Frédég., c
précipite sur la Wasconie révoltée et menaçante; puis, quand les Wascons écrasés se décident à implorer la clémence du vainqueur, c'est encore Aigina qui les conduit au palais de Glichy et négocie leur pardon (636). Cette turbulence, cette initiative, sous des rois puissants, nous présagent ce que les successeurs d'Aigina pourront faire plus tard sous des rois qui ne sauront pas régner. Le rôle du duc Barontus n^est pas moins curieux : nous le trouvons en 630, à la mort du roi Garibert, duc aux environs de Toulouse ou à Toulouse même; c'est à lui qu'échoit l'honorable mission d'amener en Neustrie les trésors du monarque défunt et on se rappelle comment il s'acquitta de cette tâche : d'accord avec les trésoriers, il dilapida le dépôt remis à sa foi. Fut-il destitué pour cet acte de brigandage? Pas pour longtemps, du moins, car il reparaît en 63o, avec le titre de duc, à la tête d'un corps d'armée, par conséquent toujours en charge, lors de la grande expédition de Wasconie. Voilà un fonctionnaire encore moins sûr qu' Aigina! s'il faut en croire un document manuscrit cité par Hauteserre ', Barontus aurait été fils a d'un certain Berald, jadis duc d'Aquitaine » , lisez duc (?n Aquitaine. Ce petit détail, s'il est authentique, nous explique le sans-gêne de son procédé ; il est déjà duc héréditaire et se persuade aisément que les trésors de Toulouse sont à lui.
Ainsi les grands fonctionnaires de l'Aquitaine, dans le premier tiers du vu® siècle, sont aussi insubordonnés que leurs prédécesseurs du vi% alors que la réunion de tout l'empire franc sous un seul chef aurait dû les plier à une discipline plus sévère. Dans des conditions meil-