‹ Des Origines et des Modes de Transmission du CancerChapitre 16 sur 36 · LB A · texte numérisé non relu

LB A

ES

tions de tissus néoplasiques d’un individu cancéreux dans les parties du corps restées saines.

fo Essais de transmission du cancer de l’homme «aux cuimaux où d'un animal à d'autres animaux d'espèce différemte. — Depuis Peyrilhe qui, déjà en 1773, inoculait à un chien du suc cancéreux sans obtenir la reproduction du néoplasme, on s’est ingénié à multiplier les tentatives du même genre en faisant des greffes sous la peau, dans le péritoine ou dans difiérents organes, ou encore en injectant dans les veines du suc cancéreux ou des liquides ienant en suspension des fragments de tissu cancéreux, ou enfin, en faisant ingérer aux animaux des matières cancéreuses.

La plupart des expérimentateurs reconnaissent que

leurs essais de transmission du cancer de l’homme aux

animaux ont été complètement infructueux, et la liste

en est longue. Il nous suffira de citer Dupuytren, Valentin, .

Vogel, Weber, Dubuisson, Hyvert, Chatin, Hénocque et Leroy, Doutrelepont, Billroth, Lebert et O. Wyss, Senger, Serin, Villemin, Shattock et Ballame, etc.

Quelques-uns ont cru avoir obtenu des résultats positifs : Langenbeck, après avoir injecté du suc cancéreux dans les veines de deux chiens, constata, deux mois plus tard, l'existence de petits noyaux intrapulmonaires, dans lesquels fl crut reconnaître des cellules cancéreuses ; Follin et Lebert, après une injection intraveineuse pratiquée également chez un chien, avec du suc cancéreux, trouvérent, quinze jours seulement après cette injection, des granulations disséminées dans le foie, les poumons ei le cœur, et voulurent considérer ces granulations comme des nodules cancéreux,

PROCTE NUS

Goujon, ayant greffé des fragments de tissus cancéreux sous la peau d’un cobaye et d’un rat, observa, après vingtcinq et soixante jours, une tumeur siégeant dans le premier cas et dans le deuxième cas en dehors du point d’inoculätion ; enfin Quinquaud aurait vu, trente-six jours après une inoculation sur un cobaye, des masses miliaires dans les poumons et dans le foie, et il y aurait constaté des éléments identiques à ceux du tissu inoculé.

Il est difficile d'apprécier ces résultats déjà anciens obtenus à une époque où l’on ignorait l’asepsie et où les connaissances anatomo-pathologiques, plus limitées qu’au-

jourd’hui, pouvaient ne pas permettre de distinguer des

lésions purement inflammatoires de productions vraiment néoplasiques. Bien que les auteurs de ces recherches ne nous donnent que des renseignements assez vagues sur l'examen histologique des lésions expérimentales constatées par eux, il est plus que probable, étant donné le peu de durée de leurs expériences, qu'il s'agissait simplement de lésions inflammatoires.

Depuis la publication des résultats de nos premières expériences (1) plusieurs travaux sont venus annoncer des résultats positifs obtenus par inoculation de cancers humains aux rais ou aux souris.

C’est ainsi que MM. Francotte et de Rechter (2) ont injecté chez des souris blanches, dans le tissu cellulaire sous-cutané de la région de l'épaule, du suc cancéreux provenant de l’homme, et ils disent avoir vu se développer chez les animaux inoculés des lésions de nature cancéreuse.

(1) S: Duplay et M. Cazin. Des greffes cancéreuses. Comptes rendus de l'Académie des Sciences. Février 1892.

(2) Francotteet de Rechter. (Semaine Médicale, 1892, p. 482).

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