‹ Des origines du premier duché d'AquitaineChapitre 97 sur 158 · III · texte numérisé non relu

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auxquelles M. Fauriel l'ait allusion désignent plutôt le temps où Félix gouvernait Toulouse et où Lupus s'attacha à son service que le gouvernement de Lupus luimême (il suffit de les relire pour s'en convaincre); que, par conséquent, elles visent nécessairement la première mairie d'Ébroïn (658-670) et non la seconde (673-681); qu'elles ne renferment donc pas la conclusion que M. Fauriel en veut tirer. Mais, même avec la date admise trop légèrement par l'illustre historien, nous allons nous trouver en présence d'une effrayante lacune, car le premier duc d'Aquitaine que nomment les documents après Lupus est Eudes, et il n'apparaît avec certitude qu'en 718, pour ne mourir qu'en 735. Voilà donc un espace de trente-sept ans (681-718), probablement même de quarante-quatre (674-718), absolument vide (v. note XLI). C'est comme un trou dans l'histoire. Pour le combler, M. Fauriel et M. Henri Martin ont d'abord, comme on vient de le voir, reculé la mort de Lupus jusqu'en 681 ; puis ils ont supposé que Lupus eut Eudes pour successeur immédiat. Eudes aurait ainsi régné cinquante - quatre ans (681-735), — soixante-un ans même, à notre compte (674-735). Outre qu'un règne d'une telle durée n'est pas chose très commune , comment ne pas nous étonner , si nous consentons à l'admettre, d'avoir à le diviser en deux périodes : l'une, de trente - sept ou plutôt de quarante-quatre ans (674-7 i 8), qui n'aurait laissé absolument aucune trace; l'autre, de dix -sept ans (718-735), marquée par plusieurs faits éclatants? Il est plus sage, croyons-nous, de reconnaître que nous ignorons absolument la date de l'avènement d'Eudes, et plus vraisemblable de supposer entre Lupus

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et lui un ou plusieurs princes, dont les noms ne seront pas arrivés jusqu'à nous ^

Quoi qu'on pense de ces conjectures, on ne peut guère douter que la création de Félix et de Lupus ne leur ait survécu, au lieu de disparaître après une existence éphémère, comme avait fait en 630 le petit roytiume de Toulouse. Les circonstances n'étaient plus les mêmes : d'un côté, la royauté mérovingienne n'avait plus la vitalité qu'elle conservait encore en 630 ; de l'autre, la puissance militaire fondée par Lupus dut contribuer grandement au maintien du nouvel état.

1. M. C. Dareste. après 1)ien d'autres, dit qu'Eudes était « fiîs ou neveu » de Lupus (I, 311). Personne n'en sait rien.

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