ORIGINES ILLTKISNNES KT POLONAISES. ' U
nais primitifs, mais eucore par toute la famille des peuples, dont les Polonais ne sont qu une fraction. On me demandera peut-être de préciser enfin quel fut le nom particulier et spécial, le nom distinctif des Sla- Tes de la Pologne. Les géographes de Tantiquité nous montrent à plusieurs reprises sur la Vistule un peuple nommé Lyges (Lygii). Puis, si nous interrogeons le père de r histoire slave, Nestor, il nous répond par ces mots : « Tous les riverains de la Vistule se désignent chez eux sous le nom national de Liakhs. Les Polènes, les Lutitses, les Mazoviens, les Poméraniens, toutes ces peuplades entre elles s'appellent Liakhs. » Quelque ancienne que soit, comme on le voit par Nestor, cette expression de Liakh, nous ne voyons cependant pas qu elle soit primitive. La forme originelle doit avoir été Lickh, au pluriel Liekhovi. La forme Liakh ne date sans doute que de T époque où les Polonais changèrent ïie slavon en ta, et prononcèrent miasto, viara, au lieu de miesto et viera.
Cent ans après Nestor, Gallus ne désigne jamais les diverses tribus de la Pologne que par leur nom local ; et réserve le nom de Lekh Lecbek ou Lescik pour désigner des princes. Les Byzantins paraissent même ignorer complètement cette expression : Chafarjik ne Ta rencontrée que dans lu seul chroniqueur Rinuanamos qui laii 1147 appelle les Polonais Af^ci. Ce n'est guère qu au treizième siècle que ce nom commence à paraître comme nom national dans les chroniques indigènes.
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Enfin dans Kadlubek on trouve constamment employés comme synonimes les denx mots Lecbitae et Poloni. Ce dernier mot de Poloni désignait^ on le sait, les habitants des polés ou des plaines. Aussi le géographe Gervasius écrivait au treizième siècle : Polonia sic dicta est in eorum idiomate quasi campania. Il est en effet conforme au génie slave, de donner aux peuples des dénominations en rapport avec les lieux qu ils occupent. Ainsi ont reçu leur nom les Lusaciens de Lug, marécage ; les Drevliens de Drcvo, forêt; les Polabes de leur fleuve, la Laba ou V Elbe. Il semblerait donc que le mot de Lekhs ne fut employé primitivement que par une sorte cl* opposition au mot de Croates ou montagnards. Voilà pourquoi il ne devint le nom national du pays que quand la puissance polonaise fut tout à fait descendue des Karpathes. Il est remarquable qu'encore aujourd'hui les Polonais de ces montagnes désignent exclusivement sous le nom de Lekhs leurs compatriotes établis dans les plaines ^
J'avoue toutefois que cette opinion sur le véritable sens du mot Lekh n'est point celle de la plupart des savants. Plusieurs d'entre eux, surtout Lelevel ont cherché à prouver que les Lokhs, Liekhs ou Liakhs du moyen-àge descendaient des anciens Lyges ; que ces Lyges n'étaient qu'une horde de cavaliers sarmates qui vint à une époque inconnue subjuguer les iu-
^ Chafarjik, Antiquités slm^es.