‹ Des origines du premier duché d'AquitaineChapitre 145 sur 158 · Greg-. Tur., VII, 3 : VIII, 18: X · texte numérisé non relu

Greg-. Tur., VII, 3 : VIII, 18: X

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322-323 ; Sohm, 14G et 227. Voy. surtout le troisième continuateur de Frédôgaire, ad ann. 736.

Note XXVI, p. 88.

C'est le comte qui, au vu" siècle, convoque les hommes libres aux assises du comté, tenues successivement dans les différentes centenies du pagus; c'est lui qui préside, en règle générale, l'assemblée judiciaire ; qui commande la force armée au service du tribunal ; qui poursuit ou fait poursuivre par le centenier l'exécution des sentences prononcées par l'assemblée sur la proposition des Rachimburgs ; qui nomme et révoque, au nom du roi, les centeniers, etc.. Voy. Waitz, Sohm, Rie h ter.

Note XXVII, p. 92.

En disant « dissolution féodale », avons-nous besoin de faire remarquer que nous prenons ces mots dans leur sens le plus restreint, exclusivement politique ? Nous ne traitons pas ici de l'état des terres et des personnes au vil'' siècle, nous n'envisageons que les rapports des grands fonctionnaires avec le pouvoir central. A ce point de vue, il n'est guère douteux qu'il n'y ait eu au vii^ siècle une espèce de dissolution féodale analogue (sauf les proportions) à celle du ix% mais surtout comparable aux entreprises des cjoiiverneurs entre François I" et Richelieu.

Quant à la féodalité sociale, on sait que Montesquieu et son école en ont cherché les germes dans la Germanie primitive et ont cru pouvoir en suivre à travers la

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période mérovingienne le développement régulier. Ce système , singulièrement ébranlé par Waitz , contesté de tout point par Roth, se trouve définitivement écarté par M. Fustel de Coulanges ^ Mais nous n'avons pas à aborder ce grave et redoutable sujet ; le but de cette note est précisément de bien établir qu'il est absolument étranger à notre thèse, et de définir dans quel sens étroit, spécial, nous parlions de féodalité.

Note XXVIII, p. 92.

M. Drapeyron, dans son remarquable Essai sn7' le caractère de la lutte de V Aquitaine et de V Austrasie (p. 46-48), a constaté que, dans vingt diocèses de l'Aquitaine sur vingt-six, les listes épiscopales publiées par la Gallia Christiana offrent une singulière lacune : dès la fin du vj'' siècle ou la première moitié du vii% elles s'interrompent, pour ne recommencer qu'à la fin du VIII*' ou dans le cours du ix'' ; de plus, ces vingt diocèses sont situés entre la Charente et les Pyrénées. M. Drapeyron pense avec raison que la perte des registres où étaient consignés les noms des évoques ne suffit pas à expliquer un fait si général, qu'il faut admettre une interruption ou un extrême amoindrissement de Tépiscopat dans l'Aquitaine méridionale, et que cette sorte d'éclipsé, qui pour dix-sept diocèses se produit entre 585 et 660, ne saurait être attribuée, comme le veulent les premiers auteurs de la Gallia Christiana, à l'invasion arabe, qui n'apparut qu'en 718 au plus tôt. Il lui assigne d'autres causes, d'une part l'invasion des Wascons

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à demi-païens dans la Novcmpopulana^ de l'autre, la politique défiante des rois francs qui, peu sûrs des prélats aquitains, avaient, dans la plupart des diocèses méridionaux, supprimé ou amoindri, au point de l'annuler, la dignité épiscopale.

L'observation de M. Drapeyron est d'un très grand intérêt, les causes qu'il indique sont fort plausibles. Les Wascons étaient plus qu'à demi-païens; saint Amand, au temps de Dagobert, alla leur prêcher l'Évangile avant de commencer ses missions aux bords de l'Escaut. Il est donc fort probable que l'entrée des Wascons dans la Gaule méridionale au vii"" siècle, si semblable par plusieurs côtés à l'introduction des Francs du v'' dans la partie nord-est de la Gaule (v.,p. 110-H7, nos conjectures là-dessus), lui ressembla encore par ce triste résultat : la disparition du christianisme dans la région envahie. — Quant à l'amoindrissement de l'épiscopat dans certains diocèses par la politique des rois francs (au profit des comtes), on peut voir (p. 99-102 et note XXXII) que notre opinion sur ce sujet se rapproche fort de celle de M. Drapeyron.

Mais nous nous séparons de lui en n'attribuant pas au fait qu'il signale la même portée :

1" Les dates que lui a fournies la Gallia Christiana ne sont pas d'une parfaite exactitude. Pour Aire, l'interruption commence en 630 et non en 620 ; pour Rhodez, elle est nécessairement postérieure à 625, carl'évêque Verus vivait encore en 628 et peut-être en 636 (Pardessus, II, 2, 41). — Pour Angoulême, on ne saurait la faire dater de 620, puisque l'évêque Namatius assistait au concile de Reims, qui se tint en 625 (au plus tôt); enfin, pour Gahors, la date de 652 est légèrement inexacte, car l'évêque Desideriusn'a pu mourir qu'après

653, année de son testament (Pardessus, II, p. 100). Si nous relevons ces légères erreurs de détail, ce n'est pas pour contester la valeur de l'observation (quelques années de plus ou de moins laissent toujours subsister l'énorme lacune), mais pour mettre en garde contre les hypothèses que pourraient suggérer d'apparents synchronismes ;

2° Si l'on admet comme authentiques les actes et les souscriptions du concile tenu dans le diocèse de Bordeaux entre 670 et 673 (v. note XXXVI), il faut reconnaître que, sur dix-huit diocèses dont les listes épiscopales sont déjà interrompues à cette date, treize sont représentés au concile par leurs pasteurs euxmêmes (Bordeaux, Eauze, Périgueux, Béarn, Bazas, Aire, Lectoure, Gomminges, Oloron, Dax, Gonserans, Gahors, Agen). Donc l'interruption des listes épiscopales ne prouve pas, au moins pour ces treize diocèses, la suppression de l'épiscopat. M. Drapeyron ne passe pas ce fait sous silence, mais il y voit « un essai, d'ailleurs infructueux, de reconstitution de l'épiscopat aquitain ». A cette hypothèse (gratuite?) nous préférons de beaucoup l'explication qu'il donne lui-même quelques lignes plus loin : dans la plupart des cités de l'Aquitaine méridionale , l'épiscopat aurait été « singulièrement amoindri » , plutôt que supprimé. Là est, pour nous, la vérité ou du moins la vraisemblance;

3° En tout cas, et même en ne tenant pas compte des souscriptions du concile de Bordeaux, l'épiscopat subsistait, pour la période que nous embrassons dans ce chapitre (de 612 à 670), dans les huit diocèses de Poitou , Berry , Auvergne , Velay , Limousin , Auch> Toulouse et Alby, et il allait se maintenir sans inter^ ruption dans les six premiers ; or les cinq diocèses

NOTKS Zoo

de Poitou, Berry, Auvergne, Velay, Limousin appartiennent à la région voisine de la Loire, où l'élément gallo-romain se conservait sans mélange, où les conquérants wasco-aqui tains n'ont pénétré qu'en dernier lieu; de plus, les cités de Poitiers, Bourges, Glermont, Limoges comptaient parmi les plus considérables de l'Aquitaine et l'on peut présumer que la vacance ou plutôt l'amoindrissement des petits sièges épiscopaux n'avait pu que rehausser l'importance des grands sièges qui leur survivaient. Ces deux remarques suffisent pour que nous puissions, dans les considérations générales qui vont suivre, négliger le fait signalé par M. Drapeyron, si intéressant qu'il soit en lui-même. Au lieu d'appliquer aux vingt-six diocèses de l'Aquitaine ce que nous allons dire des évêques et de leur puissance, il suffira de l'entendre des grands sièges qui subsistaient, et particulièrement des diocèses de la région la plus voisine de la Loire.

Note XXIX, p. 98.

Voici quelques détails complémentaires sur les deux faits relatifs au Poitou et au Berry que nous mentionnons plus loin :

l*" Poitou, — « liex Dagobertus Francorum reipublicœ princeps, cum multis et variis bellorum eventibus premeretur, de cœnobiis sanctorum multa abstulit, quœ suis militibus partitus est. Hcïic autem, ut prijesumeret, persuasus est Gentulfi consilio , qui erat princeps aulicus nimis callidus et suasioni idoneus* Cum rex jussisset consilii. ipse exsecutor foret, cœpit

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facultates sanctorum locorum inquirere, et médias

tabulis fiscorum regalium inscribere » Gentulfe

vint lui-même appliquer la loi spoliatrice au monastère de Vertou, dans le diocèse de Poitiers (sur la Sèvre Nantaise, à 9 kil. de Nantes), et les moines ne protestèrent point, « quia his solis censura hœc non processerat ». La chose faite, Gentulfe conseillait encore au roi de prendre aux religieux la moitié de la moitié qui leur restait. Il ne fut pas écouté cette fois^ mais il résulte du texte fort net qu'on vient de lire ^ que nous rencontrons déjà sous Dagobert, en Aquitaine, cette institution des précaires royaux dont Charles- Martel et ses successeurs tireront tant de ressources. Nous ne pensons pas, du reste, que la mesure ait duré ;

2© Berry. — Le diable inspire à Dagobert, nous dit un religieux de Bourges ^, « ut Bituricam plebem cum

Ecclesiœ sacerdotibus nefando censu conscribat »

Mais Tévêque Sulpicius proteste avec tant d'éclat, menaçant Dagobert de la colère divine, lui prédisant « une mort subite », que le roi, qui tenait à vivre, recule : « Insuetus abolitur census, descriptio rescinditur impia »

En somme, Frédégaire et divers hagiographes reprochent à Dagobert d'avoir dépouillé les églises; les moines de Saint-Denis, au contraire, exaltent sa générosité. Un petit fait rapporté par Aimoin (IV, 20), et que nous avons déjà cité ailleurs, explique et symbo-

1. Ex miraculis S. Martini, abbatis Vertavensis, auctore anonymo Vertavensi monacho, ap. Bouq., III, 517.

2. Ex vitâ S. Sulpicii, episcopi Biluiicensis, auctore monacho Sulpiciano anonymo, fere coeevo, ap. Bouq.,111, 509-511.

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lise à merveille, selon nous, les rapports du roi franc avec les églises de son empire : il prend les portes d'airain de Saint-Hilaire de Poitiers pour les donner à la basilique de Saint-Denis, autrement dit il rançonne le clergé en général, pour enrichir trois ou quatre églises préférées, dont il comptait peut-être faire des instruments de règne. Rappelons-nous la célèbre vision rapportée par les Gesta Dagoberti (c. 44) et reproduite par la sculpture du moyen-âge : un pieux solitaire, dans une île de la Méditerranée, aperçoit Dagobert, les mains liées, dans une barque, en pleine mer, fouetté de verges par les esprits malins, qui l'entraînent vers l'enfer. Mais saint Denis, saint Maurice et saint Martin accourent et le délivrent. — M. Drapeyron (De Burgundix Historia^ p. 115) a fort bien remarqué le langage contradictoire des écrivains ecclésiastiques au sujet de Dagobert, et ill'explique en partie comme nous.

Toutefois, si nous croyons que Dagobert rançonna en général les églises de son royaume, et de préférence les églises de l'Aquitaine, — si nous en induisons que celles-ci devaient être une proie particulièrement riche, — nous ne saurions souscrire à une opinion émise par M. Drapeyron à la page 52 de son Essai sur la lutte de r Aquitaine et de l'Austrasie : « Le vi'^ siècle, dit-il, avait vu le partage de l'Aquitaine entre les rois francs; le vii^ vit une chose plus extraordinaire et qu'on n'a pas encore signalée, le partage de l'Aquitaine entre les évêques de la Neustrie et de l'Austrasie ». M. Drapeyron ne cite, à l'appui de cette assertion, que quatre exemples, qui ne nous paraissent pas concluants :

r Dagobert donne à l'abbaye de Saint-Denis les

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biens des enfants de Sadragisile [Gesta Dagob.^ c. 35);

2° Il donne à la même abbaye cent sous d'or annuels sur la douane de Marseille;

3° L'église de Reims, au témoignage de Flodoard (ch. xi), outre ses biens de Champagne, d'Austrasie, de Neustrie, de Burgondie, avait aussi des possessions à Marseille, en Rouergue, en Gévaudan, Auvergne, Touraine, Poitou, Limousin;

4° L'auteur anonyme de la vie de Pépin de Landen ^ (un moine de Metz, probablement) dit que la femme de ce seigneur, Itta, était originaire d'Aquitaine et qu'elle légua ses biens « à notre église », c'est-àdire à l'église de Metz ou, en tout cas, à une église austrasienne.

Les deux premiers exemples prouvent peu, car on connaît et nous avons signalé déjà la prédilection de Dagobert pour Téglise de Saint-Denis. S'il lui donne des domaines considérables dans le midi, il lui en donne de non moins importants dans les territoires de Paris, de Meaux, d'Orléans, plus un tribut annuel de cent vaches fournies par le duché du Mans (Gesta Dag., c. 37).

Le troisième exemple, celui de l'église de Reims, n'est pas plus décisif, puisque les domaines que cette église possédait hors de son diocèse étaient situés, non pas seulement au sud de la Loire, mais encore en Burgondie, en Austrasie, etc. Pour que la conjecture de M. Drapeyron pût être admise, il faudrait que les église enrichies par Dagobert ou ses successeurs n'eussent reçu que des donations sises en Aquitaine ;

1. Ap. Bouq., II, 606-607; — cfr. Sigebert de Gembloux, ad ann. 650.

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sinon, après avoir conclu au « partage de l'Aquitaine entre les églises franques », il faudrait conclure aussi au partage de la Burgondie, de la Neustrie , etc. Dans la réalité, les églises ou les abbayes que les rois francs protégeaient particulièrement (et qui ressemblent déjà aux abbayes royales de l'époque carolingienne) reçurent, soit sur les biens de la couronne, soit sur les confiscations, des domaines situés dans toutes les parties de la Gaule ; seulement, nous le reconnaissons, il ne semble pas que les églises d'Aquitaine, que les rois francs n'avaient aucune raison de favoriser, aient jamais bénéficié de ces libéralités.

Enfin le quatrième exemple n'a rien à voir ici : il est tout naturel que Pépin de Landen , dont nous avons montré les relations avec le royaume de Toulouse (p. 37-38, 54), ait épousé une riche héritière d'Aquitaine (Ghildéric le Saxon, au yf siècle, en avait fait autant) et que cette princesse, en prenant le voile dans un couvent d'Austrasie après la mort de son époux, ait légué ses domaines à une église de son pays d'adoption. Il n'y a rien à conclure d'un fait aussi simple.

Note XXX, p. 99.

Les évêques avaient d'ailleurs, outre les richesses de leurs églises, leurs biens particuliers. Un diplôme de Thierry III, déjà cité par nous, permet à Ghramlin, évoque d'Embrun, déposé dans un synode qu'a présidé le roi, de conserver sa fortune personnelle (Pardessus, II, 178-180). — Cfr. Roth, Bw., 246-276, livre III, ch. iv, vom Kirchengut, passim.

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