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C'est ce que n’ont évidemment pas toujours fait les expérimentateurs, et cette raison peut suffire, dans bien des cas, à diminuer l'importance des résultats obtenus par eux. Nous avons pu, à deux reprises différentes, nous convaincre, dans nos propres recherches, de l’importance de cette considération, lorsque nous avons réussi à obtenir, chez un rat, d’une part, et sur une série successive de quatre chiens, d'autre part (Expériences LXIV, LXV, LVXI et LxxIv) des tumeurs expérimentales résultant de grefies prélevées sur des tumeurs spontanées qui, d'après leur structure, ne doivent pas être considérées comme cancéreuses ; c’est pourquoi, dans les expériences auxquelles nous faisions tout à l’heure allusion, nous n’avons pas tenu compte de ces résultats qui feront l’objet d’un travail ultérieur.
Résumons brièvement les faits déjà multiples qui ont été publiés au sujet des essais de transmission expérimentale du cancer chez des animaux de même espèce.
Citons d’abord les faits négatifs obtenus par de nombreux expérimentateurs tels que Jeannel, Doutrelepont, Leblanc, Paul Bert, Senn (1), Rinne (2) (du chien au chien), Paul Bert (du chat au chat), etc.
Ces faits négatifs ont tout au moins l'importance du nombre, et l’on doit en tenir compte lorsqu'on discute la question de la contagion du cancer, surtout lorsque l’on compare, comme on le fait souvent, le cancer à la tuberculose, pour laquelle les mêmes expériences sur les animaux ne donnent cependant pas de semblables échecs. |
En opposition avec ces résultats négatifs, quelques faits
(4) Senn. Loc. cit., p. 29%.
(2) Rinne, 18° congrès de la Soc. allem. chirurgie de Berlin, août 1889.
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positifs ont été rapportés, parmi lesquels ii en est d'anciens sur lesquels nous n'avons eu que peu de renseignements, et qui sont, par conséquent, discutables dans une assez longue mesure ; c’est ainsi que dans une expérience de Goujon, la transplantation chez un cobaye d’un fragment de cancer épithélial, provenant d’un animal de mème espèce, aurait
été suivie de généralisation en quinze jours !
Klencke rapporte un fait qui mérite davantage de fixer l’attention, en raison de la durée plus vraisemblable de l’évolution du néoplasme expérimental obtenu par lui : il aurait vu se développer sur un cheval une tumeur mélanique locale, quatre mois après une inoculation sous-cutanée de sue provenant d’un cancer pigmentaire observé chez une jument.
Plus récemment, Wehr (1), sur 26 expériences dans lesquelles il a greflé sur des chiens des fragments de carcinome spontané du chien, parait avoir obtenu un résultat positif, un des chiens inoculés étant mort de carcinome généralisé.
La mème année, Hanau (de saint Gall) (2), greffait dans le scrotum de deux vieux rats, des fragments d’épithélioma pavimenteux à globes épidermiques provenant de la vulve d’un animal de la même espèce, et l’un de ces rats mourait, sepl semaines seulement après l’inoculation, avec des lésions cancéreuses généralisées dans le péritoine et les ganglions de l’aisselle et de laine: l’autre rat succombait également un peu plus tard à des lésions de même nature ; enfin, chez un troisième rat, M. Hanan a obtenu expérimentalement une généralisation cancéreuse identique
(4) Wehr (Semaine médicale, 1888, p, 436 et Arch. f. Klin, chir,, 4889, XXXIX, -p. 226).
(2) Hanau (Semaine médicale, 1889, p. 437 et 142, et Fortschr. der Med., VIII, 1889).
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à celle qu'il avait observée dans ses deux premières observations. Nous avons eu l’occasion, grâce à l’obligeance de M. Hanau, d’avoir sous nos yeux des photographies et des préparations se rapportant à ces trois cas, et il ne saurait y avoir le moindre doute sur la nature des néoplasmes décrits par lui chez ses rats inoculés; leur structure est identiquement semblable à celle de la tumeur qui avait servi de point de départ aux expériences.
IL est cependant un fait qui, dans ces résultats si intéressants, est assez surprenant, étant donné ce que nous observons habituellement dans la marche et l’évolution des affections cancéreuses : c’est la rapidité avec laquelle, surtout chez le premier rat inoculé, le développement et la généralisation des lésions cancéreuses ont dû se faire à la suite de la greffe. En présence de trois faits aussi nets, ik n’est euère possible de songer à une simple coïncidence, tandis que: s’il s’agissait d’un fait isôlé, on serait en droit de se demander si l’animal porteur d’un cancer apparent à la vulveetl’animalinoculé,ayantune commune origine, n’avaient pas été l’un et l’autre atteints spontanément du cancer,
M. Hanau a essayé de continuer, avec les matériaux précieux qu'il avait entre les mains, ses inoculations en série, chez des animaux de la même espèce, malheureusement cinq nouvelles expériences ont échoué, à cause d'accidents d’infection septique ou d’autre nature, et cette série de recherches sur la contagion du cancer, si brillamment inaugurée, s’est trouvée interrompue. i
Les faits publiés par notre savant confrère n’en constituent pas moins les’documents les plus précis et les plus
détaillés que nous possédions au sujet des résultats positiis
obtenus dans les essais de transmission du cancer chez les
animaux,
C'est ainsi que nous avons trouvé mention d’un fait de Pieifer, relatif à la transplantation, suivie de succès, d’un cancer mélanique d'une souris sur une autre souris, mais nous n'avons pu nous procurer les détails de cette expérience,
M. Von Eiselsberg (1) a, de son côté, obtenu chez le rat une tumeur expérimentale, après transplantation dans le péritoine de fragments prélevés sur une tumeur spontanée d'un animal de la même espèce, mais il s'agissait dans ce cas d’une fibrosarcome, et non pas d’un cancer épithélial.
Enfin nous devons rappeler les expériences faites chez les souris par M. Morau (2), et dont les résultats ont été brièvement résumés dans plusieurs notes présentées à la Société de biologie et plus récemment dans une communication à l'Académie des sciences ; la tumeur primitive qui a servi de” point de départ à ces expériences, était, d’après M. Morau, un épithélioma cylindrique, et il lui a suffi d’injecter chez d’autres souris, dans le tissu ‘cellulaire des régions inguinale et axillaire, du sue provenant de cette tumeur pour obtenir le développement, dans ce tissu cellulaire sous-cutané, de tumeurs présentant tous les caractères de la tumeur primitive.
Ces expériences, si réellement elles ont donné de semblables résultats, ont une très grande importance, et l’on ne peut que regretter que leur auteur n'ait pas cru devoir les exposer dans un travail complet, avec les figures nécessaires pour lappréeciation et le contrôle des faits avancés. j
Nous avons, de notre côté, fait un assez grand nombre d'essais de transmission de tumeurs du chien au chien et du rat au rat. (Expériences XxXX et LXXXIV).
(4) Van Eiselsberg, (Wien. Klin. Wochensehr, 1890, p. 927.) (2) Morau, (Semaine médicale, 1891, p. 191 et 1893, p. 425.
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AS | Nos expériences, en ce qui concerne la transmission directe dans une même espèce, sont au nombre de cinquantequatre, et, nous devons l'avouer, quel qu’ait été le procédé FE employé, tous nos résultats ont été négatifs, chaque fois 1 E }
ce qu'il s'agissait de fumeurs nettement cancéreuses. i£
| Dans quelques cas nous avons eu, il est vrai, des résultats positifs (Expériences LXIV, LXV, LXVI €f LxxIv). Nous avons vu, en effet, des tumeurs expérimentales se développer à la suite d’inoculations faites avec des fragments de tumeurs spontanées provenant d'animaux de la même espèce.
et Nous avons obtenu, notamment chez un rat, consé- hé t : : : . ; Le OT cutivement à une inclusion sous-cutanée au niveau d’une 42
LÉ mamelle, une volumineuse tumeur expérimentale qui ne M:
Fe: 3 | pesait pas moins du quart du poids total de l'animal. | : C’est dans ce cas que, pour la première fois, nos inoculations ont été suivies de succès ef que nous avons assisté à Vévolution d’une tumeur dont le point de départ avait été une greffe de tissu néoplasique, puisque des expériences Mr de contrôle, où toutes les conditions de l’expérience à laquelle | nous faisons allusion ont été reproduites minutieusement, sauf l'inclusion d’elle-même, n’ont donné aucun résultat
comparable.
Malheureusement, l'examen histologique nous à montré | que notre tumeur expérimentale, aussi bien d’ailleurs que % : la tumeur primitive, présentait tout à fait Ja structure d’un = fibrome mammaire ; si, en raison du caractère évident de persistance et de tendance à l’accroissement indéfini, nous
RES étions parvenus à réaliser la transmission directe d’un 74 ce EE véritable néoplasme d’un individu à un autre individu de , la même espèce, nous étions simplément en présence 4
d’un néoplasme infectieux bénin, qu’une étude plus com- 3
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