Grog-., Tur., in Vitis Patrum, ap. Bouq. III
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môme osu provoquer Dagobert, mais avaiiiiit dû plier sous ses armes (635-636), sauf à ne pas obéir à son successeur, comme nous l'apprend Frédégaire ^ jusqu'à ce que nous les retrouvions, entre 660 et 670, unis de nouveau avec Toulouse. Ne peut-on entrevoir là quelque chose qui ressemble aux rapports complexes des Francs et des Romains dans les trente années qui précèdent le règne de Glovis?
Voilà pour le passé «
Nos autres arguments, plus topiques peut-être, seront empruntés à une époque postérieure ; si nous étudions l'histoire du duché d'Aquitaine au viif siècle , de ce puissant duché qui est sorti précisément du petit état Avasco-toulousain, fondé par Félix, qu'y voyons-nous?
l"- Que les Wascons se battent pour Hunald et pour WaïFre et leur fournissent leurs meilleures garnisons ; nous les trouvons établis dans les places fortes de Waïfre avec leurs femmes et leurs enfants, véritables colonies militaires qui ressemblent singulièrement à ces colonies-garnisons de Germains que M. Fustel de Coulanges nous a montrées au iv*^ siècle. Le dernier continuateur de Frédégaire donne à ce sujet des détails caractéristiques : après avoir pris Bourges en 762, Pépin fait deux parts de la garnison captive ; il licencie, renvoie libres les contingents du Berry trouvés dans la place ; mais il emmène les Wascons prisonniers avec leurs familles : a homines illos quos Waifarius ad defendendum ipsam civitatem dimiserat, clementia suœ potestatis absolvit : dimissique reversi sunt ad pro-^ pria;..... reliquos Wascones, quos ibidem invenit, sacramentis datis secum adduxit, uxores eorum ac liberos
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in Franciam ambulare prœcepit ». On voit par là
quelle nature de service militaire les Wascons fournissaient aux ducs d'Aquitaine : ils formaient leur troupe d'élite, permanente, prête à aller partout, tandis que les milices des cités répugnaient sans doute à se battre hors de leur territoire.
2° Les Wascons, considérés non plus comme troupes mercenaires, mais comme corps de nation, ne se confondent pas avec le reste du grand duché d'Aquitaine. Sans doute les continuateurs de Frédégaire et les annalistes carolingiens emploient souvent l'expression de Wasconia, Wascones, pour désigner le pays et les sujets d'Eudes, d'Hunald et de Waïfre; cela prouve simplement que les Wascons, ayant imprimé au nouvel état son caractère original, lui avaient donné leur nom ; c'est comme lorsqu'on dit Franci, Francia, pour désigner l'état mérovingien. Mais les mêmes chroniqueurs savent bien, au besoin, distinguer du reste de l'Aquitaine les Wascons habitant au sud de la Garonne. Lorsqu'en 742 Pépin et Garloman envahissent le Berry et dispersent les milices du pays, « lîomanos proterunt , ils écrasent les Gallo-Romains n, dit le troisième continuateur de Frédégaire ^ ; mais lorsqu'en 763 Pépin se porte de la Vezère sur la Garonne, c'est-à-dire menace la Wasconie, c'est aux Wascons ^eux-mêmes qu'il aura affaire, le chroniqueur a bien soin de nous en avertir : (( Waifarius cum exercitu magno et plurimorum VVosconorum, qui ultra Garonnam commorantur, qui antiquitus vocati sunt Vaceti » -. En 766, Pépin pénètre au cœur des Ëtats de Waïfre, envahit l'Agénois, ce que
i. C. lU:
l. 1*^ civiitin.. c. i;iO.
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voyant les Wascons et les seigneurs d'Aquitaine, « tam Wascones quam majores - natu AquitanicC » (ainsi le narrateur ne confond pas), implorent la paix ^. Dans la campagne de 768, Pépin reparaît sur la Garonne, et les Wascons « qui habitent au delà de la Garonne, » viennent lui renouveler leur soumission : « usque ad Garonnam accessit; ibi Wascones, qui ultra Garonnam commorantur, ad ejus prsesentiam venerunt, etc. » ^. Enfin, en 769, après la mort de Waïfre, Hunald, ayant relevé le drapeau de l'indépendance et ayant été vaincu, s'enfuit d'Aquitaine en W^asconie « dimissa Aquitania Wasconiam petiit » ^, Ce n'est pas une simple distinction géographique , car immédiatement l'annaliste
ajoute : « Erat tune Wasconum dux Lupus nomine »
et nous raconte comment le duc wascon , craignant le courroux de Gharlemagne, s'empressa de livrer le le fugitif*. Ainsi, soit que les Wascons aient fait après la mort de Waïfre ce qu'ils avaient fait en 630 après la mort de Garibert, c'est-à-dire aient repris leur indépendance et se soient donné un duc; soit que, même sous la souveraineté des princes aquitains, ils eussent conservé au sud de la Garonne des chefs particuliers, — il ressort évidemment, des divers témoignages rassemblés ci-dessus, qu'ils gardaient dans le duché d'Aquitaine, au yiii" siècle, une situation distincte; qu'ils étaient pour Waïfre des alliés, des confédérés, plutôt que des sujets. Or, on ne s'expliquerait guère que, absorbés d'abord dans l'état de Toulouse , ils eussent ac-