‹ Des origines du premier duché d'AquitaineChapitre 44 sur 158 · II j 110 ; Via manuscrite de saint Vincentiamis · texte numérisé non relu

II j 110 ; Via manuscrite de saint Vincentiamis

PREMIÈRE SECTION 87

leures, le pouvoir central ne progresse pas ; donc il recule.

Du reste, cette unité de gouvernement, dont les rois francs paraissent avoir peu profite, fut bientôt détruite par le partage de 638, qui donna deux souverains à l'Aquitaine, et par cela seul rendit plus précaire encore la fidélité de ses gouverneurs.

Autre remarque : non seulement nos ducs aquitains du vii^ siècle manquent au souverain, mais encore ils le font impunément : après avoir, l'un tué sous les yeux du roi, l'autre volé le trésor, ils restent ou rentrent vite en charge. Cinquante ans plus tôt, quand on avait offensé Ghilpéric ou Contran, on finissait mal (Leudastes, Contran Boson, etc.).

Mais laissons les faits, qui peuvent après tout n'être que des accidents peu concluants, pour revenir aux contrats réguliers par lesquels la royauté se dépouilla au profit de l'aristocratie. Nous venons de voir le premier; voici les autres :

2" Le roi avait le droit, au vi'' siècle, de nommer et de déposer le comte, \^ judex ^ Il pouvait même mettre dans cet emploi des hommes non-libres, pris dans sa truste (« quod si puer regius ad eum gradum accesserit», loi des Ripuaires, 33, 2); Leudastes, un de ces puer regius, devint comte de Tours -. La Constitution publiée par Clotaire II en 615 pour promulguer les résolutions de l'assemblée de 614 imposa à ce droit, absolu jusque-là, une restriction très grave : « ut nullus judex de aliis provinciis aut regionibus in alla loca

1. Waitz, II, 333-334. V. la formule d'installation dans Rozières. 7 ; Marculfe, 1,8. —V. note XXV.

Page 1