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connaissances, c’est le seul qui comprenne des faits assez précis pour qu'on puisse essayer d’en tirer quelques conclusions. Nous n'avons pas, en effet, de données suffisantes pour discuter les faits qui ont été publiés, principalement dans ces dernières années, à l'appui de la possibilité d’une transmission plus où moins indirecte du cancer, parmi les habitants d’une même maison, par exemple, ou simplement d’une même localité.
Nous ne pouvons pas cependant passer sous silence les aflirmations de M. Arnaudet (1) qui, ainsi que nous l'avons vu dans la première partie de ce travail, n'hésite pas à dénoncer comme vecteur de la contagion du cancer, l’eau et le cidre.
D’après M. Arnaudet, l’eau ne constitue pas d’ailleurs le seul agent de transmission du cancer; pour expliquer certaines observations dans lesquelles les habitants d’une même maison ont été frappés successivement, il admet que l'habitation peut suflire à propager les affections cancéreuses. Pt
M. Fiessinger (2) a signalé également une épidémie cancéreuse observée par lut à Oyonnax, dans un groupe de trois maisons où il à vu se produire, en quatre ans, quatre cas de néoplasmes malins, dont le point de départ aurait été la dissémination des objets de pansement servant à une femme atteinte d’un cancer du sein.
M. Guelliot (3) a, de son côté, réuni un certain nombre d'observations « d’épidémies de maisons » recueillies par lui ou empruntées à différents auteurs. |
(1) Arnaudet (Normandie méd., 1889, p. 33; 1890, p. 105 et 125; 1891, p. 57 et 87.
(2) Fiessinger. (Gaz. méd. de Paris, 5 mai 1892.)
(3) Guelliot. Gaz. des hôp., (12 novembre 1892.)
Sc UEe SAND
M. Fabre (1), dans sa thèse inaugurale, a donné également des observations inédites, parmi lesquelles nous trou- vons un fait de M, Humbert Mollière, relevant une série de quaire cas de cancer ayant évolué en moins de dix ans parmi les locataires d’une même maison et pour lesquels M. Humbert Mollière repousse absolument l'idée d’une simple coïncidence.
En présence de tous ces faits, M. Guelliot n'hésite pas à déclarer qu'il croit à la contagion du cancer, mais il atténue considérablement cette déclaration en admettant que la contagion du cancer « exige des conditions de réceptivité heureusement peu fréquentes » et que la trans- : mission du cancer d'homme à homme doit être excep-
tionnelle.
Quant à M. Fabre, tout en pensant que le cancer, par ses caractères anatomo-pathologiques « ne paraît pas devoir être considérée comme une lésion d’origine parasitaire »,
il croit cependant que « la contagion du cancer est pos-
sible et peut s'expliquer par la greffe d’une cellule cancéreuse sur un organisme sain » mais il ajoute que « les faits cliniques de contagion ou d’épidémie cancéreuse ne sont pas assez probants pour faire considérer cette propriété des lésions néoplasiques cotuine prouvée. »
M. Brunon, dans le travail récent auquel nous avons fait allusion plus haut (2), a réuni, en faveur de la contagiosité du cancer, un certain nombre d'observations nouvelles de petites épidémies de cancer survenues parmi les habi-
tants d’une même maison ou d’un même village. Notons
toutefois que la plupart des médecins questionnés par
(1) Fabre. De la contagion du cancer. (Thèse de Lyon, 1892.) (2) Brunon, Sem. Méd,, 1892, Annexes, p. XLVI.
LE UNS 7 NIUE
M. Brunon, sans nier la possibilité de la contagion, déclarent n’en avoir jamais observé de cas nettement avérés.
En résumé, les faits recueillis dans cet ordre d'idées ne sont pas assez nombreux ni assez probants pour qu’on puisse en tirer des conclusions, et c’est pourquoi nous n'avons pas à y insister davantage. Nous devions néanmoins les rappeler, car ils sont en rapport avec l'hypothèse formulée par M. Metchnikoft à l'appui de la théorie psorospermique el d'après laquelle les néoplasies cancéreuses pourraient être rangées au nombre des maladies miasmatiques, se. répandant à l’aide de spores formées en dehors de l'organisme (1). |
Nous devons donc enfin aborder la question, si grosse de conséquences, de la contagion directe du cancer, d’un individu cancéreux à un individu sain. De tout temps, l’on s’est demandé si les néoplasmes malins ne pouvaient pas se transmettre directement d'homme à homme, et même, à certaines époques, les cancéreux ont été traités comme de véritables pestiférés. On retrouve facilement dans les - auteurs anciens des traces de cette préoccupation, et leurs écrits renferment parfois des observations susceptibles d’être interprétées en faveur de la contagion directe, bien que l’on puisse souvent les expliquer simplement par lhérédité, sur Finfluence de laquelle tout le monde est d'accord.
Dans les auteurs récents, nous trouvons également, disséminés cà et là, quelques faits qui sont cités comme des exemples de contagion interhumaine. C’est ainsi que M. Guelliot (2) dit avoir pu recueillir, soit parmi ses confrères, soit dans la littérature médicale, « 23 observations de cancer de la verge survenus chez le mari consé-
(4) Metchnikoff; Ann. de l’Inst. Pasteur, 1892, p. 1592, p, 159. (2) Guelliot. Loc. cit.
De Ve HR
cutivement à un cancer de l’utérus chez la femme. » C’est là, certes, un chiffre assez important pour qu'on doive en tenir compte, sans ‘qu'on puisse toutefois l'interpréter d’une façon absolue en faveur de la contagion du cancer, en raison de la disproportion colossale qui existe entre la fréquence du cancer ulérin et celle du cancer de la verge. D'ailleurs, comme le reconnaît M. Guelliot, on a souvent de la peine, chez les malades atteints de cancer du pénis, à retrouver un point de départ utérin, puisque Demarquav, sur 134 Cas de cancer de la verge, n’a signalé qu’une fois un Cancer de l'utérus chez la femme du malade. |
Quoi qu'il en soit, on ne saurait nier que les faits cités à l’appui de la contagion suftfisent à autoriser des doutes légitimes sur l’innocuité absolue, dans la propagation des affections cancéreuses, des contacts divers résultant de la vie commune. |
Les préoccupations soulevées par l'observation de faits de ce genre devaient provoquer de nombreuses recherches expérimentales sur la contagion du cancer ; les tentatives ont été, en effet, fort nombreuses sans que, malheureusement, leurs résultats aient pu fournir une solution satisfaisante, ainsi que nous allons le voir.
Les recherches expérimentales qui, depuis plus d'un siècle, ont été faites dans le but d'établir la transmissibilté du cancer, au moyen de greffes ou d’inoculations directes, peuvent être divisées en trois séries correspondant : 1° aux essais de transmission des cancers de l’homme aux animaux ou des animaux à d'autres animaux d'espèce différente ; 2° aux essais de transmission de l'homme à l’homme ou d’un individu d’une espèce animale à un autre individu de la mème espèce ; 3° aux transplanta-