‹ Des origines du premier duché d'AquitaineChapitre 70 sur 158 · Pardessus. II. 334. n. I · texte numérisé non relu

Pardessus. II. 334. n. I

i>i\i;mii;hI'; skciion

§ 4. — Lupus en Septhnanic.

La seconde date que nous possédons concernant Lupus est autrement précise (septembre 673), — autrement certaine (c'est un grave contemporain, Julien, archevêque de Tolède, qui nous la fournit) et se rapporte à un événement fort intéressant, la part que prit Lupus à la rébellion des Septimaniens contre le roi des Wisigotlis(v. note XXXIII).

Un vent d'indépendance soufflait alors sur toute la Gaule méridionale : c'est sans doute en voyant comme Toulouse s'était soustraite sans lutte à la domination des Francs que les chefs septimaniens voulurent en 673 s'affranchir du joug des Wisigoths. Ils prétendirent être souverains dans leur pays, comme Lupus l'était dans le sien. Julien de Tolède, dans la philippique officielle qu'il lance contre eux ^ les qualifie formellement de « tyrans, » et l'on sait quel sens précis a ce mot dans le langage ecclésiastique®; il désigne, non des oppresseurs, mais les usurpateurs du pouvoir souverain.

Gomme s'il se fût agi d'une cause commune, les Aquitains les aidèrent activement, nous en verrons plusieurs preuves. Mais abordons le récit des faits :

Hildéric, comte de Nîmes, Gumild, évêque de Maguelone, et l'abbé Ranimire se soulevèrent contre le roi Wamba, chargèrent de chaînes l'évêque de Nîmes, Are-

1, Judicium contra tyraimos, ap. Bouq. II, 71(5-719.

2. CtV. Eginhard, Vie de Charlemagne, début : t<. tyrannos per totam Franciam domiuatum sibi viiidicantes » V, plus haut. p. 106.

121 JJM\i: DKlJXIf^ME

gius, qui refusait de s'associer à leur entreprise, et le firent passer en Gaule : « In Franciœ finibus Franco rum manibus tradidit illudendum [Hildericus Aregium] ^ )) Voilà déjà une première marque d'un concert entre Septimaniens et Aquitains.

A la place d'Aregius, Hildéric installa son complice Ranimire et^ sans observer aucune des règles ecclésiastiques, le fit sacrer par deux autres évoques d'une nation étrangère, « ab externae gentis duobus tantum

episcopis ordinatur ». Gomme M. Fauriel le remarque

judicieusement, a il ne peut être question ici que d'éveques de la Gaule méridionale », nouvelle marque de l'alliance des Aquitains et des Septimaniens. Il nous semble que les deux évêques étrangers devaient être ceux de Toulouse et d'Uzès, diocèses suffragants de Narbonne avant la conquête franque.

Pour châtier cette rébellion, le roi wisigoth Wamba envoya le duc Paul avec une armée ; mais Paul, dès qu'il eut franchi les Pyrénées, se fît proclamer roi, exigea des peuples le serment de fidélité qui n'était dû qu'au souverain : « regnum..... arripuit et populos in hac

nefaria electione sibimet jurare cœgit » 2; en même

temps il conclut un pacte d'alliance avec Hildéric et ses complices, et tout le pays s'arma pour eux : « Omnis Galliarum terra (la Septimanie, pour Julien de Tolède) in seditionis arma conjurât » , ce qui indique bien que la révolte avait un caractère national. Des bandes mercenaires de Wascons et d'Aquitains accoururent sous les drapeaux de l'usurpateur : « Perlatis promis-

1, Julien de Tolède, ap. Bouq., II.. 708. C'est à cetle source qu'est emprunté tout le récit qui suit.

Page 1