V. ci-dessus, p. 45-48; Frédég-., c. T
la royauté franque au profit des pouvoirs locaux ; parce que l'élément franc, qui aurait pu surveiller et gêner les fonctionnaires peu dociles, y existait à peine. Après tout, aux bords de la Seine ou de la Meuse, alors même que le pouvoir souverain chancelait ou succombait, la race franque subsistait, avec sa puissance territoriale, ses mœurs, ses institutions sociales, son génie particulier; aux bords de la Garonne, pour peu que les Mérovingiens n'y fussent plus obéis, que restait-il? Aussi est-ce là tout d'abord que les ducs essayèrent ou de se rendre indépendants ou de se perpétuer dans leurs commandements. Rien ne pouvait mieux favoriser ces tentatives que la discorde entre les rois, la guerre civile entre les deux grands États francs du nord ; dès la première lutte un peu longue entre les successeurs de Glotaire I" (573-585), apparaissent au sud de la Loire des chefs qui ressemblent plus à de petits tyrans, cantonnés chez eux, qu'à d'obéissants fonctionnaires : le plus connu est ce Desiderius qui, de 576 à 588, remplit l'Aquitaine de sa turbulence, de son ambition, de ses trahisons audacieuses. Ainsi les guerres civiles entre les Francs n'amenaient pas seulement, comme nous l'avons remarqué ailleurs (p. 23), un affaiblissement marqué aux extrémités de leur empire, un recul de leurs frontières ; elles avaient, au dedans, un résultat non moins funeste : dans ces provinces du midi où l'immigration germanique n'était pas venue consolider la conquête, elles permettaient aux grands fonctionnaires d'agir en maîtres, pour leur compte, et préparaient la dissolution de l'Empire en relâchant le lien administratif, le seul qui existât. Cette dissolution, manifeste vers 584, à la suite des atroces luttes de Ghilpéric contre ses frères, eût été complète, définitive, si Gondowaid l'eût emporté, car.
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assurément, les ducs qui portaient au pavois cet aventurier ne le faisaient roi que pour être rois eux-mêmes. Elle fut conjurée par la ruine de Gondowald et de ses complices, par l'administration de Gontran, active, violente, prévoyante à sa façon. Ghildebert II et Brunehaut eurent la même vigilance. L'unité de l'empire rétablie par Glotaire II, la paix qui régna dans les Gaules sous ce prince et sous Dagobert retardèrent ou du moins dissimulèrent la désorganisation; mais elle ne s'arrêta pas; la royauté n'eut plus seulement, comme au vi^ siècle, à réprimer dans le midi des tentatives d'insubordination favorisées par l'éloignement et le désordre des guerres civiles; elle dut, au vn% abdiquer les uns après les autres ses droits les plus essentiels, livrer par des traités formels l'administration à l'aristocratie. Nous pouvons constater au moins quatre concessions successives de ce genre ; nous allons les rappeler, en examinant quelles suites elles ont eues dans le midi de la Gaule :
1" Dès 613, Warnachaire, maire du palais en Burgondie, fait jurer à Glotaire II, qui lui doit l'empire, de ne jamais le déposséder de sa charge ^ Ainsi, voilà un maire du palais viager, presque un roi. « Le maire du palais en Burgondie, après la réunion de ce pays à la Neustrie (c'est-à-dire après 613), eut formellement la situation d'un vice-roi (statthalter) », dit M. Roth ^ ; — « Burgundiee vere rex suffectus est [Warnacharius] », écrit aussi M. Drapeyron ^; — «lorsque la Burgondie fut réunie à la Neustrie, le maire du palais y fut