OBSERVATION XIII
(Zwicke, idem.)
Ostéite aigue de l’ilium. Fistules stercorales. Mort.
Enfant de 14 ans, prend, à la suite d’un traumatisme, une ostéite de la partie postérieure de l’ilium. Des abcès multiples se forment à l’aine et à la région fessière, et sont incisés au bistouri. Invasion de l’articulation sacro-iliaque. Formation de fistules stercorales.
Décubitus. Pleurésie purulente. Mort, 8 semaines après le début.
A l'autopsie, on trouve l’os iliaque dénudé jusqu’à la symphyse ; une disjonction de l’articulation ilio-sacrée, et une perforation au niveau du coude du colon gauche.
Plus fréquemment on voit des abcès d’origine osseuse venant du sacrum ou de l’ischion s’ouvrir dans le rectum comme d’autres au périnée. Dans deux cas même, des séquestres consécutifs à une carie du coccyx furent rendus par l’anus (Obs. de Joyeux et de Gooch).
Dans notre observation XXXI due à l’obligeance de M. Ollier, le sacrum était comme plongé dans un vaste clapier à fistules rectales et cutanées.
Les complications vésicales dans les ostéites du pubis donnent lieu à des symptômes assez fréquents,
et absolument inattendus. Chez un malade de M. Ollier (obs. XXXIV), les premiers signes de son ostéite furent des phénomènes morbides du côté des voies urinaires, dont le diagnostic fut d’abord impossible. C’étaient des symptômes de cystite: mictions douloureuses et fréquentes : urines chargées ou purulentes, symptômes survenus sans cause appréciable.
Notre observation XXXII, qui a rapport à une autre malade de M. Ollier, est encore plus curieuse : ce sont à la suite d'une ostéite du pubis guérie en apparence, des symptômes de cystite qui ne cèdent que par l’ablation d’un calcul, dont le centre était un petit séquestre spongieux.
Enfin notre observation XXXIII publiée par Busch, n’est pas moins surprenante: plusieurs petits séquestres sont expulsés avec l’urine ; puis un plus volumineux est arrêté à la base de l’urèthre et en bouche la lumière ; l’urine s’écoule alors par les fistules de l’ostéite ; enfin un volumineux séquestre tombé dans la vessie devient le centre d’un calcul qui remplit cette cavité entière.
Esquissons maintenant à grands traits et pour nous résumer les ostéites de chacun des os du bassin.
Nous ne reviendrons pas sur les ostéites de l’ilium que nous avons presque toujours eues en vue dans notre symptomatologie générale. Remarquons seulement la bénignité des lésions limitées à l’une des épines iliaques antérieures, et par contre, le pronostic fâcheux des inflammations des épines iliaques postérieures si souvent compliquées de sacro-coxalgies.
Au pubis nous trouvons deux formes d'ostéite distinctes. Dans l’une, la lésion porte sur la branche horizontale : l'affection est grave, et souvent s’accompagne de troubles urinaires. Dans la seconde, la lésion siège sur la branche ischio-pubienne : c’est une ostéite épiphysaire ou juxta-épiphysaire, à évolution tardive, qui se termine par la guérison après l’expulsion ou l’extraction d’un petit séquestre.
Pour l'ischion, on pourrait établir, à priori, la même distinction, mais nous n’avons pas de faits pour l’appuyer. Ces ostéites donnent le plus souvent lieu à des fistules péri-anales, de même que les ostéites du pubis à des fistules du sillon inguino-scrotal.
Quant au sacrum, il a pour ainsi dire une pathologie distincte : comme la colonne vertébrale, dont il fait partie, il est sujet au mal de Pott, et ses lésions peuvent s’accompagner de phénomènes médullaires (obs. XXXI) ; comme les os coxaux,avec lesquels il forme le bassin, il présente des ostéites juxta-épiphysaires tardives, en rapport avec l'évolution des épiphyses marginales. Signalons enfin les lésions souvent superficielles de sa face postérieure dans le décubitus.