‹ Des origines du premier duché d'AquitaineChapitre 46 sur 158 · Frédég., c · texte numérisé non relu

Frédég., c

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ment colles de 015 : pour ne parler que des ducs (nous traiterons plus tard ce qui concerne les évoques), nous voyons qu'on ne se lia pas envers eux par de simples serments; il y eut une charte écrite (epistola) , une constitution comme celle de Glotaire IL On leur garantit pour toujours, c'est-à-dire au moins pour leur vie ^ (( le maintien de leurs honneurs et de leurs dignités, » ce qui désigne évidemment non pas les terres de la couronne qu'ils pouvaient posséder, soit à titre d'usufruit (c'était l'exception), soit en pleine propriété (c'était la règle ^), mais les charges publiques, les gouvernements. Si l'on considère que la moitié de l'Aquitaine était encore, à cette date, comprise dans le royaume de Burgondie, on mesurera les conséquences de ce pacte dans la Gaule méridionale : d'un seul coup, pour une génération au moins, une aristocratie de grands fonctionnaires inamovibles se trouvait constituée. Qu'on nous permette un rapprochement bien moderne (mais en tout temps les mêmes causes produisent les mômes effets) : quand Marie de Médicis, aux premiers jours de sa régence, promit aux gouverneurs des provinces « la survivance de leurs gouvernements pour leurs héritiers ^, » — elle allait encore plus loin que Nantechilde, — ce fatal compromis produisit quatorze ans de troubles et de révoltes, il fallut Richelieu pour réparer le mal; au vu' siècle, quand Ébroïn parut, il était trop tard. 4° Arrivons tout de suite à Ébroïn. Lorsqu'en 670 il imagine de proclamer Thierry III, sans convoquer l'as-

1. Au vie siècle, « les ducs et comtes n'étaient nommés que pour un temps déterminé. » Fustel de Coulanges, p. 499.

2. Cfr. Waitz, II, 213; Roth, Bw., p. 110. 203-209; Feudalitset, p. 38, 50, etc.

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