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La théorie bactérienne est actuellement jugée et tout le monde est d'accord aujourd’hui pour ne considérer la présence de bactéries dans les tumeurs malignes que comme le résultat d’une infection secondaire ou d’une erreur de technique.
THÉORIE PSOROSPERMIQUE. — Jusque dans ces dernières années, à part quelques faits rares, on n'avait guère parlé de sporozoaires en pathologie humaine. |
La première observation de coccidies chez l’homme remonte à 1858 (1). Il s'agissait d’un homme mort de péritonite dans le service de Gubler, après être entré à l'hôpital Beaujon pour des troubles digestifs et une chloroanémie profonde. A l’autopsiée on trouva dans le foie un certain nombre de tumeurs, dont le volume variait de celui d’une noix à celui d’un œuf; une seule d’entre elles atteignait des dimensions beaucoup plus considérables et présentait un diamètre de 12 à 15 centimètres environ. La plupart de ces tumeurs étaient constituées par une substance caséeuse ou même franchement liquide, dans laquelle on rencontrait une grande quantité de corpuscules que Gubler considéra comme des œufs de distome et qui, d’après tous les auteurs qui rapportent ceite observation, devaient être de coccidies.
Dans une observation analogue, Virchow (2) trouva, en 1860, à la surface du foie d’une vieille femme, une sorte de tumeur constituée dans sa partie centrale par une masse caséeuse qui renfermait un grand nombre de petits kystes ovalés, contenant souvent des corpuscules arron-
(4) Gublér, Mém. de la Soc. de Biol. 1858, et Gaz. méd. de Paris, 1858, p. 657.
(2) R. Virchow. Helminthologische Notizen et Zur Kenntniss der Wurmkneten, XVIII, p. 523, 1860.
dis : il s’agissait certainement de parasites, que Virchow regarda comme des œufs. de pentastome, tandis que Ja plupart des auteurs leur ont donné une autre interprétation et les ont considérés comme des coccidies enkystées dont le contenu était formé, pour beaucoup d’entre elles, par des spores en voie de développement. On cite enfin un cas de Dressler (de Prague), et, d’après Leuckart, deux autres cas, où des coccidies ont été. rencontrées dans le foie de l’homme.
A part ces faits rares, il n'avait donc pas été question de sporozoaires en pathologie humaine jusque dans ‘ces derniers temps. Depuis quelques années, au contraire, les travaux relatifs aux protozoaires parasites de l’homme se sont multipliés considérablement, et un assez grand nombre des formes qui ontété décrites ont, été rangées parmi les sporozoaires, et de -préférence parmi les coccidies.
En 1884, MM. Pitres et Künstler (1) ont publié l’observation d’un homme atteint depuis deux ans d’une pleurésie avec épanchement purulent, dans lequel ils ont rencontré des spores renfermant de 10 à 20 corpuscules falciformes : ces auteurs ont considéré ces productions comme des sporozoaires, très voisins des coccidies, et les planches qui accompagnent leur description pe laissent aucun doute sur la nature de ces parasites.
Deichler (2), dès 1886, a signalé dans la coqueluche des formations qui existent dans le mucus des voies aériennes et qu'il a considérées successivement comme
(1) Pitres et Künstler, Sur une psorospermie trouvée dans une humeur pleurétique. (Journal de Micrographie, 1884).
(2) Deichler. Ueber parasitäre Protozoen in Keuch hustenauswurf(Zeitsch, f. wissensch. Zool, +. 43, 1"° partie, 1886).
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des sporozoaires, puis comme des infusoires ciliés ; mais il n'a pas apporté, dans son texte et dans ses dessins, de preuves suffisantes à l’appui de ses assertions et, d'autre part, il ne paraît pas s'être mis suffisamment en garde contre les erreurs d'interprétation auxquelles peut conduire l'observation des leucocytes et des- cellules ciliées dégépérées, notamment dans les différentes phases que présente la dégénérescence muqueuse des cellules des voies aériennes.
Plusieurs auteurs ont signalé des coccidies dans l’épithélium intestinal de l’homme; Eimer, notamment, en examinant les préparations de l'institut anatomo-pathologique de l’Université de Berlin, a retrouvé un certain nombre de fois des coccidies, aussi bien dans la muqueuse que dans le contenu de l'intestin, et il pense que ces parasites sont beaucoup plus fréquents chez l’homme qu'on ne Pa cru jusqu'ici. e
Podwyssozki (1) a décrit dans le foie des coccidies disséminées dans le tissu hépatique, et il considère ce fait comme n'étant pas extrêmement rare, ayant pu retrouver quatre cas de ce genre dans sa collection de foies pathologiques. Il en résulterait, d’après lui, que les coccidies ‘jouent un rôle important dans la production de certaines cirrhoses du Îoie, par la destruction des cellules hépatiques dans lesquelles vivent les parasites, et par l'irritation exercée sur le tissu conjonctif interlobulaire et intralobulaire.
Il est difficile d'admettre sans contrôle l'existence de ce Karyophagus hominis, dont les premiers stades de développement, d’après Podwyssozki, apparaissent comme une vésicule homogène à l’intérieur des cellules hépatiques, et
(1) Podwyssozki. Ueber die Bedeutung der Coccidien in der Pathol. des Leber des Meschen (Centr. f. Bakt., 1889, T. VI, p. 41).
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sont tellement semblables à la dégénérescence vacuolaire de la substance nucléaire, qu'il est souvent impossible de distinguer le parasite d’une vacuole ; les stades ultérieurs se caraCiériseraient, au contraire, par l'existence d’une membrane à double contour et d’une ou plusieurs spores sphériques à l’intérieur des parasites.
Des coccidies ont été signalées dans l’uretère de
l'homme. M. Bland Sutton, notamment, a présenté à la
Société pathologique de Londres une pièce provenant du Musée de Middlesex Hospital et désignée au catalogue sous le nom de kyste muqueux de l’uretère ; dans cette pièce on trouvait, immédiatement sous la muqueuse, des kystes renfermant des coccidies tout à fait semblables à celles du foie du lapin (1). |
C’est Neisser qui parait surtout avoir contribué à répandre l’idée de considérer comme des parasites intra-cellulaires du groupe des coccidies un certain nombre de formations diverses que la plupart des anatomo-pathologistes avaient rencontrées plus ou moins souvent dans les coupes de tissus néoplasiques, sans leur attacher une signification précise.
Neisser, en effet, a publié en 1888 un travail important dans lequel il considére les céllules globuleuses de l’acné varioliforme comme des cellules épithéliales remplies de parasites appartenant au groupe des coccidies; sur les préparations fraîches, on peut observer, d’après lui, à l’intérieur des cellules, de très petits corpuscules qu’il considère comme des spores, et qui sont très difficiles à distinguer après durcissement du tissu, soit dans l’acide chromique, soit dans l’alcool. Neisser décrit même des stades plus déve-
(rkMaurice Cazin. Les Sporczoaires, Semaine médicale, 1891, p. 355.