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présente pas d'interruption, paraît n'avoir eu alors, comme l'Auvergne autour de laquelle il gravita si longtemps, d'autres maîtres que ses évoques ; enfin, on nous permettra peut-être, à défaut de renseignements directs sur les autres villes du midi, de considérer ce qui se passait à ce moment même dans la cité de Lyon. Nous en avons presque le droit, tant il y a de ressemblances alors entre la Burgondie méridionale et l'Aquitaine.
Un des pires résultats des guerres civiles, c'est que les prudents, pour ne pas en payer les frais, se désintéressent du pouvoir central et de ses révolutions : ils s'isolent, se déclarent neutres. Dès 670, alors que Thierry et Ghildéric se disputaient l'héritage de Glotaire III, l'abbé de Fontenelle, Lantbert, avait pris le parti de ne reconnaître ni l'un ni l'autre avant l'issue de la lutte : « Aliis Hilderici parti faventibus, aliis in Theodericum declinantibus, ita iste vir venerandus cautum se reddidit ut in neutram partem declinaret,
donecpopuli parsœmulam sibi partem superaret ^ »
S'il en était ainsi en pleine Neastrie, que devait-on faire à cent lieues de Paris! Genesius, placé par la politique des rois francs sur le grand siège épiscopal de Lyon (en 608, à la place de ce Dalfinus qui avait été tué par ordre de Bathilde pour avoir voulu désobéir quinze ans trop tôt), Genesius, en pleine tourmente, paraît n'avoir relevé que de sa propre autorité. En septembre 673, en apprenant la mort de Ghildéric II, il marcha rapidement au nord avec une petite armée « cum manu valida quœ cum eo aderat^», rencontra entre Luxeuil et Autun les captifs de Luxeuil, Ébroïa
1. Bouq., III, 584. Cir. Rigobert à Reims, en 717, ap. Bouq., III, Gl
2, Bouq., II, 616.
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et Léodegaire (il allait sans doute pour les délivrer), et maintint pour un instant Tunion entre les deux rivaux. Son rôle ici atteste sa puissance. Il semble qu'il commandait, non seulement à Lyon, mais encore dans toute la région voisine, avec le titre de patrice; c'est du moins ce qu'on peut induire du récit qui va suivre. Après que Léodegaire eut succombé dans Autun, l'armée d'Ébroïn se porta contre Lyon : « Desiderius vero, cognomine Diddo, unacum Bobone (alias Abbone) et cum Adalrico duce, quem ipsi volebant Patricium esse Provincise, ad patriciatum subjugandum perrexerunt usque ad Lugdunum, ut ita exinde abducerent Genesium, sicut de Augustiduno dudum expulerant Leodegarium ^ » Nous connaissons les deux prélats guerriers, les deux évêques-comtes qui commandaient l'armée d'Ébroïn. Mais que voulaient-ils? qu'était-ce que cette « Provincia » où ils voulaient établir un patrice dévoué à Ébroïn? qu'était-ce que ce « Patriciat » dont il semble que la conquête de Lyon fût le gage ? M. Fauriel ^ y voit « le Patriciat de Lyon », mais sans lui attribuer plus d'importance qu'à un « comté » ; pour M. Henri Martin ^, c'est « le patriciat de Provence ». Il nous semble que M. Henri Martin se trompe. Il n'y avait pas à cette époque de « patrice de Provence » . Hector, l'ennemi de Praejectus, est gratifié partout de « patrice de Marseille ». Ajoutons même que le titre de « patrice de Provence » ne pouvait pas exister, la Provence ayant toujours été, précisément jusqu'à cette époque, divisée en deux, partagée entre l'Austrasie et