‹ Des origines du premier duché d'AquitaineChapitre 132 sur 158 · Atlas, no · texte numérisé non relu

Atlas, no

NOTKS 225

Il est regrettable que nos historiens modernes aient suivi ici les Bénédictins. M. Henri Martin fait entrer dans le royaume de Caribert « les cités qui avaient composé autrefois la seconde Aquitaine ». Gela implique Angoulême et Poitiers, et n'a d'autre fondement que la charte d'Alaon, sur laquelle pourtant l'historien se déclare édifié. Il y ajoute « Arles et les cantons provençaux qui avaient dépendu de la Neustrie », transcrivant ici presque mot à mot les Bénédictins, et l'on vient de voir sur quelle glose vicieuse repose leur conjecture. — M. G. Dareste dit à son tour que Dagobert céda à son frère <( tout le littoral de l'Océan entre la Loire et les Pyrénées, jusques et y compris le château de Loches ». C'est encore la version de la charte d'Alaon, enjolivée d'un détail emprunté aux événements du viif siècle. Le château de Loches appartenait en effet aux Aquitains en 742 ^ , mais ce n'est pas une raison pour qu'il en ait été ainsi dès 628, cent quatorze ans auparavant.

Faut-il donc s'en tenir strictement aux termes de Frédégaire, à savoir : à gauche de la Garonne, la Wasconie ; à droite, les cinq comtés de Toulouse, Cahors, Agen, Périgueux et Saintes? G'est à ce parti que s'est arrêté le savant et judicieux Spruner. Cependant une découverte numismatique jette ici quelque embarras. On a trouvé des trieris mérovingiens au nom du roi Gharibert, Charibertiis rex, frappés à Bannassac, Bannaciaco fiit^. Bannassac est une localité du Gévaudan, au confluent du Lot et de FUrugne, à 1 kil. de la Ganourgue. Or, nous ne connaissons que deux rois appe-

1. Ann. Einhardi, Ann. Laurissenses ir.ajores, Annales Mettenses, ad ann. 742.

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