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DES ORIGINES ILLYRIENNES ET POLONAISES

DES KiRPATHBS ET DU PEUPLE GUERRIER DES KiRPI OU KHROBITI

•oBtidérc^f comme point de départ def quatre niitioBf ilavei.

La science place ordinairement dans les montagnes le berceau des nations; celui des Slaves, nous Tavons déjà démontré, se cache au fond des gorges qui descendent de la crête dos Kiirpathos au Danube. Cet antiques Karpathes, le KâtpTJcrifc opoq de Ptolémée, que quelques auteurs prétendent avoir été déjà connus d* Hérodote, dans lequel ou trouve mentionné un fleuve Karpis et une île de Karpathos; cette gigantesque cbaine forme réellement Tartère vitale du monde slave. Devant ces sommets granitiques, qui s étendent de la Silésie prussienne a la mer Koire, et dont les dernières racines vont se dérober à Tœil sous les murs de Coustantinople, au pied de ces remparts naturels la toutd^puissance des conquérants s'arrête. L'Autriche, It Turfuit et It Spssie n ont po josqu à c% jouf

dompter qu'imparfaitement les montagnards des Rarpalhfs.

Quant au nom même de ces montagnes, son origine slave ne peut être contestée. Aujourd'hui encore le mot khreb ou khorba signifie en illyrien une montagne et khrbet un dos : en russe, khrebet désigne une sucsession de sommets, comme Furalskoï khrebet, le kamtchatskoï khrebet. Le nom de Krapaks, venu du polonais krepak et faussement donné en français à la chaîne entière, ne désigne dans le pays qu'un de ses plus hauts sommets. Il est du reste assez singulier que le nom même de Karpathes soit maintenant oublié des Slaves ; les Russniaks de la Hongrie seuls disent encore khrbi ou khorbi ; les autres Slaves disent généralement Tatry . Quelques auteurs polonais ont voulu faire dériver ce nom des Tatars ; mais Chafarjik prouve qu'il est antérieur à l'arrivée en Europe des hordes de la lartarie. Dans le diplôme de fondation de Tévèché de Prague, de l'an 973, conservé par Cosmas, on Ut déjà : Montes quibus nomen est Tatri.

Au temps des Romains, quand tous les Serbes, ou Slaves alors connus, étaient devenus les serfs (servi) des maîtres du monde, la chaîne des Karpathes abritait dans son sein les dernières tribus libres. Les incursions de ces Slaves indépendants troublaient le repos des Césars, et ce fut pour l'empire romain une bonne fortune, lorsque cinquante ans après Jésus- Christ, sous l'empereur Claude, les lazyges, venus de U mer Moire sur la 1 issa en Hongrie, y subjuguèrent

OUIGINES ILLTRIENNKS IT POLONÀISSS 409

les indigènes et fondèrent un empire composé de deux races d'hommes que Tbistoire romaine appelle, les uns Sarmatœ liberi, les autres Sarmatœ servi. Ces Sarmates serfs ne peuvent guère avoir été autre chose que des Serbes ou Slaves. Ils étaient laboureurs; ils avaient des villes et des villages en bois , et prati* quaient la navigation et le commerce ; tandis que leurs maîtres iazyges vivaient sans cesse à cheval , et sans autre habitation que leurs tentes dans les gras pâturages du Danube et de la Tissa.

Il parait que la domination des Iazyges ne dura pas longtemps : car Tannée 180 on voit les Slaves des Karpathes, sous le nom de Karpi et de Karpiani, attaquer les stations romaines du Danube , et obtenir des Césars la promesse d*un tribut annuel. Au troisième siècle leurs invasions recommencent. Zozime constate une victoire remportée sur les Karpi par le géuéral Émilien ; puis Tempereur Yolusianus les repousse hors de r empire, et fait frapper à ce sujet une médaille commémorative de sa victoire sur les peuples qu'il nomme Yenèdes '. Une autre médaille, de l'an 218,

^ On conserve de cette médaille des exemplaires avec exergues dans les deux langues grecque et latine. Sur les exemplaires grecs on lit : ATT. K. FA. *IN. TAA. OTENû OTOAOTLIANOC. lEB.

C'est-à-dire i Kùroxpârup Kahccp Tav^âXtxoq ^hvtxoç FaA/ycT/xoç Oùév^ixoç OùoXou(Tiavàç £e«a<rrrfç.

Les exemplaires latins portent avec d'autres mots la même exergue : IMP. C. VA. F. GAL. VEND. VOLUSIANO. AUG.

Lisez : Tmperatori Caesari Vandalico Finnico Galindico Yendico Volusiano Augusto. (f^oir Vaillant, t. 2, p. 351.)

140 t> MOtfDB SLàTI.

mentionne également un nouveau triomphe de réitl« pereur Philippe l'Arabe sur ces peuples. Mais sani cesse repoussés, les Venèdes des Karpathes revenaient sans cesse à la cliarge. Enfin, eu 295, Galerius, pour mettre un terme à leurs dévastations, résolut d* aller attaquer les Venèdes dans leurs montagnes même ; et en 305 il en déporta violemment Un ghind nomhhs vers le sUd, dans les plaines de rillyrie.

Ynilà donc le nom de Venèdes qui reparaît sous la plume des historiens romains, pour désigner un peu* pie nouveau de montagnards karpathietis. Nous avons déjà vu les premiers Venèdes, vers Fan .188 aVant Jésus-Christ , eh lutte avec les Gaulois qui avaient quille leur patrie au nomhrede 300,000 Ci)mhattantS, sous la conduite de fiellovèse n Ces émigrants, dit Fauteur romain Justin , ayant consulté le vol des ol* seau% ( car on sait que les Gaulois excellent dans lA science des augures ), se décidèrent à fixer sur les côtes d'IllyHe leurs nouvelles demeures;.. . et là après avoir dompté les barbares pannonieus, ils restèrent maître^ du pays . » Dès lors le nom de Venèdeà avait peu à

* L» paroles de Justin ou plutôt de son abréviateu'r trogiié- tHiinpIè sottt reitiàt-quables :

Galli abundanti inullitudiue, cum cos non capercni terre, qiJ3R genuerant, trcceuta millia houiinuiu ad sedes novas quœrendaA, relut rtr sacrum tiiiseruûl. Ëx hls porllo lliyricos sinus, dttclbus SvibUs (nam augurandi studio GisUi prttter eeteros callent) ^r stragés Dartordfum pe- HiftrÉfll et lli ÏMlUteHi eeilMIi : gtns is|Mi, t«dili, ieitieoiii ^im prinè ^oet B#etl#a^ ttl «i lit tUtaUt admirtiium M iM«»rHIMitit

Cnomii lUTKlSNKli IT POLONilSfS. 444

pra cefldé de désigner les populations établies entre le Danube et T Adriatique. La résistance obstinée des indigènes ayant exaspéré les conquérants , les Venèdes Tâincus qui ne voulurent pas accepter la servitude ^ durent s'enfuir vers le nord dans les parties les plus inaccessibles des Karpatbes.

Ces faits s'accordent d'ailleurs merveilleusement avec le récit de Nestor sur l'expulsion des Slaves de la Panuonie et du Danube par les Vlaques, nom qui est synonime du mot allemand virelsch, et qui signifie en slavon tous les peuples latins, par conséquent aussi les Walls ou Gaëls, c'est-à-dire les Gaulois, l^armi les historiens polonais, Bogukbval et Kadlubek, parient comme Nestor, de longs combats entre les Vlaques et les Slaves de rillyrie* Après avoir montré combien les Yenèdes ou Slaves étaient à l'origine nombreux et puissants, Kalubek cherche à concilier les traditions polonaises sur cette époque avec les récits de Trogue^ Pompée. Mais à l'opposé de Nestor, il s* efforce de montrer la victoire restant fidèlement du côté dtts Slaves : ce qui ne les empêche pas d'être obUgés fina** lement d'évacuer le pays.

Vers la même époque, les autochtones de Bohème, qui très probablement aussi étaient Slaves^ devaient également se retirer devant une autre invasion dfe Celtes Boïens , qui conquéraient pour den siècle! ce

fldem dedii, Alpium injuncta Jaga et frigore intraetabilia loca transcandit : ibi domiiU Pannoniis, per multoa annos coin fioUlinU fària balla

iik tl MONDl SLAtt. '*^'

pays, et lui donnaient leur nom. De ce côté encore les indigènes refoulés ne trouvaient d* asile pour leur indépendance que derrière les rochers stériles et peu enviés des Rarpathes. C'est donc dans les gorçes de ces montagnes que de toutes parts les Vendes subjugués se réfugiaient pour y conserver au moins une ombre d'existence politique. Enfin F empire des Césars s' étant écroulé sous les coups des Huns, et les peuplades germaniques, maîtresses des Stepes du nord, s'étant précipitées comme des torrents vers le midi, on vit subitement les primitifs autochtones redescendre de leurs montagnes, et occuper de nouveau, sous le nom de Croates, les plaines devenues désertes, d'où leurs ancêtres avaient été violemment expulsés.

De tout ce qui vient d'être dit, je crois que nous pouvons hardiment conclure que l'occupation des Earpathes par les Slaves remonte à une époque antéhistorique. La science étymologique vient ici au secours de l'histoire. La rivière hongroise de la Tissa ou Theisz, était appelée par les Romains Potisi , mot qui en slavon signifie pays sur la Tissa. On a découvert et on voit aujourd'hui à Mehadia un marbre avec une inscription romaine de l'an de notre ère 157, écrite sous le consulat de Barbatus etdeBegulus, et oii on lit : Valerius Félix miles coh. IV slalionis tsiernen. Cette station romaine de Tsierna a laissé des ruines encore visibles au bord du torrent de la Tcherna, mot slave qui signifie l'eau noire. La Tcherua affluent du Danube, qui sépare la Hongrie de la Valachie, a donc

HKMBIflS TLLTRIBNNIS IT POLONÀins. 44S

très probablement donné son nom à la citadelle fondée sur ses bords par les conquérants romains. Les écrits de l'empereur philosophe Antonin, vers l'année 180, mentionnent dans les mêmes contrées une autre rivière, appelée Grana, aujourd'hui Hran, mot qui semble également venu du slavon grana, granitsa, frontière. Enfin parmi les peuplades illyriennes de l'antiquité, celles des Krovitses, des Koralles et des Besses , offrent des analogies au moins frappantes avec les Krivitches, les Gorals et les Besses des Earpathes du mojen-ège.

Il est donc difficile de nier la présence des Slaves dans ces montagnes avant l'ère chrétienne. Aussi les slavistes les plus distingués ont-ils fini par l'admettre. Comment en effet supposer que tous les Slaves du Danube et de l'Adriatique, échappés des champs de bataille celtiques et romains, aient alors abandonné leurs terres aux guerriers vlaques, sans y laisser derrière eux un noyau considérable de population champêtre? On peut d'autant moins le supposer, qu'il se manifestait alors d'étonnantes similitudes de mœurs, d*instincts etdecaractère entre les Slaves et les Celtes; et les deux races, comme on l'a vu , réussirent si bien à se mêler, que parmi les noms même des princes gaulois de Flllyrie, nous en avons remarqué plusieurs qui sont tout-à*fait Slaves.

J'avoue qu'aucun monument ne prouve d'une manière formelle que des tribus parlant slave, aient habité aux temps des Césars les côtes de l'Adriatique, u. s

4U LK Moimi sLin.

Mais il n- en est pas de môme pour les Karpathea : Sur les versants de ces montagnes apparaissent dès les premiers siècles de notre ère, plusieurs peuples d*QBe physionomie tout-à-fait slave. Il est vrai que les historiens allemands qui voient des Germains partout, nous montrent les Karpi comme un peuple teutoniqae, parce qu'ils allaient piller les provinces romaines, de concert avec les Bastarnes , les Quades et les Gotbs. Cependant nous avons montré que leur nom n'a de signification qu'en langue slave. En outre il parait impossible que les Karpi ne soient pas identiques avee les ILbrbati ou Kbrovati , habitants des sommtU (Kbrbeti) qui bordent la rive septentrionale du Danube.

Cest faute d'avoir aperçu l'identité si indispensaUe à constater de ces deux noms, que les historiens ne font commencer qu'au septième siècle les invasions slaves. Us nous représentent alors les Croates se prédpitant de leurs montagnes , pareils à un fleuve immense , et couvrant à la fois de leurs colonies la Bohème, l'illyrie et la Pologne. Hais il y a des preuves nombreuses qu'avant le septième siècle ces contrées renfermaient déjà des Slaves. Jornaudès nous les montre en plusieurs endroits de son livre, mêlés au Huns d'Attila. Parmi les peuplades de la haute Hongrie soumises à ce conquérant, il mentionne par exemple les Satagres ; et une partie du comitat slovak de Semplîne porte encore jusqu'à ce jour le nom de Botaker. La cérémonie même de la sépoltare d'Attîk

i>aiGI>'ES ILLYRIENNES ET POLONAISES. <I5

dans Jornandès est appelée Strava ; et ce mot veut dire eu slovak repas funèbre, l^armi les villes et les châteaux que Procope mentionne en Mésie, eu Illyrie, en Macédoine, plusieurs portent déjà des noms slaves. En outre comment expliquera-t-on que le peuple turc et finnois des Bulgars , qui ébranla jusque dans ses fondements Tepipire grpf , aU pi) au bQiît de quelques générations adopter tout d* un coup 1* idiome slave? Un tel fait serait contre nature, si on ne pouvait le motiver par Ta présence de pcnplad( s di'jù slaves au midi du Danube, peuplades assez nombreuses, assez organisées pour absorber an bout de quelque temps leurs conquérants bulgars et septentrionaux.

De tout cp qui précède ne doit on pas conclure: d*abord que la période des migrations slaves commence bien des siècles avant le moment fixé jusqu'ici par les historiens; ensuite que les colonies karpathiqucs, en se répandant tout le long du Danube dans les vastes contrées d*oii leurs ancêtres venèdes ou serbes avaient été refoulés, trouvèrent encore dans c^s contrées des débris de |KMiples, (|ui iravaient pas encore entièrement adopté les mœurs et la langue de leurs maîtres, tant latins que teutons? Ainsi s'explique l'étonnant silence des anciens chroniqueurs sur la prise de possession de tant de pays divers par les colonies vendes. Ces pays n'avaient jamais totalement cessé d'être considérés comme vendes ou slaves; et ce que les liistorieos politiques d'Allemagne appelèrent plus t^rd nne iu?a8ioU| n'avait été réellement qu'une restauration.

ORIGINES aiTRIENNES.

LM CROATES PRIMITIFS. — R^UMtf DE LEUR IISTOIRE^

Od vient de le voir, ce fut aa haat des Karpathes que s'arbora le premier drapeau d'insurrection des Slaves contre leurs oppresseurs. II s'agirait maintenant de chercher quelle fut la première nationalité slaire , qui se dégagea historiquement du chaos des migrations.

L'histoire romaine nous a déjà montré les Karpi soutenant dans leurs montagnes une lutte de plusieurs siècles contre les Césars. D'où venaient les Karpi? C'est ce qu'aucun historien n'a jamais su dire. Ptolémëe et Pline mentionnent, il est vrai, des Karpi dans le nord ; et le géographe Guido de Bavenne, vers Fan 880, écrit d'après d'anciens auteurs : Sarmalia, ex quà gens carporum in bello egressa, eujus po$t terga Oceanus innavigabilis est. Mais si l'on presse les té* moignages sur ce peuple, on les trouve contradictoi* res; et Ton s'aperçoit que chacun d'eux assigne aux Karpi des demeures différentes, depuis les côtes gla-

ORIGINES ILLTRIENNBS IT POLONAISBd. 417

cées OÙ rOcéau du nord n'est plus navigable , jusqu'aux rives bénies du Danube. Ne serait-ce pas là une preuve qu'après avoir désigné seulement les Slaves libres des Karpathes, le nom de Karpi s'était étendu avec le temps à tous les Slaves; et qu'à l'instar des noms de Vendes et de Serbes, il avait formé une troisième dénomination générale pour toute la race? Da moins semble-t-il difficile de nier ce fait pour ce qui concerne l'expression de Khrobati ou Croates, qui succède au nom des Karpi. •

Je crois donc qu'il faut renoncer à préciser la situa- *

tion primitive de ce que les chroniqueurs de l'époque barbare ont appelé la grande Croatie. Un seul fait reste admis par tous : c'est qu'il y avait des Croates dans les montagnes qui séparent la Hongrie de la Pologne, et que ceux-là étaient appelés Croates blancs, ce qui signifiait libres dans le langage de l'antiquité. On les distinguait par là des Croates noirs du nord, ainsi appelés parce qu'ils étaient encore esclaves. Enfin les premiers monuments du moyen-âge nous montrent des Croates en Pologne, en Russie, en Ulyrie, en Bohème, partout en un mot où nous avons vu précédemment des Vendes ou des Serbes.

Nulle part toutefois ce nom de Croates ne fut porté par les Slaves aussi fièrement qu'en Ulyrie. Aussi est-il resté dans ce pays pour désigner une des trois grandes variétés dont se compose la nationalité moderne des Illyricns. Ce fut vers l'an 634 que le seul peuple aujourd'hui appelé Croate, descendit de ses montagnes, ^

44B LK MONDfi SLÀTK.

et franchit le Datiabe, à l'appel de Teivipêrenr grec Héraclius. Constantin Porphyrogénète * nous repréaenté ce<; (Iroates blancs éinigrant flous la conduite de cinq frères, qu'il nomruf Klukas, f^belos, Rosenlnis, Miikhlo et Rhorbatos. Ils étaient accompagnes par dent de leurs sœurs appelées Tuga et Bugd. Tes sept pririces avaient conclu avec Héraclius un traité d'alliance, d'après lequel cet empereur leur cédait, sous !a condition du tribut, toutes les parties du littoral de r Adriatiqui^ d'où ils réussiraient à chasser les Avares. L'expulsion de cette borde formidable fut pour ainsi dire l'affaire d'un moment. Les historiens né mentiodlient point de batailles ; ils ne savent nous dotitter aucuns détails sur cette guerre. Ils affirment seulement qu'au bout de trois années les Croates blancs avaient subjugue les Avares dans toute la Dalmatie et la Hoesie; et que cette vaste région qui s'étend depuis le Danube jusqu'aux frontières de TÉpire, était devenue {"lave.

Comment un événement si compliqué, si grave, aurait-il pu s'accomplir dans l'espace de trois années? Heureusement les chroniques indigènes racontent la

* ivùsi EÎŒiy àpriaç et Bf Ao%pwtoiroi, fAia ^è «ysveà ^icv^ppic

^ Tovya xat fj ^oOya furà tcîj >.aoù aùruv ïj}.6oy eîç Ae>.jxxT!ay xaî supov roù<; i^Câpet^ kartxovra^ ryjy roixùrvjv yijy. èrl rivxi;

ORIGINES illtrunnis kt polonaises. 449

cho«e d*uiie manière plus vraisemblable. Elles nous montrent Tempire des Avares sur le Danube comme un renouvellement de la puissance des Huns ; et ces nouvelles bordes traînaient à leur suite, comme celles d^Attila, des tribus de laboureurs slaves, forcés de cultiver la terre, pour fournir à leurs maîtres nomades le blé et les aliments. Ainsi partout où se portait une horde d* Avares, des Slaves la suivaient. Kn outre, plusieurs tribus de Croates libres s'étaient alliées avec ces barbares dès le sixième siècle, et faisaient de concert avec eux des irruptions dans le midi. Le khan des Avares avait même envoyé en 603 on eorps de Slaves auxiliaires, pour aider Agilulf, roi des Loin* bards, à conquérir Crémone. Il y avait donc déjà des Slaves établis sur 1* Adriatique , quand parurent sur cette merles Croates blancs, alliés d'Héraclias ; et ces derniers n* eurent qu à faire appel à leurs frères slaves opprimés par de féroces nomades , pour se trouver aussitôt maîtres du pays, en quelque sorte sans coup* férir. Cc^st ainsi seulement quon peut expliquer Timposante puissance que déployèrent tout-à-coup les Croates. A en croire Tbistorien impérial Constantin, ce peuple entretenait une armée permanente de cent mille fantassins et de soixante mille chevaux , sans compter une flotte de quatre-vingts galères de baul bord, entourées de leurs chaloupes d'abordage.

lia capitale et le principal port de ees Biclo-Croates était Bielo-Grad, la ville blanche, dont il ne reste plus aujourd'hui que des ruines, appelées en italien Zara-

t30 LI MONDE SLAVE.

Vecchia , et dont les environs portaient le nom de Sidraga terra. Autour de cette résidence se rangeaient, selon les auteurs grecs , onze villes de second ordre ({ui servaient de siège a autant de jupanies, et dont les |)rincipales étaient : XAeCfya, sans doute livno en Uert- Kegovine ; i^fiora^ aujourd'hui Imotski sur le lac du même nom, forteresse célèbre au moyen-àge ; TÇeynfva sur la rivière nommée encore Tsetina ; rXiCa^ également ville et rivière, nommée aujourd'hui Pliva; TWy«, actuellement Knin,-forte citadelle sur la Krka ; KpiCcura, peut-être aujourd'hui Krbava, district dominé par le château d'Udbina, fameux dans les chants populaires, et voisin du comitat de Lika, que les Byzantins appelaient Litza.

Le territoire que les Croates venaient de conquérir renfermait un grand nombre de cités déjà très anciennes. Telles étaient Scardona, maintenant Skradin, Baloïe, en grec BeA<r^e/y, aujourd'hui Belaï, dans la Croatie turque, Korinium (Karià) et Stulpini (Sluin), toutes les deux mentionnées par Pline et Ptolémée. Cependant les villes les plus florissantes de la Dalmatie se maintinrent eu dehors de l'administration slave , et continuèrent de former pour ainsi dire un état à part dans l'État. Maîtresses de tout le commerce de la Dalmatie, depuis l'antique Vaoufftov (Raguse) jusqu'à ladar ou Zader, aujourd'hui Zara, ces villes conservèrent à leur territoire le nom romain de Dalmatie, par opposition aux parties montagneuses du pajs qu* elles appelèrent Croatie, x^»C«ri«. Fières deleurori-

OUOINBS ILLTMBNNBS ET POLONÀlSBS. 4 M

gitic romaine, de leur civilisation antique et de leurs richesses, les populations de ces villes dédaignaient les Slaves comme des barbares; et jusqu'à ce jour encore elles tiennent avec les Italiens contre les Morlaks, ou lllyriens de l'intérieur des terres. Parmi ces cités latines, turbulentes républiques au moyen-Age, se distingua surtout la fameuse ladar, par sa puissance et ses malheurs. Longtemps rivale de Venise , elle finit par devenir sous les coups de cette seconde Borne une autre Carthage.

Jusqu'où s'étendaient les divers territoires de ces petites républiques, c'est ce qu'il serait difficile de préciser. Elles ne possédaient sans doute autour de leurs murailles qu'une banlieue très restreinte; car Constantin Porpbyrogenète affirme qu'elles tiraient leur principale subsistance, non pas de la terre ferme, mais des îles , qui leur étaient soumises. Il est également impossible d'indiquer jusqu'à quelles limites s'étendait la Croatie dans l'intérieur du continent. Car dépendant de l'état de force ou de faiblesse de l'empire grec, ces limites varièrent constamment d'un siècle à l'autre. Du moins est-il prouvé que la partie septentrionale de la Dalmatie, et le nord-ouest de la Bosnie, faisaient partie des jupanies croates. Les diplômes princiers et monastiques de ces cantons jusqu'au dixseptième siècle , se servent tous du nom de Croates pour désigner la population indigène. Aussi jusqu'à présent ce nom est-il resté le plus usuel, celui sous lequel le peuple des campagnes se désigne lut-méme au

4 M U XONDI SLATi.

Toyagedr.Le littoral où se trouve le portdeFiQme,et qui appartieut encore actuellement au ci-devant royaume autrichien de Croatie, avait fait dès F origine, soum le nom de Primorée (en grec napaéaxavtrlA^ ) partie des possessions croates , qui s'étendaient beaucoup plus loin qu* aujourd'hui du côté de Venise, puisqu'une grande partie de l'Istrie a conservé et parle encore le dialecte particulier des Croates. Ainsi Fétendue de cotes occupées par ce peuple était assez considérable pour le mettre en état de lutter avec avantage sur mer, comme sur terre, contre ses voisins.

Voilà comment au neuvième siècle les tribus nom-* mées dans Constantin XpoC^roi, dans Kedrenos XopCarot^ et dans les auteurs latins Cravati, assurèrent à la race slave sur la Méditerranée un débouché qui, à en croire les apparences^ lui avait jusqu'alors manqué.

Ll PBDPLE SERBE ; SON ORIGINE IDENTIQUE A CELLE DES CROATES.

Le plein succès obtenu par la première émigration authentique des Slaves hors de leurs Rarpathes , encouragea de nouvelles tribus à aller chercher fortune vers ces cités civilisées du sud, qui, adoucies par le malheur, semblaient enfin décidées à ne plus réduire leurs hôtes slavons en servitude, ('es émigrants se rendaient la plupart en Thrace , où ils formaient des légions qui prot^eaient Constantinople contre tous

ORIGINES TLLT|IINNES BT POLONAISES. 4t8

les assaillants du nord et de Touest. « Bientôt se voyant pressés à la fois eiiti*e les Germains et les Tares, dit Constantin Porphyrogenète, les Bielo-Serbes des bords de la Yistule, dont le pays s appelait Boïki, vinrent aussi demander asile à Tenipereur Héraclius. Ce prince les accueillit et leur assigna des quartiers en Thessalie et en Macédoine , aux environs de Serbitsa. » Voilà tout ce que nous apprend T historien de Byzauce sur l'arrivée de ces Serbes blancs, qui devaient un jour devenir la peuplade la plus importante de toute Tllly'* rie. £n quoi et jusqu à quel point différaient-ils de leurs prédécesseurs, les émigrants croates? c'est là un problème que jusqu à présent personne n a pu résoudre.

Cbafarjik admet, comme un fait de convention, et sans chercher à s'en rendre compte, la différence primitive des dcui peuples. J'avoue qu'après examen je n'ai pu trouver de preuve convaincante de cette différence. Les Croates et les Serbes venaient de la même contrée, la Pologne : seulement les uns étaient descendus de la montagne, les autres arrivaient de la plaine. Ce seul fait ne suffirait-il pas pour expliquer la diversité d'idiome, ou plutôt de prononciation des mêmes mots, qui s'est maintenue jusqu'à ce jour entre la Croatie et la Serbie? Zonaras , Jean Skylitzes vi Kedrenos confondent ensemble les deux contrées *.

* Serborum gensquos eliam Chrovalos vocant... Gens Chrovatorum qaoft nonnulli Sérbios voctnt, (Strittor. fom. t.)

414 Ll MONDI SLÀTI.

Constantin Porpbyrogenète lui-même, en plusieurs endroits de ses écrits, emploie les expressions serbe et croate comme synonymes. Enfin l'anonyme indigène de Dioclée dans sa chronique , mêle continuellement r histoire des deux peuples, et nous les montre comme relevant d'un seul et même gonyernement.

A l'exemple des Croates, les Serbes furent d'abord employés contre les Avares par la cour byzantine, qui les chargea d'expulser ces nomades des rives de hi Save , de la Drina et de la Bosna. Bientôt la victoire les ayant mis en possession de ces riches contrées, les tribas serbes se partagèrent les terres conquises et en formèrent les sept jupanies de Serbie, Bosnie, Neretva, Zakhulmie, Dioclée, Konavlie et Travunie, contrées dont chacune avait son administration à part. Un archijupane reliait par son autorité tous ces cantons entre eux , et recevait pour tous l'ordre de l'empereur grec.

Ainsi les Serbes, comme les Croates, furent durant près de deux siècles vassaux de Constantinople. Mais l'amour de l'indépendance les engagea enfin à appeler chez eux les Francs comme auxiliaires contre la Grèce. Entrés à titre d'alliés en Ulyrie , les Francs ne tardèrent pas à s'y conduire en maîtres absolus. Charlemagne vint pousser jusqu'au Danube les conquêtes de ses prédécesseurs ; et les deux grands princes ( velikijupani) des Serbes et des Croates, dont l'un résidait à Dioclée en Dalmatie, et l'autre à Sisek sur la Drave, n'eurent plus que le simple titre de comtes , sous le

OEIGINES ILLTEIKNNBS ET POLONAISE. 4M

commandement des margraves, plus tard ducs de Frioul. Enfin l'un de ces ducs, Kadolakb, ayant commis parmi les Croates de la Save des cruautés intolérabiesy et ce peuple ayant demandé vainement justice contre Kadolakh à la diète germanique de Tannée 8 1 8, il s'ensuivit une insurrection générale des opprimés sous la conduite du Jupane de Sisek Oudevit. Cet babile guerrier vainquit les Germains dans trois cam* pagnes successives , et il ne succomba que sous une quatrième expédition, où tontes les forces réunies de l'Allemagne l'attaquèrent. Liudevit avait malheureusement dans riUyrie même un ennemi acharné, le grand jupane Borna , qu'Éginbard appelle dtix Dal-nuuiœ et Liburniœ, qui s'était ligué avec les Allemands , et qui combattit avec eux contre les Croates de la Save, jusqu'à ce que leur infortuné chef, obligé de fuir dans les montagnes, eût été enfin massacré par ses propres hôtes.

Après la mort de Lïudevit, les Allemands n'éprouvèrent plus aucune résistance; et toutes les jupanies, tant serbes que croates, se soumirent. « Hais la cruauté des vainqueurs, dit Constantin Porphyrogenète, était si grande , qu'on les voyait arracher les enfants du sein de leurs mères, les couper en pièces, et en jeter les membres à leurs chiens, j» Aussi Oudevit ne tardat-il pas à avoir un digne successeur. En 825, le jupane Porin leva de nouveau l'étendard de l'insurrection slave contre F Allemagne. Après une guerre de sept années, où les insurgés parvinrent à tuer dans une

tM Lt MONDt SLAfl.

bataille le chef même de leiirn tyrans, le dac Kosilinns^ les Croates et les Serbes restèrent maîtres de leur pays. Ils s'étaient débarrassés à la fois des Grecs et des Allemands ; et la période d'indépendance et de nationalité commença.

Nous connaissons maintenant de quelle manière les Croates et les Serbes de la Vistule parvinrent à fonder un état nouveau aux bords de TAdriatique. Ainsi comme les Illy riens d'avant Jésus-Christ paraissent avoir rempli de leurs colonies les stepes de Pologne ; de même la Pologne , du troisième au septième siècle de notre ère, renvoyait à son tour à rillyrie latinisée des armées de colons slaves. Le nord accomplissait sa tâche, qui fut toujours de reti*eniper par sa dure énergie et son génie stationnaire les nationalités mobiles et progressives du midi.

LIS VKNDB6 OU SLOVfiNES GOMSIDÉRléS^ COMME LES PLUS ANCIE?(S 1LLYRIBNS.

Oaraetère g;énér«l de la nationalité iugo-slav*.

J'arrive à la troisième et dernière classe de tribus, dont se compose la nationalité illyrienne, aux tribus occidentales, qui ont conservé en Alie:]:agne jusqu'à ce jour l'antique dénomination de Veiidos La plus profonde obscurité règne sur l'origine de cette troisième branche slave de l'illyrie. Aucun chroniqueur ii*a signalé, comme pour les Croates et les Serbes, ïé*

ORIGINES U.I.TRIENNBS £1 POLONAISES. 4^7

poqae oh ces Vendes dorî^rèreni du iiord et franchireut le Danube. Cependant Tarrivik) d'un peuple fort de plusieurs millions dans les Alpes qui séparent l'Italie de r Allemagne, a diH être ua événement lassez grave. Si aucun historien de Tère chrétienne ne Ta mentionné, ne serait-ce pas parce que cette migration avait déjà eu lieu avant Jésus-Christ? Ce qui semble confirmer notre hypothèse, c est que dans sa langue, ou plutôt dans les débris de langue qu il a cQnservés, malgré le germanisme qui le presse et le refoule en vain depuis mille ans, ce peuple s appelle encore d*uu des noms les plus primitifs chez tous les Slaves, du nom de Slovènes.

La partie vende ou Slovène de rillyrie, alternativement nommée par les Bomains Norique, Pannonie, Camie, puis Carantanie, est ce qui constitue aujourd'hui les trois duchés autrichiens de Styrie, de Carinthie et de Carniole. Ces noms primitifs de Garniple et de Carinthie paraissent toutefois d* origine plutôt celtique que slave. Des émigrants de la Gaule, appelés Garni et Caruuti, s étaient emparés de ces contrées plusieurs siècles ayant Jésus-Christ. Puis subjugués à leur tour par les Romains, leur capitale Carnuntum, était devenue la principale station militaire, et comme la tète de pont des Césars contre la Germanie. £n celte, carn signifie rocher; de là le nom de Garni et Carnuti, les montagnards. £n slavou , ces mêmes peuples devenus Slaves s appellent Khorutani ou Goratani, qui signifie également montagnards. U parait donc très

4it LI UÙKÙt SLAti.

yraisemblable qae les Slovènes actuels de Garniole et de Carinthie sont le fruit d*ane fusion des Gaulois et des Vendes, accomplie dès avant Père chrétienne.

Voilà pourquoi les slayistes du sud regardent les Garinthiens ou Gorutani comme le peuple le plus anciennement constitué dans tout le monde slave. Quelques-uns vont jusqu'à voir en eux les véritables Proto- Slaves j et les premiers ancêtres de tous les Vendes, même de ceux de la Vistule. Cette opinion a été soutenue avec beaucoup de science par un critique polonais , Surovietski ( Sledz. pocz. narod. slov^. ). Ceux qui . s'obstinent à ne pas voir dans ces Vendes des Grandes Alpes, le dernier reste mutilé des Vendes d'avant Jésus-Cbrist, sont obligés d'avoir recours aux hypothèses les plus invraisemblables pour expliquer l'arrivée de ce peuple dans les montagnes qu'il occupe.

Ainsi voulant à tout prix faire descendre les Vendes carintbiens, comme les Croates et les Serbes, des Karpathes du nord, Ghafarjik, dans son embarras, oublie un moment toutes ses démonstrations sur la non-slavieité des Sarmates , et nous montre les Slovènes des Alpes comme issus des 300,000 Sarmatœ domini ou Arcaragantes, chassés par leurs esclaves, et accueillis en 334 dans la Pannonie par le grand Constantin. Puis ailleurs, frappé des grandes analogies qui rattachent l'idiome slovène au croate et au serbe, le savant bohème cherche à montrer qu'une partie des Serbes et des Croates du Danube , chassés de la plaine par les hordes de cavaliers avares, durent se réfugier dans les

OBIGINES ILLYR1ENN8S ET POLONAlSlS. fW

montagnes de l'ouest, où ils devinrent les pères des Carintbiens actuels. Le contact primitif de ce peuple avec les Croates sur plusieurs points, est réellement un fait historique. Ainsi entre les villes de Knitteufeld et de Leoben en Stjrie, il y a aux bords de la Mur, une longue vall«!e que de vieux diplàmes nomment pagns cravuU. En Styrie, un aftluent de la Drave porte le même nom que la principale rivière de la Galicie, le nom de Sane, nom également porté par un torrent de la Bosnie : ce qui fait supposer à Chafarjik que les riverains de ces deux rivières ont dû venir les uns et les autres de la Galicie polonaise. — Pour démontrer ce fait, il faudrait d'autres preuves que de simples analogies de noms de lieux , analogies qu'on voit se reproduire à chaque pas sur toute l'étendue du monde slave.

Concluons donc que le problème de l'origine des Cariothiens est insoluble par les moyens ordinaires de l'histoire. Les monuments de la langue pourraient seuls jeter de la clarté sur ce mystère. Or, comparé aux dialectes serbe et croate, l' idiome vende montre avec eux de telles affinités, qu'on ne peut guère regarder ces trois idiomes que comme trois variétés d'une seule et même langue, de la langue illyrienne. Les plus anciens documents écrits des Vendes carinthiens, c^onnus jusqu'à ce jour, sont des fragments du dixième siècle, trouvés dans la bibliothèque de Frisirigue, et publiés par Kopitar. Or ces fragments nous nioulrcnt déjà l'idiome vende différant d'une manière

lia Ll HONM 8L1TI.

ooDBÎdértble des dialectes slaves da nord. 11 h b en outre « l'état de langue écrite, bien des lièdes avant le croate. Ne pourrait-ou donc pas regarder cet idiom* antique comme la base même sur laquelle les Croatca et les Serbes, émigrés de la Pologne, ont modelé plus» tard leur langage , de manière a en faire sortir pea à peu la langue ill^riennc moderne?

Cbafarjik lui-m(>me, dans son impartialité, ne peat dissimuler son étonnement de voir tout-à-coup en âS5, près d'un demi siàcle avant rapparition des Crontea, les SlOTènes déjà maîtres des Alpes carinthiennes, et en état de faire la guerre au duc teuton de ce paya, Tliasiilo. Dès l'année (>00, Paul diacre appelait dt^ la Carintliie Sclavorum patria. Noua nous en tiendrons à ce dernier témoignage.

Les Slovènes du septième siècle avaient l'humeur très belliqueuse. Contiuuellcmrnt on les voit en guerre ovec les Avare», avec les Bavarois, avec les Francs de Lombanlie. Quelques auteurs vont jusqa'à leur donner une flotte, et leur attribuent cette expédition maritime de l'an 662 , où les Slaves, après avoir ravage lett cAtes dp la Pouille, vainquirent et tuèn-nt le due de Béiiévpnt dans une bataille '. LeFrioul, ainsi appelé de sa capitale Forum Julii, aujourd'hui Cividale, parcouru en tout sens par les bandes carintliiranes, ne tarda pas h se remplir de Slaves. La Bavière ell»mème à plusieurs reprises en fut inoudée. Lcn émi-

* Vttr Huuorl, Annal, iial. If, AmmhdI H Pul Dlicra.

OUOINKS lU.TIinNNBS Ht KLONAtSIS. 1SI

grantf vendes ooonpèrent une partie da TjToI, le Poagau, le PintBchgau, les vallées du Hagengebii^ et de rinn. II est vrai que ces colonies de pasteurs payaient tribat aux Allemands, puisqu'on voit la domination bavaroise s'étendre jusqu'à la ville de Medaria et aa district de Tsellia, qu'on croit être le Cill; actuel daua la Styrie. Cependant quoique soumises aux seigoenre teutons, ces colonies Slovènes n'en parlaient pas moins leur langue, comme le prouvent les noms de villages et de montagnes de ces provinces au moyen-âge. Aujourd'hui ce peuple, après une oompression de plus de quinze siëelei entre l'Italie et l'Allemagne, ne noua apparaît pins que comme une vénérable ruine : mais cette ruine semble encore défier les siècles. Il y a dam le caractère de œs montagnards quelque chose d'obstiné qui résiste aux influences du dehors; un culte des traditions ot des aieui, qui leur assure encore un long avenir.

Examiné dans l'ensemble de sa vie historique, le penpie slovène se trouve de bonne heure isolé, et séparé violemment par la conquête allematide d'avec Ie4 deux autres branches de la uatioualité illviioniie. Kt pourtant son antériorité est nn ftittsi bien établi, qu'aux Slovènes seuls demeure ollicicllciueut attachée laotiquedénominationd'lllyriens : titre quel» chancellerie autrichienne refusa constamment aux Croates et aux Serbes, comme pour faire crqlre à une différence radicale entre ces trois variétés d'une seule et même nation. Uns tout proteste éoergiqucoiMt en

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lUyrie contre cet esprit de morcellemeot. Les écrivains les plus hostiles à riUjrrie ne peuTent réussir à prouver que dès F origine elle n'eut pas un gouvernement militaire. Ceux qui prétendent élever entre ces trois peuples une muraille chinoise, oublient que le royaume de Croatie lui-même renferme de temps immémorial dans son enceinte de nombreuses tribus de langue serbe. Sans nul doute, Serbes et Croates étaient mêlés à r origine comme ils le sont aujourd'hui; et leurs jupanies toutes confédérées ensemble se gouvernaient en commun. La division n*a été chez les Slaves que le fruit de F esclavage. Au temps de leur liberté primitive, les lUyriens conservaient même un lien fédéral avec leurs frères , les Croates du nord bohème et polonais. Ce fut cet esprit d'union qui donna naissance au premier empire panslave, connu dans l'histoire sous le nom de Grande-Moravie ; empire où s'enclavèrent à la fois rillyrie, la Bohême, une grande partie de la Pologne et même de la Russie.

En général, rien ne séparait dans les temps anciens le nord slave d'avec le midi slave. Les Polonais et les Itty riens portaient le même nom de Vendes et s en* Toyaient les uns aux autres des colonies qui étaient toujours fraternellement accueillies. -^ On connaît maintenant les migrations des Croates de la Galicie et de la petite Pologne vers l'Adriatique. Chafarjik nous montre dans l'Illyrie du moyen-âge les noms de beaucoup de districts polonais. Il va jusqu'à y retrouver des noms de tribus ruthéniennes , comme celle des

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