‹ Des origines du premier duché d'AquitaineChapitre 54 sur 158 · Bouq., IL · texte numérisé non relu

Bouq., IL

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essaya-t-cll(3 plus d'une tbis do réagir. Dès le vi'' siècle, les fils de Glotaire P'" avaient eu recours à un moyen violent; ils avaient placé systématiquement des fonctionnaires laïques sur les sièges épiscopaux, transformé sans plus de façons leurs comtes en évoques ^ Les exemples abondent, précisément en Aquitaine, après la révolte de Gondowald (v. note XXXII). D'ailleurs, un mot de Grégoire de Tours dit tout : « Au temps de Ghilperic, peu de clercs obtinrent l'épiscopat, in cujus tempore pauci quodammodo episcopatum clerici meruerunt ^. » Rien n'était plus expressément interdit par les conciles ^, mais toute la science politique des rois barbares allait à guérir un mal par un autre. Le fils de Frédégonde ne put continuer ces pratiques; il devait trop aux évoques. Mais ses successeurs ne s'aveuglèrent pas sur le danger; c'est le plus pieux des rois francs, un Mérovingien qu'on a canonisé, Sigebert II d'Austrasie, qui interdit aux évoques de son royaume de se rassembler sans sa permission , « sine nostra scientia synodale concilium in regno nostro non agatur ^, » et, notons-le, c'est à un évêque aquitain, Desiderius de Gahors, que la défense est adressée. Gomment expliquer cette défiance des rois francs du vii° siècle vis-à-vis des conciles (quand les rois du vj" les convoquaient ou les laissaient se réunir à tout propos), sinon parce que, plus les attributions séculières des évoques

1. V. Dmpeyroii, p. lô et passioi; WciiU, II, 351; Roth, B\v., 2Q8, et surtout Grég-. de Tours, j^a^^/^n.

2. VI, 46. — CtV. VIII, 20 : « Co^^àtabat (LTUutclirauiuus) muUo:> episcopos exsilio detrudere. »

3. Greg-. Tur., VI, 15, ap. Bouq., II, 275, qui cite en note les conciles où cette défense avait été portée. Cfr. Waitz, II, p. 352, n. 2.

4. Bouq., IV, 47.— Cfr. RicUter, ad ann. 014; Pardessus, 11,^ S2.

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allaient croissant, plus il y avait de péril à leur permettre de délibérer ensemble, en dehors et si loin de l'autorité royale?

La dévote reine Bathilde, qui nourrissait les pauvres, rachetait les esclaves, bâtissait des monastères, fait tuer ?ieu f évèques en /mit ans de gouvernement \ preuve éclatante que, plus les évoques devenaient puissants, plus ils étaient indociles, et que le pouvoir central pour s'en faire obéir devait frapper sans pitié. Cette reine habile, qui nous rappelle Brunehaut (moins les vices) , n'hésite pas à revenir aux traditions despotiques du vi'' siècle : c'est pendant son gouvernement surtout que nous rencontrons encore, malgré les conciles, maint évoque pris en dehors du diocèse, désigné par le roi, choisi par lui ou dans un de ces grands monastères du nord qui devaient trop à la royauté franque pour ne la pas servir (Erembert, moine de Fontenelle, ?iomi7ié é\êque de Toulouse en Qljl) ou dans sa propre chapelle. Quand Bathilde etEbroïn, en 658, font tuer l'archevêque de Lyon Dalfinus, c'est le propre aumônier de Bathilde, ancien archichapelain de Clovis II % Genesius, qu'ils placent sur ce grand siège, au centre de la Burgondie. Vains efforts! Les évêques venus du dehors, au lieu de servir le pouvoir central qui les envoyait et comptait sur eux, épousèrent les intérêts locaux avec autant d'ardeur que s'ils eussent été du pays, — sans doute pour mieux se faire accepter; Genesius en est précisément un exemple. Nous verrons encore Ebroïn, au plus fort de sa lutte contre l'aristocratie laïque et ecclésiastique, reprendre les pi-^

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