Frédég., c. G
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les Austrasiens sur les Pyrénées, ni les hommes de Toulouse sur le Rhin. Seulement, quand le roi prenait part à l'expédition, il amenait avec lui une troupe d'élite, choisie (par le sort?) dans tous les royaumes ^ ; ce n'était pas encore la maison militaire de Gharlemagne, mais c'était déjà quelque chose d'approchant. Ce système était tellement imposé par l'étendue de l'empire franc, par le délabrement croissant des grandes voies de communication, par l'absence de toute solde, etc., qu'on devrait le supposer, alors môme qu'on n'en rencontrerait pas des preuves nombreuses (voy. Roth, Bw., p. 201-202 ; Waitz, II, p. 477-478, et note 1).
Un mot sur les deux chefs qui conduisaient l'avantgarde toulousaine, Abundantius et Venerandus. Dans le récit de Frédégaire, ils ne sont pas qualifiés ; c'est seulement dans les Gesta Dagobcrti qu'ils sont appelés ducs. Nous ne croyons pas qu'ils aient eu droit à ce titre, car Frédégaire, quelques. lignes plus loin, nommant les ambassadeurs que Dagobert envoie à Sisenand,
dit « Amalgarium 6??<cem et Venerandum dirigit »,
quand il lui eût été si facile de dire : « Amalgarium et
Venerandum duces dirigit » Donc, pour Frédégaire,
Venerandus n'est pas un duc. Abundantius non plus, probablement. Nous verrions plutôt, dans ces deux chefs de la milice toulousaine, des comtes.
Note XIV, p. 46.
Toute cette histoire de l'Aquitaine, pendant la pre-
1. Frédég., c. 74 : « Cum exercitu de regno Austrasiorum de Mettis urbe promovens,... scaram de electis viris fortibus de Neuster et Burgundia cum ducibus et grafîonibus seciim liabens ».
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micre moitié du vu" siècle, n'est qu'un roman chez pliiçieurs de nos historiens :
1° D'abord VHistoirc de Languedoc nous parle d'un « duc d'Aquitaine )> appelé Sadragisile, qui aurait vécu sousGlotaire II et Dagobert. Il est, en effet, nommé trois fois dans les G esta Dagoberti * et figure par conséquent dans Reginon 2, dans Aimoin 3, dans Adhémar de Ghabannes *, qui copient les Gcsta^ dans la charte d'Alaon qui les utilise. Il faudrait induire de là que l'Aquitaine aurait été constituée en un seul duché, c'est-à-dire aurait eu une existence administrative distincte, tandis que nous avons établi, au contraire, qu'elle était alors dans la dépendance administrative de laBurgondie. Mais dans quelle mesure faut-il s'en rapporter aux Gcsta Dagoherlil Adrien de Valois, D. Bouquet, etc., rejettent tout leur récit. Sans aller aussi loin, on peut admettre l'existence d'un Sadragisile, duc dans une partie de l'Aquitaine, à titre révocable, comme le furent en même temps et dans les mêmes parages Barontus et Aigina. Au lieu d'un chef de dynastie féodale en Aquitaine avant 628 (c'est ainsi que les Bénédictins envisagent le fait), nous n'avons plus qu'un nom de fonctionnaire, détail assez mince (v. note XXIV) ;
2° Après tout, Sadragisile paraît avoir existé. Mais que dire d'Amandus?M. Fauriel nous entretient pendant seize pages (II, 435-451) d'un chef appelé Amandus, qui aurait été « duc des Wascons dès 6(38 au plus tard w, aurait donné sa fille Ghisèle en mariage au roi Garibert, puis, en 635, se serait mis à la tête de la grande rébellion de l'Aquitaine contre Garibert; M. Fau-
2, 3, 4. Voir, pour ce:^ auteurs, la dissert, de M. RabanLs.
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riel peut môme nous dépeindre le caractère et la politique du chef wascon, « ambitieux et habile, » exploitant le mécontentement des Aquitains (c pour tenter de rétablir le royaume détruit (de Toulouse) » Or M. Ra-
banis, dans sa célèbre dissertation ^ a montré qu'Amandus a probablement été inventé par Aimoin, sur une leçon vicieuse de Frédégaire (Aiginanus, Ainandus, Amandus) ; la charte d'Alaon lui a forgé une généalogie, l'imagination de M. Fauriel a fait le reste. — L'exact Richter ^, induit en erreur par le brillant historien de la Gaule méridionale, admet aussi l'existence « du duc Amandus, beau-père deCaribert;
3° Passons là-dessus ; depuis 1841 on reconnaît que la charte d'Alaon est une imposture et qu'on ne saurait, par conséquent, rien construire sur ses données. M.Henri Martin et ceux qui sont venus après lui le proclament sans hésiter. Mais se sont-ils également défiés d'autres inventions, non moins modernes? Nous allons le voir :
Frédégaire, on s'en souvient, dit simplement que les Wascons envahirent et dévastèrent l'ancien royaume de Garibert : « cum Wascones fortiter rebellarent et multas praedas in regno Francorum quod Gharibertus tenuerat facerent »
M. G. Dareste , le plus récent de nos historiens, ajoute à cela un fait bien grave ^ : « une insurrection ayant éclaté à Poitiers, chez les Aquitains »
Si cela est vrai, il semble que les Aquitains se seraient insurgés de Toulouse à Poitiers et se seraient joints aux Wascons.
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M. Henri Martin est plus explicite encore ^ ;
<c Dagobert reçut la nouvelle d'une violente insurrection outre-Loire Il mit aussitôt sur pied une
puissante armée qui emporta et saccagea Poitiers, qui avait levé l'étendard de la rébellion, comprima les mouvements de l'Aquitaine, etc »
Ici, on saisit encore mieux l'importance du fait allégué : la révolte et le sac de Poitiers supposeraient un vaste soulèvement de la Gaule méridionale, au lieu d'une simple prise d'armes ou de la Wasconie proprement dite ou de la Novempopulana ,
M. Fauriel, où les deux historiens précédents paraissent avoir puisé, raconte les faits comme s'il y avait assisté :
« Au printemps de l'année 636, le duc Amandus passa la Garonne avec une nombreuse armée, résolu de soulever toutes les villes situées le long du fleuve ou dans le voisinage. Son appel et l'apparition des Wascons déterminèrent en Aquitaine une grande insurrection dont les chroniques (!) ne laissent entrevoir les incidents que sur un seul points je veux dire à Poitiers. Mais à juger, comme il y a lieu par ce qui se passa alors dans cette ville, de ce qui dut arriver dans la plupart des autres qui avaient fait comme elle partie du royaume de Garibert, le soulèvement des Aquitains dut être des plus énergiques. En effet, sans considérer qu'ils allaient se trouver les premiers sur le chemin des armées franques, les Poitevins se déclarèrent à
l'unanimité et sans réserve pour le duc Amandus »
Faut-il rappeler que la révolte des Wascons est de 635, non de 636, que Poitiers ne fut jamais à Garibert?