CHAPITRE V
Étiologie. — Rapports avec la grossesse.
L'étiologie des ossifications de la dure-mère montre la
même variété dans les causes que celle que nous avons déjà constatée dans les formes anatomiques.
Les ossifications relèvent-elles de la pachyméningite hémorrhagique, toutes les causes productrices ou occasionnelles de cette maladie peuvent y donner naissance. À ce titre citons surtout l’alcoolisme, les traumatismes. Elle se rencontre fréquemment aussi chez les aliénés, les déments, les paralytiques généraux. Notons cependant que les aliénés et les déments peuvent présenter des ossifications de la dure-mère, sans signe de pachyméningite interne. |
Les ossifications dues à la pachyméningite externe marquent en général la réaction de la dure-mère sousjacente à une altération de la voûte crânienne, qu'il s'agisse d'ostéite, de carie, de fractures, de syphilis ou de tuberculose de l'os.
Quant aux ossifications qui se développent dans l’épais- .seur de la dure-mère, sans autre lésion de voisinage, leur étiologie est absolument vague. Dans les réflexions dont ils : accompagnent l'observation qu'ils rapportent (obs. V),
ue
Coë et Johnson se demandent s’il n’y à pas un rapport entre le développement général des os, et l'apparition d'ossification dure-mérienne. Certains auteurs d’après eux ont cherché à établir une théorie d’après laquelle ces tumeurs tendent à apparaître chez des individus dont les os sont très developpés ou subissent un développement rapide. Dans leur cas, l'homme était plutôt de grande taille, mais sans rien d’anormal dans son système osseux à part ce qui existait dans la boîte crânienne. Dans notre cas (obs. VI), la malade était presque une naine.
Remarquons que cette malade était en même temps une rachitique et que le rachitisme avait porté sur les os du crâne avec une prédominance marquée. Ÿ a-t-il une relation entre cette maladie et la lésion qui nous occupe ? Nous n’avons pas trouvé de mention de cas semblables dans les livres classiques. Cependant, nous serions tentés d’admettre que le processus irritalif, qui se passe au niveau des cartilages juxta-épiphysaires dans le rachitisme, puisse irriter également la dure-mère et y déterminer une prolifération ostéoïde aboutissant très tardivement à l’ossification véritable.
La malade de notre observation (obs. VI) est morte d'éclampsie. Ces accidents semblent de même nature que l’éclampsie puerpérale : ils sont apparus au moment du travail, chez une albuminurique ; nous ne croyons pas qu'il y ait une relation entre l’ostéome de la dure-mère et les accidents éclamptiques.
L'observalion qui nous a donné l’idée de notre travail ayant été faite chez une femme enceinte, nous avons recherché s’il n’existe pas une relation entre la grossesse el la production osseuse de la dure-mère.