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de modifications des hématies, il rappelle que, d’après les observations de Klebs et les siennes, il n’est pas rare de voir, dans le carcinome, les globules rouges sortir des Vaisseaux, pénétrer dans les cellules et donner ainsi lieu à des productions d'aspect varié.
M. Cornil (1) a spécialement étudié les différentes formes irrégulières de divisions indirectes des cellules, que l’on peut observer dans les épithéliomes, et il a en particulier dessiné et décrit minutieusement certaines figures, de facon à mettre en garde les observateurs contre les fausses interprétations auxquelles on peut être conduit en les regardant comme des parasites, amibes ou coccidies.
M. Fabre-Domergue (2) a repris, de son côté, l’étude des formations décrites par MM. Malassez et Albarran, et il est arrivé à des conclusions analogues à celles de M. Borrel, considérant ces productions comme des modifications des cellules épithéliales. Les conclusions de M. Fabre-Domergue ont une valeur très grande, étant donnée la compétence toute spéciale que lui ont donnée ses travaux sur les organisines inférieurs.
Enfin M. Pilliet (3) a signalé chez le fœtus, dans le thymus et dans le gland, des cellules en dégénérescence qui rappellent'par leurs caractères morphologiques, les figures qu’on à assimilées aux Coccidies dans les épithéliomes. \
Dans des recherches que nous avons eu l'honneur de faire en collaboration avec notre maître M. le Professeur
(1) Cornil. Mode de multiplication des noyaux et des cellules dans l’épithéliome (Journ. de l’Anat. et de la Physiol., 1891, p. 97.)
(2) Fabre-Domergue. Note sur la signification des coccidies que l’on rencontre dans les néoplasmes (Semaine médicale, 4891, p. 150).
(3) Pilliet. Sur quelques formes de dégénérescence épithéliale rappelant les coccidies. (Trib. méd,, 1891, p. 360.)
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Duplay (1), nous nous sommes attachés, pendant près de deux ans, à l'étude des éléments d'apparence parasitaire qu'on rencontre dans le cancer, et nous avons dirigé dans ce sens l'examen d’une soixantaine de cancers épithéliaux, que nous avons pu recueillir soit à l’hôpital Beaujon, soit dans les services de clinique chirurgicale de Necker et de la Charité. |
Dans tous ces examens, nous avons pu très souvent, M. Duplay et moi, observer toute une série de figures qui correspondent évidemment à la plupart des formes parasitaires décrites dans le cancer, et qui, en effet, peuvent faire songer aux coccidies, pendant les stades qui précèdent la reproduction, et il nous a paru que cela ne pouvait être que dans certaines formes irrégulières de division indirecte des cellules ou encore dans certains modes de dégénérescence cellulaire qu’il fallait chercher les figures qui ont pu être considérées comme représentant des stades de reproduction par les observateurs qui, comme Nils Sjébring, ont décrit dans le cancer des kystes sporifères.
C'est dans l’épithélioma pavimenteux lobulé à globes épidermiques que l’on peut observer de la facon la plus nette et en grande abondance, certains des corps qui ont été considérés comme des coccidies. Nous avons eu l’occasion d'examiner une trentaine de néoplasmes de cette variété,
provenant des lèvres, de la langue, de l’œsophage, de la
peau, etc., et les éléments qui, dans la plupart de ces tumeurs, ont attiré notre attention par leur ressemblance complète avec les coccidies des épithéliomas, nous ont paru n'être que le résultat d’une évolution cellulaire
(1) S. Duplay et M. Cazin. Recherches sur la nature parasitaire du Cancer (Transaction of the Sebenth international Congress of hygiene and Demography. Vol. Il, p. 84, London 1891.
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spéciale en rapport avec la formation des globes épidermiques, suivant l'opinion émise par M. Fabre- Domergue.
Ces éléments, bien qu'on puisse les rencontrer plus ou moins épars au milieu des cellules épithéliales, occupent généralement le centre des globes épidermiques et sont particulièrement faciles à étudier, lorsque ceux-ci n'ont pas subi uñe évolution trop avancée. Le plus souvent, on observe, formant le centre d’un globe épidermique au début de sa formation, une cellule épithéliale notablement modifiée, généralement plus volumineuse que les cellules voisines et présentant une forme arrondie ou ovalaire, avec une membrane d’enveloppe plus ou moins épaissie, qui offre une striation rayonnée et qui est limitée vers l'extérieur par un contour fortement réfringent ; le contenu protoplasmique a subi des altérations appréciables, qui se traduisent notamment par une coloration jaunâtre sous l'influence du picro- Carmin et par une rétraction plus ou moins accentuée, qui, dans un assez grand nombre de figures, aboutit à la formation d’une sorte de vacuole, au milieu de laquelle on aperçoit alors le contenu protoplasmique et le noyau de
la cellule profondément altérés. Quelquefois, au liéu d’une.
seule masse protoplasmique, on trouve à l'intérieur de la cellule. deux masses protoplasmiques, pourvues chacune d'une masse nucléaire mal délimitée, et l’on a, dans ce cas, l'apparence de deux parasites contenus dans un kyste. Ajoutons que les cellules épithéliales qui entourent la cellule centrale sont, en quelque sorte, moulées sur cette cellule, en s'imbriquant les unes sur les autres, de facon à constituer le globe épidermique. Mais entre la cellule centrale et les cellules épithéliales voisines, il n’est pas rare d’observer, dans les globes en voie de formation, quelques
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leucocytes interposés entre ces cellules, et il peut arriver. qu'un de ces éléments se montre, de face ou de profil, appliqué contre la cellule centrale d’une façon si intime qu'il paraît se confondre avec elle et que l’on pourrait, si l’on n’y prenait garde, croire à l'existence d’un noyau appartenant à la cellule centrale et rejeté à la périphérie, ce qui permettrait d'adopter pour les figures de ce genre la conception d'éléments parasitaires vivant à l’intérieur des cellules épithéliales. | io
= Nous ne pensons pas, d’ailleurs, que les formations que nous venons de décrire aient pu, seules, donner naissance aux interprétations favorables à la théorie psorospermique des cancers épithéliaux. Dans toutes les tumeurs, épithéliomateuses et carcinomateuses, que nous avons étudiées, nous avons rencontré un grand nombre de figures irrégulières de divisions indirectes des cellules épithéliales, qui nous ont notamment présenté les plus grandes ressemblances avec quelques-unes des productions représentées par les dessins de Nils Sjobring comme correspondant à différents stades de l’évolution des parasites qu'il a décrits dans le carcinome. Mais nous n'insisterons pas sur les faits que nous avons pu relever dans la structure des cellules et des noyaux en division irrégulière, M. Cornil, dans le mémoire que nous avons cité. plus haut, ayant décrit et figuré dans tous leurs détails ces formes cellulaires qu’on est exposé à prendre pour des coccidies.
En résumé, dans l’ensemble des observations que nous avons pu faire, M. Duplay et moi, sur un nombre relativement important de cancers épithéliaux, nous avons rencontré très souvent des figures variées qui pouvaient donner l'apparence de parasites intra-cellulaires à l’état amæboiïde ; mais, étant donnée l'absence complète de formes de
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reproduction absolument indiscutables, nous ne nous sommes trouvés, en aucun cas, autorisés à ranger d'emblée ces productions parmi les coccidies, ni même à admettre seulement leur nature parasitaire, qui, dans l’état actuel de la question, n’est pas, encore suffisamment établie.
S'il s’agit véritablement de parasites, il faut bien admettre que ces éléments doivent se multiplier au sein même des tissus néoplasiques, attendu que les nombreuses figures de ce genre que l’on observe dans les cancers épithéliaux, ne peuvent pas toutes être dés parasites venus du dehors ; d'autre part, si ces éléments jouent vraiment un rôle actif dans la production du cancer, l’accroissement du néoplasme doit être en rapport avec une multiplication active des parasites, et l’on devrait alors y rencontrer très souvent un grand nombre de formes de reproduction. Cette lacune importante, constituée par l'absence des formes de multiplication que l’on rencontre habituellement chez les sporozoaires, pourrait, à la rigueur, s’expliquer par l’existence d’un mode de multiplication directe analogue à celui dont M. Malassez paraît admettre l'existence probable dans la psorospermose du foie du lapin; mais le fait n’est nullement démontré.
C'est là surtout, nous le répétons, le point faible de la conception psorospermique du cancer, car on ne saurait invoquer ici, comme un sérieux argument contre la nature . parasitaire des éléments qui font l’objet de la controverse actuelle, le fait qu’on n’a pas réussi à les cultiver, ni à les inoculer aux animaux, attendu qu’il ne s’agit pas, en tout cas, de parasites qui doivent forcément se comporter comme des microcoques ou des bacilles. Il est évident, en effet, que les méthodes excellentes que nous pouvons aujourd’hui mettre en œuvre pour l’étude des schizophytes ne sauraient donner de bons résultats lorsqu'il est question de sporozoaires.