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Au huitième jour, sur le fond et sur les bords de la plaie osseuse, on voit des ilots de tissu osseux nouveau.
Enfin une {roisième catégorie de faits, sur lesquels nous voulons insister, montrentque les ossifications peuvent se produire dans l'épaisseur même de la dure-mère. Le professeur Morel, dansla thèsedeJeannerat(1), décrit ainsi la formation osseuse : « en opérant des coupes comprenant avec la substance ôsseuse les parties correspondantes de la dure-mère, on constate que le produit se développe dans l'épaisseur de cette membrane.
« L’os se développe aux dépens des ostéoblastes groupés soit autour d'un capillaire sortant de la dure-mère soit autour d'un amas de cellules conjonctives et de cellules géantes qui entourent un fragment d'os ancien {esquilles microscopiques) et le résorbent. Ainsi j'ai observé l’ossification qui se produisait principalement aux dépens des ostéoblastes développés aux dépens des cellules de la duremère, la sclérose des bords de la perte de substance crânienne et l'épaississement de l'os du crâne dû à l’apposition de couches de tissu osseux ferme à la face interne du crâne autour de la région trépanée et à une certaine distance de cette région. » |
La substance osseuse prend naissance dans la couche superficielle d’une des faces de la faux du cerveau ; tantôt l’ossification se fait en masse compacte, tantôt en forme réticulée épineuse. Cette seconde forme tient à la disposition des faisceaux fibreux de la dure-mère de chaque côté du sinus longitudinal supérieur.
(4) JganNERaT, loc, cit., p. 17.
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La transformation dela dure-mère en ossification s'opère suivant le même mécanisme que l’ossification du périoste chez le fœtus.
Le travail pathologique est le résultat de l'irritation de certains points de la dure-mère.
La structure des ossifications est semblable à celle des ossifications de la voûte du crâne.
Plus loin Jeannerat ajoute :
« On observe les éléments suivants dans la concrétion osseuse. Elle est recouverte par une tunique fibreuse extrêmement mince qui tient par un pédicule à la face interne de la dure-mère et qui est constituée par son feuillet le plus superficiel. On remarque à la face interne de cette tunique un très grand nombre de cellules plasmatiques dont quelques-unes sont en voie d’ossification. Il ya done lieu de la considérer comme une membrane prolifère, celle qui donne naissance à la concrétion osseuse. On peut en effet observer l'encroûtement calcaire et la transformation même des cellules plasmatiques en cellules osseuses dans les différents points du feuillet fibreux et de l’ostéose auquel il sert d'enveloppe.
De même Birch-Hirschfeld (1) signale, en dehors des ostéophytes qui se développent à la surface externe de la dure-mère des plaques osseuses qui sont insérées dans la dure-mère. Elles ont leur siège de préférence dans la faux du cerveau près du sinus longitudinal ou dans la tente du cervelet. Plus rarement la nouvelle formation osseuse est
(4) Bircu-Hirscurer, Lehrbuch der pathologischen Anatomie, 1894, 2e vol., 4895.
plus épaisse, présente des points qui peuvent traverser la dure-mère et provoquer des troubles cérébraux.
L'étude des quelques observations que nous avons rencontrées dans la littérature depuis la thèse de Jeannerat, 1866, est très instructive à ce point de vue.
Dans notre observation 1, M. Thierry dit que les deux ossifications qu’il a observées paraissaient développées entre les lames de la dure-mère.
Dans l'observation Il, M. Legroux dit textuellement : Cette production osseuse est développée entre les deux feuillets de la dure-mère qui forment la faux.
Dans l'observation IT, M. Lebec écrit : Dans l'épaisseur de la dure-mère, en un point correspondant à la tumeur du crâne on remarque une légère dépression, puis, la tumeur enlevée, on trouve une tumeur dont l'examen histologique fait par M. Debove a révélé la nature osseuse. Cette tumeur est située dans un dédoublement de la duremère.
Dans l'observation V, nous croyons que l’ossification s’est produite par une véritable ossification interstitielle.
Enfin dans notre observation personnelle (VI), nous avons remarqué qu'à certains endroits la dure-mère se trouvait épaissie dans sa totalité : en la coupant à ce niveau, le scalpel grincait contre des dépôts calcaires, préludes de l’ossification consécutive.
… L'étude histologique d’un petit noyau osseux décalcifié deun centimètre environ de diamètre nous a d’ailleurs montré que l’ossification se formait à l'intérieur même de la dure-mère, dans l'épaisseur de la couche interne de cette membrane. L'os occupe une sorte de clivage. Tan-
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dis que les bords du noyau osseux, épais d’un millimètre environ sont revêtus d’une mince couche fibreuse, son centre au contraire proémine dans la cavité arachnoïdienne. Il.est complètement libre de tout revêtement, comme si la poussée plus grande de l’ossificalion qui se fait au centre avait fait éclater ou atrophier sa capsule dure-mérienne.
D'ailleurs, sur les bords de larges plaques osseuses, on peut décoller un mince feuillet fibreux qui s’avance de quelques millimètres sur leur face cérébrale.
Nous pouvons donc admettre qu'il y a des plaques osseuses qui se forment dans l'épaisseur de la dure-mère. Il nous faut maintenant rechercher aux dépens de quelles couches.
La structure de la dure-mère est actuellement bien connue.Nouspouvons prendre comme base de notre description pathologique, la description qu’en donne Charpy, dans le Traité d'anatomie, paru le plus récemment en France (1).
Morel, dans la thèse de Jeannerat (2), admet que la substance osseuse prend naissance dans la couche superficielle d’une des faces de la faux du cerveau. En dehors de l'indication précise formulée par cet auteur, nous ne trouvons sur ce point aucun renseignement dans la littérature, la plupart des auteurs se bornant à dire que les ossifications naissent dans l'épaisseur de la dure-mère.
L'étude histologiqne de notre cas (obs. VI) est intéres-
(1) Poirier, Traité d'anatomie, IL, p. 106.
(2) JEANNERAT, loc. cit,, p. 17.
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sante à ce point de vue (1): nous avons constaté que l’ossification se produit dans l’épaisseur de la couche interne ou cérébrale de la dure-mère. Cette couche se trouve divisée elle-même en deux strates: l’une externe, formée de fibres conjonctives et classiques, se colorant parfaitement en rose par le picrocarminate d'ammoniaque ; l’autre interne, d'aspect moins homogène, colorée en brun- Jaunâtre par le picrocarminate.
C'est dans un dédoublement de ce feuillet interne direct appliqué surl’arachnoïde que se produit la plaque osseuse. À la surface interne de l'os, dans une étendue plus ou moins grande, se trouve un mince cuticule membraneux, qui disparaît en général au centre de la plaque : on dirait qu'elle à été détruite par les mamelons qui existent à la surface interne de l'os et qui arrivent à briser la capsule fibreuse de l’os en son point le plus faible.
Cette étude a été faite sur un os décalcifié. L'aspect granuleux et la coloration brunâtre de la couche ossiliante doivent marquer des modifications préliminaires des éléments anatomiques. Il s’agit probablement d’une caleitication commençant, ayant modifié la substance fibrillaire et changé sa réaction colorante.
En résumé, en dehors de la production osseuse par pachyméningite externe ou scléroméningite et par pachyméningite interne ou hémorrhagique, la dure-mère peut quelquefois être le siège d’une véritable ossification interstitielle qui semble se faire dans l'épaisseur du feuillet cé-
(1) Voir observation VI.
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rébral de la dure-mère, le feuillet crânien demeurant indemne.
C'est la couche interne de la dure-mère qui produit l'os, par un mécanisme d'apparence physiologique, par ossification membraneuse ressemblant à celle de la voûte du crâne chez le fœtus.