‹ Des origines du premier duché d'AquitaineChapitre 151 sur 158 · T. IL Preuves, col · texte numérisé non relu

T. IL Preuves, col

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et y aura ajouté les actes du concile de Bordeaux, puisés à quelque autre source.

En résumé, nous ne prétendons pas proclamer authentique un document que nous n'avons pas eu entre les mains. Nous estimons seulement que les raisons pour lesquelles on voudrait le rejeter ne nous semblent pas fondées.

Les souscriptions de ce concile, s'il est authentique, n'infirment pas l'intéressante remarque de M. Drapeyron (l'éclipsé de l'épiscopat en Aquitaine, au vii^ siècle, dans vingt diocèses sur vingt-six), mais en précisent la portée : sur ces vingt diocèses où l'épiscopat semble avoir disparu, en voilà treize, — Bordeaux, Eauze, Périgueux, Béarn, Bazas, Aire, Lectoure, Gomminges, Oloron, Dax, Conserans, Gahors, Agen — qui sont représentés au concile de Bordeaux par leurs évoques! Il faudrait donc^ jusqu'à plus amples informations, se borner (comme nous l'avons déjà dit) à conclure de l'interruption des listes épiscopales, non que l'épiscopat aurait été supprimé, mais qu'il aurait été « singulièrement amoindri » . C'est l'expression même dont se sert M. Drapeyron à la page 48 de son Essai (ailleurs il parle de suppression), — c'est le mot juste, il nous semble. Nous ne croyons pas errer en attribuant cet amoindrissement à la prépondérance des chefs laïques dans certaines cités, résultat inévitable des mesures révolutionnaires prises en 585 contre l'épiscopat aquitain (v. p. 100, cfr. note XXXII). Des deux pouvoirs en lutte, laïque et ecclésiastique, l'un finissait par primer l'autre : à Glermont, c'était l'évêque qui annulait le comte ; à Dax ou à Bordeaux, c'était le comte qui annulait l'évêque.

Enfin on peut se demander pourquoi huit diocèses de l'Aquitaine, — Saintes, Angoulême, Poitiers, Auver-

gne, Velay, Gcvaudan, Rhodez, Bigorre, — ne sont pas représentés au concile. Nous ne savons. Ce qui est surprenant, dans l'état de désagrégation où était alors la Gaule méridionale , c'est assurément , non pas que huit évoques aquitains aient manqué au concile de Bordeaux, mais que dix-sept y aient assisté.

Note complémentaire.

Le Catalogue (jénéral des manuscrits des bibliothèques publiques des départements (t. 1, Paris, 1849. Imprimerie nationale) donne de ce manuscrit la description suivante (p. 481-482) :

« Ce manuscrit provient du chapitre de la cathédrale d'Alby. L'écriture est une minuscule Caroline un peu altérée. Vers la fin, elle est un peu plus grosse qu'au commencement. Les rubriques sont en onciales de différentes couleurs. On lit ce qui suit au septième feuillet à compter de la fin : « Explicit liber canonum.

Amen. Ego Perpetuus, etc » (suit le texte de la

note, comme ci-dessus, p. 263). Après ce recueil, viennent quelques canons de conciles d'Aquitaine : « Inci-

pit synodus Epacnensis ^ Canon Burdigalensis

Canon Latunensis ~ » Ce manuscrit, que, d'après

la note précédente, on a cru authentique et de la fin du vii° siècle, n'est évidemment qu'une copie plus

1. Sic. 11 faut lire sans doute Epaonensis. Mais Epaoïia n'est pas en Aquitaine.

moderne. Il y avait à la fin du volume une autre note qui a été grattée et où probablement se trouvait indiquée la véritable date de cette copie »

Cette description laisse subsister dans toute sa force l'explication que nous avons donnée plus haut : le prêtre Perpetuus, en 663 ou 664, a écrit de sa main un recueil de canons, et y a ajouté la note finale que Ton sait. Au ix^ siècle, un autre copiste aura transcrit le recueil de Perpetuus, y compris la note finale, et y aura adjoint les actes de divers conciles, entre autres celui de Bordeaux, postérieurs à la compilation de Perpetuus ; c'est ce dernier manuscrit que nous possédons.

Note XXXVII, p. 127.

Parmi les recrues qu'enrôla Lupus ou du moins parmi les auxiliaires barbares qui assistèrent les Septimaniens et qui semblent avoir été fournis par Lupus (Bouq., II, 709), nous trouvons, non sans quelque surprise, des Saxons {ibid., 715). Ce détail singulier peut s'expliquer de deux manières :

1° L'historien de Wamba, Julien de Tolède, sait fort bien ce dont il parle, mais il a sa géographie particulière : pour lui, les Septimaniens sont des Gaulois ; les Aquitains , des Francs ; en poursuivant cette espèce de transposition, les Francs austrasiens (et il pouvait, parmi les défenseurs de Nîmes, s'en trouver quelques-uns, venus de la Provence austrasienne ou de l'Auvergne^ auraient été pour lui des hommes d'outre- Rhin, des Saxons;

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2° Mais il n'est pas non plus impossible que des bandes de Saxons, introduites par la conquête franque en Aquitaine, aient passé sous les drapeaux du hardi

duc de Toulouse {« vagi adhœserunt, » v. p. 119)

et de là en Septimanie. En 674, un an après ce siège de Nîmes où nous voyons figurer des Saxons, c'est un homme de cette race, Radbert, qui, en pleine Auvergne, assassine l'évêque Prœjectus.

Note XXXVIII, p. 129.

A travers les Gévennes, des Pyrénées aux sources du Gard (c'est-à-dire entre la Septimanie et l'Aquitaine), la carte de Peutinger ^ ne nous montre que deux routes :

1° Celle qui allait de Narbonne à Toulouse, par Garcassonne (col de Naurouse) ; c'était assurément la plus importante et la plus suivie;

2° Gelle qui se détachait de l'antique via Domitia à Saint-Thibéry (Gessero), pour remonter d'abord la rive droite de l'Hérault, puis gagner Lodève, traverser le plateau de Larzac et atteindre Rhodez. Cette route fut plus d'une fois suivie par les armées :

C'est par là probablement que les Goths durent déboucher lorsque, entre 511 et 515, ils reprirent Rhodez sur les Francs (Grég. de Tours, III, 2; Vitœ Patrum, IV, 1).

Lorsqu'en 533, les fils de Thierry et de Glotaire, Théodebert et Gonthaire, assaillirent la Septimanie, c'est

1. V. Desjai'dins, Géogr. de la Gaule d'après la Table de Peutinger, carte de ^redressement.

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également par cette voie qu'ils se présentèrent ; Gonchaire, parvenu à Rhodez , rebroussa chemin; mais Théodebert, poursuivant sa route, alla prendre Lodève, enleva les châteaux de Dio et de Gabrières qui, situés dans la montagne, à l'est de la route, devaient le gêner fort, et arriva jusque devant Béziers ; Rhodez, Lodève, Béziers, avec ces trois étapes la route est toute tracée : c'est la voie romaine de Rhodez à Saint-Thibéry à travers le Larzac, puis la via Domitia.

En étudiant les témoignages très confus, parfois très suspects, qui existent çà et là sur les invasions arabes en France, on ne peut guère douter cependant que le Rouergue n'ait été envahi par les Arabes à une époque où ils étaient maîtres de la Septimanie, mais non de Toulouse (probablement en 725 ; V. Le Gointe, A7m, Eccles. ad ann. 623; baron de Gaujal, Essais historiques sur le Rouergue, I, 170; Reinaud, Hist. des invasions arabes, p. 23; Ermoldus Nigellus, chant l^""; Gallia Christiana, I, 236). Or, on ne voit guère qu'ils aient pu pénétrer de Septimanie en Rouergue par une autre route que celle-là, qui menait tout droit des bords de l'Hérault aux bords du Tarn.

Un détail prouve que cette route, à l'époque chrétienne, n'avait pas cessé d'être fréquentée : on trouve sur son parcours, au milieu du plateau de Larzac, une localité appelée Hospitalet. M. Guigue a montré la valeur de ce genre d'indications : les hôpitaux du moyen âge, fondés pour abriter les voyageurs pauvres, étaient situés sur les voies romaines et en rélèvent le tracé.

Enfin nous ne connaissons, à travers cette partie des Gévennes qui confine à la Septimanie, aucun vestige d'autre voie romaine.

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Note XXXIX, p. 153.

Quelques détails de la conquête de la vallée du Rhône par Charles-Martel, entre 733 et 739, semblent apporter ici un peu de clarté :

Campagne de 733 : « Egregius bellator Carlus

princeps regionem Burgundiee sagaciter penetravit,... pace patrata Lugdunum Galliœ suis fidelibus tradidit. Firmata fœdera judiciaria (alias induciaria), reversus est Victor... ^ »

Ainsi, dans cette campagne, où Charles semble avoir atteint la Durance, mais ne l'avoir pas dépassée, la prise de possession de Lyon paraît impliquer, pour le chroniqueur, la soumission de toute la basse Burgondie. Lyon était donc, dans une mesure que nous ne pouvons déterminer, un centre administratif, un chef-lieu...

Campagnede 736 : «... Sagacissimus vir Carolus dux, commoto exercitu, ad partes Burgundiee dirigit, Lugdunum Galliae urbem, majores natu atque praefectos ejusdem provincise suœ ditioni reipublicœ subjugavit, usque Massiliensem urbem vel Arelatum suis judicibus constituit, cum magnis thesauris et muneribusin Francorum regum remeavit. . . ^ » .

Selon nous, cette campagne doit se confondre avec la précédente et c'est à tort que les chronographes l'ont inscrite sous la date de 736. Mais nous nous écarterions trop de notre sujet en donnant ici les motifs de cette conjecture, tenons-nous-en à l'opinion commune qui

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