‹ Des origines du premier duché d'AquitaineChapitre 62 sur 158 · Julien de Tolède. V. plus loin p. 125 et note XXXIII · texte numérisé non relu

Julien de Tolède. V. plus loin p. 125 et note XXXIII

Si donc Félix, prédécesseur de Lupus, a été contemporain de la puissance d'Ébroïn, comme l'hagiographe nous le dit en termes si formels, ce n'a pu être que dans la période antérieure à 670. Et comme d'un autre côté nous avons vu le gouvernement mérovingien faire encore acte d'autorité à Toulouse en 657 (institution de l'évêque Erembert), nous ne croyons pas errer en plaçant entre 660 et 670 l'apparition du nouvel État.

2^" L'étendue. — Félix commandait non seulement dans la cité de Toulouse, mais encore dans « toutes les cités jusqu'aux monts Pyrénées ». Or, regardez une carte des cités ou des diocèses (c'est tout un), vous verrez que Toulouse est la seule cité de la Gaule méridionale, — abstraction faite de la Novempopulana, — dont le territoire atteigne les Pyrénées. Donc, ou le texte que nous commentons n'a aucun sens, ou il désigne les cités de la Novempopulana, de la basse Wasconie qui avaient appartenu à Garibert de 628 à 630, Gonsoranis, Begorra, Auscis, Helosa, etc.. G'était bien le royaume de Toulouse qui ressucitait.

Autre ressemblance : les Wascons en firent partie, on nous le dit en termes formels, « gentem nequissiman Wasconum ». Nous ne saurions voir là la basse Wasconie, la Novempopulana, d'abord parce qu'elle figure déjà dans le membre de phrase précédent « om* nés civitates usque montes Pyrenœos », ensuite parce que à l'expression particulière de gens, à l'épithète qui Raccompagne, nous croyons reconnaître la haute Was^ conie, le vrai pays Basque, expressément désigné*

S'' Le caractère particulier. ^- Le fait incontestable (relisez le texte cité plus haut), c'est que Félix commandait tout à la fois à la cité gallo-romaine de Toulouse et aux tribus Ëasques. Le fiatrice de Toulouse avait-il donc

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conquis la Wasconie , roussi où presque tous les rois Francs avaient échoue, où Dagobert lui-même n'avait eu qu'un succès passager? C'est bien peu vraisemblable. Les Wascons , au contraire , s'étaient-ils emparés de Toulouse? C'est moins probable encore, car comment admettre que des vainqueurs eussent pris pour chef un des vaincus? Et cependant, la formation composite du nouvel état ne saurait avoir été un simple accident, car elle subsista plus d'un siècle ; elle a dû avoir sa raison d'être. M. Henri Martin ^ parle d'une « attraction géographique )> ; l'explication nous semble insuffisante. Qu'on nous permette de développer ici une autre hypothèse, celle d'une espèce de fédération entre les pauvres et belliqueux Wascons de la montagne et les riches cités de la plaine.

Quel genre de fédération? Sur quelles bases? Nous n'avons aucun fait positif à produire à l'appui de notre conjecture. Mais s'il n'est pas trop téméraire de chercher dans les analogies un commencement de preuves, nous rappellerions volontiers ce qui s'était passé en Gaule aux iv"^ et v" siècles, et nous n'aurions qu'à ouvrir le livre de M. Fustel de Coulanges - pour y trouver les éléments d'une intéressante comparaison :

Assurément les Qallo-Romains du iv"^ siècle étaient braves (p. 417-418), mais assurément aussi « les classes élevées et moyennes de la société fuyaient le service militaire » (p. 388) ; l'Empire romain, réduit à recruter ses soldats cr dans les classes inférieures et surtout dans celle des cultivateurs du sol » (tbid,)^ les épuisa

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