‹ Des Origines et des Modes de Transmission du CancerChapitre 14 sur 36 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Li e 0] » | Des origines et des modes de transmission des cancers.

Après avoir cherché à étudier -quels peuvent être, dans les tissus cancéreux, les éléments essentiels déterminant la production néoplasique, en passant en revue les interprétations que peut suggérer l'anatomie pathologique, il nous reste à apprécier les faits d'observation expérimentale ou clinique qui ont pu être réunis au point de vue de la transmission des cancers, sans préjuger en rien de la nature même des agents de cette transmission.

Bien des faits contradictoires ont été publiés au sujet des origines et des modes de transmission du cancer,- et dans les interprétations qui ont été données, les divergences d'opinions ont été plus marquées encore. Toutefois. il y a certainement une tendance manifeste à considérer la contagion du cancer comme un fait démontré d’une facon plus ou moins absolue, alors que rien de semblable n’a pu être avancé par les auteurs les plus affirmatifs, parmi tous ceux qui se sont attachés spécialement à l’étude du cancer.

La question de la contagion du cancer et celle de la nature des néoplasmes malins, au point de vue des causes qui déterminent leur production, sont évidemment liées

Cazin. — 8.

tt

intimement, sans que, pourtant, elles doivent être forcément résolues l’une par l’autre, du fait seul d’une démonstration irréfutable apportée indifféremment à l’une où à l'autre.

S'il est vrai, en effet, que dans le cas où la contagion directe du cancer deviendrait un fait acquis, la doctrine parasitaire trouverait là un argument solide, il ne suffirait pas, en revanche, d'établir irrévocablement la nature para sitaire du cancer pour que sa contagiosité diréele ou son inoculabilité, pour employer un terme plus précis, se trouvat en même temps démontrée, puisque les. lois du parasitisme sont infiniment variées et imposent quelquefois à l’évolution des agents infectieux tout un cycle souvent très compliqué, excluant ainsi la possibilité d’une infection directe.

Or, dans ce vaste chapitre de létiologie des tumeurs malignes, nous sommes actuellement surtout en présence de deux ordres de travaux se rapportant, les uns à la recherche d'organismes parasitaires dans les tissus néoplasiques, les autres à la démonstration expérimentale ou clinique de la contagion directe du cancer, et il nous semble que létude des faits ne peut que gagner en clarté, si l’on considère séparément ceux qui répondent à l’une ou à l’autre de ces préoccupations.

Ainsi que nous venons de le voir, les recherches bactériologiques et anatomo-pathologiques exécutées dans ces dernières années, n’ont pas réussi à nous démontrer la nature parasitaire du cancer ; il nous reste à discuter les faits qui se rattachent à la contagion du cancer, ou plutôt à la contagion directe, c’est-à-dire à l’inoculabilité du cancer, par transinission immédiate d’un individu cancéreux à un individu sain, appartenant soit à la même espèce, soit à une espèce différente. Ce n’est évidemment là qu’un des côtés de la question générale de la contagion, mais dans l’état actuel de nos

Page 1