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mais sans y joindre le moindre indice chronologique.
Commençons par en traduire les passages qui nous intéressent : « Pépin, prince des Francs, voulant combattre contre Eudo, prince d'Aquitaine, arrive près de
la ville de Bourges » Les « Barbares » — entendez
les soldats de Pépin, — postés en un lieu appelé Carobrias \ incendient une maison qui avait appartenu à
saint Austrégisile « Peu de temps après, le prince
Eudo assiégeait et bloquait la cité de Bourges La
cité fut enfin remise à ce prince^ mais avec des garanties complètes, cum autem ipsa civitas tradita fuisset praefato principi, et pax denuntiata in omnibus »
Eudes nous apparaît ici entouré de comtes : << prseci-
piens Gomitibus suis ». La légende nous apprend
le nom de l'un d'eux, Adroald : « unus ex Gomitibus
Eudonis principis, Adroaldus nomine » Elle parle
aussi des Grands qui suivaient le duc et en nomme deux : l'un Agnus : « Unum de Optimatibus, Agnum
nomine » (c'était un puissant personnage, il avait
des comtes sous ses ordres) ; l'autre Frédégisile : « unus ex Optimatibus Eudonis principis, nomine Fredegisilus »
Ajoutons que, malgré Idipaix promise par Eudes (elle ne concernait peut-être que la cité, sans le plat pays), le Berry paraît avoir été cruellement pillé, non pas seulement par « les Barbares », mais encore parles Aquitains. Pendant le siège, Agnus met à sac le monastère de Saint- Austrégisile, situé hors des murs et abandonné par l'abbé et ses moines, qui avaient cherché un
1. Chabris ou Gièvres, sur la voie romaine qui conduisait de Bourges à Tours. — E. Desjardins, Géographie de la Gaule cVaprés la Table de Peutinger, p. 254.
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refuge dans la ville. Après la capitulation, « Agnus parcourt toutes les villas du monastère, ramassant tout ce qu'il trouvait, troupeaux, botes de somme, etc.,
pour l'emmener dans la patrie d'où il venait » —
« Frédégisile enlève les botes de somme [jumcnta] du monastère, et les emmène chez lui avec le reste de son
riche butin, pour partager avec ses compagnons ».
— Adroald, ayant emporté d'assaut un château du Berry, y fait prisonnier l'abbé de Saint-Austrégisile, et se fait donner pour sa rançon de l'or, de l'argent, un calice d'or, les vases sacrés du monastère.
Enfin, le récit du légendaire se termine par une anecdote où Eudes se plaint de la défection d'un chef appelé Ghutianus qui, après lui avoir juré fidélité devant le tombeau de saint Austrégisile, s'était enfui « en France, vers le roi Charles, in Franciam ad Garolum
Certains détails de cette légende ont un tel caractère de précision qu'il est impossible de la tenir pour fabuleuse. Mais les historiens se sont trouvés si embarrassés de voir figurer Pépin au début et Charles (Martel) à la fin du récit, qu'ils ont proposé de le corriger ^, de remplacer le nom de Pépin par celui de Charles. De cette façon, c'est à Charles-Martel seul qu'Eudes aurait eu affaire, et la prise de Bourges se trouve rejetée bien après 714. M. Fauriel se range à ce parti et recule l'événement jusqu'en 731, parce que le deuxième continuateur de Frédégaire et les diverses annales austrasiennes nous disent que Charles, en cette année, ravagea deux fois le pays d'outre-Loire. Mais une supposition gratuite, presque toujours, en entraîne d'autres. M. Fau-