il
461 LS MONDE SLATl.
du Dniepre comme une tribu lekhite ; et la géogra** pbie <}u moyeo-âge nous montre sur la Vistule on autre district , également nommé Kuïavie , et où se trouvait Kruchvits, première capitale des rois Lekhs. Quelque étendue que fut la Pologne i^ers rorientj c'était néanmoins vers Toccident qu'elle envoyait le plus de colonies , et qu'elle avait ses principales annexes. Parmi ces branches détachées de la «ouche po«> lonaise, mais qui lui restaient associées par la langue et les mœurs , se distinguaient les Lujitchaui {LtASQ' ciens)y et la belliqueuse nation des Viltses ou Vilki. Les Porusses, ancêtres des Prussiens, sont également désignés par ]\Iartin Gallus comme frères de sang des Polonais. Les migrations continuelles des barbares de Germanie vers Tempire romain, laissaient dans le nord de vastes provinces vides , où se précipitaient des colonies slaves venues de la Pologne. Ainsi, au troisième siècle , la peuplade teutonne des Silinges ayant passé en Hongrie, et de là dans les Gaules, les montagnes abandonnées par eux se remplirent de Slaves qui , gardant le nom de leurs prédécesseurs, 8* appelèrent Slenzani, Silesiens, et donnèrent le nom de Slenza à leur principale rivière , nommée par les Allemands la lx)be. i^a Silésie n'était encore au onzième siècle qu un tout petit district, dont les seigneurs par d'habiles alliances étendirent peu à peu leurs domaines, au point d'en faire au quatorzième siècle un vaste duché, mais dont les habitants étaient tous Polonais de langue et d'origine. Il semble même qu'une grande
ORIGINES ILLYtdENNES £t POLONÀISIS. 463
partie de la Moravie ait été peuplée par des colonies lekhités. Ce fait excuse jusqu'à un certain point ceux des historiens polonais qui voient dans le primitif empire moravc une création des Lekbs. Du moins est-il certain que cet empire, s* appuyant à la fois sur les Vendes du nord et sur les Vendes du midi, comprenait parmi ses provinces une grande partie de la Pologne. Mais comme il avait des feudataires jusque sur r Adriatique, on pourrait tout aussi bien le rattacher à riUyrie qu'à la Pologne. En réalité, Fempire morave tenait à ces deux pays à la fois; et son aigle, qui très probablement était déjà T aigle blanc, du haut des Karpathes où il planait, aurait pu tremper une de ses ailes dans la Baltique et l'autre dans la mer de Venise. Voilà ce que produisit dès l'origine l'alliance de la Pologne et de Tlllyrie.