‹ Des origines du premier duché d'AquitaineChapitre 61 sur 158 · L'ÉTAT DE TOULOUSE · texte numérisé non relu

L'ÉTAT DE TOULOUSE

H- — Félix.

Si l'ambition de fonder un État dans la Gaule méridionale dût naître quelque part, — au moment où l'impuissance des rois et surtout les progrès de la désorganisation administrative rendaient les cités du midi à cet isolement municipal que plusieurs avaient déjà connu au cours du v*" siècle, — c'est assurément à Toulouse, dans l'ancienne capitale des rois Goths etdeCaribert, au voisinage des Wascons. L'union éphémère de 630 ne pouvait-elle renaître? Pourquoi Toulouse n'aurait-elle pas demandé à l'alliance des Wascons la force militaire qui manquait aux autres cités de l'Aquitaine?

Aussi est-ce là que nous voyons reparaître, après une génération écoulée, un petit état wasco-aquitain.

Il faut d'abord citer textuellement le seul témoignage que nous possédions là-dessus :

« Quodam tempore cum Ebroïnus comes palatii, major-domus Francorum regise in aula Régis adesset, et omnes nequitias seu iniquitates quae universa terra fiebant^ superbos et iniquos homines super eorum facinoribus (puniens), viriliter supponebat; pax per omnem terram plena et perfecta adrisit. Tune surrexit puer

l'iuvMihrj'i si'cnov 100

unus, rioQiine Lupus, qui et auctor nominis sui adesse voluit. (Ilic accessit) ad Felicem, nobilissinium et inclytum patricium ex urbe Tholosanensium, qui et principatura super omaes civitates usque montes Pyrena^os et super gentem nequissimam Wasconum obtinebat. Eo defuncto, supradictum Luponem principem super se onines statuerunt » ^

Nous pouvons démêler, dans ce précieux passage, les trois points qui importent le plus pour l'histoire du nouvel état, à savoir la date approximative de son origine, — son étendue, — son caractère particulier.

1*^ La date. — C'est au temps où Ebroïn punissait les méchants, nous dit Thagiographe, que Lupus entra au service de Félix, qui régnait alors sur Toulouse et les Wascons. Voilà une première indication, non pas encore sur le principat de Lupus, — remarquez-le, car M. Fauriel s'y est trompé 2, — mais sur son entrée au service de ce Félix, c'est-à-dire sur le principat de Félix lui-même.

Félix a donc été contemporain de la mairie d'Ébroïn ; mais de laquelle? car Ebroïn fut maire une première fois de 6o9 à 670, — puis emprisonné à Luxeuil de 670 à septembre 673, — puis maire de nouveau de 673 à 681. A laquelle de ces deux mairies faut-il nous reporter? Ici, l'hésitation n'est pas possible, car nous savons de science certaine, par un historien espagnol contemporain ^, que Lupus était duc des Francs au 1'''' septembre 673, date à laquelle Ebroïn était encore dans cette prison de Luxeuil où on l'avait jeté en 670.

1. Ex miraculis S. Martialis, episcopi Leinovicensis, ap. Bouq., III, 580.

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