Judicium contra tyrannos. Bouq... II
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sisque muneribus, Francorum i Wasconumquemultitudines in auxilium sui pugnaturas adlegit », détail significatif où Ton voit que Lupus était bien, dès la première heure, l'allié de Paul, puisqu'il le laissa faire des enrôlements chez lui ; notez aussi , dans cet état wascoaquitain, des éléments guerriers qui n'apparaissent nulle autre part dans la Gaule méridionale.
Wamba , en apprenant la trahison de Paul, accourut lui-même , l'accula rapidement dans Nîmes avec ses Septimaniens, ses auxiliaires wascons et aquitains, « cum Galliarum exercitu et Francorum con-
ventu ». Les assiégés espéraient être dégagés bientôt
par des renforts arrivant ou de la Provence ou des cantons de l'Aquitaine les plus voisins de Nîmes : « opperientes etiam ad auxilium sui adventum gentium alia-
rum » ; après avoir repoussé un premier assaut, Paul
faisait annoncer aux assiégeants, du haut des murailles^ l'arrivée de ces secours étrangers : « Cum faciès auxilii
nostri paruerit ; quam multiplicia nobis auxilia prœ-
liandi occurrant », Wamba n'était pas en personne
devant Nîmes ; il était resté en arrière, probablement pour surveiller les routes qui débouchaient d'Aquitaine en Septimanie (voie de Toulouse à Narbonne, voie de Rhodez à Saint-Thibéry). A la demande pressante des
assiégeants, qui appréhendaient « ne externee gentis
dolo preeventi subruerent », Wamba les renforça et
un second assaut eut lieu le 1" septembre 673. Dans ce furieux combat, la plupart des Wasco-Aquitains furent criblés de blessures, (c plerique de externœ gentis ho-
minibus acriter vulnerati ». Il semble que ce fussent
les meilleurs soldats de Paul ; leur intrépidité, leur
1. Fi'cmcî doit se traduire ici [)ar les Aquitains. V. la note XXXVII.
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étoanement en trouvant les Goths aussi braves qu'eux ^ font songer aux anciens Gaulois. Enfin, Nîmes fut emporté d'assaut à onze heures du matin.
Le lendemain, Wamba arriva à Nîmes et, rassemblant son armée hors de la ville, passa une espèce de revue, fit faire des exercices militaires, un vrai simulacre de combat, après avoir eu le soin de placer du côté des montagnes et de la mer des forces suffisantes pour signaler et arrêter l'ennemi, afin que rien ne vint troubler ces manœuvres d'instruction : « prius tamen disposita virorum fortium acie per juga montium et ora maritima quœ Francise partibus conjunguntur, ut libéra et expedita bellantium manus eo totius decertandi preelii priecepta perficeret, quo nihil adversum ab externis gentibus persensisset ». Gomme le remarque M. Fauriel, c( ces précautions démontrent qu'une partie des renforts en question devait arriver par la plaine et peutêtre de la Provence, une autre partie par les Gévennes. n Or, Lupus ne commandait ni en Provence ni probablement dans les cantons montagneux de l'Aquitaine qui confinent à Nîmes; donc, Paul avait dans la Gaule méridionale d'autres alliés que Lupus, d'autres chefs francs aussi libres d^allures que Lupus pouvait fêtre, car des gouverneurs fidèles eussent-ils osé, sans l'aveu du souverain (on ne pouvait encore avoir appris la mort de Ghildéric II, assassiné à ce moment même ^), attaquer ou menacer le roi des Wisigoths en personne?
Wamba traita avec une générosité singulière les Gallo- Uomains pris dans Nîmes ; quelques-uns d'entre eux^ appartenant à d'illustres familles, furent gardés en ôta-