‹ Des origines du premier duché d'AquitaineChapitre 93 sur 158 · Bouq., III, Q · texte numérisé non relu

Bouq., III, Q

DEUXIÈME SECTION 161

dice d'une intervention quelconque d'Ébroïn au sud de la Loire. Cette résignation du terrible maire neustrien, sincère ou forcée, lui épargna assurément de graves embarras (il avait déjà assez affaire en Neustrie) et on dut lui en savoir quelque gré chez les méridionaux; c'est un hagiographe du Limousin qui a porté sur lui le jugement le plus favorable (v. p. J08). Mais les populations d'Aquitaine s'habituèrent de plus en plus à se croire étrangères à l'empire franc.

Vis-à-vis de l'usurpateur de Toulouse, il semble également qu'Ébroïn garda des ménagements, car on en garda avec lui. Il est vrai que « la Wasconie », comme nous le verrons plus loin, accueillit les leudes neustriens fugitifs; c'est là que Gerin, avec d'autres procrits, vint chercher un asile : « Gairinus, qui ob metum supradicti Ebroïni, cum aliis quos fugaverat ex Francorum proce-

ribus^ Vacœorum lustraverat partes ^ ». Mais quand

Thierry III et Ébroïn sommèrent Gerin de revenir, « jussu régis gloriosi Theoderici ac principis Ebroïni decretum est ut ad palatium reverteretur » 3, le duc de Toulouse, à qui probablement la sommation s'adressait plutôt qu'à Gerin (celui-ci n'y eut certes pas obtempéré de plein gré), livra l'exilé ou refusa de l'abriter plus longtemps^ car Gerin dut revenir en Neustrie pour y trouver la mort. Les liens officiels, d'ailleurs, n'étaient pas absolument rompus. A Moissac, en mai 680, on datait encore les actes publics du règne de Thierry III ^. Ce détail ne prouve pas plus, en fait, que ces monnaies frappées par les rois francs du vi*" siècle avec l'effigie des

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