, et Sylvain continue à se rire de toutes nos piqûres, quelques profondes qu’elles soient.
C’est en vain que, saisi de toute l’importance du problème qui désormais s’imposait à nous sous la formule suivante : « Etant donnée une hystérique, trouver le moyen de ramener sa sensibilité et ses forces à l’état normal », nous en cherchions sans cesse la solution ; la sensibilité de Sylvain semblait toujours nous fuir. Et cependant cette solution, tant désirée et si obstinément demandée au cuivre tout seul, n’était plus à trouver; nous la possédions. Déjà, en effet, le magnétisme ne nous avait-il point appris que tel métal, autre que le cuivre, le fer, par exemple, ou l’or allié, qui n’avait point eu d’action sur l’anesthésie magnétique d’un premier sujet était, au contraire, esthésiogène sur un deuxième. Alors pourquoi persister à demander exclusivement au cuivre ce que
d autres métaux pouvaient faire à sa place? Pourquoi ne pas essayer, tout au moins, l’acier, le fer, l’argent et l’or, comme nous l’avions fait dans l’état magnétique ? Mais aussi, comment, à peine revenu nous-même des préjugés de la veille, pouvions nous croire que la lumière était encore ici du côté du magnétisme ; comment, après tout ce que nous lui devions * déjà, oser lui demander encore !..
Nous avions donc continué à fermer les yeux, lorsqu’un matin, le 2 mars 1850, date qui tient trop de place dans l’histoire de la métallothérapie pour que nous l’ayons oubliée, nous trouvons Sylvain occupée à coudre sur son lit avec un dé en fer. Tout en causant avec elle, l’idée nous vient de tâter la sensibilité de son doigt médius qui était armé de ce dé. Nous le piquons, sans trop de ménagement, et tout aussitôt Sylvain jette un cri de douleur, retire brusquement sa main et, peu après, essuie une gouttelette de sang qui, pour la première fois, vient sourdre de la piqûre. Nous repiquons le doigt un peu plus loin ; l’aiguille est encore parfaitement sentie, mais moins quau voisinage du dé. Pendant ce temps les doigts voisins continuent àetre tout aussi anesthésiques que jamais.
Nous reportons alors le dé sur un de ces derniers, sur le pouce; en moins de dix minutes, la sensibilité y revient aussi et toute piqûre de la pulpe saigne. Nous substituons au dé en fer un dé de cuivre : rien, et les doigts, rendus antérieurement sensibles par le fer redeviennent anesthésiques.
Voilà encore comment furent découvertes ou plutôt redécouvertes les différentes sensibilités métalliques, dont la thérapeutique proprement dite était appelée ells-même à tirer un si grand profit, en attendant que la révélation de l’idiosyncrasie par l’aptitude métallique portât d’autres fruits. C’est grâce à un simple dé que, notre horizon s’élargissant bien au delà de ce que nous n’aurions jamais osé même rêver, nous acquîmes définitivement le complément indispensable de la métalloscopie, la notion du Polymétallisme, et c’est par un cri de douleur que la métallothérapie reçut l’injonction
d avoir à cesser désormais d’être exclusivement monométallique 1...
Le cri de Sylvain ne fut point le seul à avoir d’aussi heu-
reuses conséquences à la Salpêtrière. Un autre, poussé bien des années après, par une deuxième malade du même service, la nommée Bucquet, dans des circonstances semblables, devait aussi ouvrir à M. le professeur Charcot le chemin de Damas. Mais n’anticipons pas.
Quelques jours après, des circonstances douloureuses
douloureuses pour la profession et pour les malades, comme pour nous-même, et qui marquèrent le commencement de la longue odyssée de la métallothérapie — nous obligeaient de quitter la Salpêtrière où nous avions encore tant à récolter, la campagne que nous devions encore y faire un quart de siècle plus tard, en 1876, l’a démontré du reste. Heureusement que la guérison apparente de nos quatre malades ne se démentit point et que nous eûmes la satisfaction d'apprendre que, peu de temps après, Lhoste, Valois et Verdelet avaient pu rentrer dans leurs familles et que Séguerlay était passsée définitivement fille de salle.
Auparavant il n avait point fallu moins de toute une période de dix années pour que le pavillon Sainte-Laure rendît à la vie privée trois seulement de ses pensionnaires I . . .
De plus, nous emportions en nous deux choses : les germes de la métallothérapie interne, acquis nous verrons tout-àl’heure comment, et cette notion, qui devait particulièrement profiter au magnétisme, que deux des malades, Lhoste et
Sylvain, avaient été magnétisées à l’hôpital [de la Pitié par
equel elles avaient passé comme Picardel, et que Sylvain — tei^ihle au fer g y était montrée réfractaire, tandis que üoste - sensible au cuivre — avait, elle, été tout de suite endormie par l’élève (nous en avons oublié le nom) 'qui avait été, autorisé par M. Gendrin à faire cette tentative ultime
“rttrrSBir'”" tnaugurak,
• 1851) ET L Academie de médecine (mai 1852).
pourufvrfT Salpétrière, mous allâmes
dans leq c • observations à DHôtei-Dieu
ervices de Rostan et Tardieu, à la maison Dubois'
dans C6UX dô MM. G. Monod ot Duméril, â 1 hôpital Nockor, dans le service d’Iîorteloup (père), à Beaujon, chez Robert encore une fois, etc., et lorsque, pendant trois années, nous eûmes suffisamment étudié les hystériques, les chlorotiques et les névropathes de toutes sortes et de tout sexe ; lorsque, devenu maître, en quelque sorte, avec nos armatures de la sensibilité et des forces musculaires des sujets, il nous eut été donné, en les faisant disparaître ou revenir à volonté, de reconnaître la valeur séméiologique de l'anesthésie et de l’amyosthénie et de ne pouvoir plus douter de la prépondérance qu’elles exercent, l’une et l’autre sur tous les autres symptômes , y compris les troubles gastriques et tous les désordres consécutifs dans la nutrition, dans les sécrétions, etc., c’est alors, et alors seulement, que la métallothérapie vint s’affirmer devant la Faculté et y soutenir les doctrines et les principes qui peuvent se résumer en les termes suivants .
On peut ranger toutes les névroses en deux grandes classes ;
1- Celles où la sensibilité et les forces musculaires sont intactes, sauf le cas d’alliance d’une névrose de cette classe avec une névrose de celle qui suit, comme dans l’hystéroépilepsie,par exemple ;
2- Celles où il y a toujours anesthésie ou analgésie, parésie ou amyosthénie.
Dans les névroses de la deuxième classe, qui sont de beaucoup les plus nombreuses, et dans l’hystérieen particulier, ce qui prédomine ce sont les troubles en moins de la
et de la motilité(symptô mes ftÿii<meraîaes). L anesthésie et
la parésie ou leurs diminutifs, l’analgésie et 1 amyosthénie, précèdenttoujours, en effet, l’apparition des troub es contrmres, c’est-à-dire des névralgies, des spasmes.etc. (symptômes hypermrviques), quels qu’en soient la forme et le siège; ils mesurent,nar leur intensité même et leur étendue, le degré de la névrose; ils la s-oivent pas à pas dans toutes Phases; i s augmentent ou diminuent avec elle dans la rn P .
üon- ils en constituent le pouls, pour ainsi dire, de telle sorte ^ Qu’une affection nerveuse avec anesthésie e amy étant donnée, tout le traitement, comme nous le disions
plus haut, consiste à trouver un moyen, quel qu’il soit, qui puisse ramener la sensibilité et la motilité à l’état normal.
Les agents pour atteindre ce but sont nombreux. Il y a, par exemple, l’hydrothérapie, la gymnastique, Télectricité, les excitants de toute sorte, les rubéfiants, les vésicatoires, etc., le magnétisme animal, les neuvaines mêmes comme tout ce qui peut frapper l’imagination.
Mais, de tous les moyens, un des plus efficaces c’est l’application méthodique d’armatures formées d^’un métal qui, suivant des affinités individuelles mystérieuses, est tantôt le fer ou l’acier, tantôt le cuivre, d’autres fois le zinc, l’étain, l’or, l’argent, etc., le platine rarement.
Trouver d abord, par une exploration métalloscopique préalable, le métal qui, appliqué sur un bras anesthésique ou amyosthénique y ramène la sensibilité ou la force musculaire; appliquer ensuite, par intervalles, ce métal sur les membres, symétriquement, et sur le tronc jusqu’au retour complet de la sensibilité, soit générale, soit spéciale, et de la motilité ; voilà, en somme, ce que nous disions, le 7 février 1851, en présence de juges dont trois, Rostan (président), Vigla et Tardieu avaient encouragé nos recherches et vu surgir les faits nouveaux que nous apportions à l’appui de nos doctrines, voilà ce qu’était déjà la métallothérapie.
Notre thèse contenait en outre certaine page, que nous réservons pour la fin de ce travail, qui montre que, dès cette époque, nous commençions à acquitter notre dette de reconnaissance envers le magnétisme animal.
L’œuvre était donc, on le voit, déjà fort avancée, il y a trente ans passés. Toutefois une chose importante y manquait encore pour qu’elle pût porter tous ses fruits, c’était la métallothérapie interne. Nous ne tardâmes point à l’y ajouter VOICI à la suite de quelles observations. ^
Apres que le dé de Sylvain nous avait eu ouvert définitivement les yeux sur le polymétallisme, nous nous étions mis à esayer e er sur les malades qui,comme elle,s’étaient montrées ebe les a 1 action du cuivre. Chez toutes ce métal était resté
il occupe le sommet de l’échelle métaliosccpique, et, vingt-cinq années plus tard, disons-le déjà.
nous devions observer encore à la Salpêtrière les mêmes effets négatifs du fer, tout à l’heure on verra pourquoi. Or, plusieurs de ces malades, interrogées sur leurs divers traitements, nous avaient répondu que le fer leur avait été administré sous différentes formes, et toujours sans le moindre succès.
Cette résistance absolue aux préparations martiales, étant concordante chez elles avec l’impuissance radicale du fer à l’extérieur, aurait dû déjà nous frapper. Mais il n’en fut rien et le fait resta seulement dans notre esprit à l’état de souvenir latent.
Plus tard, à l’Hôtel-Dieu, nous faisions encore l’observation que des hystériques, toutes plus ou moins chlorotiques, qui étaient sensibles au cuivre et non au fer, avaient aussi été traitées vainement par les piéparatious martiales. Par contre, il nous arriva d’en rencontrer d’autres qui déclaraient s’en être bien trouvées,et, les ayant soumises à l’exploration métalloscopique, nous les trouvâmes en effet sensibles au fer et non au cuivre.
Mais une observation particulièrement décisive fut cellle d’une malade de Tardieu, que nous avons rapportée dans notre thèse (p. 48) sous la signature de l’interne du service qui l’avait recueillie, M. le Dr Pierre.
Il s’agit d’une hystérique, L,.., sensible au fer et traitée en conséquence par des armatures d’acier. L... s en était de suite très bien trouvée . Déjà ses attaques avaient disparu, les règles étaient revenues avec une abondance et une coloration normales, l’estomac avait repris ses fonctions, etc., en un mot, tout marchait à souhait quand la malade se fit renvoyer pour son insubordination.
Deux mois mois après ,L... dut rentrer dans un autre service. On l’y traita cette fois par le fer intérieurement, et les résultats furent identiques à ceux que l’application externe seule de ce métal avait déjà donnés. C’était plus quil nen fallait pour nous remettre en mémoire nos observations de la
Salpêtrière, et nous ne pûmes point ne pas tirer de tous ces
faits et de quelques autres qui suivirent cette conclusion à savoir :
Qu’il existait probablement un rapport intime entre l’action interne d’un métal et son action externe qui permettait de conclure de celle-ci à la première, et réciproquement, et peutêtre même de préjuger, quand il s’agissait de l’administrer à l’intérieur, de la posologie d’après la rapidité et l’intensité de son action externe.
Cette conclusion, si pleine de promesses, nous vînmes la porter, en personne, et la développer à la tribune de l’Académie de médecine, le 18 mai 1852, dans un mémoire qui parut peu de temps après dans la Gazette Médicale sous ce titre : (c Note sur une application nouvelle des métaux à V étude et au traitement de la chlorose. »
Après y avoir répondu à ces questions :
Quel est le mode d’action du fer dans la chlorose ?
Pourquoi le fer ne guérit point toujours la chlorose ?
Dans quels cas le fer est-il utile et quand faut-il le rejeter ?
Par quel métal doit-on remplacer le fer quand il est nuisible ou sans effet ?
Après a,voir fourni les preuves cliniques que la chlorose peut guérir tout aussi bien par l’application externe du fer que par son administration interne, mais qu'elle ne guérit jamais par ce métal, intus comme extra, que quand le sujet est porteur d'une idiosyncrasie fer, et que, dans le cas contraire, d’autres métaux, le cuivre, le zinc, l’or, etc., peuvent faire ce qu’on avait demandé en vain au fer, et le faire absolument de la meme façon ; après avoir ainsi fait justice de la vieille théorie chimiatrique de l’action directement reconstituante du ter sur les globules du sang; après avoir commencé à démontrer implicitement que, si les hystériques sensibles au fer sont SI rares dans les asiles que Sylvain est peut-être bien la seule qui ait jamais été internée à la Salpétrière, cela tient à ce que ce métal est banalement administré à toutes ces sortes de malades et que celles qu’il peut guérir passent au travers du môZe qu on nous passe le mot, tandis que les autres, sensib es a des métaux qu'il ne pouvait venir à l’idée de personne de leur administrer, comme l’or, le platine ou même le cuivre, restent,elles,nécessairement dessus, nous disions :
« La chlorose n’est jamais qu’un symptôme. Elle arrive presque fatalement dans les névroses sous l’influence des troubles asthéniques (ou hyponerviques) anesthésie, amyosthénie, aménorrhée, etc., qui caractérisent la plupart de ces affections, et se guérit de môme par n’importe quel moyen ou quel agent qui ramène la sensibilité, la motilité, la menstruation, etc., à des conditions normales. En celaleferàTiniérieur n’agit point autrement qu’une armature de ce môme métal ; une fois l’innervation bien rétablie dans tous les organes, la dyspepsie cesse, le tube digestif reprend toutes ses fonctions et, bientôt, le sang retrouve dans les aliments eux-mômes, et point ailleurs, tous les éléments nécessaires à sa réparation.
« Il existe dans les métaux une propriété particulière qui, soit par l’électricité ou le magnétisme dont elle ne serait qu’une modification, soit par toute autre cause qui nous échappe, les rend propres à exercer une action directe sur la force nerveuse, à l’attirer, quand on les applique à la surface du corps, et à la répartir uniformément dans l’oaganisme lorsqu’ils sont donnés à l’intérieur sous une forme convenable.
« Cette propriété, variable pour les différents métaux et leurs alliages, attractive ou répulsive suivant les individus auxquels elle s'adresse, semble constituer autant d’aptitudes métalliques différentes qu’il existe de métaux. De là il résulte que, dans les mêmes conditions, tel malade éprouve de bons effets d’un métal à l’intérieur ou à l’extérieur tandis qu’un deuxième, qui se serait très bien trouvé au contraire de l’usage d’un autre métal, ne ressent rien avec le fer, par exemple, si même des accidents (constipation, maux de tête, etc.,) ne suivent point son administration interne.
« L'ignorance de ces aptitudes et, d’ailleurs, l’impossibilité de les constater avant que les métaux ne fussent entrés dans la voie que la métallothérapie leur a ouverte,fut souvent nuisible à l’art comme aux malades, et il importerait qu’à l’avenir on pût éviter dans l’administration des différents oxydes ou sels métalliques les tâtonnements du passé. Or si nous ne faisons point erreur, les applications externes de métaux, déjà si utiles par elles-mêmes, sont très propres pour cela et désormais ces agents, devenus en outre comme des sor-
tes de pierres de touche, par la rivalité qui semble exister entre leur action interne et leur action externe, seraient d’un grand secours, non seulement pour éclairer le médecin dans le choix des anciennes formules, mais aussi pour l’aider à en créer sûrement de nouvelles. »
Ce langage était bien, il nous semble, celui que nous devions tenir devant la savante Compagnie à laquelle nous avions l’honneur de l’adresser. Il ne manquait point de la réserve voulue, puisque nous avions par devers nous une expérience de plusieurs années qui nous permettait d’être plus affirmatif encore. De plus, nous avions ici, comme dans notre thèse, pris la précaution de nous appuyer presque exclusivement sur des observations empruntées à des internes, MM. S. Pierre, Coffin, Salneuve, Liendon, etc., qui les avaient recueillies eux-mêmes dans les services des maîtres sous les yeux desquels nous avions opéré, et il y avait dans le sein de 1 Académie plus d’un de ses honorables membres qui pouvaient en témoigner. Mais les faits étaient si particulièrement nouveaux, si peu orthodoxes, disons le mot , nos doctrines sur 1 anesthésie et l’amyosthénie cadraient si peu avec les idées ayant cours, nous y faisions une part si grande à la synthèse aux dépens de l'analyse qui régnait alors en souveraine, que nous n’étonnerons personne si nous disons que notre lecture du 18 mai 1852 fut accueillie de la belle façon, au dehors comme au dedans de l’enceinte où nous l’avions faite.
Jusque-là la métallothérapie avait été comme tolérée, ou bien 1 on s’était borné à sourire sur son passage. Mais, à partir du jour où nous avions osé venir planter son drapeau à la tribune même de l'Académie, il y eut comme un toile général contre elle. Nos armatures « tC étaient que dHnnocentes amulettes », écrivit l’un des membres les plus autorisés de la ompagnie, et les auteurs des ouvrages spéciaux, comme s'ils se fussent donné le mot, se turent sur la métallothérapie ou bien n’en parlèrent plus, les uns que du bout des lèvres et les autres pour la défigurer, comme à plaisir, et la traiter en fille
perdue de la cabale et de l’hermétis-me. Et, comme, malgré
tout, nous persistions à « poursuivra noire chimère », comme nous entassions toujours notes et mémoires dans les cartons des Sociétés savantes, d’aucuns finirent par en arriver à mettre notre raison en suspicion ! Il advint même que certain membre de l’une de ces Sociétés, pour avoir raison de notre persistance à l’invoquer, ne trouva rien de mieux que de proposer un jour à son bureau de nous traiter à l’égal des chercheurs du mouvement perpétuel ou de la quadrature du cercle, c'est-à-dire de rayer notre nom de la eorrespondance ! 1 Et il en fut toujours ainsi, malgré la publication de nouvelles observations recueillies à l’Hotel-Dieu dans les services de Trousseau et de Robert (voir notamment la Gazette des Hôpitaux du 22 mai 1866 ; Cas très curieux d'hystérie et de chlorose guéri par le cuivre, intus et extra, par Bosias, interne de Robert); malgré que des maîtres, M. Bouchut, par exemple, ou bien des praticie^ns très autorisés comme MM. Tripier, Dufraigne^ etc. (1), fussent venus les corroborer parles fruits de leur propre expérience; et quoique Trousseau, lui-meme, nous eût rendu maintes fois justice à sa clinique, dans ses leçons et jusqu’à la tribune de l’Académie, lors d’une^ discussion mémorable sur la chlorose. L’amitié souvent et la bienveillante estime toujours de tous les maîtres, sans exception, qui nous avaient vu à l’œuvre ne purent nous sauver elles-mêmes pas plus des dédains que des sarcasmes 1 . .
Si nous parlons d’un passé où nous eûmes à subir tant de tristesses, c’est parce que nous écrivons en ce moment une page d’histoire, parce que cette page témoigne, une fois de plus, à quoi s’exposent tous ceux qui, au lieu de s’élever doucement en suivant les sentiers battus, commettent la folie de se condamner à rester aux derniers rangs pour avoir plus de temps à consacrer à ouvrir des voies nouvelles, et que nous tenons à y montrer combien fut aussi osée que généreuse la Société de Biologie lorsque, sous l’inspiration de Claude Bernard,elle prit l’initiative d’examiner ce qu’il y avait de vrai au fond d'une découverte si universellement repoussée, pour ne
(1) On trouvera dans le journal de la Société Gallicane, année 1851, un important mémoire du D' J. Perry, sur l’Emploi des métaux a exteneur. L’auteur y cite sa propre observation.
pas dire conspuée, combien elle s’est acquis par là de titres à l’estime des vrais savants et combien notre reconnaissance personnelle doit être grande pour cette Société.
Mais poursuivons.
DÉCOUVERTE DES PROPRIÉTÉS ANTICHOLÉRIQUES DU CUIVRE ■NQUÊTE DE LA PRÉFECTURE DE LA SEINE SUR CES PROPRIÉTÉS
Rapports de MM. Vernois et Dcverg;ie au Conseil d'hygièno et de M. le D' Pauchon à la Société des médecins de Marseille.
Nous venions à peine d’écrire les dernières pages de notre mémoire sur la chlorose et de couronner par ce travail la métallothérapie, car, depuis, il n’y fut rien ajouté d’essentiel si ce n est le si curieux phénomène du transfert, lorsque le hasard offrit à notre esprit une puissante diversion en le dirigeant vers un nouveau et vaste champ de recherches.
Un jour du mois d’avril 1852, où les affaires de la métallothérapie nous avaient conduit dans une importante fonderie de cuivre de la rue des Gravilliers, les hasards de la conversa-
du n”S^ ouvriers et tous les locataires
U n 22, ou cette fonderie était située, au nombre de 200 en-
danTpr-Tr-*" épargnés par le choléra aussi bien
T P ® 1™ dans celle si formidable de '
1832. L observation avait ici d’autant plus de valeur que celui qui l’avait faite était lui-même un peu au courant des oses de la médecine. Cependant nous l’avions à peu près
01,^11. T de recevoir une déclaration identi-
que dans trois autres fonderies en cuivre de la même rue
u’uLTeX^'^rf ’ (-i°-d’hui il n’en existe plus
qu une seule^ celle du numéro 35) ^
laSuta‘ZT‘‘" loin d’être justifiée par
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de leur«ï h ^^^^®^^“^®érables d’aspect, par l’hygiène
nous était bien Tmposs1b7e°T'**'^ des habitations voisines, il
n’y voir qu’une J^rtïndd^ce'"'’* “
Kn conséquence, toute affaire cessante, nous nous mîmes à visiter dans le quartier d'autres fonderies et différentes fabriques de bronze, de cuivrerie, d’instruments de musique, etc., et partout nous rencontrâmes la même immunité 1 Cela étant, une nécessité s’imposait,celle d’en savoir davantage.De là cette longue lutte,que l’on sait,contre le fléau indien qui, durant vingt années, nous tint en haleine ; de là des enquêtes sans nombre que nous poursuivîmes dans toutes les industries à cuivre et dans les industries similaires sur d’autres métaux, les unes, en personne, jusqu’à Londres, en 1853, jusqu’à Marseille et Toulon, en 1865, et les autres, par correspondance, dans différentes parties delà France,notamment à Villedieu, où est concentrée la chaudronnerie en cuivre, et à Montpellier, où siège l’industrie du verdet ; en Suède, dans les mines de cuivre de Phalen et de Linképing et, en Espagne, dans celles de Tinta ; en Russie, dans les mines de Sibérie du prince Demidoff ; en Italie, à Florence et surtout à Naples, où existent beaucoup de ramieri (cuivriers), par l’intermédiaire des docteurs Gallarini et de Rogatis;en Hongrie,en Silésie,etc. , etjusqu’à Bagdad...; de là tout un monceau de preuves authentiques qui font de la préservation cholérique des ouvriers en cuivre une vérité tout aussi bien démontrée, tout aussi rare en exceptions que l’immunité variolique chez les individus bien et dûment vaccinés (1).
Et cependant, malgré ces preuves innombrables, malgré que tous ceux, industriels, ingénieurs, savants, médecins, etc., qui s’étaient donné la peine d’y regarder de près, l’eussent unanimement proclamée, cette préservation fut niéee comme Ion avait nié les faits de métallothérapie qu’il était pourtant si facile de vérifier, et nous eûmes à accomplir toute une autre odyssée qui fut marquée par les plus étranges choses.
C’est ainsi, nous le disions devant le Congrès international ' d’hygiène de Paris, que l’on vit nos adversaires faire figurer dans leurs statistiques, comme ouvriers en cuivre, des jardiniers, des hommes de peine, des marchands de poissons,
(1) On trouvera l’exposé de la plupart de nos recherches antérieures à l’année 1868 dans notre monographie : Du Cuivre contre le choiera,
G. Baillère, Paris 1869.
des chaudronniers en fer, des serruriers, des potiers, des carrossiers, etc, qu’ils avaientété chercher jusque dans l’Inde. Il y eût même un confrère, celui-là a particulièrement mérité que son nom ne soit point oublié— il s’appelait Stoufflet — , qui poussa la fantaisie jusqu’à faire d’une dame Leverbe : « Un ouvrier de cette catégorie, depuis l’adolescence, et qui, parlant à sa personne, lui avait déclaré avoir été lui-môme dangereusement malade I ... »
Fort heureusement qu’il se trouva un préfet de police M. Piétri, qui, après l’épidémie de 1865-66, jugeant que la chose en valait la peine, ordonna une contre-enquête à l’effet de vérifier les nouveaux faits d’immunité que nous venions encore de signaler. On dressa donc à la Préfecture la liste de tous les ouvriers morts du choléra qui, par la désignation de leur profession,pouvaient être suspectés d’avoir échappé à la préservation annoncée (1). Une attention toute spéciale fut donnée, bien entendu,à ceux qu’on s’était particulièrement plu à signaler à l’hôpital Saint-Antoine comme ayant fait echecacetie préservation. On envoya,^oi.r chaque ouvrier , un U e in et un questionnaire aux commissaires de police
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dait, tournait, polissait, chaudronnaircls^elaU^
Mainte fois nous nous sommoc ai a ’ sont l’exception,
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coûteraient si peu et en diraie t ° ^ activité, ou bien en chômage, qui nous nous adressions n’avalent jama’^ ceux auxquels
mêmes les défectuosités des t«hi ^ occasion de constater par eux-
ne fut jamais entendue, et ces taWea pâtir, notre voix
plâtement morte que nous s continuèrent à rester lettre si com-
exhumer du tombeau de pourère 17', d’aller
chives de la Ville ceux que la r ^ ^‘ment ensevelis aux ar-
tion avait coûté, depuis l’orimnn ® brûlés. Et cependant leur confec.
d'un million de francs I... ^ somme qu'on ne saurait évaluer ê moins
des quartiers dans lesquels avaient respectivement logé ou travaillé les ouvriers décédés, avec ordre de s’informer, à bonne source, de la nature du métal mis en oeuvre etdes conditions spéciales dans lesquelles ces ouvriers se trouvaient au moment de leur mort. L’administration recueillit de la sorte des renseignements précis, et non à vue de nés ; elle les réunit à tous les documents do meme nature, qui étaient entrés en notre possession depuis l’année 1852, et l’énorme dossier fut renvoyé a l’examen du Conseil d’hygiène et de salubrité de la Seine.
A quelque temps de là, le 9 juillet 1869, le rapporteur, M . le Dr Vernois, de si regrettable mémoire, venait lire à ses éminents collègues un raport magistral concluant en ces termes :
(c J’ai parcouru. Monsieur le Préfet, avec la plus grande attention, toutes les parties principales de cette immense en quête. Au point de vue médical et hygiénique elle est très remarquable. Plus que toute autre elle offre ce caractère particulier d’authenticité que le Dr Burq n’a fait qu analyser les documents recueillis par d’autres mains que les siennes, que sa base d’opération a été surtout la statistique dressée par l’Assistance générale et par votre Préfecture, que vos agents ont contrôlé eux-mêmes les résultats annoncés par
(( Quelque extraordinaire que puisse paraître 1 action du cuivre contre l’invasion du choléra, les faits sont si nombreux, étudiés avec tant de soin, qu’on ne saurait nier, au moins jusqu’à ce jour, à Paris, le fait même de la coïncidence du petit nombre de cholériques dans les professions a
cuivro... , -J, 1,1
« Une sera que justice d’applaudir au travail considérable accompli par le Dr Burq, de dire que les résultats statistiques obtenus sont très intéressants et que, si les faits observes ultérieurement sont conformes à ceux déjà recueilhs,ils devront ouvrir à la prophylaxie du choléra une voie nouvelle et sa u
W- » Vernois.
(1) Voir dans Rapport général snr les travaux du Conseil d’hygiene publique et de salubrité de la Seine, dapuis 1867 jusqu’à 1871, p. 31 et suiv.
Quatre années plus tard, après la petite épidémie de 1873 qui avait fait à Paris environ 600 victimes, nouvelle enquête et nouveau rapport au Conseil d’hygiène dans lequel le vénérable M. Devergie, rapporteur, concluait à son tour :
« Que les ouvriers en cuivre jouissent d’une immunité complète lorsqu’ils continuent leur travail pendant les épidémies de choléra; que l’épidémie de 1873 n’avait fait que confirmer mes premières allégations. »
Enfin la Société de médecine de Marseille, saisie parnousmême de la question et invitée à se prononcer sur la véracité des observations que nous avions été faire personnellement, en 1865, dans cette ville ainsi qu’à Toulon, à la Seyne et à Aubagne: « Rendait hommage à la valeur de nos recherches » et les confirmait pleinement, dans la séance du 20 décembre 1873, sur le rapport de M. le Dr Pauchon, nous en fûmes avisé,le 29 janvier suivant, par son honorable secrétaire général, M. le docteur de Capdeville .
Nos adversaires, battus sur la question de l’immunité professionnelle, se réfugièrent alors sur celle du traitement du choléra par le cuivre qni en avait été induite, mais que nous n’avions présentée que bien après la question de préservation artificielle et seulement comme une espérance. Avec la bonne foi qui les avait déjà caractérisés, ils turent les succès remarquables obtenus à Marseille, ostensiblement, par le docteur Lisle à l’asile des aliénés — 21 guérisons sur 26 cas traités par le sulfate de cuivre, alors qu’il y avait eu antérieurement 12 décès sur 14 cas traités par les moyens ordinaires à Paris — par MM. Pellarin, Blandet, Arnal, G. Monod, Dufraigne, Berger, Groussin, etc. et ailleurs, aussi bien que par nous-même, lorsque les sels de cuivre avaient été administrés en temps opportun et à dose suffisante ; ils exaltèrent au contraire les insuccès pouvant être très légitimement attribués,les unsà ce que la dose du remède était lilliputienne, 0,04 à 0,06 cent, de sulfate de cuivre dans les 24 heures !... et les autres à ce que, quoique la dose fût convenable, la porte était absolument ferm e à 1 absorption, les malades étant presque tous algides, sans pouls ni urines ; on ne tint pas le moindre compte des ré-
serves expresses rpie nous avions faites, disant textuellement; « Que la question du traitement était essentiellement distincte de la préservation et,qu’alorsmême que le cuivre n’aurait aucune action contre le choléra lui-même, la préservation n’en saurait être pas plus infirmée que ne le fut la préservation de la variole par la vaccine par les échecs de ceux qui avaient espéré trouver aussi dans le cow-pox un moyen curatif; et, comme ces adversaires qui ne voulaient pas recevoir de nos mains les métaux, pas plus pour une destination que pour une autre, étaient nombreux, comme ils avaient l’autorité qui nous manquait, la préservation du choléra par le cuivre est restée pour beaucoup ce que l’un d’eux, M. le Dr Mesnet, avait qualifié « d’espérance déçue », et la question pratique n’a pu se relever encore qu’au Japon (1) de ces paroles prononcées, en novembre 1866, au sein de la Société médicale des hôpitaux:
(c Grâce à des convictions moins heureuses que tenaces, l’occasion nous est fournie, pour la dernière fois, nous l’espérons, de vous parler du médicament (sulfate de cuivre) et de la médication. »
Docteur Besnier.
Mais vienne une nouvelle Commission qui soit animée du même esprit de justice que celle dont nous aurons à parler dans un moment , qui ait un Secrétaire rapporteur aussi zélé, aussi soucieux des intérêts de la science et de l’humanité seulement et qui soit aussi peu avare de son temps, et la question de l’immunité cholérique des ouvriers en cuivre,avec toutes les conséquences qui en découlent naturellement, aura
(1) M. le D' E. Mailhet, médecin au Japon des mines impériales d’Ikouno, a publié dans la Ga;e«e des Hôpitaxix àn 21 janvier 1880, sous ce titre: CHOLÉRA BT EMPLOI DU CUIVRE, Une noto dans laquelle il rapporte quils ont fait usage en 1879, lui et un confrère japonais, le D' Montsougi, de ceintures de cuivre, dans une épidémie de choléra très meurtrière, sur plusieurs cen taines de personnes, à titre de moyen prophylactique, et que toutes furent épargnées, « sauf une vieille femme portant un petit scapulaire en cuivre, de la dimension d’une pièce de l franc, et une autre femme atteinte de choléra léger, porteuse d’un quart de ceinture qu’elle n’avait appliquée qu après 1 inva sion de la maladie.»
également son triomphe, nous TespéronSjOU Ton saura, tout au moins, que tout ce que nous avions dit ici était encore de la plus scrupuleuse exactitude.
Pour être complet, nous aurions à parler maintenant des recherches parallèles que nous fîmes à l’effet d’établir si, oui ou non, cette immunité coûte quelque chose à la santé des bénéficiaires,ainsi que de celles qui suivirent, plus tard, chez les ouvriers de la même catégorie dont la conséquence a été de rendre très plausible cette opinion : que ceux de ces ouvriers qui, par la ténuité et l’abondance des poussières cuivreuses qu’ils respirent, se rapprochent le plus des conditions d’imprégnation cuprique qu'on réalise avec tant d’avantages, dans l’industrie, pourjes traverses de chemins de fer, pour les poteaux télégraphiques, pour les bâches, etc., et, dans l’agriculture, pour le blé, doivent être aussi plus ou moins inaccessibles aux maladies infectieuses en général. Une enquête, faite à Paris après l'épidémie de fièvre typhoïde qui y a régné en 1876, dont nous avons rendu compte à la tribune de l’Académie, a paru démontrer, qu’en tout cas, cette opinion était fondée en effet quant à ce qui concerne cette affection (1).
Nous aurions aussi à mentionner les expériences que nous faisions sur les animaux dès 1869, en collaboration avec M. le docteur Ducom, à l’effet d’établir le degré de toxicité des sels de cuivre et,partant, jusqu’à quelle dose onpouvait les porter impunément en vue de tenter de réaliser les espérances prophylactiques et curatives nées de toutes nos observations sur
(1) Il existe à Paris uue société de secours mutuels dont les registres médicaux parfaitement tenus sont particulièrement précieux à consulter. Cette société, dite du Bon Accord, est composée exclusivement d’ouvriers ciseleurs, tourneurs et monteurs en bronzes, au nombre de trois à quatre cents. Klle a été fondée en l’année 1819 et, depuis cette époque, c’est-à-dire penant une période de plus de soixante années, elle n’a pas eu un seul décès pas plus par la fièvre typhoïde que par le choléra !... En outre, nous ne nous souvenons point avoir rencontré ni un cas de variole, ni un cas de dyphthérie aos e pointage des maladies que nous avons fait en compagnie du secréire r sorier de la Société, M. Barré, contre-maînre de la maison Dénière U Ion trouvera les registres et les statuts sociaux depuis la fondation.
raction antiseptique du cuivre (1). Mais ce serait par trop nous étendre sur un sujet qui, quoique faisant bien partie du burquisme, ne ressortit point à la métallothérapie proprement • dite qui est surtout ici en cause, puisque l’idiosyncrasie n’y compte plus pour rien et qu’il s’agit toujours de l’emploi d’un seul et même métal, le cuivre.
(1) M. le docteur Moricourt, ancien interne des hôpitaux, a publié dans la Gazette det Hôpitaux 19 mars 1880 et 29 novembre 1881. 4 observations de fièvre typhoïde où le sulfate de cuivre, administré en potion et en lavement, larga manu, a donné les meilleurs résultats.
DEUXIÈME PÉRIODE (1860 à 1876}
Expériences à l’hôpM Lariboisière, en 1868-69 et à Vichy en 1871-72