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l'héritage paternel. Cette loi romaine, que les Gesta Dag. se bornent à rappeler, qu'Aimoin énonce en termes précis ((( quœ sanciunt a paterna eos decidere hœreditate debere , qui noluerint interfecti necem vindicare »), existe en effet, en voici le texte exact : «Heeredes, quos necem testatoris inultam omisisse constiterit, fructus integros cogantur reddere ^ ». Ce qui peut surprendre, c'est qu'on l'ait appliquée à des Francs, fils d'un Franc ; mais d'abord Sadragisile était-il franc? D'ailleurs, dit M. Rabanis, « les lois barbares n'étaient pas moins positives à cet égard » que la loi romaine.
Voici un fait qui n'a pas été relevé et qui est analogue au cas de Sadragisile : Grégoire de Tours - nous raconte qu'en 590 Gontran envoya contre les Bretons une armée commandée par les ducs Ebracharius et Beppolenus; le premier, jaloux de son collègue, le laissa volontairement succomber; la campagne, du reste, tourna mal et Ebracharius n'en ramena que des débris d'armée. Les survivants accusèrent Ebracharius auprès de Gontran, qui accabla le coupable de reproches et le bannit de sa présence. Frédégaire, une demi-siècle après, relate la chose à son tour ^ : (( Beppolenus , duc franc, par les intrigues d'Ebracharius, son collègue, est tué par les Bretons; pour cette cause, dans la suite, Ebracharius, dépouillé de ses biens, tomba dans l'extrême pauvreté. » Gela implique déjà, outre le bannissement, la confiscation. Aimoin, trois siècles plus tard, explique la confiscation par une glose ingénieuse ^ : Ebracharius aurait
1. C. L. VI. t. 35. Cfi'. les renvois fournis par M. Rnhanis, p. 43.