Bw., p
PH!:vilKi;F. SCC'llOX 10/
tiques, se trouvèrent aussi indépendaiiLs, eu lace du pouvoir central, que leurs rivaux, les grands fonctionnaires laïques, après avoir conquis l'inamovibilité. Telle cité obéissait à son comte, telle autre à son évoque, mais dans l'une comme dans l'autre l'administration royale, c'est-à-dire la dépendance et la responsabilité du délégué vis-à-vis du souverain, n'existait plus. Or, répétons-le, c'était le seul lien véritable qui rattachât l'Aquitaine à la France du nord. Du jour où ce lien sans cesse usé se rompit silencieusement, — et nous croyons que vers 670 ou 673 ce jour était bien proche, s'il n'était arrivé déjà, — la séparation se fit d'elle-même ; l'Aquitaine resta maîtresse de son sort, sous des chefs que tout (leur origine, leur situation, leur ambition) conviait à épouser les intérêts locaux, à s'isoler et du pouvoir central et même les uns des autres; elle ne fut plus dès lors, en attendant les Wascons, qu'une juxtaposition de cités étrangères entre elles, les plus rapprochées de la Loire conservant avec la royauté franque des rapports nominaux jusqu'à la fin du siècle, les autres ne la connaissant même plus. On voit que cette désorganisation, administrative d'abord, puis inévitablement politique, précéda, facilita l'éclosion nationale qui nous reste à étudier, et n'en fut pas la conséquence.