Ibid
Glotaire ait eu pour lui, dans l'armée ennemie, bon nombre de chefs austrasiens, on n'en saurait douter, le texte est formel ; mais les meneurs de la trahison sont des Burgondes, il importe de le remarquer :
\Varnachaire, le maire du palais, est un Burgonde, probablement fils de ce Warnachaire, mort en 599, qui avait été maire du palais de Thierry II ^ ;
Le patrice Aléthée est aussi un Burgonde; il est même de l'ancienne famille des rois de Burgondie et semble avoir visé à la royauté (v. plus loin) ;
Le duc Roccon est du même pays ; le roi Thierry l'avait envoyé en ambassade (607), pour lui chercher une épouse chez les Wisigoths d'Espagne ^.
Enfin Eudelan, duc du pays transjuran ^, appartient au même royaume.
Ainsi, les artisans de la trahison sont tous, moins Sigoald dont nous ne savons rien, des chefs burgondes.
Grâce à leurs intrigues, l'armée de Brunehaut recule sans combattre. Quand Glotaire l'atteint sur la Saône, trois des fils de Thierry sont livrés au roi neustrien, le quatrième disparaît, l'armée austrasienne rentre chez elle sans avoir combattu et la faction de Warnachaire, entraînant avec elle presque toute la noblesse burgonde, « cum reliquis maxime totis proceribus de regno Burgundiœ, » jette le masque; Herpo , comte du pays transjuran, un de ceux auxquels Brunehaut paraissait se fier le plus, l'arrête dans la ville d'Orbe, où dans sa fuite elle était déjà parvenue, et la conduit à Glotaire, alors campé sur la Vingeanne ; on sait le reste.
1. Frédég-., c. 18. Cfr. Bouq., II, 434, note sur un autre Warnacha ira , mort en 622, qui eut des démêlés avec l'abbaye de Luxeuil.