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ans (613-626), avait vu s'accomplir les deux phénomènes qui caractérisent la longue lutte engagée au vil" siècle, dans tout l'empire franc, par l'aristocratie contre la royauté : on avait d'abord affaibli la royauté au profit de la mairie, puis supprimé la mairie au profit des grands ; le pouvoir central, vaincu sous deux formes, laissait le champ libre à l'anarchie.
Le peu que nous savons des ducs de l'Aquitaine à cette époque, sous Glotaire II etDagobert, est conforme à ces prémisses : ils n'obéissent que quand il leur plaît. Ne comptons parmi ces ducs ni Boggis ni Bertrand, qui appartiennent moins à l'histoire qu'à la légende, à la « mythologie chrétienne », comme dit M. Rabanis ^ ; mais on ne peut guère douter de l'existence d'un seigneur appelé Sadragisile, duc autrement dit gouverneur d'une partie de l'Aquitaine (Limousin ou Poitou) et visant à l'indépendance (v. note XXIV). L'histoire d'Aigina, que nous connaissons un peu mieux, est plus caractéristique, nous n'avons qu'à en rappeler les principaux traits : en 626, il commande, avec le titre de duc, aux bords de la Garonne (à Bordeaux probablement), surveille les Wascons et fait exiler l'évêque d'Helosa qui conspire pour eux ; c'est d'un fidèle fonctionnaire, mais plus fidèle qu'obéissant, car l'année suivante, au plaid de Glichy, sous les yeux du roi Glotaire, il laisse ou fait massacrer par ses serviteurs un de ses rivaux, d'où résulte une sanglante sédition -. Nous ne savons ce qu'il devient pendant la courte royauté de Garibert, mais en 635 nous le retrouvons conduisant un des corps de cette grande armée burgondo-aquitaine que Dagobert