DBS COLONIES POLONAISES DANS LA RUSSIE PRIMITIVE
Le plus ancien chroniqueur parmi les Slaves du nord, et r autorité la plus compétente pour les antiquités russes, est Nestor. Ce moine ruthénien, mort en 11(5, mentionne par leur nom et dans le plus grand détail toutes les tribus slaves de la Russie primitive. Or, parmi toutes ces peuplades, celle qu*il peint et montre sans cesse avec le plus de plaisir, celle à laquelle il revient continuellement, comme à la source d'où toutes les autres sont sorties ; c est
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celle des Porianes ou Polanes. Leur capitale était Kiïœv, dcTenae plus tard capitale de tontes les Bussies. Trois frères polanes, Kii, Ghtchek et Kboriv s'étaient établis, saivant Kestor, sur trois collines an bord du Dniepre, et y avaient construit cette ville qm le ciel appelait à rivaliser bientôt avec Byzance.
Nestor indique clairement que ces Polanes arrivaient du bassin de la Vistule, où Ton trouve en effet le district de Kuïavie, centre de la puissance des premiers rois lekhites, qui peut très bien avoir trans* mis son nom à la Kiïovie postérieure des bords du Dniepre. Le chroniqueur des Petcheries continuant son récit à la façon biblique, nous montre deux aa« très frères, Badim et Viïatko, chacun avec sa tribu, émignnt à leur tour du pays des Lekhs vers F orient où ils deviennent les pères des deux peuplades russes des Badimitches et des Viïatitclies, établies la première sur la Soja, la seconde sur TOka.
Passant ensuite à une autre série de peuplades, d'origine évidemment plus ancienne, Nestor met en tète les Dulïebes ou Dulebes qui, dit-il, a habitaient sur le Bug là où sont aujourd'hui les Veliniani. » Dis« séminés du Dniestre au Danube et à la mer Noire, leur pays présentait une longueur énorme, mais sans profondeur ; aussi furent-ils vite subjugués. Les Dakbes paraissent identiques aux Bujaiii auxquels le géographe de Munie donne deux cent trente et une villes, et qui se fondirent plus tard dans lesVolintsi, Voliniena Hinsi nommés de leur capitale Yolin, cité jadis puia*
éaote entre I^pol et Vladimir. Une partie de ce ptHipIe portait le nom de Drevliani ( les ApeCxevhoi de Constantin Porphyrogenète). C'étaient les habitants êé la Derevie ou pays des forêts, situé à la base nordeèt des Karpathes. Les Drevliens avaient pour villes Korostène, Turov et Ovrutch ; ils se trouvaient à Touest des Polanes dont ils étaient les ennemis mortels, probablement parce que les Polanes arrivés •près eux dans la Polé, les en avaient chassés et refoulés vers les forêts des Karpathes. Aussi Nestor kttribue-t-il l'entrée des Kozars dans Eiïœv au désir qo* avaient les Polanes de se débarrasser des incursions de leurs voisins Drevliens.
Nous citerons encore une dennère peuplade, celle
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des Krivitches, qui paraissent aVôir renoué les peuplades karpathiques avec celles du nord russe. Tver, Smolensk, Polotsk, Vitebsk, Izborsk et Pskof étaient des villes krivitches. Le nom de cet ancien peuple se conserva dans la Bussie-BIanche jusqu*au quatorzième siècle où le général allemand Henri, en lutte avec les IJtvaniens, envahit, disent les chroniqueurs, le pays des Krivitches, leur enleva la ville de Novogrodek, mais assiégea vainement leur citadelle Krivitchi (Crivitz castrum) sur le Niémen. L'existence d'une tribu finnoise ou litvanienne des Krevingi sur la lisière de la Samogitie, a fait croire à Scblœzer que les Krivitches étaient aussi eux des Finnois; mais tous tes noms de leurs villes sout rigoureusement slaves ; et fe «byzantin Constantin Porpbyrogenfte loi-mèôié
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les reconnaît pour tels, car il dit d'eux : « Les R^/Ciyrecttivot et les autres Slaves autour de Riïœv bâtissent en hiver sur leurs montagnes des barques {fioyo^uXct)^ qu'ils lancent parles torrents avec la fonte des neiges, jusque dans les golfes qui les avoisinent. »
Ce texte du premier auteur grec qui ait mentionné les Krivitches, les rattache évidemment aux Karpatbes. Cependant Cbafarjik qui les prétend issus des Carvanes de Ptolémée, malgré Fénorme dissonance qu'il y a entre ces deux noms, se refuse à admettre leur affiliation avec les Rr>vitses ou Rrovitses de rillyrie primitive qu il soutient être d'origine thracienne, afin qu'ils ne gênent pas son système. Comme il lui faut absolument un berceau slave quelconque au fortd du nord, Chafarjik place donc le berceaa des plus anciens Slaves de Russie aux bords dn tàè
Ilmen, où sons le nom de Slovènes il leur fait fonder Novgorod dès avant Jésus-Christ. L* antiquité de cette ville ne saurait certes être contestée ; son orlgine remonte au-delà des temps historiques. LïeA de station des caravanes et du commerce entre la BaU tique et la mer Noire, elle était déjà florissante ^s le sixième siècle de notre ère, et un objet d'envié pour les avides Normands de la Scandinavie qui ne se donnèrent pas de repos jusqu'à ce qu'ils s'en fussent emparés Appelée Naugarden par les Germains, fuya ^oSoyop^av par Ics Grecs, cette cité en gagnant la prédominance et le rang suprême parmi les cités' russes, marque pour elles le débat d'unenoùyeUe^n!
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politique, l'ère des invasions normandes. Cette ère dot pour la Russie F époque lekhite, elle met fin aux invasions et à la prédominance des Lekfas, qui commencent dès-lors à évacuer peu à peu les stepes d'au-delà du Dniepre, les abandonnant partie aux nomades, partie aux conquérants Scandinaves. Ainsi après les colonies polonaises en Russie arrivent les colonies normandes.