‹ Des Origines et des Modes de Transmission du CancerChapitre 19 sur 36 · MAT LE · texte numérisé non relu

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plus récemment (1890) Klebs, ayant inclus dans le péritoine de rats des fragments de carcinome de l’homme, les a retrouvés, quelquelois même légèrement augmentés de volume, après trois el six mois, mais jamais il n’a eu la moindre généralisation, et il en à conclu qu'il y avait eu simplement transplantation de cellules vivantes, sans processus infectieux.

Nous avons nous-mêmes (Expériences 1 à xxIx) inoculé des produits cancéreux de l’homme au chien, au lapin et au cobaye (Expériences 1 à xx1v), et des fragments sarcomateux, provenant du chien, à des lapins et à des rats (Expériences xXXV à xxIx).

Nous avons pratiqué ces inoculations en variant les procédés expérimentaux. Dans certains cas, nous avons implanté directement des fragments de cancer, soit dans le tissu cellulaire sous-cutané, en différents points du corps, soit dans la cavité péritonéale, soit dans Ja tunique vaginale, et, dans quelques expériences, nous avons essayé, par des traumatismes variés, de créer un milieu favorable au développement des néoplasmes.

Dans d’autres cas, nous avons injecté dans le sang ou dans la cavité péritonéale, ou encore dans quelques-uns des organes qui sont le plus fréquemment atteints de cancer, des liquides obtenus en broyant des produits cancéreux dans du bouillon stérile ou dans de l’eau distllée également stérile.

Nous devons ajouter que dans notre première série d'expériences, les fragments inoculés provenaient de tumeurs enlevées quelques instants auparavant el présentaient par conséquent toutes les conditions de vitalité désirables.

Enfin, grâce aux précautions antiseptiques, nous n’avors jamais eu, sauf dans un cas (Expérience xvi), le moindre

accident de nature à compromettre les résultats de nos expériences.

Dans la majorité des cas, nous avons choisi, pour ces inoculations, des cancers épithéliaux (épithéliomes ou carcinomes); dans quelques cas seulement nous avons employé d'autres néoplasmes, tels que des sarcomes, des lymphadénomes. | Or, les résultats de toutes ces expériences ont été uniformément semblables. Quels qu’aient été le procédé d’iroculation, le tissu cancéreux employé, l'animal inoculé, en aucun Cas il n’y a eu production de néoplasme cancéreux.

Les injections intra-veineuses, chez les animaux sacrifiés plus de trois mois après, n’ont pas laissé de traces appréciables à l'examen le plus minutieux des viscères. thoraciques et abdominaux.

Quant aux fragments inclus dans les tissus, ils ont d’abord provoqué autour d'eux une réaction inflammatoire se traduisant par une augmentation de volume qui, parfois, a pu, dans les premières semaines suivant l'inoculation, nous faire croire au développement et à laccroissement du tissu néoplasique implanté; mais, après s'être en ‘quelque sorte enkystés dans les tissus, ils ont constamment fini par être complètement résorbés, de sorte qu'à l’examen microscopique On ne pouvait même pas en retrouver la moindre trace, chez les animaux sacrifiés, après huit, six ou quatre mois, et mème quelquefois | après quelques semaines seulement. Ainsi que nous avons pu nous en rendre compte en sacrifiant les animaux à des intervalles variés, le processus est toujours le même: dès les pre- : miers jours de l'inclusion, le fragment implanté, bien que faisant absolument corps avec les tissus voisins, a perdu toute vitalité, au point que, sur des coupes pratiquées en

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vue de l'examen microscopique, on ne peut plus arriver à colorer les noyaux des cellules du tissu néoplasique greffé; autour de ce fragment qui, comme tout corps étranger , provoque ces phénomènes de réaction défensive des tissus qui ont été si bien étudiés par M. Metchnikoff, on constate un afflux considérable des cellules mobiles, dont le rôle phagocytaire a précisément pour résultat d'amener, après un temps plus ou moins long, suivant son volume, la résorption complète du fragment implanté.

Depuis la publication des résultats de nos premières expériences, nous avons continué à multiplier nos essais d'inoculation de tumeurs malignes de l’homme aux animaux, sans obtenir un résultat positif, Nous avons pourtant cherché, dans quelques cas, à modifier la technique employée précédemment, en employant pour nos inoculations, non pas des fragments de tumeurs cancéreuses Iraichement enlevées, mais des pièces conservées pendant un temps variable, à l’abri des germes extérieurs, suivant l’idée ingénieuse émise par M. Metchnikoff (1). D'autre part, la durée de nos expériences a pu être prolongée davantage, grace aux animaux provenant de notre première série, et dont quelques-uns ont pu être conservés pendant plus d’une année.

Malgré cela, tous les résultats de nos inoculations ont été négatifs, et jusqu'à ce que des faits suffisamment probants aient démontré la possibilité de la transmission du cancer de l’homme aux animaux, ou des animaux à d’autres animaux d'espèces différentes, nous sommes en droit de nier la contagion directe des cancers d’une espèce animale à une autre espèce.

(1) Metchnikoff. (Ann. de l’Inst. Pasteur, 1892, p. 159.)

Cazin, — 4.

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De plus, en présence du nombre, aujourd’hui considé- rable, des expériences absolument négatives, alors même qu'on viendrait nous apporter des faits positifs indiscutables, nous pourrions encore affirmer que ce mode de contagion est tout à fait exceptionnel et ne ressemble en rien à ce que l’on observe d'ordinaire pour les maladies véritablement contagieuses. | A

90 Essais de transmission de l’homme à l’homme où d'un Rs individu d’une espèce animale à un autre individu de la même espèce, — On connaît la tentative célèbre d’Alibert, qui fit sur lui et sur quatre autres personnes des inoculations du cancer restées sans aucun résultat. Cette ane tentative n’a pas eu beaucoup d’imitateurs et c’est sur- 0 tout chez les animaux qu’on à multiplié les expériences ‘4 de ce genre, dont la valeur est, d’ailleurs, aussi grande F5

que celles qui auraient pu être faites sur l’homme puis- s qu'on rencontre chez eux toutes les variétés de cancers 4 humains.

Toutefois, il faut bien savoir qu’il existe chez les animaux un très grand nombre de tumeurs, d'apparence maligne, et qui sont en réalité d’une bénignité absolue au point de vue des généralisaiions et des récidives, de SA sorte qu'on ne doit pas les comprendre, sans quelques . De 3 restrictions, dans les recherches de transmission de cancer. Comme d’autre part, nos connaissances de l’his- | ! ' tologie comparée des tumeurs des animaux sont assez | incomplètes, il est absolument nécessaire, pour donner aux expériences une véritable valeur, de s'assurer de la nature exacte des néoplasmes qu’on rencontre, spontané- | ment développés, chez certains animaux et qu’on cherche 4 ensuite à inoculer à d’autres animaux de la même espèce.

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