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distillée bouillie, puis, dans l’éspace de trois semaines, six injections successives du même liquide, sans addition d'eau, à la dose d’un centimètre eube pour les quatre premières injections el de deux centimètres cubes’ pour les deux dernières. De ces trois rats, l’un était vivant et bien portant, un an après le début de l'expérience; un deuxième est mort subitement neuf mois environ après la dernière injection, sans aucune lésion des organes : le troisième enfin a succombé onze mois après la dernière inoculation ; il présentait dans le rein droit deux noyaux du volume d’un gros pois, constituant « deux ilots de dégénérescence, évidemment cancéreux », et, dans le rein gauche, on pouvait constater l'existence d’une portion de tissu altéré «représentée sur la coupe par une tache blanchâtre marbrée de points rouges, de trois millimètres de diamètre, qui est probablement le même tissu morbide que dans le rein droit, en voie de développement.» Tous les autres organes étaient sains à l'œil nu, à part le foie qui présentait, au niveau du bord de son lobe le plus externe, « une tumeur prise d’abord pour un néoplasme de même nature que celui du rein, mais qu’un examen attentif a démontré développée autour d’un parasite (cysticerque probablement) et de structure anatomique différente. »
L'examen microscopique des lésions rénales a fait penser qu’il s'agissait d’un néoplasme formé de cellules épithéliales, « dont quelques-uns se rapprochaient beaucoup des cellules épithéloïdes du carcinome type. »
Dans une autre série expérimentale, une tumeur cancéreuse de estomac a servi à préparer une solution glycérinée d’après la technique indiquée plus haut, et cinq centimètres cubes de ce liquide, employé à l'état de pureté, ont été
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injectés sous la peau d’un rat blanc, qui est mort brusquement, trois mois plus tard, après quelques jours de dépérissement, sans qu'on ait trouvé aucune lésion d’organe appréciable à l’œil nu.
M. Mayet mentionne enfin une série d'expériences sur laquelle il n’y a pas lieu d'insister ; il s’agit de trois animaux, un lapin et deux rats inoculés, le premier dans une veine auriculaire, les autres sous la peau avec le
produit de la macération aqueuse d’une tumeur cancé-:
reuse triturée; le lapin a malheureusement été sacrifié sans que l’examen de ses organes ait été fait, et, quant aux rats, ils se sont échappés. |
Les expériences faites par M. Mayet, suivant le procédé qu’il indique, se réduisent donc au nombre de quatre, et, sur quatre rats inoculés, un était encore vivant, un autre était mort avec des lésions des reins, sur lesquelles nous allons revenir, et les deux autres avaient succombé sans lésions appréciables. ;
Qu'il nous soit permis ici de formuler une courte objection, C’est évidemment à propos de ces deux derniers rats que M. Mayet émet dans ses conclusions sur les effets de l'inoculation de cancer humain aux rats,
les idées suivantes : «€ Quand la production du néo-.
plasme n’est pas obtenue, l’animal peut succomber à une cachexie tardive, sans altération anatomique appréciable à l'œil nu. Cette cachexie mortelle à pu être obtenue aussi un peu moins fardivement par une injection unique, massive, de liqueur glycérinée préparée avec un épithélioma de l'estomac, sans altération anatomique macroscopique. » Il nous semble que ces conclusions, dans lesquelles l’auteur n'hésite pas à attribuer aux injections de produits cancéreux cette cachexie plus ou moins tar-
dive, sont peut-être hâtivement énoncées, attendu qu’il arrive constamment dans nos laboratoires, de voir des animaux, mourir brusquement après quelques jours de dépérissement, sans lésions macroscopiques, bien qu’on ne leur ait pas inoculé de cancer, et souvent même avant qu'ils aient servi à la moindre expérience.
Mais ce n’est pas là la partie la plus importante du travail de M. Mayet et nous devons nous hâter d'arriver à la “tiscussion du cas dans lequei, il pense avoir provoqué dans l’orgänisme du rat blanc, à l’aide d’injections de « tissu carcinomateux » de l’homme en macération dans la glycérine, « le développement d’un néoplasme évidemment cancéreux. »
Tout d’abord nous devons constater, dans l’observation de M. Mayet, une lacune des plus regrettables dont on pourra apprécier bientôt toute l'importance. L'examen microscopique de la tumeur du sein, qui à servi de point
de départ aux inoculations, n’a pas été fait. Or, nous
sommes parfaitement convaincus de la nature cancéreuse de cette tumeur et nous ne nous permettrions pas d'élever le moindre doute à cet égard ; mais, pour qu’on pût être absolument convaincu que les lésions observées dans les reins du rat inoculé avaient été réellement produites par les injections de la solution glycérinée préparée avec le
‘cancer mammaire, il nous semble qu’il aurait été tout
à fait indispensable de pouvoir comparer ces lésions au cancer primitif. - ‘
Il nous reste enfin à exprimer nos doutes au sujet de ces lésions des reins, considérées en elles-mêmes, à défaut de toute comparaison possible avec le néoplasme malin qui a été utilisé pour les inoculations.
M. Mayet, avec une affabilité dont nous ne saurions trop le remercier, à bien voulu nous envoyer quelques-unes des coupes de reins faites au niveau d’un des noyaux considérés comme composés par un tissu néoplasique de nature épithéliale.
Sans avoir pu faire, d'après ces quelques préparations, un examen absolument complet des lésions rénales — et c'est en cela que notre jugement ne peut avoir quune valeur restreinte, — nous n'avons pu, cependant, acquèrir la conviction que nous étions réellement en présence d'un cancer épithélial, et non pas simplement de lésions inflammatoires plus ou moins anciennes et d’origine indéterminée, analogues à celles que nous avons souvent observées en examinant des noyaux de toutes dimensions si fréquents, soit dans le foie, soit dans la rate, soit dans les reins, chez différents animaux ayant servi à nos expériences ; tout au plus à notre avis, pourrait-on chercher à rapprocher les lésions obstruées par M. Mayet du groupe des productions sarcomateuses, et, à ce point de vue, on ne peut que regretter davantage cette lacune que nous signalions plus haut, au sujet de Ia détermination précise de la nature du néoplasme qui à servi de point de départ à l'expérience.
En résumé, tout intéressant que soit le travail de M. Mayet, les conclusions qu'il renferme demandent évidemment à être confirmées par de nouvelles recherches, avant qu'on soit autorisé @admettre que le cancer humain est inoculable aux animaux par le procédé qu'il nous indique.
Déjà, avant nos recherches personnelles dont on trouvera le détail à la fin de ce mémoire, Schweninger, en 1881, avait constaté la résorption atrophique des fragments de tumeurs creftés dans le tissu cellulaire sous-cutané des animaux, et,
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