VE NE
Autant qu'on peut en juger par les descriptions sommaires des lésions obtenues, il s'agissait uniquement de lésions inflammatoires septiques, suivies de gangrène totale du membre supérieur, et laissant un moignon ulcéré, douloureux et induré avec augmentation de volume des ganglions correspondants !
M. Kirket (de Liège) a également communiqué à lAcadémie de Belgique (1), par l'intermédiaire de M. Van Bambeke, la relation des expériences qu’il à faites sur la transmission des tumeurs malignes de l’homme aux animaux. Cinq fois, il a pratiqué des greffes sarcomateuses sur les rats, et chaque fois il aurait obtenu des résultats positifs, consistant dans la reproduction de la tumeur, suivie de mort en cinq semaines. La rapidité de l’évolution suffit pour qu'il soit permis d'élever quelques doutes sur la nature des lésions produites expérimentalement, surtout quand on songe aux difficultés que l’on peut rencontrer quand il s’agit de distinguer certaines productions sarcomateuses au début, de lésions purement inflammatoires. | |
Enfin, le 5 juin 1893, M. Mayet (de Lyon) présentait à l’Académie des sciences une note sur les effets de l’inoculation aux animaux de cancer humain ou de produits cancéreux (2). Dans ce travail, M. Mayet pense avoir démontré, par un fait isolé et que nous allons discuter, « la possibilité de provoquer, chez le rat blanc, des néoplasmes cancéreux par l’introduction, dans l'organisme de cet animal, de substances tirées d’un cancer encéphaloide
(1) Firket. Des greffes sarcomateuses en séries. (Semaine Médicale, 1853, p.38).
(2) Mayet (Comptes -rendus de l'Acad. des Sciences, 5 juin 1893, et Semaine médicale, 1893, p. 283.)
HDI
ge]
de l’homme », et, d'apres lui, à défaut de la production de tumeurs cancéreuses, quelques-uns des autres faits contenus dans son mémoire « tendent à démontrer qu'il peut se développer d’autres fois seulement un état cachectique tardif, sans lésions microscopiquement appréciables, sous la même influence. »
En ce qui concerne les greffes cancéreuses, les résultats de M. Mayet confirment ceux de Fischel et ceux que nous avons nous-mêmes obtenus dans nos tentatives de transmission de tumeurs malignes de l’homme aux animaux ; dans ces expériences, en effet, les greffes de parcelles de tissu cancéreux humain chez le rat blane se sont résorbées sans produire aucune altération locale ni sénérale. Mais, d'autre part, l’expérimentateur lyonnais à introduit dans ses recherches une technique qui jusqu'ici n'avait pas été appliquée aux essais d’inoculation de cancer, et dont nous croyons devoir reproduire la description : |
Une tubeur cancéreuse du sein, enlevée fraichement par M. Poncet, ayant été divisée en très petits morceaux, « les fragments sont plongés dans trois fois leurs ,poids de glycérine pure. On agite fréquemment et on triture, ét après une demi-heure, on ajouie six fois le poids du néoplasme d’eau distillée bouillie et refroidie à la tempé- ‘ature extérieure. Après une demi-heure de macération et d’agitation, on filtre sur un double papier et on conserve dans un lieu frais ce liquide préparé suivant la méthode préconisée par: d’Arsonval pour les sucs organiques (moins la filtration sous pression d'acide carbonique). »
Avec le liquide ainsi obtenu, l’auteur a fait, sous la peau de trois rats blancs bien portants, une première injection d’un centimètre cube étendu d’un volume d’eau
D Li —