Bouq., III
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n'ait pas été conservé, pour être soumis à l'examen des paléographes. Nous n'en avons que la copie, rapportée par Bernard Guidonis, et d'après lui par Gatel \ puis par le P. Pagi 2. En l'examinant, il est impossible de ne pas soupçonner de fausseté au moins les deux premières lignes. Gomment pouvait-on en 716, en Provence, redouter les Sarrasins, qui ne franchirent les Pyrénées orientales qu'en 718? Gomment pouvait-on, dans un document qui affecte le style officiel, qualifier Eudes de roi en 716, alors qu'il n'obtint ce titre du gouvernement neustrien qu'en 718 au plus tôt? Gomment en Provence, en pays romain, se serait-on mépris au point de l'appeler roi des Francs^ sachant très bien qu'il ne commandait qu'à des Wascons, des Aquitains et des Gallo-Romains? Que Julien de Tolède commette cette confusion (il appelle Lupus un duc franc) ^ nous le concevons sans peine ; c'est un Wisigoth. Et encore y a-t-il chez lui, comme nous l'avons expliqué, plutôt transposition que confusion : les Septimaniens pour lui sont des Gaulois, les Aquitains des Francs, les Austrasiens des Saxons. Mais en pleine Provence des sujets d'Eudes se seraient trompés ainsi! En 716, année où, comme nous le voyons par un diplôme authentique 3, le gouvernement neustrien revendiquait encore ses droits sur Marseille ! G'est absolument impossible.
Ge n'est pas notre affaire de décider si ce document est absolument apocryphe ou si, avec une modification de date, on pourrait finterpréter autrement. Il nous suffit de constater qu'on n'en peut faire ici aucun usage ^
L 77/67. OccU., \). :>2[.