LE DUCHÉ DE TOULOUSE, DE LUPUS A EUDES
Par ce qui précède, on ne peut douter que l'état wasco-aquitain fondé par Félix et Lupus ne se soit maintenu après eux, n'ait échappé à cette reconstitution éphémère et partielle de l'empire des Francs que poursuivirent, de 674 à 687, Ébroïn et ses successeurs. Pendant la tyrannie d'Ébroïn, il servit d'asile aux leudes procrits ou menacés, aux partisans vaincus de la maison poitevine. S'il livra Gerin, comme c'est probable, cela n'arrêta pas l'émigration ; après avoir raconté le supplice de Gerin et de Léodegaire, un des continuateurs de Frédégaire ajoute : « Reliqui vero Franci eorum socii per fugam lapsi, Ligerem transgressi, usque Was-
cones confugerunt ^ ». Le premier des biographes
de saint Léger dit la même chose, avec moins de précision : « Priores optimates cœpit [Ebroïnus] instanter persequi, quos autem comprehendere valuit, aut gladii interfectione prostravit, aut ad gentes extraneas ablatis facultatibus effugavit ^ ». Il s'agit ici de bannis plutôt que de fugitifs. Quant aux a nations étrangères », ce sont d'abord l'Austrasie, qui reçut un bon nombre