Bouq., II. G1.3, GI
100 lA\nE DKTXTf-AIE
cours du vu'' siècle, c'est autre chose : les prélats ont mis la main sur le sceptre et l'épée, ils sont évêques et comtes en môme temps. Funeste confusion, dangereuse pour l'Evangile, menaçante pourle pouvoir central. Nous pouvons le dire à peu près sûrement, — depuis les faibles successeurs de Dagobert jusqu'à Charles-Martel, « qui Tyrannos per totam Franciam dominatum sibi vindicantes oppressit » ^ — partout où nous ne voyons prévaloir ni le pouvoir central, ni un chef connu, c'est l'éveque qui commande. « L'éveque du vu/' siècle, dit M. Roth '^, est le précurseur naturel du souverain ecclésiastique du XI^))
Pour rassembler les faits qui attestent cette substitution du pouvoir ecclésiastique au pouvoir laïque en un grand nombre de cités, nous avons dû parcourir tout le VM° siècle et dépasser la date de 670 à laquelle, en considérant les progrès de la dissolution féodale, nous nous étions arrêtés plus haut (p. 92). Mais on nous accordera sans doute que si cette révolution n'était pas complète en 670, elle devait être déjà bien avancée : cela suffit pour estimer qu'elle avait dû produire dès lors une grande part de ses effets.
De plus, nous avons dû chercher quelques uns de nos exemples en dehors de l'Aquitaine. Mais comme nous ne les avons pris, sauf deux ou trois exceptions, que dans la Burgondie, région placée à peu près dans les mômes conditions que l'Aquitaine, nous avons pu conclure de l'une à l'autre, par une légitime analogie.
Gela admis, nous sommes en droit de dire que les prélats aquitains, après avoir usurpé les pouvoirs poli-