IL
pRKMif-ir.E SKcnox 153
la Neustrie. Il est plus vraisemblable que le biographe désigne ici par Provincia l'ancienne province romaine en général, c'est-à-dire la vallée du Rhône de Lyon à la mer, la basse Biirgondie ^ Le troisième continuateur de Frédégaire, au vni° siècle, paraît employer encore le mot dans ce sens (v. note XXXIX). Quant au « patriciat » , peut-être ce titre avait-il désigné parfois une fonction
s'exerçant sur toute la Burgondie (Willibadum Bur-
gundiae patricium 2 » , mais il correspondait aussi à la dignité ducale dans certaines provinces et par suite au duché lui-même ^. Nous croyons qu'ici il désigne le duché de Lyon confié à Genesius par ceux qui l'avaient mis là en 658 ou occupé par Genesius à la faveur des troubles, sans autre façon. Ainsi les termes de l'hagiographe s'expliquent suffisamment sans qu'il faille pour cela sortir de Lyon et aller jusqu'en Provence.
Genesius commandait donc, avec le titre de patrice, à Lyon et sans doute à des cités voisines. Il semble que ce soit précisément cette confusion des deux pouvoirs, si inquiétante pour la royauté, qu'Ébroïn aurait voulu faire disparaître. Nous avons vu qu'à Autun il avait, à la place de l'évêque-comte Léodegaire, établi un comte, Abbo, et un évoque, Hermenarius. De même, l'armée qui s'avance contre Lyon mène avec elle le grand fonctionnaire laïque, le duc, qui doit remplacer dans ses fonctions politiques l'évêque-patrice, Genesius : « cum Adalrico duce, quem ipsi volebant Patricium esse Provincise... » (v. note XL).
Le hardi prélat ne s'abandonna pas dans le péril et